vendredi 20 juillet 2007

Vacances

Ce message est celui d'un départ en vacances.
Demain en route vers le sud-ouest, où je collecterais plein d'impressions paysagères pour tenter de vous les restituer à mon retour.

Pour ce jour, je souhaitais juste vous faire part d'un prochain colloque normand, à Louviers, du 18 au 21 octobre prochain. Ce sera le 42° Congrès des Sociétés Historiques et Archéologiques de Normandie, organisé par la fédération des dites sociétés (59 sociétés savantes... à l'ancienne).

Ce congrès sera consacré aux "voies de communication et moyens de transport de l'Antiquité à nos jours".
Le titre du colloque :"Sur la route de Louviers..." bien sur.
Le paysage y sera très présent : comme paysage traversé, comme paysage structuré par la route, comme paysage oublié par la route, comme paysage fragmenté par la route, comme paysage-routier.

Je vous donnerais sans doute plus d'informations en septembre.

Et bon courage à ceux qui travaillent, bonne vacances à ceux qui en profite.
Reprise de ce blog dans deux semaines... à moins que je passe un MMS vers le blog ou que je passe par un web-café.

mardi 17 juillet 2007

Un canard dans le paysage


C'est le drôle de canard jaune de Florentijn Hofman. Oeuvre mobile et géante que vous pouvez découvrir en parcourant l'estuaire de Loire durant cet été. Cette création (ici une installation) est visible du 23 juillet au 16 août près de Paimboeuf puis au niveau de Saint-Nazaire. Elle fait partie de l'ensemble de "choses étranges et insoupçonnables.
Vous pourrez aussi déclencher la sculpture paysagère de Jeppe Hein à Couëron, ou plus loin, vous étonner du bateau mou d'Erwin Wurm.
“Un point jaune surgit à l’horizon et s’approche des rives. Son arrivée provoque de grands rassemblements et la stupéfaction. ‘Le Canard’ ne connaît pas de frontières, il ne fait aucune discrimination entre les personnes et n’est porteur d’aucun message politique. Il représente une figure amicale qui rayonne de son jaune éclatant au long de ses voyages pour apaiser les tensions mondiales.” (F. Hofman)
On peut suivre le chemin d'eau pour aller à la rencontre de ces "perturbateurs de paysage" car il y a un bateau tout les jours qui parcourt l'estuaire entre Nantes et Saint-Nazaire.
Le programme est consultable là et l'animation du site est assez extraordinaire... à l'image de la manifestation.

Ah, oui ! cela se nomme Estuaire 2007 et le site c'est http://www.estuaire.info/fr/estuaire_high.html

Instituer le développement durable

Du 8 au 10 novembre prochain, l'université de Lille 2 (Faculté de Sciences Juridiques, Politiques et Sociales) organise un colloque intitulé "Instituer le développement durable : appropriation, professionnalisation, standardisation." Par ce titre compliqué, le projet est de regrouper sur 3 journées, des communications lors de séances plénières et des travaux en ateliers.


Le concept de développement durable (DD) est en train de s'institutionaliser, autant dans le discours que dans les groupements d'acteurs. Ce phénomène a d'ores et déjà conduit a une réduction du sens du DD pour trouver un point d'accord minimal sur l'utilité de cette notion. En fait, il s'agit d'un compromis sociopolitique, adapté aux contextes économiques, politiques ou culturels dans lesquels elle est utilisée. Y a-t-il pour autant une réelle convergence des différents usages de ce compromis ?
Le colloque proposera d'interroger les mécanismes d'institutionnalisation du DD. Il sera l'occasion de "confronter les analyses empiriques et théoriques des formes de diffusion, de traduction et d'appropriation du DD".
Les quatre ateliers sont : appropriations, professionnalisations, comportements et codifications.
Il est difficile de dire à ce stade la lace que pourront occuper les problématiques paysagères dans ce colloque mais je ne serais pas surpris que le "droit au/du paysage" face son apparition. En particulier, les soutiens des revues Développement Durable et Territoire, VertigO et Vertitude Magazine pourraient aller en ce sens.

Le colloque est organisé dans le cadre d'une Action Concertée Incitative (ACI) dont l'appel du Ministère de la Recherche (INRA et IRD) reste consultable.

L'ACI possède son propre site web : http://www.aciidd.net/

Vous y trouverez des informations complémentaires sur le colloque, mais la date limite de proposition de communication est maintenant passée !

A savoir : l'équipe de recherche organisatrice est pilotée par Bruno Villalba,

dimanche 15 juillet 2007

Archéogéographie.org

Voilà un mot qui figure dans ma liste de libellés et dont la plupart d'entre vous ignore sans doute le sens.
Tout cela va s'éclaircir grâce à un site qui vous propose de découvrir cette nouvelle discipline et peut-être même vous initier à ses méthodes.
Cette image vous en fournira l'idée de base.


Vous trouverez également sur ce site :
- des dossiers sur les recherches en cours, sur les sites archéologiques; ...
- des données sur les différents modes d'arpentage des terres
- une médiathèque en ligne (photothèque, cartothèque, ouvrages, multimédia, ...
- des cours pour se former, y compris avec des exercices en ligne.

