vendredi 7 septembre 2007

Qui gère quoi ?

En voilà une question qu'elle est bizarre ! Qui gère quoi ?

En matière de paysage, c'est réellement une question à poser. A priori, et en application de la règlementation, c'est la DIREN (direction régionale de l'environnement) qui gère les sites et paysages. Mais les sites contiennent bien souvent de nombreux sites dont l'intérêt patrimonial relève également de la compétence des services du Ministère de la Culture (DRAC), que ce soit les monuments historiques, le service d'archéologie, ou le service départemental de l'architecture avec ses ABF. Sans compter, les commissions des sites et les autres instances qui dépendent des collectivités territoriales et qui peuvent être amenées à intervenir, en particulier dans le cadre de l'urbanisme ou pour des financements.
Après avoir parcouru les différents sites web de ces services en Haute-Normandie, la situation pourrait sembler plus flou encore.
En effet, sur le site de la DIREN, vous pouvez visionnez un beau diaporama des sites protégés et gérés par ce service de l'Etat... et comble de bizarrerie, les deux tiers des sites présentés ont, au centre de leur protection, un édifice relevant de la Culture (Château-Gaillard, Acquigny, Cany...).
Et si vous allez faire un tour du côté de la Culture, vous découvrirez que la gestion des jardins historiques, l'organisation de la journée des jardins, sont de la compétence de la DRAC.

Ah, la difficulté des compétences partagées. Et tout cela n'est que la conséquence d'une règlementation qui date de 1913 et 1930, et qui a laisser distincts deux domaines soit-disant disjoints qui sont (seraient)le culturel et le naturel.

Au moment où les conservations régionales des monuments historiques perdent certaines de leurs compétences pour cause de décentralisation, ne serait-il pas utile de provoquer un rapprochement de ces services ?
Les paysages ne pourraient-ils pas être entièrement de la compétence des DRAC(s) car notre térritoire est depuis longtemps totalement anthropisé ?
Les sites ne pourraient-ils pas aussi être totalement de la compétence des DIREN(s) au titre de l'environnement et du cadre de vie ?

Une chose est certaine, ce flou (pas artistique du tout) entretenu, ne facilite pas la gestion des sites historiques ni celle du paysage. Le seul "avantage" est de permettre à l'Etat de diminuer son engagement, son investissement, sa présence ... alors que ses services sont constitués de personnels compétents mais de moins en moins animés par la passion de leur début de carrière.

Quand pourrons-nous enfin considérer le patrimoine comme une globalité ?
Le château, son allée, son parc, ses bois, sa ferme et ses bâtiments, les terres de la ferme, l'église, les traditions des habitants de ce village, l'organisation des maisons, l'histoire urbaine, etc forment un tout que quelques urbanistes nomment "cadre de vie" et serait sans doute mieux géré par une seule et même équipe.

lundi 3 septembre 2007

Rendez-vous CAUE - 1

Le CAUE 76 (conseil d'architecture, d'urbanisme, d'environnement de la Seine-Maritime) organise au long de l'année 2007/2008 des rendez-vous pour rencontrer des spécialistes ou aller à la rencontre de sites, de techniques ou de savoir-faire.


Et ça commence le 12 septembre 2007 avec un premier rendez-vous sur : "Pour des espaces verts écologiques : la gestion différenciée" avec François Veillerette. Il nous parlera sans doute de biodiversité des espaces semi-sauvages et cultivés ou jardinés en ville ainsi que des entretiens et aides aux cultures. Son grand combat est autour des pesticides et des risques qu'ils font courir à cette biodiversité (il est animateur d'une réseau sur ce sujet).
Sans faire compliqué, la gestion différenciée n'est jamais qu'une façon de laisser faire la nature quand on le peut, ou d'adapter le mode de gestion à l'emplacement et au cortège végétal présent (tonte en 2 temps, suppression des pesticides et engrais, ... ). Les principes en sont bien expliqués sur la page Wikipedia qui en parle.
François Veillerette sera associé à Dominique Durand (directeur du service des espaces verts de la ville de Beauvais) qui évoquera son expérience professionelle et, peut-être la place que va prendre l'Agenda 21 local dans le fonctionnement des espaces verts de la ville.


La rencontre aura lieu le 12 septembre 2007, à Pont-Audemer (27), salle des Carmes, à 10 h 00.

Et l'après, il est prévue de faire une promenade-visite du Parc des Etang.


Cette journée est aussi l'occasion de découvrir que le CAUE 27 existe aussi, puisqu'il sera co-organisateur de la journée. Tout nouveau, tout beau !!! ou le simple prolongement de la petite structure qui faisait office de CAUE auparavant ? Espérons qu'il sera doté de moyens à la hauteur des missions...
Sachez aussi que Pont-Audemer est une des rares villes où vous pouvez passer un week-end de repos sur pilotis, en louant ses drôles de cabanes au large du camping et au milieu des étangs.

mercredi 29 août 2007

Grenelle de l'Environnement




Bientôt, le Grenelle de l'Environnement devrait entrer dans sa phase locale (phase 2 - septembre/octobre) avec des rencontres des acteurs locaux et des citoyens.



