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vendredi 27 avril 2012

Congrès CTHS de Neuchâtel 2010 - la suite

Enfin, les premiers volumes des actes du congrès du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques qui s'est tenu en Suisse à Neuchâtel en 2010 paraissent doucement les uns après les autres. Le plaisir fut de voir que l'un des premiers à voir le jour fut celui dans lequel figurait mon propre article. Mais bien d'autres textes voient le jour de mois en mois.
Ainsi, sont parus successivement depuis novembre dernier en éditions électroniques : 

"Paysage d'aujourd'hui à hier, d'hier à aujourd'hui", sous la direction de Jean-René Trochet, 
"Paysage de force et plaisir du paysage", sous la direction d'Henri Bresc
"Les Outils de représentation du paysage", sous la direction de Cécile Souchon
et le volume coordonné par Marie-Françoise Diot :

"Paysage et l'Archéologie : méthodes et outils de la reconstitution des paysages"

Sous la direction de Marie-Françoise Diot 135e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Neuchâtel, 2010 Textes de Frédéric Alexandre, Florian Basoge, Aymat Catafau, Émilie Cavanna, Christophe Cloquier, Tomaso Di Fraia, Philippe Fajon, Alain Génin, Michel Godron, Jean-Marc Hoeblich, Séverine Hurard, Michel Martzluff, Olivier Passarrius, François-Xavier Simon, Alain Tabbagh.
Le but de l’archéologue est de reconstituer le paysage qui environne le site historique ou préhistorique qu’il fouille ; paysage en un lieu et à une période donnés ou son évolution dans le temps. Classiquement, le paysage est défini comme ce que l’œil peut embrasser dans son ensemble, plus précisément, c’est une entité morphologique, comme un bassin, une vallée et ses versants ou une entité socioéconomique. Avant la fouille, l’archéologue et son équipe recensent les données écrites des archives, cadastres, iconographies diverses. La phase suivante consiste à connaître le territoire par des prospections pédestres et par des photographies aériennes. De nos jours, l’interdisciplinarité est évidente et elle s’est beaucoup étendue quant aux méthodes. Lorsqu’il s’agit de reconstituer le paysage qui entoure le ou les sites, la réflexion emprunte des méthodes employées par des archivistes, géophysiciens, paléoenvironnementalistes, mais aussi par des géographes, des paysagistes, des économistes... Dans ces actes du 135e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques (Neuchâtel, 2010) intitulé « Paysages », on propose sept exemples de paysages reconstitués selon des réflexions pertinentes.
(extrait du site du CTHS)

Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
115 p., ill. -
Parution : 12/2011


Pour plus d'informations, vous pouvez aller sur le site du CTHS et consulter les nouvelles publications.
http://cths.fr/ac/parutions.php

lundi 11 juillet 2011

Des traces sur l'ardoise des champs !


Le paysage ... ce sont parfois, aussi, des traces fugaces. Au gré d'une photo, la vitesse d'un paysage qui change est perceptible. Comme non satisfait de son dessin précédent, l'agriculteur décide d'effacer l'ardoise pour faire table rase pour un nouveau motif.
Mais attention, au niveau du sol, le changement n'est sans doute pas aussi net. Il n'y a pas d'intervention sur le modelé du terrain et c'est le paysage végétal et cultivé qui est ici concerné. De toutes façons, ce changement ne sera que de courte durée. Nous sommes ici dans le temps court, celui de la saisonnalité, des pratiques aratoires.

mercredi 6 juillet 2011

Petit exercice pratique 1

Je vous propose aujourd'hui de faire votre premier exercice pratique d'archéologie du paysage, et en l'occurrence, plus exactement d'archéogéographie.
Cette discipline vous invite à changer votre regard sur le territoire, en privilégiant la lecture des formes. Mais trop souvent, cette lecture est limitée aux formes du parcellaires, or il nous faut aller bien au delà. Les formes, dans le paysage, ce sont aussi les modelés, les relations topographiques et aussi les réseaux qui se dessinent dans l'espace. A la dimension planimétrique s'ajoute alors une perception des reliefs et une dynamique.
L'un des plus beaux lieux d'apprentissage actuel en lecture du paysage est le web, avec les nombreux sites qui fournissent de vues verticales, satellitaires traitées ou non. GoogleEarth n'est qu'un parmi d'autres.

