Affichage des articles dont le libellé est histoire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est histoire. Afficher tous les articles

mardi 26 août 2014

Une nouvelle histoire du climat !

Voici un livre qui va vous réconcilier avec le temps qui passe .... surtout lorsque vous pensez que novembre commence à la fin du mois d'août.
HIVER ... c'est son titre.


Le livre de François Walter est avant tout un livre d'historien avec sa rigueur ... documentaire. Il raconte au cours de ces 421 pages les trois siècles durant lesquels les archives sont suffisamment abondantes pour nous dire comment les hommes parlent de l'hiver. F. Walter explore aussi les relations entre l'homme et l'hiver, tant par le classement des phénomènes hivernaux que par le besoin de comprendre le froid en allant le chercher loin de chez soi.
L'auteur raconte l'hiver comme on raconte une histoire. Et si jamais vous trouvez qu'il fait froid, ce soir, souvenez vous que juste avant la Révolution française, la lagune de Venise était gelée.

"Hiver, histoire d'une saison" par François Walter, éditions Payot.
prix éditeur 25 €

Vous pouvez aussi suivre ce lien vers l'émission passionnante de Jean-Noël Jeannerey qui avait été consacrée à ce livre sur France Culture (Concordance des temps du 28 décembre 2013) :
http://www.franceculture.fr/emission-concordance-des-temps-l-inevitable-hiver-2013-12-28




mercredi 12 mars 2014

Ukraine : Paléoécologie sur les rives de la Mer Noire

Il y a des jours où je regrette vraiment de ne pas mieux connaitre les langues des rives de la Mer Noire. Le russe et l'ukrainien ne sont parait-il pas si difficiles que ça ! Nu, mayzhe (enfin presque).
Mais là-bas aussi, les façons de faire de l'archéologie sont en train de changer. L'archéologie du paysage prend des pistes que nous avons défrichés depuis un peu plus de deux décennies en France. M.M. Ievlev vient de publier un ouvrage qui traite de paléoécologie antique. Le titre exact, que j'ai découvert grâce à l'indispensable Spartokos, est : M.M. Ievlev (2013) : Очерки античной палеоэкологии Нижнего Побужья и Нижнего Поднепровья /Ocherki antichnoj paleojekologii Nizhnego Pobuzh’ja i Nizhnego Podneprov’ja, Kiev 

ou


Essais sur la paléoécologie antique de la région du Bas-Bug et du Bas-Dniepr



C'est la cité d'Olbia qui est au centre de l'étude ; plus exactement, cette cité antique que nous appelons Pontic Olbia pour ne pas la confondre avec le site de Provence. Olbia du Pont est une colonie grecque fondée au VIIe siècle avant notre ère, situé dans l'actuelle Ukraine à l'embouchure du Bug, l'antique fleuve Hispanis. La ville fut un centre important de commerce sur la Mer Noire jusqu'au IVe siècle de notre ère. Aujourd'hui, une grande partie du site forme une réserve archéologique dans la commune de Parutino.





L'intérêt de la publication n'est pas seulement de présenter les résultats des nombreuses investigations conduites sur le site même par Boris Farmakovsky durant le premier quart du XXe siècle, mais de replacer le site dans son contexte. Cela est fait en abordant les problèmes de localisation de la ligne de rivage, des modifications dans la faune et la flore dans un milieu où les milieux humides sont nombreux, des conséquences de la localisation du site sur le fonctionnement économique et social de Olbia.
Bien entendu, de nombreux autres travaux existent déjà à propos de Olbia du Pont, comme l'étude des inscriptions grecques par Laurent Dubois en 1996 (publication EPHE), mais cette façon d'analyser un site archéologique est innovante pour l'Ukraine. 
En début 2013, Gérard Chouquer avait publié une brève étude archéogéographique de cette zone à partir des travaux cartographiques de F. N. Liseckij (reproduits par Sergej Bujskich en 2006). On peut penser que cette partie du monde antique pourrait aussi devenir un centre d'intérêt par d'autres faits que par les mouvements sociaux, révolutionnaires et patriotes qui l'animent.



dimanche 12 février 2012

Lecture de paysage dépaysante !

En avril dernier paraissait le livre de Jean-Christophe BAILLY intitulé Le Dépaysement - Voyages en France".



Avec plus de 400 pages, il nous entraine dans une promenade en de multiples lieux français avec un esprit extrêmement vagabond. Pas question de décrire les sites. Il s'agit d'être dans les lieux et de les ressentir, par leurs vies, leurs histoires, leurs acteurs. L'auteur laisse son esprit suffisamment libre pour nous offrir des digressions à partir de chaque emplacement visité.
Quelques exemples : une promenade avec l'histoire de l'immigration en toile de fond dans " La France commence à Gentilly, Portugal" ; la notion de nation dans "Quelle est petite, la Seille !" ; la géographie, l'histoire et la littérature conjuguées dans "Beaugency, Vendôme, Vendôme ..." ; l'identité régionale dans "Le Nord ?".
Bref, cet ouvrage a quelque chose de magique. Le style en est parfois difficile, certains diront "ampoulé" mais son emphase correspond bien au sentiment que cherche à inspirer JC Bailly. En fait, cette lecture nous propose 400 pages de ballade intellectuelle autour de thème de l'identité, qu'elle soit locale, régionale ou nationale. C'est donc un livre éminemment politique. Il nous invite à être acteur de réflexion. Quelle perception avons nous de l'identité française ? D'où le sous-titre du livre. Bailly nous propose de nous dépayser chez nous !
L'originalité, ce n'est pas une réflexion en plus sur le sujet ; c'est le récit d'une expérience de voyage, réel, aux quatre coins de l'Hexagone. Il y a de l'histoire, de l'Histoire, des histoires ... il y a notre histoire commune dans ce livre ... déroutant.
Bonne lecture.
Malgré les efforts que peut demander sa lecture, ce livre mérite de prendre une bonne place dans la bibliothèque du paysage.