La place du paysage y est assez limitée (groupe 2), mais après visionnage des diverses vidéos de ce groupe 2, retraçant leurs premiers travaux, le constat est plutôt rassurant.
Le travail déjà effectué est celui d'une véritable écoute, d'une envie de convergence, d'efforts de tous les acteurs.
Pour preuve, cette réflexion de Patrice Hirbec, représentant de la CGC au sein du groupe 2 "Préserver la Biodiversité et les ressources naturelles". Il fait remarquer que l'habitude, pour lui, est aux échanges bilatéraux où chacun tire contre l'autre et que c'est fois, c'est du "multilatéral" et les "échanges les tirent les uns vers les autres et vers le haut".
Même la plupart des commentaires collectés sur Grenellorama sont plutôt encourageants.

Bien entendu, le propos que je souhaitais entendre sur le rôle du paysage dans la bouche des représentants des différents collèges n'étaient pas là, malgré l'atelier "patrimoine naturel et durabilité des territoires". Mais il n'y a pas que le paysage pour témoigner de la biodiversité !
Les propos considérant le paysage comme un élément du bien-être et de l'épanouissement humain, tout comme un témoin d'une biodiversité maintenue, restent à venir.
Les interviews retracent les convergences qui se mettent en place et les mots de "territoires", "espaces partagés", "milieux de vie" prononcés tant par les agriculteurs, que par le représentant du MEDEF et celui de la CGT sont plaisant à entendre.
Peu de mots sur la science dont seul Yvon Le Maho (DR CNRS et académie des sciences) parle de façon engagée. Et j'attends encore que le groupe évoque la responsabilité des scientifiques, y compris en sciences humaines sur le rôle de cette biodiversité sur la planète.

Le groupe 4 "Adopter des modes de production et de consommation durable" évoquera certainement les paysages mais il faudra sans doute attendre que les débats soient passés par le niveau plus local.

Je pensais franchement qu'après les travaux des groupes de travail du Grenelle de l'Environnement durant l'été, les premières critiques fuseraient aisément, mais la conscience progresse. Espérons que le débat évitera l'écueil de la culpabilisation des consommateurss et l'auto-satisfaction des politiques et les remplacera par la responsabilisation des uns et le courage des autres.

A suivre avec attention, donc, car le calendrier va aller très vite. Des décisions sont attendues avant la fin de l'année, sans doute dès octobre si le programme est respecté.

Petit conseil, entre autre si la place de la science dans le débat vous intéresse : Chaque groupe de travail dispose d'une base bibliographique dont le contenu est significatif des propos tenus par les participants institutionnels. Une analyse de détail montre que la part des publications issues des grands instituts de l'Etat est dominante. Mais elle n'est seule.


Petit plus : Si vous utilisez la barre "EcoloInfo" sur votre navigateur, vous y trouverez plein de ressources et de lieux de débat sur le sujet. sinon, pourquoi ne pas télécharger ce module complémentaire qui fonctionne sur Firefox et Explorer, sur PC et sur Mac.

Et à propos du Grenellorama, regardez cette vidéo.
http://www.dailymotion.com/GrenelleDeLEnvironnement/video/4399142

mardi 28 août 2007

Recrutement d'un chargé de mission CDD

Le Groupement d'Intérêt Public Seine-Aval (GIPSA) porte le Programme Seine-Aval de recherche et d'aide à la décision en environnement sur l'estuaire de la Seine.
Il organise à la fin du mois d'octobre un séminaire à destination de la communauté scientifique, sur la thématique "rétrospective et paysage" dans le cadre de son axe de travail : "Restauration environnementale et reconquête de l'estuaire de Seine pas ses usagers".
Le séminaire, axé sur les partages d'expérience, facilitera et engagera la construction d'une stratégie scientifique pour les 6 prochaines années.

Pour organiser ce séminaire, Le GIP Seine-Aval recrute un chargé de mission pour une durée de 2,5 mois (le premier mois à mi-temps , la suite à plein temps de 35 h hebdo) ; la mission débutant dès que possible (septembre) pour s'achever le 15 novembre.

La mission comporte :
- animation du comité d'organisation,
- recherche et prise de contact auprés des organismes et personnes clés,
- préparation des interventions,
-suivi de l'organisation en collaboration avec l'équipe du GIPSA,
- réalisation de la synthèse du séminaire.

Le profil recherché est :
- bonne connaissance des disciplines liées au paysage,
- capacité rédactionnelle et de synthèse,
- autonomie dans l'organisation pratique d'un séminaire.

Pour toutes informations, contacter la coordinatrice scientifique par le biais du site web du GIPSA sur la page des contacts.

samedi 25 août 2007

JL Lemaitre


Voilà un court message pour vous faire découvrir un photographe qui a plus d'une corde à son arc... dont le paysage. Je vous en propose juste deux exemples pour vous faire une idée et vous invite à aller faire un tour sur son book en ligne.

Vous trouverez sur son site de très nombreuses photographies de Normandie, mais aussi d'autres régions.
Les couleurs sont toujours maitrisées. Parfois, il y a comme une vrai mise en scène du paysage.

Ce me semble être le cas sur les deux choisies, comme ce carré énigmatique devant le front de falaise. Land-art ?

Jean-Luc Lemaitre vous propose également des conseils pour vos propres clichés et vous permet de découvrir sur son site d'autres photographes qu'il aime.