Je vous laisse découvrir le site http://www.archeogeographie.org/ et certains des propos qui y figurent feront l'objet d'autres post(s).

vendredi 13 juillet 2007

Paysage en morceaux

Avec l'oeil, l'homme appréhende un paysage ; il le voit, il le contemple et il voyage à l'intérieur par la pensée.
Mais l'oeil ne suffit pas pour comprendre de quoi le paysage est fait, ce qu'il nous donne à voir.
Pour cela, il faut entrer dans le domaine de l'analyse. Et la plus simple façon d'analyser quelque chose, c'est de le segmenter, de le découper, de l'ouvrir, de le disséquer.

Chacune des disciplines qui s'y intéresse tente de faire du paysage un assemblage de parties plus petites qu'elles pourront mieux cerner. Puis, elles proposeront de rentrer davantage dans le détail en créer d'autres subdivisions.
On va ainsi trouver de nombreuses dénominations pour ces portions de l'espace, scène ou image, vues suivant les "chercheurs ou artisans".
Par exemple, et en vrac : segment, fragment, élément, vue, géon, entité, unité, écosystème, hoplexol, pavé, système, matrice, parcelle, constituant ... et j'en passe.
La différence entre Entité Paysagère (expression inventé par Bernard Lassus en 1991) et Unité Paysagère est particulièrement subtile. Selon Yves Luginbuhl, la différence repose sur la présence, la forme ou l'organisation de caractères : relief, hydrographie, occupation du sol, forme d'habitat, végétation. Subtilité !!!







Mais quelle est la relation avec les mots de la vie ? Les mots utilisés par ceux qui vivent dans le paysage observé peuvent être différent des mots utilisés par le savant. Mais dans ce cas, il n'est pas encore le "sachant" car il ignore les vrais mots.

Certains diront qu'il s'agit d'un autre niveau de lecture... et ils auront raison. Mais doit-on passer cette dichotomie sous silence ? Non. Elle pourrait même s'avérer constructrice.

Apprendre à associer les "mots des vivants" avec les éléments constituants du paysage, c'est déjà mettre en relation deux démarches : celle de l'analyste et celle de l'enquêteur... ou plus franchement dit, celle du paysagiste et celle du chercheur en sciences humaines, qu'il soit ethnologue, sociologue, archéologue ou historien du paysage.

Un pas à franchir entre disciplines qui a déjà été effectué par certains d'entre nous (ils se reconnaîtront ;-) ).
Et cela est, il me semble, porteur d'espoir. Non seulement pour l'analyse et la compréhension des paysages, mais aussi pour un aménagement du paysage raisonné. Chercher à utiliser en même temps la géographie physique, la géographie humaine, l'écologie, l'histoire, ...pour comprendre un (son) paysage est un défi plaisant à relever.

mardi 10 juillet 2007

It's oh so Cute! Cats of YouTube Music Video

Juste pour le fun, parce que c'est vraiment bon de rire !!!

lundi 9 juillet 2007

Lectures

Voila un moment que j'ai quelques références de livres à vous communiquer.
Et tout d'abord, un livre qui fait le lien direct entre paysage et art.
L'art, c'est celui de Georges Braque, avec ses bleus incomparables et ses perspectives avec des plans séparés comme sur la couverture du livre que lui consacre un collectif d'auteur.


Georges Braque et le paysage : De l'Estaque à Varengeville 1906-1963.
Il s'agit tout d'abord d'un livre savant sur un peintre dont le paysage n'est pas le thème principal. C'est aussi une suite à l'exposition qui s'est tenu l'an dernier (je crois) à Marseille au Musée Cantini et qui mettais en parallèle les oeuvres de Braque et de Cézanne montrant leur réflexion graphique sur le paysage.
L'éditeur (Hazan) a fait le choix du "beau livre", ce qui explique sont prix relativement élevé (39 €).
Je ne suis jamais aller à l'Estaque mais Varengeville, je connais bien. Et de nombreux artistes y ont consacré des tableaux, fusains, huiles ou aquarelles comme Elisabeth Masset dont je vous invite à découvrir le travail.
Extrait de la présentation de l'éditeur : Inventeur du cubisme, Georges Braque ... s'attache au fil de son œuvre à renouveler la tradition de Poussin à Chardin, Corot et surtout Cézanne. C'est l'occasion ... de suivre l'aventure à travers le paysage de celui dont on s'accorde à dire qu'il a su tirer et porter vers d'autres perspectives les leçons du maître d'Aix (Cézanne). ... Les textes d'Éric Darragon, Claude Frontisi, Alvin Martin, Théodore Reff et Véronique Serrano contribuent à élargir et préciser la connaissance de l'œuvre de cet artiste essentiel.