Les propos de Jean Christophe Bailly par lui-même :
http://www.dailymotion.com/video/xirpm9_jean-christophe-bailly-le-depaysement_creation

Jean-Christophe BAILLY (2011), Le Dépaysement - Voyages en France, éditions du Seuil, 23 €

mercredi 6 juillet 2011

Petit exercice pratique 1

Je vous propose aujourd'hui de faire votre premier exercice pratique d'archéologie du paysage, et en l'occurrence, plus exactement d'archéogéographie.
Cette discipline vous invite à changer votre regard sur le territoire, en privilégiant la lecture des formes. Mais trop souvent, cette lecture est limitée aux formes du parcellaires, or il nous faut aller bien au delà. Les formes, dans le paysage, ce sont aussi les modelés, les relations topographiques et aussi les réseaux qui se dessinent dans l'espace. A la dimension planimétrique s'ajoute alors une perception des reliefs et une dynamique.
L'un des plus beaux lieux d'apprentissage actuel en lecture du paysage est le web, avec les nombreux sites qui fournissent de vues verticales, satellitaires traitées ou non. GoogleEarth n'est qu'un parmi d'autres.

L'exercice que je vous propose est simple. J'ai choisi de la faire régulièrement pour ne pas perdre les réflexes de l'archéogéographe.
1 - Choisissez (au hasard, c'est mieux) un coin de territoire... et peu importe la région du monde ... d'une superficie raisonnable, de l'ordre de 3 à 5 kilomètres de coté.
2 - Sur cet espace, qui pourrait être celui d'une commune française, observez les lieux forts, structurants, marquants, selon vous, l'organisation de l'espace.
3 - Là intervient l'autre point particulier de la démarche archéogéographique : détachez vous de tous vos a priori, pré-requis du géographe ou de l'historien. Pensez eu terme de fonctionnalité simple, de bon sens, de praticité des liens et des lieux.
4 - Imaginez l'histoire du lieu. Racontez vous une histoire de son développement de son aménagement ... et n'oubliez pas que ce que retracez alors relève peut-être d'un soupçon de réalité.

Vous venez de faire votre premier exercice archéogéographique.

La photo ci-dessous peut-être un bon essai !
........ mais pour faire suite à la remarque d'une collègue roumaine ... Si avec ça, les terroristes ne sont pas au courant des points stratégiques !!!



Et n'hésitez pas à m'adresser vos commentaires !

jeudi 9 juin 2011

Le haut Moyen âge en Haute-Normandie


Voici le premier volume d'une série qui devrait marquer son temps.

Il y a quelques années, le Conseil Supérieur de la Recherche Archéologique avait demandé aux Services Régionaux de l'Archéologie - SRA - (service en charge de l'archéologie dans les DRAC - Directions Régionale des Affaires Culturelles) de préparer un état des connaissances en archéologie. C'était avant tout une façon de rendre compte des premières années de "l'archéologie de sauvetage", devenue depuis "archéologie préventive" et de posséder des bases afin de pratiquer une meilleure gestion.
Mais cela ne c'est pas passé aussi bien que prévu. Certaines régions ont été très réactive, répondant à la demande de l'administration du Ministère de la Culture, d'autres ont préféré prendre du temps. Du temps pour réunir des contributions, du temps pour réfléchir à la cible d'une telle publication synthétisant les connaissances, du temps pour gérer les auteurs avec les susceptibilités et exigences de chacun. Les haut-normands n'ont pas été les plus rapides mais le défi a été relevé.

Le premier volume, sous la direction de Florence Carré, conservateur en chef au SRA de Haute-Normandie, fait une longue présentation de cet état des connaissances pour la période du haut Moyen Âge.
Entre le Ve et le Xe siècle de notre ère, l'occupation du sol est encore assez mal documentée, même si les progrès fait durant la dernière décennie sont considérables. Parler de l'organisation du territoire, des relations à l'environnement et de paysage n'est plus mission impossible faute de données. Un chapitre est même spécifiquement consacré à l'archéologie du paysage (p. 25-27).
Mais la part belle de l'ouvrage reste occupé par le monde funéraire avec des vestiges mobiliers souvent esthétiques pour le public. C'est le domaine traditionnel de l'archéologie mérovingienne avec les nombreux cimetières fouillés au XIXe siècle par l'abbé JB Cochet et quelques autres. L'habitat a fait son entrée dans la recherche sur ces périodes avec l'archéologie de sauvetage des années 90 et occupe maintenant une part tout aussi importante. Monde des morts et monde des vivants se rejoignent enfin.
On pourra regretter que le choix terminologique de la période ne se soit pas porté sur "le Premier Moyen Âge", comme proposé par Isabelle Cattedu dans le cadre du volume publié par Gallimard et l'INRAP et qui porte ce titre.
Ce livre, qui n'est pas vraiment destiné aux néophytes en archéologie, est pourtant d'un abord assez aisé. Bien structuré, avec des entrées de lecture claires et une bibliographie réellement utile, il fera le bonheur du passionné d'histoire régionale.