Je partage avec lui l'intérêt pour Jean-Loup Sieff dont je vous propose le nu dans le paysage, paysage habité, si particulier, que voici.

vendredi 24 août 2007

Amouhoques

Le Jardin des Amouhoques est un lieu à la fois magique et si simple du Pays de Caux.
Situé au Mesnil Durdent, il présente la flore sauvage (j'aurais pu dire traditionnelle) du plateau cauchois au fil des talus de chemin du village et d'un jardin botanique. Les plantes y sont étiquetées en latin et français. Vous pourrez ainsi vous souvenir de ces noms, lorsque le promeneur que vous êtes se retrouvera dans la campagne.
Ces plantes sont les composantes de base, si discrète, du paysage cauchois.
Un centre de documentation complète le site et une belle salle peu recevoir les groupes.
(photo JF Lanzaronne)

En dehors de cette présentation très "promotionnelle", sachez que vous y apprendrez toujours quelque chose sur les plantes. Et puis, la chance aidant, vous rencontrerez peut-être Catherine Sauvage qui vous racontera plein d'anecdotes sur les façons d'utiliser les végétaux. Les plantes comestibles et les poisons, les remèdes et autres usages domestiques.

Ce lieu est à la fois un jardin savant, un site de plaisir, un véritable patrimoine, une image de la région et une promenade simple qui invite aussi à la rêverie. Par exemple en parcourant les contes de Maupassant qui évoquent ou décrivent cette campagne.

Pour vous y rendre, il faut aller près de Saint-Valery-en-Caux, et depuis Rouen, suivre les indications après le village de Sainte-Colombe.

Et l'amouhoque, me direz-vous ?
Et bien, il s'agit d'une plante simple de notre région, de la famille des asteracées, plus précisement une matricaire (matricaria inodora), parfois faussement nommée camomille.
Traditionnellement, cette plante était mise en bouquets offerts aux jeunes mariés de la région.

JARDINS DES AMOUHOQUES
Rue des Fougères
76460 Le Mesnil-Durdent
Tél : 02 35 57 14 20
E-mail : jardin.des.amouhoques@wanadoo.fr

Pour les deux derniers dimanches de vacances (le 26/08 et le 02/09), soyez à la mairie du Mesnil-Durdent à 15 h. Vous pourrez découvrir les plantes sauvages du Pays de Caux et leurs usages, le tout expliqué dans le cadre d'une visite guidée.
Le site (hors visites guidées) est d'accès libre et gratuit.

mardi 21 août 2007

L'éolien et le paysage sur France Inter

Ce soir (mardi 21 août) , de 19 h 20 à 20 h 00, l'émission "Le Téléphone Sonne" sur France Inter aura pour titre "Du Rêve et du Vent".

C'est du moins le titre officile annoncé sur le site de la station. Mais le journaliste qui en faisait l'annonce au journal de 13 h 00 a donné pour titre : "La guerre du vent aura-t-elle lieu ?"

Le débat portera sur la question qui oppose (opposerait) développement durable et protection des paysages (et de la nature et des oiseaux...). A croire que le débat ne porte que sur ces deux points.

Voici le texte de présentation de l'émission :

"L'énergie éolienne est inépuisable, elle est non polluante et elle alimente un business en pleine expansion. Mais ses opposants lui reprochent notamment de polluer les paysages contre un bénéfice écologique discutable.

Invités :

- Pierre Radanne, ancien président de l'Ademe ( Agence se l'environnement et de la maîtrise de l'énergie.

- Jean-Michel Germa, vice-président de France Energie Eolienne au sein du syndicat des énergies renouvelables.

- Michel Magerand, vice-président de l'association Vent de colère.

- Jean-Louis Butré, président de la fédération environnement durable.

- Tristan Guillosson, président de la LPO Aude."


Il faut souhaiter un élargissement du regard car à la lecture de la liset des invités, j'ai bien peur que le paysage comme élément de socialisation (tel que je l'entend) passe à la trappe. Vous aurez remarqué qu'aucun paysagiste, ou professionel de ce domaine ne sera présent.


Un état de ma réflexion sur ce sujet :

Si la volonté politique est de réellement promouvoir l'énergie éolienne (avec une possibilité d'utilisation locale hors circuit EDF et/ou avec un rachat de l'énergie à un prix non moteur de spéculation) alors, les choix paysagers peuvent être faits.

L'une des réponses fréquentes est : le paysage s'est bien adapté aux château d'eau, aux lignes électriques et aux autoroutes, il s'adaptera aux éoliennes.

C'est un façon de voir les choses... qui me semble notoirement insuffisante. Un château d'eau suffit à alimenter une commune mais pour l'alimenter en électricité, il faudra un groupe d'éolienne dont l'impact visuel (périmètre de co-visibilité, changement des lignes directrices patsagères, effet de hachurage de l'espace) est bien supérieur.

La comparaison est plutôt à faire avec la déchetterie ou la centrale nucléaire. Et dans ces deux cas, les communes ou communautés de communes qui ont accepter d'en avoir sur leur territoire y ont trouvé leur intérêt économique en gérant bien les abords et l'insertion. Pour les éoliennes, c'est le même phénomène qu'il convient de prendre en compte.

On parle souvent de "ferme éolienne". Mis à part le terme de "ferme" qui nous fait croire que c'est un élément naturel de l'espace agricole, cette notion d'entité large (on pourrait aussi parler d'usine ou de cntrale éolienne) montre une emprise au sol importante qui "sacrifie" une portion du pays pour en proteger les espaces qu'il parait souhaitable de ne pas dénaturer.