Après Braque et le paysage dans l'art, voici une belle brochette de spécialistes contemporains regroupés dans cet ouvrage : Mouvance 2 - Du jardin au territoire, soixante-dix mots pour le paysage.
Augustin Berque, Pierre Donadieu, Arnaud Lafarge, Pascal Aubry, Yves Luginbühl, Jean-Pierre Le Dantec et Alain Roger.
Une diversité de pensées et d'expression entre l'agronome, le philosophe, l'architecte, le géographe, qui ouvre des horizons à la réflexion. Le terme « Mouvance » désigne à la fois le mouvement évolutif du paysage et un mouvement d'idées. Cette nouvelle édition réunit une seconde génération d’auteurs venus d'horizons différents et fait suite à un premier volume qui réunissait aussi Michel Conan et Bernard Lassus pour une liste de 50 mots. Ce glossaire regroupe des fondamentaux de la pensée des auteurs, et donc un reflet de ce début de XXIe siècle en matière de paysage.

Et si vous ne connaissez pas la série des livres édités par les Editions de la Villette, allez faire un tour sur leur site


Un dernier livre, également collectif (pour la route des vacances ?) : Marche et paysage : les chemins de la géopoétique.


Le titre est étonnant mais laisse présager d'un contenu nous rapprochant de la démarche hodologique avec une lecture du paysage au rythme de la marche. Je me plonge dans sa lecture dans quelque jours.
Je vous laisse avec la présentation de l'éditeur... qui m'a donné envie.
"
A l'heure de la vitesse généralisée, la marche regagne une à une ses vertus : elle tonifie le corps, libère l'esprit et tend à préserver la planète. La géopoétique conseille de vivre autour du lieu, en cercles concentriques et en prenant le temps. La marche est son vecteur favori. Elle dévoile petit à petit le monde proche et intensifie notre lien avec la terre et le ciel. Elle est une activité du corps, mais aussi un approfondissement de la pensée. L'Inde ancienne la hisse au rang de méditation ambulatoire. Poètes, philosophes et géographes s'en sont ici inspirés, dans des récits d'expérience et des essais qui vont sur la trace de promeneurs sensibles au paysage : Bashô et Kenneth White ; Custine, Chateaubriand et Senancour ; Jean-Jacques Rousseau et Robert Walser ; Wordsworth et Thoreau ; Arthur Rimbaud et Adré Dhôtel. " Petit à petit, pas à pas, après la perception détaillée, on entre dans une sensation plus abstraite du paysage, dans un état de contemplation cosmique. L'identité personnelle se perd, disparaît. La marche est un processus d'ouverture " (Kenneth White)."

C'est sans doute une invitation pour les vacances : déambuler, marcher calmement en regardant, en appréciant le monde qui nous entoure, le paysage qui se donne à voir, et qui vous conduira à la rencontre de vous-même.

dimanche 8 juillet 2007

Maïs OGM

C'est presque inaperçu dans le paysage, mais c'est inquiétant de constater ici encore la main mise des semenciers sur l'espace agricole.
Greenpeace publie cette carte suite à une discrète information ministérielle :


Plus d'informations sur cette page.

Périurbanité

Il est logique pour la plupart d'entre nous de penser que chacun doit avoir son lieu de vie, son habitat individuel, si possible avec un petit coin de nature autour. L'apogée de la maison individuelle et séparative est bien présente.

Depuis quelques années, l'intérêt des paysagistes pour le fait périurbain est devenu assez général. L'aménagement paysager des banlieues cherche à améliorer la qualité de vie des résidents. L'agriculture périurbaine nécessite des mesures de protection et d'une bonne gestion des espaces qui y sont consacrés.
Et rarement, il est envisagé de supprimer la notion de "banlieue". Cette dernière est toujours évoquée par rapport à un centre, or aujourd'hui une ville a bien souvent plusieurs centres : historiques, économiques, administratifs...
Notre société évolue selon le principe du développement de l'emprise au sol de nos habitat. L'espace devrait pourtant être économisé pour laisser de la place à ceux avec qui nous partageons la planète, plantes et animaux. L'homme a trop pris l'habitude du développement horizontal après avoir tenté la marche vertical des tours et gratte-ciel.
Ces immeubles ont montré leur manques d'humanité et pour éviter ce peur collective de la vie en IGH (immeuble de grande hauteur) dont l'extrême est visible dans le film Blade Runner, l'homme à préféré "manger la campagne".

Alors que les services des Directions Régionales de l'Equipement se restructurent, ils oublient que la mission d'organisation de l'habitat leur incombe. L'urbanisme peut aussi densifier l'habitat et limiter cette faim d'espace de nos villes et de nos banlieues.
On pourrait commencer par accepter de vivre dans des maison jumelées ou groupées, plutôt que de chercher à tous prix ce jardinet autour de notre cher foyer.
En réduisant la place de la voiture dans nos villes et nos villages, nous pouvons aussi libérer de l'espace pour rendre un habitat plus dense et plus agréable.

Les paysagistes devraient oeuvrer en ce sens et montrer que l'habitat individuel n'est pas toujours la panacée. Par exemple en visant l'aménagement de qualité des espaces collectifs, on peut envisager de réduire l'emprise des espaces privés. Cela aussi pour renforcer le lien social et diminuer notre esprit trop individualiste.
On dit que la banlieue manque de lien social, alors on en fabrique souvent artificiellement. On pourrait également réinventer des centres, plus denses et plus coopératifs. Faire que les banlieus deviennent des quartiers. Et les résidents auraient plaisir à "être" du quartier plutôt que de la banlieue de la ville qui n'est que leur voisine.