La série initiée par ce volume devra s'étoffer au cours des années à venir avec des opus consacrés à l'Antiquité, à la Préhistoire ancienne, au Néolithique ... donc à suivre !


L'archéologie en Haute-Normandie
Bilan des Connaissances
Tome 1 : Le haut Moyen Âge

Auteurs : Florence Carré (dir.), Yves-Marie Adrian, Nolwenn Zaour, Jens-Christian Moesgaard, Sophie Devillers.
Publications des universités de Rouen et du Havre
30 €

jeudi 21 avril 2011

Vexin Normand - La Charte

Finalisée en fin d'année dernière, la Charte Paysagère et Architecturale du Pays du Vexin Normand est disponible en téléchargement sur le site web du "Pays du Vexin Normand".
Vous pourrez ainsi lire le diagnostic réalisé par Habitat et Développement 27 et l'agence Roumet-Guitel, mais aussi les stratégies et fiches actions élaborées à partir de cet état des lieux et suite aux réunion tenues dans le territoire. Certains documents utilisés pour ces réunions sont encore téléchargeables.

L'espace géographique du Pays du Vexin Normand a été divisé en 6 unités, aux noms évocateurs comme "L'Etoile d'Etrépagny" ou "Les Balcons de l'Epte". On notera que le découpage utilisée est légèrement différent de celui qui va être bientôt public avec la parution de l(Atlas des Paysages de Haute-Normandie).

Le diagnostic est d'un accès facile, lisible et clair. Très graphique, cet état des lieux manque un peu de substance, d'explication sur la formation des paysages. La lecture très "actualiste" s'appuie sur les perceptions et une étude cartographique des données de l'occupation du sol. Les notions d'usages du territoire restent limitées aux enjeux de la répartition de l'habitat et des activités, de transit et de trafic, et de l'usage patrimonial de l'espace. Les traditions et l'histoire de la formation des paysages se limitent à des références aux "bâtis anciens" et à l'aspect patrimonial des édifices remarquables.

Heureusement, les stratégies et fiches actions redonnent un peu - un tout petit peu - de dynamique temporelle à tout cela. Un comble pour un territoire qui a pour slogan : "Revivez le passé - respirez le présent".
C'est clair que chaque commune va devoir pousser la réflexion de façon plus individuelle sur son territoire propre.
La Charte aura l'avantage de redire les fondamentaux, tant en état des lieux qu'en préparation de projet, pour faciliter l'intégration et donc, l'acceptation par les populations. Les données collectées en matière de lecture sensible du paysage ainsi que la prise en compte des dynamiques temporelles de l'occupation du sol restent cependant des pistes marginales dans les fiches actions. Comme souvent, c'est au bénéfice de la lecture topographique et des procédés techniques, éléments perceptibles à court terme. Alors que les usages et le bien-être ne seront impactés que plus lentement.

Il reste que cependant, la réalisation d'un tel document est une étape marquante pour la constitution d'un territoire, dans son identité (ou ses identités) et pour faciliter le travail entre les 6 communautés de communes concernées et les autres communes adhérentes.

Crédit photo : Pays du Vexin Normand

Attention, un problème logiciel semble rendre impossible le chargement des derniers fiches actions (?).

mercredi 6 avril 2011

La terre dans le monde romain

Gérard Chouquer publie aux éditions Errance et avec l'aide de l'université de Coimbra-Porto, un ouvrage de référence, encore un.


Au gré des 358 pages de l'ouvrage, c'est l'ensemble de la réflexion sur la notion de droit foncier durant l'Antiquité qui est abordée. Mais c'est également une ouverture d'esprit, de notre esprit, sur ce que nous comprenons du droit foncier à travers les âges. Borner les terres, s'approprier, détenir un sol, limiter l'espace cultivé, posséder un terrain ... autant de mot qui sont des rebonds de sens variés suivant les époques. Cette ouverture sur l'Antiquité nous invite à mieux comprendre la contradiction entre l'enregistrement cadastral fixe et l'instabilité permanente des milieux, que ce soit dans leurs composantes agraires ou environnementales.
Le texte, d'un abord parfois délicat, vous fera "passer de l'espace agraire à l'espace social".

Pour cela, il vous en coûtera 32 euros. Pour plus d'info aller faire un tour sur le site dédié à l'archéogéographie.

mardi 28 septembre 2010

De retour

Après une absence pour raison professionnelle, PenserPaysage va reprendre du service. Je vous en dirais plus dans quelques jours.