Espérons que le débat de ce soir permettra d'évoquer l'opposition entre le mitage paysager par des éoliennes un peu partout /contre/ le choix de zones d'implantations limités mais dévouées à l'éolien.


Ma préférence personnelle ira vers la seconde proposition, bien entendu.

Pour intervenir sur l'entenne : 01 47 24 70 00 à partir de 17 h 00.
Il est possible de podcaster l'émission sur le site de la station.

lundi 20 août 2007

Projet : Avenir Climat

Benka a lancé un projet de périple d'un an avec pour ambition de recueillir des témoignages de ceux qui luttent contre le réchauffement climatique en Europe et en Asie. La dégradation du climat et le besoin d'une information sur ce sujet au-delà de nos pays favorisés l'on amené à proposer ce parcours.
Benka habite à Autun (71), a 29 ans, est chargé de mission en développement durable dans une communauté de communes et est déjà très engagé dans le monde associatif.

Son voyage ne sera pas de tout repos mais il a un passé de voyageur confirmé.
Vous trouverez toutes les informations sur son blog : http://avenirclimat.info/

Au cours de cette aventure, il traversera de nombreux paysages et nous pourront échanger sur les dégradations, ou modifications non réfléchies, qu'ils subissent du fait de l'inconscience humaine. Peut-être découvrira-t-il également des gestions paysagères sources d'espoir pour tous.

Dans le texte ci-dessous, Benka présente lui-même son projet.


« Le climat change, et il est urgent d'agir ». Cette phrase est devenue tristement banale, je veux lui donner une image et rendre concret les solutions possibles.
J'ai travaillé 5 ans comme chargé de mission pour le développement durable dans une collectivité territoriale. Je milite depuis 7 ans dans des associations d'écologie et de solidarité internationale.
J'ai le projet de partir en 2008 à travers l'Europe et l'Asie. Mon but est de rencontrer les « témoins du climat » : associations, villes, entreprises, individuels… Il existe quantité de personnes à rencontrer pour parler du climat sous une forme concrète, lié à la vie quotidienne, au militantisme ou à un métier.
A travers mon voyage, je veux permettre à ces personnes touchées par le changement climatique de s'exprimer. Dans mes billets, je rapporterai leur vision de la modification de l'environnement et les changements qui sont intervenus dans leur vie quotidienne ou la pratique de leur métier.

Je souhaite traiter le changement climatiques sous deux angles :
* les pratiques : dans les domaines des transports, de l'énergie, de l'habitat, de l'urbanisme, de l'agriculture, de la sylviculture, de la consommation, des déchets,... comment les acteurs agissent pour s'adapter au changement du climat et diminuer leur impact ?
* la participation : le changement climatique est une évidence, mais au-delà du constat, comment les acteurs s'engagent ensemble pour répondre aux enjeux ? Le partage de l'information, les techniques de prises de décisions, la planification des actions, l'échange des points de vues sont également des facteurs de réussite. Comment passent ils du constat à l'action ?

Ces exemples seront transmis en France pour les faire connaître, notamment via des blogs. Si possible, je voudrais amener les lecteurs à modifier eux aussi leur manière de vivre pour diminuer leur impact sur le climat.
[…]
La présentation complète du projet est ici :
http://avenirclimat.info/post/2007/02/28/Avenir-Climat-%3A-presentati...
Pour me soutenir financièrement ou techniquement, rendez vous sur :
http://avenirclimat.info/post/2007/01/25/Soutenez-le-projet.
Mon budget prévisionnel est de 72 € pour une journée : vie quotidienne, matériel, communication et valoristaion de l'expérience au retour du voyage. 66 % de votre don est déductible de votre impôt. Un don de 72 € vous revient donc à 24 €.
Chèque à l'ordre d'Avenir Climat. c/o M. KUBIAK, le bourg, 71400 AUXY.

Et n'oubliez pas, pour diminuer vos émissions de gaz à effet de serre :
* N'utilisez l'avion qu'exceptionnellement. Prenez vos vacances du côté de chez vous, il y a sûrement des coins magnifiques que vous n'avez jamais visités. Sinon, prenez le temps et faite le trajet avec les transports en commun.
* Isolez votre maison de la chaleur et du froid, pensez aux énergies renouvelables, remplacez vos ampoules par des Basses Consommations. Vous gagnerez en confort, et des aides publiques peuvent vous aider à financer une partie des travaux. Renseignez vous auprès de votre Espace Info Energie
* Prenez votre vélo ou roulez plus doucement (80 km/h sur routes, 120 km/h sur autoroutes). Vous ne perdez pas de temps, et vous serez moins stressé
* Achetez moins, produisez moins de déchets, troquez avec vos voisins et triez vos déchets. Vous gagnerez en convivialité.
* Mangez moins de viandes, et surtout moins de bœuf. Essayez les recettes végétariennes, simples et pleines de saveurs.

Projet soutenu par Autun Morvan Ecologie (21), Réseau Action Climat - France, Les Amis de la Terre - France, Bourgogne Energies Renouvelables (21), Objectif climat (alsace), GRAINES (42), Yves RICHARD (enseignant-chercheur),Philippe PERRIN (eco-infirmier), effraie.org, réseau de blogs Freemen.

Benka a besoin de votre soutien, qu'il soit technique, financier, par le relais de l'information, ou tout simplement humain.