Une décroissance de notre urbanisme, en quelque sorte.

mercredi 4 juillet 2007

Quelles sciences pour quel paysage ?

La question mérite d'être posée.

Le paysage est un objet d'étude complexe mais il est également un lieu d'action, d'agissement.
En fait, le paysage est une sorte de "machin" bien difficile à définir où chaque discipline professionnelle qui s'y intéresse voit un objet différent. C'est donc un objet à bord flou comme dirait Bruno Latour.
Paysage fait penser à paysagiste. Mais le support sur lequel agit le paysagiste existe d'abord par deux disciplines précises : la géographie et l'histoire. La géographie va s'enrichir au contact de la géologie pour avoir un support sur lequel poser ses cartes. L'histoire va chercher des données en archéologie, en archivistique, en droit ancien.
L'éthonologue va voir les usages qui sont pratiqués dans ce paysage et chercher à comprendre leurs origines grâce aux données de l'histoire et de la géographie. Le sociologue verra les acteurs du paysage et leur maitrise des usages.
Le botaniste pourra inventorier la flore et l'écologue comprendra le fonctionnement des communautés végétales.
Le regard du paysagiste sera celui du projet. Il devra alors intégrer toutes les données (et j'en ai volontairement passées sous silence) pour les faire siennes, les composer, les imaginer dans de nouvelles relations, avec de nouveaux acteurs ou dans de nouveaux usages. Ou bien simplement, il veillera au respect des usages et aspects anciens.
Comprendre cette démarche interdisciplinaire en paysage est pour le paysagiste une garantie de qualité et de rigueur, mais également une grande difficulté car sa liberté de création pourrait sembler moins grande.
En effet, la politique de la "table rase" pour construire un nouveau paysage (à l'image de l'action urbanistique) est plus difficile si on connait l'origine de la table et de ses ornements.
Mais la liberté du paysagiste est justement de savoir composer entre cette surface, ce modelé, ce passé, ce pays ... afin de construire de nouvelles perceptions.

samedi 30 juin 2007

Paysage de Rouen

Une simple image vous montrera la modification du paysage rouennais avec la création du nouveau pont, le 6° pont nouvellement nommé Pont Flaubert.


Avec ses mats et les papillons qui sont au sommet, il est vraiment monumental. Depuis le centre ou l'Est de Rouen, regarder vers l'Ouest donnait une ligne entre forêt et immeuble d'habitation à Canteleu. Aujourd'hui, sans dépasser de la ligne de la forêt de Canteleu, le Pont Flaubert provoque un vrai changement de la vision de la ville, proche de ce qu'avait provoqué l'érection de la tour des archives ou plus anciennement le pont transbordeur.


(cliché Guillaume Painchault, 2007)

(image collection Edy Pockelé)

Si on dit qu'un seul vous manque et tout est dépeuplé, on érige un édifice et tout un paysage est transformé.
Lorsque la route qui franchit le Pont Flaubert sera en fonction, il sera également possible de prendre possession d'un nouveau paysage, celui d'une vue de Rouen avec les 5 autres ponts depuis l'Ouest.

vendredi 29 juin 2007

Construire du paysage ?

Voilà bien une expression que j'ai souvent trouvée dans des discours, communications de colloques et différents textes.
En particulier, l'agriculteur, le paysan est souvent considéré comme le premier constructeur du paysage, inconscient de sa construction. C'est surtout le reflet d'un fait récurent : la perception du paysage est difficile pour celui qui y vit. Peut-on être à la fois acteur et observateur du paysage ?
En cherchant à généraliser la question sur l'agriculteur à d'autres formes d'acteurs ou de personnes présentes à la construction comme à l'observation (ou à l'absence de celle-ci), il serait bon de s'interroger sur le conducteur de travaux publics qui construit une route et qui en est aussi l'usager. Peut-il, lorsqu'il l'emprunte, y observer le paysage que sa "création routière" donne à voir ?
Et c'est la même chose pour le paysagiste. Peut-il créer du paysage si il est amener à y vivre ? Peut-on être paysagiste dans sa commune ? ... et être prophète en son pays en matière de paysage, en quelque sorte.
C'est sur cette question que je vous laisse pour le week-end.