Mais commençons par une nouvelle, ou plutôt une absence de nouvelle à Abbeville.

L'église Saint Jacques, marqueur du territoire local est menacée de destruction. Voilà plusieurs années que la question est posé de sa conservation. Une mise hors d'eau est nécessaire.
La question est régulièrement venue dans les débat locaux mais aucune décision de semblait prise et l'église Saint Jacques paraissait en sursis. Donc pas de nouvelle, et à ce jour toujours pas de nouvelle officielle.


Mais voilà qu'une rumeur locale annonce la décision de la destruction pour le 6 octobre.

Cette question des églises qui coûtent si cher à entretenir mais qui sont essentielles à l'identité de nos villages et nos territoires a été posé ici même à propos d'un des édifices de la paroisse de Doudeville en Pays de Caux.
Pour moi, les églises sont comme ces arbres marqueurs des limites d'un ancien fief ou d'une marnière rebouchée, ou encore d'un lieu ancien et oublié de l'histoire d'une commune. Ils sont l'identité du lieu.
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. La même chose peut être affirmé d'une mosquée, d'un beffroi, d'une synagogue ou du campanile d'un château qui serait marqueur dans l'espace de vie d'une communauté. Il s'agit simplement d'identifier quel est sont rôle et à quoi peut-on l'affecter ou la réaffecter, si besoin.

Celle d'Abbeville est comme beaucoup de ces églises en piteux état, un édifice néogothique de la fin du XIXe siècle. Certaines sont aussi néoromanes, voire les deux à la fois. Souvent réalisées à moindre coût et avec des techniques de maçonneries insuffisamment efficaces, elles menacent souvent périls, comme celles d'Héricourt-en-Caux ou Saint-Paul de Rouen peuvent en témoigner. Ce ne sont pas seulement les chrétiens qui doivent réagir, c'est tout citoyen concerné par l'histoire de nos villes et villages qui doit pouvoir exprimer son avis sur cette question profondément identitaire;

Pour découvrir cette église :
http://www.dailymotion.com/video/xcd58w_eglise-saint-jacques-dabbeville-som_travel

Vous pouvez aussi intervenir sur le groupe dédié sur Facebook :
http://www.facebook.com/home.php?#!/group.php?gid=378143912189

Et demander des informations auprès de la mairie d'Abbeville :
service.communication@ville-abbeville.fr

vendredi 18 juin 2010

Journée du Patrimoine de Pays



Une journée à laquelle je suis particulièrement sensible. Depuis 2006 c'est aussi la journée des moulins et puis la cadre s'est diversifié, et c'est tant mieux.
C'est une occasion de rencontrer l'identité d'un territoire, ces petits éléments qui font la vie, les usages d'un lieu, car c'est grâce à ce patrimoine tout à fait local que les citoyens d'un village se rencontrent, qu'une population reconnaît son hameau, que l'on se sent chez soi;
http://www.journeedupatrimoinedepays.com/
Cette journée n'est pas une concurrence aux fameuses journées européennes du patrimoine, c'est autre chose. Il y est question de restauration du patrimoine avec de petits moyens mais dans la qualité.
Deux sorties que je retiens :Dans l'Eure : Mottes féodales et clochers en Pays d'Ouche, organisée par Les Amis de Saint Aquilin, le Groupe Archéologique du Pays de Caux et les Amis des Monuments et Sites d'Eure - visite des sites de Saint Pierre de Cernières, Notre Dame du Hamel, Montreuil l'Argillé et Gisay la Coudre.En Seine-Maritime : Dans la vallée de la Durdent, près de Cany-Barville, 7 moulins seront ouverts au public avec commentaire sur un personnage régional. Ces lieux sont toujours particulièrement "vivants". Dimanche entre 14 h et 19 h. Renseignements à l'Office du Tourisme de Cany Barville.

Plus d'info ici.

Sachez que cette journée est organisée par Maisons Paysannes de France, Patrimoine-Environnement, les Architectes du Patrimoine, la Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiments, la Fédération des Office du Tourisme, et les Associations de Sauvegarde des Moulins.

dimanche 23 mai 2010

Un Paysan et son Univers, de la guerre au Marché Commun.



Dans le domaine de l'histoire des paysages, et en particulier en Normandie, on ne présente plus les deux caennais Philippe Madeline et Jean-Marc Moriceau. Leurs travaux font toujours d'attentions particulières et chaque nouvel ouvrage de leurs plumes est souvent un vrai plaisir de lecture.
Ils ont choisi de quitter l'histoire moderne pour publier un ouvrage sur le temps contemporain, presque l'actuel, avec la publication d'un essai réalisé à partir des agendas de Pierre Lebugle, paysan cultivateur en Pays d'Auge entre 1941 et 1971 : Un paysan et son univers