Paysage de l'Eau

Le 13 janvier dernier a eu lieu à Castrovillari (Parc National de Pollino - Italie du sud) un workshop sur "les Paysages de l'Eau", et dans ce cadre, Odile Jacquemin présentait l'expérience des atelier de paysage en littoral varois.
La lecture du paysage choisie se fait fait par le chemin de l'eau ; "rivière ou canal sont des entrées pour s'intéresser aux notions d'hydrologie, de topographie et d'écologie".

Sa démarche est fondamentalement multiscalaire et intègre le temps : "Comprendre les modes de changements est une nécessité. L'histoire du paysage renvoie au changement et à la conscience de l'histoire. ... La compréhension des différentes échelles spatiales permet de situer les connaissances dans le contexte européen et l'approche globale de lier histoire de l'art, histoire des jardins, politiques et droits ...".


En fait, Odile Jacquemin a une conception du paysage très liée à un itinéraire culturel, comme elle le dit elle-même, mais ce n'est pas que "la somme un peu ennuyeuse des histoires des lieux juxtaposés", l'histoire locale devient outil de développement local, et l'évocation des liens permet de dépasser un simple état des lieux.

Le résumé de la thèse d'Odile Jacquemin est disponible sur le site de MALTAE dont je vous invite à découvrir les activités. Elle est architecte, urbaniste et historienne du paysage.

samedi 11 août 2007

Retour et Mauvaise nouvelle

Mon retour de vacances est un peu mouvementé et je n'ai guère de temps pour poster de nouveaux message mais voilà une nouvelle qui me semble important. Elle concerne le paysage des USA et une plante particulièrement invasive. L'article est extrait du site Effetdeterre.fr et a été rédigé par Denis Delbecq. Merci à lui.
Pueraria montana pourrait bien devenir un fléau végétal susceptible de modifier de façon importante l'environnement américain, mais aussi celui de l'Europe en contexte méridional.

"Elle n’est pas sympa, la vigne kudzu. Introduite aux Etats-Unis en 1876 comme plante d’ornement, elle fut ensuite largement cultivée dans le sud du pays pour lutter contre l’érosion, avant qu’on la classe comme envahissante en 1953. Mais voilà, aujourd’hui elle couvre 3 millions d’hectares aux USA et on vient de découvrir qu’elle modifie la qualité de l’air. Et ce n’est pas une bonne nouvelle."

"Pueraria montana est du genre costaud. Cette liane peut grimper de 30 cm par jour, et atteindre 20 à 30 m de haut avec une vingtaine de tiges de dix centimètres de diamètre par pied. De quoi enserrer de beaux arbres et les casser sous son poids, ou les priver de lumière, grâce à ses grandes feuilles (belle galerie ici de plantes invasives). Vivace et coriace et il est particulièrement difficile de s’en débarrasser. Au Japon, où la plante est connue depuis plus de mille ans, on en tire toutes sortes de préparations culinaires et médicinales. Mais aux USA, c’est un fléau qui en plus modifie les sols."

"Car Pueraria fixe l’azote mieux que ses congénères et enrichit les sols au point d’être capable de stimuler les algues qui étouffent les cours d’eau. Et crache des oxydes d’azote, un truc pas terrible pour l’effet de serre. Pour s’en débarrasser, l’idéal serait un bon gros froid de canard l’hiver, du genre glaciation durable. Mais comme la plante est installée au sud-est des USA, et que le climat se réchauffe à la vitesse grand V, les étatsuniens ne sont pas près de s’en défaire. Dire qu’elle n’a pas trouvé de pollinisateurs dans la région et qu’elle se contente de se développer par ses racines et par stolons…"

"Aux dernières nouvelles, Pueraria a été repérée en Italie en 2004, puis en Suisse et l’Organisation européenne pour la protection des plantes s’en est émue. Imaginez un peu qu’elle s’adapte à notre climat hexagonal…"
Source: congrès de la Société écologique américaine qui se déroule cette semaine à San José (Californie)

Image © Université de Floride/Ann Murray

vendredi 20 juillet 2007

Vacances

Ce message est celui d'un départ en vacances.
Demain en route vers le sud-ouest, où je collecterais plein d'impressions paysagères pour tenter de vous les restituer à mon retour.

Pour ce jour, je souhaitais juste vous faire part d'un prochain colloque normand, à Louviers, du 18 au 21 octobre prochain. Ce sera le 42° Congrès des Sociétés Historiques et Archéologiques de Normandie, organisé par la fédération des dites sociétés (59 sociétés savantes... à l'ancienne).

Ce congrès sera consacré aux "voies de communication et moyens de transport de l'Antiquité à nos jours".
Le titre du colloque :"Sur la route de Louviers..." bien sur.
Le paysage y sera très présent : comme paysage traversé, comme paysage structuré par la route, comme paysage oublié par la route, comme paysage fragmenté par la route, comme paysage-routier.

Je vous donnerais sans doute plus d'informations en septembre.