L'exercice que je vous propose est simple. J'ai choisi de la faire régulièrement pour ne pas perdre les réflexes de l'archéogéographe.
1 - Choisissez (au hasard, c'est mieux) un coin de territoire... et peu importe la région du monde ... d'une superficie raisonnable, de l'ordre de 3 à 5 kilomètres de coté.
2 - Sur cet espace, qui pourrait être celui d'une commune française, observez les lieux forts, structurants, marquants, selon vous, l'organisation de l'espace.
3 - Là intervient l'autre point particulier de la démarche archéogéographique : détachez vous de tous vos a priori, pré-requis du géographe ou de l'historien. Pensez eu terme de fonctionnalité simple, de bon sens, de praticité des liens et des lieux.
4 - Imaginez l'histoire du lieu. Racontez vous une histoire de son développement de son aménagement ... et n'oubliez pas que ce que retracez alors relève peut-être d'un soupçon de réalité.

Vous venez de faire votre premier exercice archéogéographique.

La photo ci-dessous peut-être un bon essai !
........ mais pour faire suite à la remarque d'une collègue roumaine ... Si avec ça, les terroristes ne sont pas au courant des points stratégiques !!!



Et n'hésitez pas à m'adresser vos commentaires !

samedi 18 juin 2011

Histoire du cadastre

Qu'est ce que c'est, le cadastre ?

C'est la phrase que Jean Gabin prononce dans La Grande Illusion avec un ton pour le moins moqueur. Si vous vous posez la même question, alors il existe un site indispenable pour enrichir votre connaissance.

Histoire du Cadastre Français.


Ce site est un véritable centre de documentation autour du thème du cadastre. L'auteur y aborde le cadastre avant et après la Révolution, les méthodes de lecture des plans cadastraux, des liens vers les cadastres anciens, et il nous fournit l'accès à la plupart des ressources documentaires sur ce sujet... mis à part peut-être la structure du paysage hérité des cadastres. La démarche archéogéographique est absente de cette compilation. Donc, n'utilisez pas ce site comme un lieu qui traite de l'aménagement du territoire mais simplement d'une ressource en "cadastre". Certains liens vers les sites d'histoire du territoire restent assez discutables... mais c'est un autre propos.

mercredi 25 mai 2011

AARG in Poznan


Every year, the Aerial Archaeological Research Group organize a congress about rechearch in such specific domains.
It's an opportunity to meet aerial photographer, archaeologist in spatial organisation, users of satellite pictures, LIDAR users, and so on. This european congres is also a place to confront the point of view beetween colleagues of different european countries.
Next time is in POZNAN (Pologne) in september.
You can find more informations at :
http://www.univie.ac.at/aarg/php/cms/

or on the specific web site
http://www.archeo.amu.edu.pl/aarg-earsel/

Different sessions are proposed :

And you can download the second call for papers here.

mercredi 6 avril 2011

La terre dans le monde romain

Gérard Chouquer publie aux éditions Errance et avec l'aide de l'université de Coimbra-Porto, un ouvrage de référence, encore un.


Au gré des 358 pages de l'ouvrage, c'est l'ensemble de la réflexion sur la notion de droit foncier durant l'Antiquité qui est abordée. Mais c'est également une ouverture d'esprit, de notre esprit, sur ce que nous comprenons du droit foncier à travers les âges. Borner les terres, s'approprier, détenir un sol, limiter l'espace cultivé, posséder un terrain ... autant de mot qui sont des rebonds de sens variés suivant les époques. Cette ouverture sur l'Antiquité nous invite à mieux comprendre la contradiction entre l'enregistrement cadastral fixe et l'instabilité permanente des milieux, que ce soit dans leurs composantes agraires ou environnementales.
Le texte, d'un abord parfois délicat, vous fera "passer de l'espace agraire à l'espace social".

Pour cela, il vous en coûtera 32 euros. Pour plus d'info aller faire un tour sur le site dédié à l'archéogéographie.

vendredi 20 août 2010

Espace rural à la loupe

Le titre de mon post est emprunté à l'ouvrage édité il y a quelques mois par les Presses Universitaires François Rabelais de l'Université de Tours.
Il s'agit de la thèse soutenue en 2007 par Nicolas POIRIER avec un nouveau titre pour son édition :
Un espace rural à la loupe : paysage, peuplement et territoires en Berry de la Préhistoire à nos jours.