Un paysan et son univers de la guerre au marché commun. À travers les agendas de Pierre Lebugle, cultivateur en Pays d'Auge" Sur plus de trente ans (1941-1971), les agendas de Pierre Lebugle, cultivateur au « Village Caillou » en Pays d’Auge, éclairent de l’intérieur un monde rural qui ne cesse de changer. Depuis la haie de sa maison et celles de ses herbages, nous le voyons circuler d’un horizon à l’autre selon ses préoccupations. Nous pouvons reconstituer son univers. La longue période de l’Après-guerre a profondément modifié la vie quotidienne dans les campagnes : de cette révolution agricole « silencieuse », qui a touché nos parents ou grands-parents, voici l’un des représentants les plus modestes, presque un « spectateur » quand on considère la singularité de son parcours. Mais à ce titre il est emblématique de cette majorité silencieuse d’exploitants qui, peu ou prou, se sont maintenus avant de mettre la clé sous la porte. La collection d’agendas qui sert de support à cet essai – et dont une dizaine sont édités ici, du Journal du STO en Allemagne aux débuts de la Ve République – offre une source encore en friche. Or, au-delà des statistiques et des généralités, elle restitue la richesse de l’histoire vécue dans le monde rural bouleversé par la Révolution agricole. Le passage du paysan à l’agriculteur a été le défi des Trente Glorieuses : l’homme du Village Caillou n’a pas cherché à le relever. Mais il a contribué à tisser au jour le jour des liens sociaux qui l’ont facilité.

"Un paysan et son univers de la guerre au marché commun.À travers les agendas de Pierre Lebugle, cultivateur en Pays d'Auge".
Éditions Belin, hors collection, 2010, 432 p.Sortie en librairie le 15 mai.

Je ne me suis pas encore plongé dans cette lecture, mais cela ne saurait tarder. Souvent, cette partie récente de notre histoire fait l'objet de lecture de paysage à partir des plans et cartes mais là, c'est le paysage sensible qui va nous être partager.


vendredi 2 avril 2010

C'est déjà ce soir !

Café cartographique à Rouen
aujourd'hui, 2 avril 2010
à 18 h 45 au Bar des Fleurs
Place des Carmes

Bernard Gauthiez, professeur à l'université Lyon III, viendra nous parler de "Cartographie et citoyenneté". Les méthodes qui vont être évoquées sont très proches de celle de l'archéogéographie, même si elles restent très silencieuses sur les apports de l'archéologie.
Les documents présentés sont ceux qui ont inventé la topographie historique moderne, en particulier en milieu urbain. Le travail de Bernard Gauthiez est essentiel à tout historien moderniste et reste une bonne ouverture vers d'autres travaux pour ceux s'intéressant à d'autres périodes ou à la transversalité chronologique.

Cette présentation fait suite à la journée de la cartographie qui se tient ce même 2 avril à l'université de Rouen, à l'initiative de l'équipe rouennaise du Comité Français de Cartographie.


Cette même journée du 2 avril correspond à la clôture du colloque EcoVeg6 du laboratoire Ecodiv. Il en sera question une autre fois, car décidément, l'activité rouennaise est parfois abondante.

samedi 30 janvier 2010

Quand le géographe devient géohistorien

C'est le cas de Christian Grataloup.


(remise d'un prix au Festival de Géographie de Saint-Dié)

Ce professeur de l'université Paris VII fait partie des géographes qui sont réellement en train de renouveler la pensée au sein de cette discipline. L'article qui lui était consacré en octobre dernier dans Sciences & Avenir décrit bien son évolution personnelle. L'Homme n'occupe pas la place centrale dans le débat, il est avant tout replacé dans l'écoumène, cher à Augustin Berque (Ecoumene, Introduction à l'étude des milieux humains, 2001, Belin).
La mise en relation de l'homme et de son milieu, inscrit dans la longue durée, voilà comment pourrait se résumer en quelques mots la ligne directrice de la géohistoire. Il faut ajouter à celà une notion d'échelle.
L'histoire des territoires, de leurs aménagements, l'archéogéographie, la géographie historique, et bien d'autres termes encore, sont des disciplines proches, avec des zones de recouvrement diciplinaires, des façons de réfléchir qui sont les éléments structurant des sciences de l'espace et du temps associés. On pourrait suggérer que ces diverses compréhensions sont les constitutantes de l'épistèmé de l'hypermodernité proposé par Michel Foucault dans "L'Archéologie du savoir".

Christian Grataloup s'inscrit manifestement dans cette filiation, celle de Fernand Braudel, mais aussi celle de l'Ecole des Annales et de la Nouvelle Histoire. Les temps ayant évolués depuis lors, son sujet d'étude tourne bien souvent autour de la mondialisation.
Il s'inscrit dans une tout autre compréhension du monde que Samuel Huntington, l'auteur du célèbre "Choc des Civilisations", essai mais aussi modèle conceptuel de la réorganisation du monde d'après l'effondrement du bloc soviétique.


Pour Grataloup, il faut intégrer de façon plus complète les données historiques et raisonner autrement qu'en terme de conflit. Le Monde doit plutôt être décrit au pluriel, dans cette logique d'économie-monde braudelienne, qui place nos civilisations dans un cheminement de leurs racines à leurs possibles évolutions. D'une pensée optimiste, Christian Grataloup croit aux metissages et aux créolités même si les peurs de l'hégémonie de certaines portions du monde l'inquiète encore.