jeudi 28 juin 2007

Hyperpaysages

La notion de paysage est particulièrement "multiple", certains diraient que le paysage est forcément polymorphe et le mot même est polysémique.
Constatons qu'au niveau de la simple perception visuelle, plusieurs regards dimensionnels sont possibles. Je vais considérer ici 4 visions différentes, 4 regards d'échelle de perception variable.
Le grand classique est le paysage vu par une fenêtre, celui de l'art qui s'exprime sur un tableau et qui est contraint par un cadre.
La seconde forme de perception visuelle est le point de vue tel qu'il est utilisé par le paysagiste, ce que l'on voit d'un point précis (voire quelconque) du territoire et qui génère des visibilités différentes d'un même lieu, des covisibilité... Très vite, cela génère DES points de vues puis des cheminements d'un point à l'autre.
Le "grand paysage" est une forme plus ouverte. C'est celle des points remarquables des cartes routières où un symbole indique un point de vue admirable qui embrasse un grand territoire et permet de dire : "ce grand espace est caractéristique de cette région, de cette vallée, de ce pays".
Enfin, au delà, il y a l'hyperpaysage. Celui qui n'est pas orienté vers une direction mais prend en compte les 360° visible à partir d'un point. Il ne s'agit pas forcément d'une vision panoramique sur un espace totalement ouvert car rien n'empêche de lire le paysage d'une vue selon ce principe. L'hyperpaysage est un outil (d'étude, de consultation, de sensibilisation, mais c'est aussi une perception inédite ou la distance visuelle est particulièrement changeante et oblige le passage par une démarche multiscalaire.
Le site de Christophe Dijoux qui porte simplement le nom "Hyperpaysage" y est entièrement consacré et je vous invite à découvrir ces hyperpaysages qui nous vont vraiment voir et qui donne à voir un paysage "qui nous entoure".
Et vous retrouverez sur son blog de nombreuses informations bien utiles.

Même l'illustration sonore de son site est bien agréable ;-)

lundi 25 juin 2007

Village et terrier

La commune du Bourg-Dun est située au nord du département de la Seine-Maritime, sur la vallée du Dun. Elle fut une paroisse très riche durant l'ancien régime et son paysage en a été marqué. Plusieurs historiens, et les sondages archéologiques réalisés lors des travaux de restaurations de l'église Notre-Dame laissent supposer l'existence d'une abbaye pré-normande dont le bénéfice aurait été attribué à Saint-Quentin-en-Vermandois. Mais cela reste un vrai thème de recherche à développer.
Le commerce a été une véritable source de profit pour le village durant l'ancien régime. Une histoire sommaire de la commune est disponible sur ce site.


En 1741, l'abbaye de Saint-Ouen de Rouen qui possède la paroisse décide d'établir un inventaire de ses biens et fait tracer un plan terrier auquel sera associé un registre décrivant l'ensemble des terres représentées, comme cela est dans ces documents qui précèdent les cadastres du XIX° siècle.
Ce sont quelques éléments de ce document exceptionnel que je souhaite simplement vous présenter comme une source extraordinaire de l'histoire du paysage normand.
Et ce terrier présente deux critères qui le rende encore plus exceptionnel. Il n'y a pas un, mais deux registres et l'ensemble des minutes (autant que l'on puisse en juger) a été conservé et permet de comprendre comment le terrier et son plan ont été construits. De plus, à l'intérieur du registre, un plan complémentaire reprend les éléments du grand plan à une échelle plus manipulable.
Ce phénomène semble assez unique dans la région. Mais si vous connaissez des villages où les documents d'élaboration du plan terrier sont conservés, je suis très intéressé.

En étudiant le plan et les pièces écrites, il est possible de retracer les récentes modifications parcellaires (du début du XVIII° siècle) et d'évoquer l'état du paysage antérieur.
L'observation du système parcellaire est un premier niveau de lecture. Il témoigne d'un paysage très ouvert sur le plateau, un paysage d'openfiel qui contraste avec la vallée où le cloisonnement de l'espace est de rigueur. Le système de haie, comme les clos-masures du plateau, y a crée un milieu végétal fermé. Les haies constituent autant de corridors écologiques qui favorisent la présence de nombreuses espèces végétales et animales des prairies, des lisières et de bord de rivière car le Dun traverse le village du Sud au Nord. La présence (et donc l'ancienneté du bâti actuel) est également visible sur le plan. Les maison et les emplacements des rues ont peu changées jusqu'à aujourd'hui. Les occupants de 1741 sont connus, mais aussi ceux qui les ont précédés grâce aux pièces d'archives.

En effet, pour ceux qui ne sont pas habitués à ce type de sources documentaires, le livre terrier comporte des informations extrêmement utiles.
Par exemple, la parcelle qui porte le numéro 666 sur le plan (et il n'y a rien de démoniaque là dedans) est un parcelle de culture appartenant aux héritiers de Jacques Ridel. Les généalogistes pourront retrouver la trace de ce Ridel et de sa descendance... mais les Ridel sont nombreux dans cette partie de la région .
Cette parcelle 666 est bordée au Nord par les terres de Monsieur d'Herbouville dont le très beau château est situé , et toujours visible, dans le village voisin de Saint-Pierre-le-Vieux. Elle est bordé au Sud selon une limite à la forme découpée par des terres qui appartiennent à Messieurs d'Avremesnil et Le Vasseux. Le chemin de Quiberville passe le long de la parcelle du côté Est et la parcelle à l'Ouest est au trésor de la paroisse du Bourg-Dun, c'est-à-dire que les revenus en reviennent à "fabrique de la paroisse" (la communauté paroissiale) et non pas directement au clergé. Cette parcelle 666 a une surface (une contenance) de 2 acres, 1 vergée et 20 perches ; mesure qu'il conviendrait de convertir en valeurs actuelles soit un peu moins de 8000 m2.
Mais l'intérêt des archives permet d'aller plus loin.
Et le dossier 14 H 1501 nous apprend sur un plan de préparation annoté par le recenseur que cette parcelle a une histoire et il nous fournit les noms des précédents propriétaires et des modifications de surfaces subies par la parcelle.