Le titre original de la thèse était : Un espace rural en Berry dans la longue durée : expérience de micro-analyse des dynamiques spatio-temporelles du paysage et du peuplement dans la région de Sancergues (Cher).

L'étude est centrée sur un espace assez limité couvrant la surface des trois communes de Sancergues, Charentonnay et Saint-Martin-des-Champs, toutes trois dans le département du Cher à un jet de pierre de La Charité-sur-Loire. Ce cadre très local est bien souvent dépassé pour collecter une information pertinente, par exemple en matière de réseau viaire ou de contexte historique et archéologique.

Le travail est bien structuré (comme la thèse dont il est issu) et permet une bonne compréhension de la démarche. De très nombreuses sources sont exploitées, et les connaissances, en particuliers historiques, mobilisées forment un ensemble qui permet réellement de interroger sur la géographie de ces trois communes.

Mais de quoi parle Nicolas Poirier.

De territoire ?
Avant tout de planimétrie. On assiste à une large démonstration d'archéogéographie (qui ne dit pas son nom). Elle est heureusement enrichie par diverses sources dont des analyses physico-chimiques attestant des pratiques agricoles plus ou moins anciennes. Mais ce collectage ne cherche pas à mettre en évidence des points ou des éléments de structuration fort. Il vise à lire, à partir des éléments forts attestés du territoire, leur rôle, leur impact dans l'environnement. Avec cette démarche, peu de chance de mettre en évidence de véritable axes ou pôles de structuration de l'espace qui ne soient déjà connus.

De paysage ?
Sûrement pas ! Même si la présence de la végétation est réelle dans les sources historiques, il est surtout question d'occupation du sol et d'exploitation des ressources végétales disponibles. Le modelé du sol est bien peu évoqué, pas plus que les notions de dynamique des végétations ou de phytosociologie. Et les seuls usages semblent être agricoles. C'est là un problème récurent en archéologie du paysage qui prétend trop souvent parler de paysage sans définir ce dernier.

De peuplement ?
C'est le propre d'une démarche archéologique. Le peuplement et son impact sur l'espace environnant sont bien au coeur de cette étude. Les questions, et les réponses, posées sur l'impact de ces peuplements, allant jusqu'à définir un indice de l'intensité de l'occupation sont tout à fait pertinentes et méritent d'être approfondies.

Je suis donc sorti de cette lecture satisfait sur sa clarté mais un peu frustré sur ces réponses et certains points de méthodes ... même si les objectifs poursuivis semblent bien identiques au mien.
Un réel souci de compréhension de la dynamique des espaces et des paysages qu'ils portent reste au centre, parfois dissimulé, de nos recherches, et de celles de Nicolas Poirier en particulier. Et une volonté de participer à la construction de nos paysages de demain est toujours présente dans les envies scientifiques de la population des historiens et archéologues de paysages à laquelle j'appartiens.

Une lecture pour finir vos vacances ?

POIRIER Nicolas (2010) : Un espace rural à la loupe : paysage, peuplement et territoires en Berry de la Préhistoire à nos jours. Presses UniversitairesFrançois Rabelais de Tours, 232 p., 30 €.



Je ne vais pas manquer de vous en proposer d'autres pour pour le reprise.

vendredi 2 avril 2010

C'est déjà ce soir !

Café cartographique à Rouen
aujourd'hui, 2 avril 2010
à 18 h 45 au Bar des Fleurs
Place des Carmes

Bernard Gauthiez, professeur à l'université Lyon III, viendra nous parler de "Cartographie et citoyenneté". Les méthodes qui vont être évoquées sont très proches de celle de l'archéogéographie, même si elles restent très silencieuses sur les apports de l'archéologie.
Les documents présentés sont ceux qui ont inventé la topographie historique moderne, en particulier en milieu urbain. Le travail de Bernard Gauthiez est essentiel à tout historien moderniste et reste une bonne ouverture vers d'autres travaux pour ceux s'intéressant à d'autres périodes ou à la transversalité chronologique.