Pour découvrir le travail du Christian Grataloup, il faut lire :
  • Géohistoire de la mondialisation. Le temps long du Monde, Armand Colin (collection U), 2007. Belle analyse et commentaire sur le site des CafésGéo et éléments de débat sur le travail de C.Grataloup.
  • L'invention des continents, Larousse, 2009.

Et sur le site EspaceTemps.net, un beau texte de Christian Grataloup à propos de la réédition d'un livre passionant de David Cosandey.

samedi 3 octobre 2009

Colloque canadien

Cet appel à contributions pour un atelier international sur l'histoire environnementale de l'Europe du Centre-Est au Moyen Âge est paru, il y a quelques temps.

Paysages et sociétés en Europe antique et médiévale à l'est de l'Elbe

Interactions entre conditions environnementales et transformations culturelles

Organisé par le département d'Histoire de l'Université York (Toronto) et la Graduate School « Human Development in Landscapes », Christian-Albrechts-Universität Kiel, le colloque se veut très interdisciplinaire ; pour preuve cet extrait de l'appel à communication : "il devient évident que l’étude des paysages historiques doit s’appuyer simultanément sur la reconstruction des spécificités environnementales comme elles existaient et se sont transformées à des époques révolues et sur la compréhension qu’avaient les sociétés de celles-ci, ainsi que sur les systèmes de régulation des ressources disponibles, et comment elles pouvaient changer au fil du temps. Cela ne peut être atteint que par une approche interdisciplinaire. Les nouveaux développements en sciences naturelles et de nouvelles méthodes en archéologie apportent des informations qui n’étaient pas disponibles il n’y a que quelques décennies. De nouveaux questionnements des sources écrites ouvrent de nouveaux horizons. Seule la communication entre les disciplines rendra possible une vue d’ensemble."

C'est vraiment de l'histoire environnementale comme je l'aime. Oui, ce sont vraiment à partir de ces problématiques globales, de la science intégrée, qui se font jour comme dans cet appel à projet, que nos disciplines historiques du temps long sauront montrer leur utilité sociale.
J'en suis d'autant plus attristé qu'en France aujourd'hui, les temps sont à la division, à la répartition entre sciences humaines (INSHS) et sciences de la terre et du vivant (INEE) suivant les options des équipes de recherche. Mais j'en reparlerai sans doute.

Mais au fait, qui travaille au delà de l'Elbe ?

L'appel à communication est limité au 20 octobre 2009 et le colloque se tiendra les 26 et 27 mars 2010 à Toronto (Canada).

mercredi 30 septembre 2009

Des temps qui se regardent

Le titre de ce colloque qui se tiendra la semaine prochaine à Paris m'a interpellé. Le sous-titre est : "Dialogue entre l'art contemporain et l'archéologie". Au cours de ces deux journées des 5 et 6 octobre 2009, les échanges se feront à l'Auditorium de l'Institut National d'Histoire de l'Art (INHA), à Paris, rue Vivienne. Organisé par l'Equipe Associé EA4100 "Histoire Culturelle et Sociale de l'Art", ce colloque présente un programme passionnant où le Land Art, l'in-situ, l'art minimal, et les techniques de l'archéologie seront présents mais aussi la mise en scène de l'archéologie, mythe des ruines et faussaires.

Intérieur de l'INHA

Quelques intervenants : Sophie Lacroix (Paris IV), Virginie Serna (DRAC Centre), Michaël Jasmin (UMR 7041 ArScAn), et de nombreux jeunes chercheurs.

lundi 28 septembre 2009

Congrès de Neufchâtel CTHS

Comme chaque année, le Comité des Travaux Historiques et Scientifiques (CTHS) organise un congrès des sociétés historiques. Le sujet retenu pour 2010 est "Le Paysage".
Ce congrès se tiendra du 6 au 11 avril 2010 à Neufchâtel, en Suisse, dans les locaux de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l'Université de Neufchâtel.
Le congrès sera organisé en 6 thèmes et 3 colloques spécifiques sur des thèmatiques importantes.
Les thèmes :
1 - Le Paysage : des mots pour le dire
2 - Paysages perçus, paysages représentés
avec colloque associé : Le paysage dans tous les sens
3 - Paysage identitaire, paysage patrimonial
4 - Paysage perçu, paysage subi, paysage construit
avec colloque associé : Paysages anciens et actuels - reconstitution, évolution naturelle, anthropisation
5 - Le paysage et l'eau
6 - Paysages urbains
avec colloque spécifique : Paysage et religions.

L'opportunité de ce type de congrès est de provoquer des rencontres entre chercheurs de milieux très divers, de toutes les branches disciplinaires des sciences humaines. Un certain déséquilibre risque de se faire jour dans les thèmes choisis. Si le thème 1 se trouve être un lieu de rencontre de spécialistes, et d'un abord très pointu, le thème 4 peut devenir littéralement "fourre-tout".
L'archéologie environnementale pourra trouver sa place dans la plupart des thèmes, mais plus particulièrement dans les n°3, 4 et 5.