Sur les deux dernières photographies, on peut voir sur la première, un exemple de planche préparatoire à l'établissement du plan terrier avec un début de mise en couleur et d'indication de signes de représentation de la végétation. C'est sans doute, un document déjà relativement élaboré. Cela signifie que l'établissement d'un plan terrier était un travail de longue durée avec des vérifications sur le terrain et des corrections sur les plans et dans le registre préparatoire. Bien souvent, seul l'état final nous parvient.

La seconde image montre une pièce d'inventaire (numérotée par mes soins : ADSM14H1501p28n) avec le report à l'intérieur du dessin des parcelles de la succession de noms des différents propriétaires et des dates auxquelles ils ont avoué leur "propriété". On remarque que les noms des voiries y sont reportés, parfois avec des corrections ou des notes qui auront disparues sur le plan terrier définitif. Les documents sont malheureusement en mauvais état, déchirés, tâchés, et les nombreuses annotations ne facilitent pas la lecture.
A noter enfin que la présence de ces pièces a échapper aux archivistes jusqu'à présent, et c'est bien dommage. Allez... au travail.

Je me contente de cela pour ce post car l'étude de ces documents méritera une étude complète, argumentée et détaillée dans une revue spécialisée ; de quoi m'occuper une année entière... C'est une autre histoire.
Mais tout cela vous donnera une idée de ce que le paysage peut révéler comme surprise lorsque l'on cherche à comprendre son origine.

Le parcellaire, quelle Histouère !

Sources : Archives Départementales de la Seine-Maritime - 12 Fi 80, terriers n° 133 et 134 et 14 H 1501. Tous ces documents peuvent être mis en lien sous réserve de citer l'origine. Merci

dimanche 24 juin 2007

Le pourquoi ?

Le principe même d'un blog est de maintenir un certain mystère, un manière de teasing, qui invite le lecteur à revenir régulièrement sur le site dans l'espoir de découvrir des nouvelles.
Mais ce site ne peut pas être assimilé à un blog de type journal intime.
Il doit plutôt être considéré comme un lieu où les informations sont là, données gratuitement pour tous ceux qui sont intéressés par les paysages.
Après un mois d'utilisation, je pense que le rythme de 3 messages par semaine est raisonnable. mais il est possible que certaines semaines soient plus remplies.
Vous aurez compris que les principaux sujets sont, et seront, liés aux techniques d'analyse, à l'art paysager, à diverses sources (revues, livres, articles), à des expositions ou manifestations, ...
Et aussi à une approche idéologique très écologique invitant à réfléchir sur les phénomènes de croissance et décroissance. Car le paysage dépend fondamentalement de l'empreinte que nous y laissons, en particulier, la fameuse empreinte écologique.
Mais il n'est pas question pour moi de considérer le paysage comme quelque chose de figé, d'inamovible. Il doit évoluer, au contraire, pour s'adapter à nos modes de vies en perpétuel changement. En aucun cas, il ne doit cependant évoluer en brisant les équilibres fondamentaux qui permettent la survie des fonctionnalités écologiques en terme d'habitat des communautés faunistiques et floristiques.
Il est tout aussi important de ne pas choisir la patrimonialisation paysagère si une autre démarche est possible. A quoi servirai un paysage-musée si plus personne n'y vit ?
Un paysage est avant tout un lieu de vie, il est lui-même vivant.
Qu'il soit écoumène, anthroposystème ou complexe naturel évoluant vers le climax ; le paysage est avant tout un regard sur le monde où nous vivons, porté par celui qui observe, selon la théorie du "point de vue".
Mais le paysage est aussi un regard que nous portons sur nous-mêmes. Si nous y voyons des lieux de vies et de pratiques sociales, ou des constructions techniques de l'homme industrieux, ou encore une expression de la volonté humaine de marquer l'espace, ou enfin un échange entre homme - animaux - végétaux ; notre paysage sera différent. Et il fournira autant d'informations sur celui qui l'analyse que sur le paysage observé.
L'analyse d'un paysage par un historien nous donne-t-elle une lecture du paysage selon un "point de vue" ou une vision de la pratique disciplinaire et épistémologique ?
Face au paysage, chacune des disciplines qui s'y intéresse devra faire l'objet d'une véritable interrogation sur elle-même.

Voilà quelques idées, un peu en vrac, qui me pousse à poursuivre cette expérience de blog. Mais sachez que vous pouvez aussi y contribuer. Par les commentaires bien entendu, mais aussi en m'adressant un message pour évoquer un sujet ou une information que vous voulez voir figurer ici.