Cette présentation fait suite à la journée de la cartographie qui se tient ce même 2 avril à l'université de Rouen, à l'initiative de l'équipe rouennaise du Comité Français de Cartographie.


Cette même journée du 2 avril correspond à la clôture du colloque EcoVeg6 du laboratoire Ecodiv. Il en sera question une autre fois, car décidément, l'activité rouennaise est parfois abondante.

samedi 30 janvier 2010

Quand le géographe devient géohistorien

C'est le cas de Christian Grataloup.


(remise d'un prix au Festival de Géographie de Saint-Dié)

Ce professeur de l'université Paris VII fait partie des géographes qui sont réellement en train de renouveler la pensée au sein de cette discipline. L'article qui lui était consacré en octobre dernier dans Sciences & Avenir décrit bien son évolution personnelle. L'Homme n'occupe pas la place centrale dans le débat, il est avant tout replacé dans l'écoumène, cher à Augustin Berque (Ecoumene, Introduction à l'étude des milieux humains, 2001, Belin).
La mise en relation de l'homme et de son milieu, inscrit dans la longue durée, voilà comment pourrait se résumer en quelques mots la ligne directrice de la géohistoire. Il faut ajouter à celà une notion d'échelle.
L'histoire des territoires, de leurs aménagements, l'archéogéographie, la géographie historique, et bien d'autres termes encore, sont des disciplines proches, avec des zones de recouvrement diciplinaires, des façons de réfléchir qui sont les éléments structurant des sciences de l'espace et du temps associés. On pourrait suggérer que ces diverses compréhensions sont les constitutantes de l'épistèmé de l'hypermodernité proposé par Michel Foucault dans "L'Archéologie du savoir".

Christian Grataloup s'inscrit manifestement dans cette filiation, celle de Fernand Braudel, mais aussi celle de l'Ecole des Annales et de la Nouvelle Histoire. Les temps ayant évolués depuis lors, son sujet d'étude tourne bien souvent autour de la mondialisation.
Il s'inscrit dans une tout autre compréhension du monde que Samuel Huntington, l'auteur du célèbre "Choc des Civilisations", essai mais aussi modèle conceptuel de la réorganisation du monde d'après l'effondrement du bloc soviétique.


Pour Grataloup, il faut intégrer de façon plus complète les données historiques et raisonner autrement qu'en terme de conflit. Le Monde doit plutôt être décrit au pluriel, dans cette logique d'économie-monde braudelienne, qui place nos civilisations dans un cheminement de leurs racines à leurs possibles évolutions. D'une pensée optimiste, Christian Grataloup croit aux metissages et aux créolités même si les peurs de l'hégémonie de certaines portions du monde l'inquiète encore.

Pour découvrir le travail du Christian Grataloup, il faut lire :
  • Géohistoire de la mondialisation. Le temps long du Monde, Armand Colin (collection U), 2007. Belle analyse et commentaire sur le site des CafésGéo et éléments de débat sur le travail de C.Grataloup.
  • L'invention des continents, Larousse, 2009.

Et sur le site EspaceTemps.net, un beau texte de Christian Grataloup à propos de la réédition d'un livre passionant de David Cosandey.

mercredi 18 novembre 2009

Landscape Archaeology Conference

En janvier 2010, du 26 au 28, se déroulera la première conférence internationale d'archéologie du paysage à l'université VU Amsterdam.
Elle s'organisera autour de 6 thèmes principaux.
1/ Comment change le paysage.
2/ Chronologie et transformation des paysages.
3/ Relier les basses terres avec les montagnes (interaction hommes/milieu : niveau de la mer, érosion, sédimentation, glissements de terrain ...).
4/ Les concepts d'échelle et la démarche multiscalaire.
5/ Les nouvelles méthodes (Lidar, image multispectrales ...)
6/ Quel avenir pour l'archéologie du paysage ?