Et bon courage à ceux qui travaillent, bonne vacances à ceux qui en profite.
Reprise de ce blog dans deux semaines... à moins que je passe un MMS vers le blog ou que je passe par un web-café.

mardi 17 juillet 2007

Un canard dans le paysage


C'est le drôle de canard jaune de Florentijn Hofman. Oeuvre mobile et géante que vous pouvez découvrir en parcourant l'estuaire de Loire durant cet été. Cette création (ici une installation) est visible du 23 juillet au 16 août près de Paimboeuf puis au niveau de Saint-Nazaire. Elle fait partie de l'ensemble de "choses étranges et insoupçonnables.
Vous pourrez aussi déclencher la sculpture paysagère de Jeppe Hein à Couëron, ou plus loin, vous étonner du bateau mou d'Erwin Wurm.
“Un point jaune surgit à l’horizon et s’approche des rives. Son arrivée provoque de grands rassemblements et la stupéfaction. ‘Le Canard’ ne connaît pas de frontières, il ne fait aucune discrimination entre les personnes et n’est porteur d’aucun message politique. Il représente une figure amicale qui rayonne de son jaune éclatant au long de ses voyages pour apaiser les tensions mondiales.” (F. Hofman)
On peut suivre le chemin d'eau pour aller à la rencontre de ces "perturbateurs de paysage" car il y a un bateau tout les jours qui parcourt l'estuaire entre Nantes et Saint-Nazaire.
Le programme est consultable et l'animation du site est assez extraordinaire... à l'image de la manifestation.

Ah, oui ! cela se nomme Estuaire 2007 et le site c'est http://www.estuaire.info/fr/estuaire_high.html

Instituer le développement durable

Du 8 au 10 novembre prochain, l'université de Lille 2 (Faculté de Sciences Juridiques, Politiques et Sociales) organise un colloque intitulé "Instituer le développement durable : appropriation, professionnalisation, standardisation." Par ce titre compliqué, le projet est de regrouper sur 3 journées, des communications lors de séances plénières et des travaux en ateliers.


Le concept de développement durable (DD) est en train de s'institutionaliser, autant dans le discours que dans les groupements d'acteurs. Ce phénomène a d'ores et déjà conduit a une réduction du sens du DD pour trouver un point d'accord minimal sur l'utilité de cette notion. En fait, il s'agit d'un compromis sociopolitique, adapté aux contextes économiques, politiques ou culturels dans lesquels elle est utilisée. Y a-t-il pour autant une réelle convergence des différents usages de ce compromis ?
Le colloque proposera d'interroger les mécanismes d'institutionnalisation du DD. Il sera l'occasion de "confronter les analyses empiriques et théoriques des formes de diffusion, de traduction et d'appropriation du DD".
Les quatre ateliers sont : appropriations, professionnalisations, comportements et codifications.
Il est difficile de dire à ce stade la lace que pourront occuper les problématiques paysagères dans ce colloque mais je ne serais pas surpris que le "droit au/du paysage" face son apparition. En particulier, les soutiens des revues Développement Durable et Territoire, VertigO et Vertitude Magazine pourraient aller en ce sens.

Le colloque est organisé dans le cadre d'une Action Concertée Incitative (ACI) dont l'appel du Ministère de la Recherche (INRA et IRD) reste consultable.

L'ACI possède son propre site web : http://www.aciidd.net/

Vous y trouverez des informations complémentaires sur le colloque, mais la date limite de proposition de communication est maintenant passée !

A savoir : l'équipe de recherche organisatrice est pilotée par Bruno Villalba,

dimanche 15 juillet 2007

Archéogéographie.org

Voilà un mot qui figure dans ma liste de libellés et dont la plupart d'entre vous ignore sans doute le sens.
Tout cela va s'éclaircir grâce à un site qui vous propose de découvrir cette nouvelle discipline et peut-être même vous initier à ses méthodes.
Cette image vous en fournira l'idée de base.


Vous trouverez également sur ce site :
- des dossiers sur les recherches en cours, sur les sites archéologiques; ...
- des données sur les différents modes d'arpentage des terres
- une médiathèque en ligne (photothèque, cartothèque, ouvrages, multimédia, ...
- des cours pour se former, y compris avec des exercices en ligne.

Je vous laisse découvrir le site http://www.archeogeographie.org/ et certains des propos qui y figurent feront l'objet d'autres post(s).

vendredi 13 juillet 2007

Paysage en morceaux

Avec l'oeil, l'homme appréhende un paysage ; il le voit, il le contemple et il voyage à l'intérieur par la pensée.
Mais l'oeil ne suffit pas pour comprendre de quoi le paysage est fait, ce qu'il nous donne à voir.
Pour cela, il faut entrer dans le domaine de l'analyse. Et la plus simple façon d'analyser quelque chose, c'est de le segmenter, de le découper, de l'ouvrir, de le disséquer.

Chacune des disciplines qui s'y intéresse tente de faire du paysage un assemblage de parties plus petites qu'elles pourront mieux cerner. Puis, elles proposeront de rentrer davantage dans le détail en créer d'autres subdivisions.
On va ainsi trouver de nombreuses dénominations pour ces portions de l'espace, scène ou image, vues suivant les "chercheurs ou artisans".
Par exemple, et en vrac : segment, fragment, élément, vue, géon, entité, unité, écosystème, hoplexol, pavé, système, matrice, parcelle, constituant ... et j'en passe.
La différence entre Entité Paysagère (expression inventé par Bernard Lassus en 1991) et Unité Paysagère est particulièrement subtile. Selon Yves Luginbuhl, la différence repose sur la présence, la forme ou l'organisation de caractères : relief, hydrographie, occupation du sol, forme d'habitat, végétation. Subtilité !!!