Donc à très bientôt...

jeudi 21 juin 2007

Colza - 2

Connaissez-vous le plateau de Madrie ?
Situé entre la vallée de la Seine et celle de l'Eure, il forme une vaste langue de terre aux terre agricoles riches et sans ville. L'autoroute A13 le parcourt d'Est en Ouest, entre Mantes-la-Jolie et Val-de-Reuil.
Ce plateau était un bon grenier à céréales et depuis un demi-siècle, de très nombreux champs de maïs venaient s'intercaler entre orge et blé. Mais le mal s'insinue partout et, en parcourant cette autoroute de Normandie, j'ai découvert que le colza y a opéré un développement spectaculaire. Autour de la sortie qui mène à Vernon, il n'y a plus que des champs de cette plante oléagineuse qui prétend nous fournir de l'énergie ... avec un rendement de 2 % et un bilan écologique déplorable. De plus, il semble bien que les pièces de culture ont été notablement étendues.
Attention à ne pas confondre ici parcellaire foncier et parcelles culturales qui peuvent regrouper des dizaines de parcelles du cadastre.
le résultat est là, terrifiant, une vision d'une agriculture monospécifique dont on veut nous faire croire qu'elle représente l'avenir de nos fermiers.
Mais qui donc manipule qui ?

Je fournirais des photos dès que possible.

dimanche 17 juin 2007

Portraits de villes


A parler des paysages si agréables de nos campagnes, on en oublierais presque qu'il existe de véritable paysages urbains.
Qui ne connait la célèbre skyline, aujourd'hui transformée, de New-York ?
Qui ignore les perspectives de nos grandes avenues et autres cours ou mail à Londres, Paris, Limoges, Montpellier ou Clamecy ?
Le musée Malraux, au Havre, présente un exposition photo-vidéo (10 photographes et 1 vidéaste) des trois symboles architecturaux et urbains du XX° siècle, parmi d'autres.
Le Havre, Brasilia (Brésil) et Chandigarh (Penjab occidental).
Ces villes, classées (ou en cours de classement au patrimoine mondial pour la troisième) par l'Unesco témoigne des recherches et travaux de Auguste Perret, Oscar Niemeyer (et Lucio Costa) et Le Corbusier (avec Pierre Jeanneret, Maxwell Fry et Jane Drew).
Les photos de Lucien Hervé entre 1955 et 1961 dans ces trois villes forment le centre de cette exposition. C'est autour d'elle que sont présentées, comme un écho, les oeuvres de 10 photographes, réalisées entre 1999 et 2007.

L'apport de ces photos est de rendre ces villes un peu plus humaines car des habitants y mettent de la vie. ce n'est pas que de la photo d'architecture.
Hervé nous fait souvent porté le regard vers le ciel et des mini-skylines se dessinent entre les immeubles sans affectations individuels (ISAI).
Louidgi Beltrame, réalise un travail ambitieux de vidéaste où les villes de Brasilia et Chandigarh se trouve plongées entre scénario et réalité filmée. Une astucieuse fiction qui donne réellement envie de parcourir ces deux villes.

L'expo dure jusqu'au 16 septembre et mérite vraiment la visite si vous passez par la Normandie.

Et si vous ne voulez vraiment pas payer pour visiter une expo, allez au réfectoire de l'abbaye de Montivilliers (près du Havre) où vous découvrirez les peintures de Raimond Lecourt, peintre havrais et camarade de classe aux Beaux-Arts de Dufy et Copieux. C'est de la peinture régionaliste, avec de beaux paysages et des couleurs qui sentent la terre. J'aurai bien couru à l'inauguration mais on ne peut pas tout faire.

mercredi 13 juin 2007

Co-visibilité

Qu'est ce que la co-visibilité ?

Voici la définition donnée dans le cadre de la protection des monuments historiques par la Ministère de la Culture.
Covisibilité : On parle de covisibilité ou de « champ de visibilité » lorsqu’un édifice est au moins en partie dans les abords d’un monument historique et visible depuis lui ou en même temps que lui.

C'est un phénomène bien connu des architectes et des paysagistes qui sont amenés à réfléchir sur les problèmes d'intégration d'un édifice dans un paysage. Parmi les exemples les plus fréquents du moment, celui des éoliennes. Chacun reconnait qu'une éolienne est utile pour fournir du courant mais on a pas envie de la voir de chez soi (phénomène social du NIMBY).
De même, on trouve anormal de voir la tour à hélice depuis la belle église romane du village. Depuis le pied de l'éolienne, on ne voit pas l'église ; mais depuis le sommet des marches sur le porche de l'église, on voit très bien les pales de l'éolienne. Il y a co-visibilité.
Il suffit de déplacer l'éolienne de 50 mètres vers la droite, et hop, le tour est joué, l'éolienne est caché par un massif boisé. Mais il reste facile de trouver un point de vue qui rend visible en même temps l'église et l'éolienne.


La prise en compte de cela sur les tracés linéaires peut être matérialisé sur des modèles numériques de terrain : visualisation en 3D du tracé (en orange) et des espaces perçus (en bleu) par les usagers et les observateurs.

Le problème se complique donc lorsque le point d'intérêt n'est plus un édifice, ponctuel et à partir duquel le regard est rayonnant. Si le point d'observation devient large, comme une zone d'observation d'un "grand paysage", il devient quasi impossible d'implanter des éléments monumentaux comme des éoliennes sans être en co-visibilité.