Les résumés des communications devaient être envoyés avant fin octobre. le programme ne semble pas être encore disponible. Etrange ! Le 26/01 sera une journée d'excursion, puis viendront les séances en salles. Le site de présentation laisse vraiment sur sa faim. A suivre.

lundi 22 septembre 2008

11° Rencontres internationales de Liessies

Pour la 11ème fois se tiennent les rencontres de Liessies (59) aux Bûcher aux moines, dans le parc départemental de l'abbaye de Liessies. Les 24 et 25 septembre (jeudi et vendredi), deux journées bien remplies consacrées à une lieu géographique qui passionne les historiens.

Lit mineur, lit majeur, lit voyageur...

Organisées par Corinne Beck et Fabrice Guizard-Duchamp, ces deux journées vont évoquer tour à tour les modifications des tracés des rivières et des fonctionnement des cours d'eau, l'impact (ou les impacts) du fleuve et de son environnement sur les sociétés humaines riveraines et les problèmes de représentation et de perception.

Lit majeur, lit mineur ?
Le lit mineur est le chenal, là où l'eau de la rivière ou du fleuve est toujours (normalement) présente. Il comprend également les étangs, bras morts, noues communicant directement par la nappe phréatique avec le fleuve.
Le lit majeur correspond à l'ensemble des terres où la crue peut s'étendre, où le fleuve peut divaguer. La différence entre lit mineur et lit majeur est l'espace de liberté du fleuve.
Un schéma vaut mieux que de longs discours.



Parmi les interventions prévus durant ces deux journées, celle portant le titre de "Entre littoral baladeur et lit de canche flâneur. Perspectives d'exploitation croisée des sources géomorphologiques et géoarchéologiques : les données environnementales et géomorphologiques" est particulièrement prometteur. M. Meurisse-Fort, G. Gosselin, B. van Vliet-Lanoë et M. Philippe ouvre la première session avec ce beau sujet.
Karine Berthier, archéologue du Conseil Général du Val-de-Marne, évoquera les captages de la Bièvre depuis l'Antiquité jusqu'au XVIIIème siècle.
L'évolution des berges de l'Escaut et l'impact sur la ville seront au couer du sujet de L. Verslype de l'Université de Louvain.

La journée du 25 septembre sera cloturée par une conférence de Virginie Vergne, maître de conférence en géographie à l'Université de Lille 1.
Elle est co-auteur d'un bel ouvrage sur le monde des tourbières et des marais... entre autres choses.

Ces journées pourraient apporter quelques informations et perspectives de travail très intéressantes pour la recherche à venir sur les paysages de fleuve, avec lequel l'homme devra de plus en plus apprendre à vivre.

jeudi 11 septembre 2008

Traité d'archéogéographie - volume 1

L'histoire du paysage repose sur de nombreuses sources mais elles visent toujours à retracer un récit, résultant des interactions entre l'homme et son milieu.
Bien souvent, ce récit à été construit sur des préconçus, des idées fausses car piégées dans le formatage de la discipline, installé sur des modèles dont la véracité n'était pas toujours vérifiée ...
Tous ces objets géohistoriques, Gérard Chouquer les passe au crible de l'analyse. Il déconstruit la démarche du chercheur en "objets du paysage" pour montrer le caractère contingent de ceux-ci alors que l'on pouvait les croire universels.


D'un abord assez complexe, cet ouvrage est le premier d'une série qui devrait installer les bases d'une nouvelles démarches, d'une nouvelle façon de lire notre monde dans sa dynamique spatiale et temporelle. On retrouve dans ce livre de nombreuses références à l'histoire des sciences que l'auteur sait vous donner envie de découvrir.

Plus d'informations sur le site de l'Archéogéographie.

Pour en savoir plus sur G. Chouquer et l'archéogéographie, il y a même des pages Wikipedia.

dimanche 10 février 2008

Le Paysage pour les débutants - 5

Autre dimension de l'étude des paysages : la mise en relation de l'histoire et de la géographie.
Cela a donné naissance à une nouvelle discipline qui présente de nombreuses variantes (et donc des noms différents), souvent liées à l'époque et au(x) paradigme(s) du chercheur.
On a parfois parlé de Géographie Historique, de morpho-histoire, et aujourd'hui d'archéogéographie.