Mais quelle est la relation avec les mots de la vie ? Les mots utilisés par ceux qui vivent dans le paysage observé peuvent être différent des mots utilisés par le savant. Mais dans ce cas, il n'est pas encore le "sachant" car il ignore les vrais mots.

Certains diront qu'il s'agit d'un autre niveau de lecture... et ils auront raison. Mais doit-on passer cette dichotomie sous silence ? Non. Elle pourrait même s'avérer constructrice.

Apprendre à associer les "mots des vivants" avec les éléments constituants du paysage, c'est déjà mettre en relation deux démarches : celle de l'analyste et celle de l'enquêteur... ou plus franchement dit, celle du paysagiste et celle du chercheur en sciences humaines, qu'il soit ethnologue, sociologue, archéologue ou historien du paysage.

Un pas à franchir entre disciplines qui a déjà été effectué par certains d'entre nous (ils se reconnaîtront ;-) ).
Et cela est, il me semble, porteur d'espoir. Non seulement pour l'analyse et la compréhension des paysages, mais aussi pour un aménagement du paysage raisonné. Chercher à utiliser en même temps la géographie physique, la géographie humaine, l'écologie, l'histoire, ...pour comprendre un (son) paysage est un défi plaisant à relever.

mardi 10 juillet 2007

It's oh so Cute! Cats of YouTube Music Video

Juste pour le fun, parce que c'est vraiment bon de rire !!!

lundi 9 juillet 2007

Lectures

Voila un moment que j'ai quelques références de livres à vous communiquer.
Et tout d'abord, un livre qui fait le lien direct entre paysage et art.
L'art, c'est celui de Georges Braque, avec ses bleus incomparables et ses perspectives avec des plans séparés comme sur la couverture du livre que lui consacre un collectif d'auteur.


Georges Braque et le paysage : De l'Estaque à Varengeville 1906-1963.
Il s'agit tout d'abord d'un livre savant sur un peintre dont le paysage n'est pas le thème principal. C'est aussi une suite à l'exposition qui s'est tenu l'an dernier (je crois) à Marseille au Musée Cantini et qui mettais en parallèle les oeuvres de Braque et de Cézanne montrant leur réflexion graphique sur le paysage.
L'éditeur (Hazan) a fait le choix du "beau livre", ce qui explique sont prix relativement élevé (39 €).
Je ne suis jamais aller à l'Estaque mais Varengeville, je connais bien. Et de nombreux artistes y ont consacré des tableaux, fusains, huiles ou aquarelles comme Elisabeth Masset dont je vous invite à découvrir le travail.
Extrait de la présentation de l'éditeur : Inventeur du cubisme, Georges Braque ... s'attache au fil de son œuvre à renouveler la tradition de Poussin à Chardin, Corot et surtout Cézanne. C'est l'occasion ... de suivre l'aventure à travers le paysage de celui dont on s'accorde à dire qu'il a su tirer et porter vers d'autres perspectives les leçons du maître d'Aix (Cézanne). ... Les textes d'Éric Darragon, Claude Frontisi, Alvin Martin, Théodore Reff et Véronique Serrano contribuent à élargir et préciser la connaissance de l'œuvre de cet artiste essentiel.


Après Braque et le paysage dans l'art, voici une belle brochette de spécialistes contemporains regroupés dans cet ouvrage : Mouvance 2 - Du jardin au territoire, soixante-dix mots pour le paysage.
Augustin Berque, Pierre Donadieu, Arnaud Lafarge, Pascal Aubry, Yves Luginbühl, Jean-Pierre Le Dantec et Alain Roger.
Une diversité de pensées et d'expression entre l'agronome, le philosophe, l'architecte, le géographe, qui ouvre des horizons à la réflexion. Le terme « Mouvance » désigne à la fois le mouvement évolutif du paysage et un mouvement d'idées. Cette nouvelle édition réunit une seconde génération d’auteurs venus d'horizons différents et fait suite à un premier volume qui réunissait aussi Michel Conan et Bernard Lassus pour une liste de 50 mots. Ce glossaire regroupe des fondamentaux de la pensée des auteurs, et donc un reflet de ce début de XXIe siècle en matière de paysage.

Et si vous ne connaissez pas la série des livres édités par les Editions de la Villette, allez faire un tour sur leur site


Un dernier livre, également collectif (pour la route des vacances ?) : Marche et paysage : les chemins de la géopoétique.


Le titre est étonnant mais laisse présager d'un contenu nous rapprochant de la démarche hodologique avec une lecture du paysage au rythme de la marche. Je me plonge dans sa lecture dans quelque jours.
Je vous laisse avec la présentation de l'éditeur... qui m'a donné envie.
"
A l'heure de la vitesse généralisée, la marche regagne une à une ses vertus : elle tonifie le corps, libère l'esprit et tend à préserver la planète. La géopoétique conseille de vivre autour du lieu, en cercles concentriques et en prenant le temps. La marche est son vecteur favori. Elle dévoile petit à petit le monde proche et intensifie notre lien avec la terre et le ciel. Elle est une activité du corps, mais aussi un approfondissement de la pensée. L'Inde ancienne la hisse au rang de méditation ambulatoire. Poètes, philosophes et géographes s'en sont ici inspirés, dans des récits d'expérience et des essais qui vont sur la trace de promeneurs sensibles au paysage : Bashô et Kenneth White ; Custine, Chateaubriand et Senancour ; Jean-Jacques Rousseau et Robert Walser ; Wordsworth et Thoreau ; Arthur Rimbaud et Adré Dhôtel. " Petit à petit, pas à pas, après la perception détaillée, on entre dans une sensation plus abstraite du paysage, dans un état de contemplation cosmique. L'identité personnelle se perd, disparaît. La marche est un processus d'ouverture " (Kenneth White)."