C'est la cas avec cette rive du Saint-Laurent au Canada.

Dans un paysage de type "vallée" qui fait l'objet d'une protection règlementaire, les éoliennes seront reculés sur le plateau de façon à ce que leurs sommets ne soient plus visible de la vallée. Mais en remontant sur le versant opposé de la vallée en question, il n'y aura que la distance qui rendra les éoliennes moins visibles.
Pour éviter la covisibilité dans un grand paysage, il n'y a souvent pas d'autre choix que ne pas implanter le nouvel édifice, éolienne, tour, pylône ou autres. Ou celui de faire une entorse à la démarche d'évitement de covisibilité.

Ce problème de co-visibilité s'applique à de nombreux édifices, et pas uniquement les plus spectaculaires et médiatisés. Les pavillons de lotissements cherchent bien souvent à éviter ce phénomène par des haies et l'orientation des fenêtres. Pour répondre aux exigences : "je ne veux pas que mon voisin me voit quand je suis dans mon jardin et encore moins dans ma maison".

Faites vous-même l'exercice. Vous serez surpris de la fréquence de ce phénomène de covisibilité, y compris pour des lieux où celà est choquant !

lundi 11 juin 2007

Google et paysage

Dans une précédente note, j'ai glissé une image issue de Google Earth montrant le jardin botanique de Dijon. Mais, en quoi Google sert-il l'étude du paysage ?
Les photographies de Google sont des images réalisées à partir d'un satellite avec une très forte définition. Par comparaison, Géoportail présente une définition assez similaire, mais cela est variable suivant les secteurs.
Pour la Haute-Normandie, Google est en train de rattraper, voire de doubler Géoportail au niveau de la qualité. En général, pour la France, la précision des raccords entre images est moins bonne sur Google.

L'observation de Google est une première étape pour comprendre les grands traits morphologique d'un territoire. La mise en évidence de certains des "morphogènes" est possible dès ce niveau. On y observe une rivière qui peut servir de frontière ou de passage, de trait-d'union. On y constate les axes de voiries sur lesquels s'appuient les ensembles parcellaires. On peut aussi voir les noeuds, les centres (bourgs, villes, simples carrefours, ponts, édifices, ...) qui font converger les traits de parcellaires et la voirie.
Avec sa 3D, Google permet aussi de voir les accidents topographiques qui sont des contraintes majeures dans l'aménagement du sol.

Avec un petit peu d'habitude, si l'organisation du territoire obéit à une démarche programmée sur un espace , même peu étendu ; on peut le voir sur Google.
Mais rien ne dit que les éléments qui ont participé à la structuration du paysage soient aisément visibles.
Par exemple, une voie ancienne qui a été à l'origine de l'implantation d'un parcellaire peut avoir disparue ; mais le parcellaire en question est peut-être encore partiellement visible.
Pour illustrer ces premiers propos de ce que l'on peut déjà nommer "archéogéographie", voici quelques exemples.


Sur cette première photo, le grand axe de voie Est-Ouest en bas de l'image est une voie antique. Une seconde voie est observable en oblique vers le Nord-Ouest, les deux chaussées se rejoignant dans l'angle bas à droite de l'image pour prendre la direction Sud-Est. Certaines parcelles (près des bois) semblent s'organiser selon la voie qui est devenue moins perceptible dans le paysage.



Sur la seconde image, un carrefour de voies disparues est visible dans la plaine entre Varengeville-sur-Mer et Offranville. Deux chemins qui ne figurent plus sur aucunes cartes actuelles se croisent dans la parcelle verte, et d'autres chemins ou limites marquées de parcelles anciennes sont visibles dans la partie basse de l'image.



La structure générale de l'habitat est facilement observable sur les photos satellites, comme ce village-rue qui a traversé le temps dans l'Aliermont. L'origine en est médiévale. Ce type de structuration est assez classique et pourrait être visible dans de nombreuses régions.



L'organisation de l'espace agricole est tout à fait perceptible avec ce superbe groupe de clos-masures près de Goderville, paysage typique du Pays de Caux avec ses îlots de verdure dans l'openfield. Les clos-masures sont des ensembles agricoles de dimensions variables formés d'une parcelle entourée d'un "fossé" (talus planté d'arbres de haut jet), et occupée par les bâtiments et structures agricoles implantés de façon répétitive d'un clos à l'autre (habitat, grange, écurie, colombier, mare, charretterie, ...). La dimension de la parcelle est à l'image de la richesse du fermier.


Ainsi commence une démarche d'archéologie du paysage.

dimanche 10 juin 2007

Soir d'élection

Alors que les résultats du premier tour des élections législatives arrivent les uns après les autres, la constatation est nette : au niveau national, c'est pas brillant.
Mais j'ai eu une agréable surprise au niveau de ma commune, la candidate des Verts fait plus de 6%.

Après cette journée électorale, demain, reprise du travail. Le vote passé ; l'écologie, la préservation de notre environnement, et le maintien d'une volonté d'évolution concertée de nos paysages et de nos Pays devra continuer à être un moteur de nos vies.

Demain, que feras-tu pour la planète ?