Issue des réflexions de Gérard Chouquer et son équipe de recherche, cette discipline étudie l'impact de l'occupation humaine, dans l'espace et le temps, par une analyse de la morphologie de ces occupations, de leurs aménagements périphériques et de leurs relations avec les espaces "naturels".
L'espace caractérisé est ici proche de ce Augustin Berque nomme "Ecoumène".
Les techniques utilisées proviennes de la cartographie, de la photographie verticale, oblique ou satellite, de l'urbanisme, de la géographie humaine et sociale et de la dynamique.
L'étude passe par la construction de "compilations". C'est-à-dire qu'il faut construire un document regroupant toutes les traces observables, sans distinction d'origine et de forme. Cela peut faire apparaitre des facteurs d'organisation (morphogènes, éléments structurants, planification, organisation spontanée) qui peuvent présenter une cohérence historique, ou non.
Cette base graphique de l'archéogéographe sert à discriminer les ensembles qui montrent des cohérences, des signes de durabilité ou de résilience.
Ensuite viendra la mise en relation éventuelle avec des phénomènes historiques, géographiques, orographiques, hydrographiques, géologiques ou sociaux.

L'analyse des photographies aérienne montre de nombreuses traces fossiles. Elles peuvent prendre un sens lors de leur mise en relation avec les limites de parcellaires observées sur le cadastre du début du XIXe siècle (cadastre napoléonien) et avec l'observation des haies encore présentes sur le terrain (cf la série photo aérienne - dessin d'interprétation - réseau présent dans le secteur / travaux Gérard Chouquer).

Un traité sur la discipline archéogéographique est en cours de réalisation


Pour plus d'informations, aller faire un tour sur le site "officiel" de l'archéogéographie : www.archeogeographie.org

dimanche 21 octobre 2007

Paysage de l'Oise


Un livre qui prend la dimension du paysage, celle du terroir et de ses héritages historiques. Ce livre est signé Jean-Marc POUPINEAU ; son titre : "L'Homme et le hameau dans le Val-de-Rouanne".
Comme le sous-titre l'indique, cet ouvrage édité en numéro spécial par la Revue Archéologique de Picardie traite de "la formation d'un paysage au bâti semi-dispersé de l'Antiquité à la fin du Moyen âge". C'est donc tout le processus d'anthropisation d'une vallée qui est abordé ici. L'auteur, historien médiéviste et géographe, développe en 3 parties la mise en place de l'anthropisation, puis la prospérité durant le moyen âge classique, et enfin la reprise de la polynucléarisation au bas moyen âge.

Ce livre ne sera disponible qu'en fin d'année mais vous pouvez souscrire dès maintenant auprès de la Revue archéologique de Picardie, 47 rue du Châtel, 60300 SENLIS, et ceci au prix de 36 € franco de port jusqu'au 10 décembre.

dimanche 15 juillet 2007

Archéogéographie.org

Voilà un mot qui figure dans ma liste de libellés et dont la plupart d'entre vous ignore sans doute le sens.
Tout cela va s'éclaircir grâce à un site qui vous propose de découvrir cette nouvelle discipline et peut-être même vous initier à ses méthodes.
Cette image vous en fournira l'idée de base.


Vous trouverez également sur ce site :
- des dossiers sur les recherches en cours, sur les sites archéologiques; ...
- des données sur les différents modes d'arpentage des terres
- une médiathèque en ligne (photothèque, cartothèque, ouvrages, multimédia, ...
- des cours pour se former, y compris avec des exercices en ligne.

Je vous laisse découvrir le site http://www.archeogeographie.org/ et certains des propos qui y figurent feront l'objet d'autres post(s).

lundi 25 juin 2007

Village et terrier

La commune du Bourg-Dun est située au nord du département de la Seine-Maritime, sur la vallée du Dun. Elle fut une paroisse très riche durant l'ancien régime et son paysage en a été marqué. Plusieurs historiens, et les sondages archéologiques réalisés lors des travaux de restaurations de l'église Notre-Dame laissent supposer l'existence d'une abbaye pré-normande dont le bénéfice aurait été attribué à Saint-Quentin-en-Vermandois. Mais cela reste un vrai thème de recherche à développer.
Le commerce a été une véritable source de profit pour le village durant l'ancien régime. Une histoire sommaire de la commune est disponible sur ce site.