C'est sans doute une invitation pour les vacances : déambuler, marcher calmement en regardant, en appréciant le monde qui nous entoure, le paysage qui se donne à voir, et qui vous conduira à la rencontre de vous-même.

dimanche 8 juillet 2007

Maïs OGM

C'est presque inaperçu dans le paysage, mais c'est inquiétant de constater ici encore la main mise des semenciers sur l'espace agricole.
Greenpeace publie cette carte suite à une discrète information ministérielle :


Plus d'informations sur cette page.

Périurbanité

Il est logique pour la plupart d'entre nous de penser que chacun doit avoir son lieu de vie, son habitat individuel, si possible avec un petit coin de nature autour. L'apogée de la maison individuelle et séparative est bien présente.

Depuis quelques années, l'intérêt des paysagistes pour le fait périurbain est devenu assez général. L'aménagement paysager des banlieues cherche à améliorer la qualité de vie des résidents. L'agriculture périurbaine nécessite des mesures de protection et d'une bonne gestion des espaces qui y sont consacrés.
Et rarement, il est envisagé de supprimer la notion de "banlieue". Cette dernière est toujours évoquée par rapport à un centre, or aujourd'hui une ville a bien souvent plusieurs centres : historiques, économiques, administratifs...
Notre société évolue selon le principe du développement de l'emprise au sol de nos habitat. L'espace devrait pourtant être économisé pour laisser de la place à ceux avec qui nous partageons la planète, plantes et animaux. L'homme a trop pris l'habitude du développement horizontal après avoir tenté la marche vertical des tours et gratte-ciel.
Ces immeubles ont montré leur manques d'humanité et pour éviter ce peur collective de la vie en IGH (immeuble de grande hauteur) dont l'extrême est visible dans le film Blade Runner, l'homme à préféré "manger la campagne".

Alors que les services des Directions Régionales de l'Equipement se restructurent, ils oublient que la mission d'organisation de l'habitat leur incombe. L'urbanisme peut aussi densifier l'habitat et limiter cette faim d'espace de nos villes et de nos banlieues.
On pourrait commencer par accepter de vivre dans des maison jumelées ou groupées, plutôt que de chercher à tous prix ce jardinet autour de notre cher foyer.
En réduisant la place de la voiture dans nos villes et nos villages, nous pouvons aussi libérer de l'espace pour rendre un habitat plus dense et plus agréable.

Les paysagistes devraient oeuvrer en ce sens et montrer que l'habitat individuel n'est pas toujours la panacée. Par exemple en visant l'aménagement de qualité des espaces collectifs, on peut envisager de réduire l'emprise des espaces privés. Cela aussi pour renforcer le lien social et diminuer notre esprit trop individualiste.
On dit que la banlieue manque de lien social, alors on en fabrique souvent artificiellement. On pourrait également réinventer des centres, plus denses et plus coopératifs. Faire que les banlieus deviennent des quartiers. Et les résidents auraient plaisir à "être" du quartier plutôt que de la banlieue de la ville qui n'est que leur voisine.

Une décroissance de notre urbanisme, en quelque sorte.

mercredi 4 juillet 2007

Quelles sciences pour quel paysage ?

La question mérite d'être posée.

Le paysage est un objet d'étude complexe mais il est également un lieu d'action, d'agissement.
En fait, le paysage est une sorte de "machin" bien difficile à définir où chaque discipline professionnelle qui s'y intéresse voit un objet différent. C'est donc un objet à bord flou comme dirait Bruno Latour.
Paysage fait penser à paysagiste. Mais le support sur lequel agit le paysagiste existe d'abord par deux disciplines précises : la géographie et l'histoire. La géographie va s'enrichir au contact de la géologie pour avoir un support sur lequel poser ses cartes. L'histoire va chercher des données en archéologie, en archivistique, en droit ancien.
L'éthonologue va voir les usages qui sont pratiqués dans ce paysage et chercher à comprendre leurs origines grâce aux données de l'histoire et de la géographie. Le sociologue verra les acteurs du paysage et leur maitrise des usages.
Le botaniste pourra inventorier la flore et l'écologue comprendra le fonctionnement des communautés végétales.
Le regard du paysagiste sera celui du projet. Il devra alors intégrer toutes les données (et j'en ai volontairement passées sous silence) pour les faire siennes, les composer, les imaginer dans de nouvelles relations, avec de nouveaux acteurs ou dans de nouveaux usages. Ou bien simplement, il veillera au respect des usages et aspects anciens.
Comprendre cette démarche interdisciplinaire en paysage est pour le paysagiste une garantie de qualité et de rigueur, mais également une grande difficulté car sa liberté de création pourrait sembler moins grande.
En effet, la politique de la "table rase" pour construire un nouveau paysage (à l'image de l'action urbanistique) est plus difficile si on connait l'origine de la table et de ses ornements.
Mais la liberté du paysagiste est justement de savoir composer entre cette surface, ce modelé, ce passé, ce pays ... afin de construire de nouvelles perceptions.