Je vous invite à lire le programme d'appel, sur la page du site du CTHS dédiée,
Attention, les inscriptions sont à envoyer pour le 1er novembre 2009.

mercredi 19 août 2009

Maison paysanne en Bretagne


La Maison paysanne en Bretagne - 2500 ans d'habitat rural - est un livre des éditions Coop-Breizh réalisé sous la direction de Noël-Yves Tonnerre, professeur d'histoire médiévale à l'Université d'Angers. Cet ouvrage, essentiellement historique, est co-écrit avec des archéologues de la Direction des Affaires Culturelles de Bretagne (M. Batt, Y. Lecerf), de l'Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (Y. Menez) et de nombreux universitaires de Brest, Rennes et Amiens (P. Galliou, D. Pichot, J. Gallet, D. Leloup, D. Lelouche, J.-P. Simon) ainsi que de G. Buron du Musée des Marais Salants, du professeur Meirion-Jones et de l'architecte C. Le Pabic.
En une quinzaine de chapitres, le livre parcours les thématiques de l'habitat en Brettgne rurale dans sa dimension chronologique et technique. Ces textes ont été réunis suite à une journée d'études tenue en décembre 2001 à l'Université de Brest.
Le territoire couvert par l'étude est très vaste et démontre, peut-être involontairement, une certaine hétérogénéïté du bâti rural. J'ai regretté la faible place donnée à la réflexion ethnohistorique, mis à part le texte de Daniel Pichot sur la société du coeur du Moyen Age (XIe-XIIIe siècles). Le texte de Jean-François Simon reste anecdotique, pour une ethnologie de la porte bretonne.

L'illustration fait la part belle à la documentation archéologique, avec quelques photographies aériennes et des comparaisons très interessantes avec des habitats des îles britanniques. Les cartographies aident à la mise en situation des habitats, mais ouvrent peu la lecture vers le paysage créé autour de ces sites. La bibliographie qui conclue le livre pourra vous ouvrir des pistes.

Aucun propos n'aborde les problèmes de la conservation, réaffectation ou transformation sauvage de l'habitat vernaculaire breton. Ces pages restent à écrire. L'ensemble de ce livre forme un bel ouvrage de référence sur le sujet à un prix restant abordable vu l'importance de la documentation.

mercredi 5 août 2009

Meneham

Sur la côte sauvage du Finistère nord, il y a de nombreux lieux aux paysages magiques, chargés d'histoires et d'Histoire. C'est le cas du petit village de Meneham, en fait, un hameau de Kerlouan, sur la côte des légendes.


Le cachet du lieu est la conséquence de plusieurs choses.
Tout d'abord une géologie chaotique où le granit et les dunes de sables (arène granitique remanié) se partage le sol.
Puis un village, en ruine il y a encore quelques années, est aujourd'hui restauré. Il accueille des activités diverses dans les différents maisons réparées, voire rebâties comme au milieu du XXe siècle, car ce village était habité il y a encore assez peu de temps.
Le café-restaurant a repris la place de celui qui a fonctionné de 1936 à 1973 avec de la cuisine traditionelle bretonne (comme le Kig a Farz). Dommage que les tarifs soient un peu chers.
La Maison Salou a été transformé en espace muséographique. C'est encore un peu fruste mais ce n'est paut-être qu'un début.
La Maison Boédoc est devenu l'espace d'acceuil avec une exposition permanente qui présente le cadre général géologique, botanique et humain.


D'autres maisons existaient et certaines sont déjà utilisées comme gite de vacances.
Le village vivait essentiellement de culture de la terre sableuse environnante, du ramassage du goémon ou pioka (goémon frisé).
Mais ce village serait comme de nombreux autres s'il n'y avait eu la présence de la douane du XVIIe au XIXe siècle. En fait, c'est sans doute à partir de la présence des douaniers que le village s'est bâti. Un caserne y est encore visible. Elle héberge un village d'artistes.


Et entre les roches, dans le chaos qui domine le hameau, se trouve le poste de douane, le "corps de garde" où l'on vous racontera les légendes qui courent sur ce lieu et qui faisant dire que les habitants étaient aussi des naufrageurs.

Ce site me fait poser la question de la pérénité de ce type d'aménagement. Le Conseil Général du Finistère et la commune de Kerlouan ont misé cher et investi beaucoup dans ce projet. Pour le moment (suite à la discussion que j'ai eu avec une des responsables de l'acceuil), le gite est bien réservé, le restaurant tourne mieux que les années passées, les animations sont suivies par les vacanciers comme par les locaux. En effet, l'impact local est fort car les personnes agées qui ont vu le village de Ménéham vivant vienne retrouver l'ambiance des temps passés.
Mais qu'en sera-t-il de la vie du site dans quelques années ? Le renouvellement des activités y sera difficile. L'authencité saura-t-elle résister au poids du tourisme de masse qui est souhaité par le CG29 ?

Plus d'infos (pastez, jeux de boules, four à pain, sur le site de l'office de tourisme de Kerlouan, mais aussi simplement en tapant "Meneham" sur votre fureteur favori.
Et il y a même une page sur Wikipedia.
Et encore un site de photo très documenté ici.
Et un autre site d'où vient la photographie des maisons en chantier, celui de la Tribu d'Anaximandre.