En 1741, l'abbaye de Saint-Ouen de Rouen qui possède la paroisse décide d'établir un inventaire de ses biens et fait tracer un plan terrier auquel sera associé un registre décrivant l'ensemble des terres représentées, comme cela est dans ces documents qui précèdent les cadastres du XIX° siècle.
Ce sont quelques éléments de ce document exceptionnel que je souhaite simplement vous présenter comme une source extraordinaire de l'histoire du paysage normand.
Et ce terrier présente deux critères qui le rende encore plus exceptionnel. Il n'y a pas un, mais deux registres et l'ensemble des minutes (autant que l'on puisse en juger) a été conservé et permet de comprendre comment le terrier et son plan ont été construits. De plus, à l'intérieur du registre, un plan complémentaire reprend les éléments du grand plan à une échelle plus manipulable.
Ce phénomène semble assez unique dans la région. Mais si vous connaissez des villages où les documents d'élaboration du plan terrier sont conservés, je suis très intéressé.

En étudiant le plan et les pièces écrites, il est possible de retracer les récentes modifications parcellaires (du début du XVIII° siècle) et d'évoquer l'état du paysage antérieur.
L'observation du système parcellaire est un premier niveau de lecture. Il témoigne d'un paysage très ouvert sur le plateau, un paysage d'openfiel qui contraste avec la vallée où le cloisonnement de l'espace est de rigueur. Le système de haie, comme les clos-masures du plateau, y a crée un milieu végétal fermé. Les haies constituent autant de corridors écologiques qui favorisent la présence de nombreuses espèces végétales et animales des prairies, des lisières et de bord de rivière car le Dun traverse le village du Sud au Nord. La présence (et donc l'ancienneté du bâti actuel) est également visible sur le plan. Les maison et les emplacements des rues ont peu changées jusqu'à aujourd'hui. Les occupants de 1741 sont connus, mais aussi ceux qui les ont précédés grâce aux pièces d'archives.

En effet, pour ceux qui ne sont pas habitués à ce type de sources documentaires, le livre terrier comporte des informations extrêmement utiles.
Par exemple, la parcelle qui porte le numéro 666 sur le plan (et il n'y a rien de démoniaque là dedans) est un parcelle de culture appartenant aux héritiers de Jacques Ridel. Les généalogistes pourront retrouver la trace de ce Ridel et de sa descendance... mais les Ridel sont nombreux dans cette partie de la région .
Cette parcelle 666 est bordée au Nord par les terres de Monsieur d'Herbouville dont le très beau château est situé , et toujours visible, dans le village voisin de Saint-Pierre-le-Vieux. Elle est bordé au Sud selon une limite à la forme découpée par des terres qui appartiennent à Messieurs d'Avremesnil et Le Vasseux. Le chemin de Quiberville passe le long de la parcelle du côté Est et la parcelle à l'Ouest est au trésor de la paroisse du Bourg-Dun, c'est-à-dire que les revenus en reviennent à "fabrique de la paroisse" (la communauté paroissiale) et non pas directement au clergé. Cette parcelle 666 a une surface (une contenance) de 2 acres, 1 vergée et 20 perches ; mesure qu'il conviendrait de convertir en valeurs actuelles soit un peu moins de 8000 m2.
Mais l'intérêt des archives permet d'aller plus loin.
Et le dossier 14 H 1501 nous apprend sur un plan de préparation annoté par le recenseur que cette parcelle a une histoire et il nous fournit les noms des précédents propriétaires et des modifications de surfaces subies par la parcelle.

Sur les deux dernières photographies, on peut voir sur la première, un exemple de planche préparatoire à l'établissement du plan terrier avec un début de mise en couleur et d'indication de signes de représentation de la végétation. C'est sans doute, un document déjà relativement élaboré. Cela signifie que l'établissement d'un plan terrier était un travail de longue durée avec des vérifications sur le terrain et des corrections sur les plans et dans le registre préparatoire. Bien souvent, seul l'état final nous parvient.

La seconde image montre une pièce d'inventaire (numérotée par mes soins : ADSM14H1501p28n) avec le report à l'intérieur du dessin des parcelles de la succession de noms des différents propriétaires et des dates auxquelles ils ont avoué leur "propriété". On remarque que les noms des voiries y sont reportés, parfois avec des corrections ou des notes qui auront disparues sur le plan terrier définitif. Les documents sont malheureusement en mauvais état, déchirés, tâchés, et les nombreuses annotations ne facilitent pas la lecture.
A noter enfin que la présence de ces pièces a échapper aux archivistes jusqu'à présent, et c'est bien dommage. Allez... au travail.

Je me contente de cela pour ce post car l'étude de ces documents méritera une étude complète, argumentée et détaillée dans une revue spécialisée ; de quoi m'occuper une année entière... C'est une autre histoire.
Mais tout cela vous donnera une idée de ce que le paysage peut révéler comme surprise lorsque l'on cherche à comprendre son origine.

Le parcellaire, quelle Histouère !

Sources : Archives Départementales de la Seine-Maritime - 12 Fi 80, terriers n° 133 et 134 et 14 H 1501. Tous ces documents peuvent être mis en lien sous réserve de citer l'origine. Merci

lundi 11 juin 2007

Google et paysage

Dans une précédente note, j'ai glissé une image issue de Google Earth montrant le jardin botanique de Dijon. Mais, en quoi Google sert-il l'étude du paysage ?
Les photographies de Google sont des images réalisées à partir d'un satellite avec une très forte définition. Par comparaison, Géoportail présente une définition assez similaire, mais cela est variable suivant les secteurs.
Pour la Haute-Normandie, Google est en train de rattraper, voire de doubler Géoportail au niveau de la qualité. En général, pour la France, la précision des raccords entre images est moins bonne sur Google.

L'observation de Google est une première étape pour comprendre les grands traits morphologique d'un territoire. La mise en évidence de certains des "morphogènes" est possible dès ce niveau. On y observe une rivière qui peut servir de frontière ou de passage, de trait-d'union. On y constate les axes de voiries sur lesquels s'appuient les ensembles parcellaires. On peut aussi voir les noeuds, les centres (bourgs, villes, simples carrefours, ponts, édifices, ...) qui font converger les traits de parcellaires et la voirie.
Avec sa 3D, Google permet aussi de voir les accidents topographiques qui sont des contraintes majeures dans l'aménagement du sol.

Avec un petit peu d'habitude, si l'organisation du territoire obéit à une démarche programmée sur un espace , même peu étendu ; on peut le voir sur Google.
Mais rien ne dit que les éléments qui ont participé à la structuration du paysage soient aisément visibles.
Par exemple, une voie ancienne qui a été à l'origine de l'implantation d'un parcellaire peut avoir disparue ; mais le parcellaire en question est peut-être encore partiellement visible.
Pour illustrer ces premiers propos de ce que l'on peut déjà nommer "archéogéographie", voici quelques exemples.


Sur cette première photo, le grand axe de voie Est-Ouest en bas de l'image est une voie antique. Une seconde voie est observable en oblique vers le Nord-Ouest, les deux chaussées se rejoignant dans l'angle bas à droite de l'image pour prendre la direction Sud-Est. Certaines parcelles (près des bois) semblent s'organiser selon la voie qui est devenue moins perceptible dans le paysage.



Sur la seconde image, un carrefour de voies disparues est visible dans la plaine entre Varengeville-sur-Mer et Offranville. Deux chemins qui ne figurent plus sur aucunes cartes actuelles se croisent dans la parcelle verte, et d'autres chemins ou limites marquées de parcelles anciennes sont visibles dans la partie basse de l'image.



La structure générale de l'habitat est facilement observable sur les photos satellites, comme ce village-rue qui a traversé le temps dans l'Aliermont. L'origine en est médiévale. Ce type de structuration est assez classique et pourrait être visible dans de nombreuses régions.



L'organisation de l'espace agricole est tout à fait perceptible avec ce superbe groupe de clos-masures près de Goderville, paysage typique du Pays de Caux avec ses îlots de verdure dans l'openfield. Les clos-masures sont des ensembles agricoles de dimensions variables formés d'une parcelle entourée d'un "fossé" (talus planté d'arbres de haut jet), et occupée par les bâtiments et structures agricoles implantés de façon répétitive d'un clos à l'autre (habitat, grange, écurie, colombier, mare, charretterie, ...). La dimension de la parcelle est à l'image de la richesse du fermier.


Ainsi commence une démarche d'archéologie du paysage.