Le village au milieu du XXe siècle.

mardi 16 juin 2009

Parcours du patrimoine - Colombiers et pigeonniers

La brochure "Colombier et pigeonniers" de la région dieppoise (Seine-Maritime) est un Parcours du Patrimoine, série de publications de tourisme culturel, labélisée par le Ministère de la Culture et aujourd'hui réalisée par les collectivités qui ont repris à leur charge les anciens service de l'Inventaire des Directions Régionales des Affaires Culturelles.
Le volume consacré aux colombiers a été élaboré par Céline Belzic, alors chargée d'études auprès de la communauté de communes Dieppe-Maritime, en collaboration avec l'équipe du Service de l'Inventaire et du Patrimoine de la Région Haute-Normandie.
Les 50 pages sont très agréables à parcourir et les illustrations et photographies donnent envie de se rendre sur le terrain pour observer de visu ces beaux édifices. Quel dommage cependant que de nombreux colombiers ne soient pas visibles. Il faudra bien souvent se contenter d'une vision lointaine à partir de la route.

Cet ouvrage est diponible auprès de l'agglo Dieppe Maritime, dans les offices du tourisme, au Service de l'Inventaire (Maison Marrou, rue Verte à Rouen) et sans doute dans bien d'autres endroits. IL coûte seulement 5 €.

Et pour en savoir beaucoup sur le pigeon, c'est ici.

lundi 20 avril 2009

En jachère

Vous l'aurez remarqué, depuis quelques temps PenserPaysage est un peu en jachère. Et la jachère est un moment particulièrement utile.
Traditionnellement, il s'agit de cette période où la terre est préparée pour de nouvelles cultures. On a trop souvent pris l'habitude de considérer le terme de jachère comme un qualifiant du terrain sur lequel la jachère s'applique et où apparemment il ne se passe rien. Or, il n'en est rien.
La jachère est surtout une succession de travaux pour préparer le sol. Dans plusieurs régions, elle demande plusieurs labours, puis des hersages, qui faciliterons l'enfouissement des végétaux encore présents en les arrachant et de faire entrer la fumure dans le sol. La jachère n'est pas un repos de la terre, elle en assure le renouvellement nutritif.
Arthur Young la trouvait inutile, la logique productiviste l'avait déjà saisi.


Aujourd'hui la jachère a été bien souvent détournée de sa fonction pour devenir fleurie et servir de refuge aux gibiers pour les chasseurs ... mais pas seulement. Pour découvrir les jachères fleuries, que certains préfèrent nommer "jachères florales" aller ici.

Je vous conseille la lecture du très bon article de François Sigaut sur "La jachère dans les cultures pré-contemporaines de l'Europe".

PenserPaysage n'est pas en friche, il était juste havrek, en guéret, en sombre, en cotive, en versaine, en brache ou barbecho, bref, simplement en jachère. Et jachérer demande beaucoup de travail.

dimanche 11 janvier 2009

Elbeuf, suite ...

L'agglomération d'Elbeuf devient d'Art et d'Histoire.

Et la Société de l'Histoire d'Elbeuf publie un numéro 48 très spécial nommé : Atlas Historique de l'Agglomération d'Elbeuf. Réalisé sous la direction de Pierre Largesse, cet ouvrage regroupe en 170 pages un cortège de documents et d'études sur le territoire elbeuvien et ses vicissitudes.
On remarquera en particulier l'important travail réalisé pare Patrick Ferté, professeur à l'Université de Toulouse - Le Mirail, sur la constitution et l'organisation de la région d'Elbeuf sous l'ancien régime. De nombreuses sources ont été utilisées pour comprendre ce découpage si particulier qui faisait appartenir Elbeuf à une multitude de "circonscriptions" qu'elles soient fiscales, judiciaires, administratives, militaires, religieuses ou économiques. Le territoire de l'actuelle agglomération ressemblait à un puzzle dont les pièces se trouvaient régulièrement re-mélangées, et dont certaines se superposaient.

L'ouvrage présente la constitution du cadastre sous la plume de Pierre Largesse ; les 10 communes de l'agglomération sont évoquées avec parfois le renfort de plans terriers de la seconde moitié du XVIIIe siècle comme pour Freneuse. Les cadastres dit napoléoniens sont abondamment utilisés pour mettre en évidence quelques points remarquables. Bien entendu, on pourrait en dire beaucoup plus, bien il faut laisser de la matière pour les prochaines publications.

Comme tout atlas, le volume aborde plusieurs sujets thématiques relatifs à l'organisation et l'utilisation de l'espace comme : la poste aux chevaux en 1842, les abonnés au téléphone de 1899 à 2006, la répartition spatiale des industries en 1929, et les communications en 1865.

Sans pouvoir être exhaustif, ce volume d'Atlas est un véritable appel à la recherche car son examen amène à se poser de nombreuses questions sur les pourquoi de l'organisation du territoire de cette façon. Deux années de travail ont été nécessaires pour concevoir ce bulletin spécial consacré à la géographie, bulletin que l'on souhaite voir complété par des études spécifiques sur la toponymie (et non pas un simple inventaire, certes fort utile mais frustrant), les réseaux de voiries, la dynamique spatiale, ... encore un démarche d'archéogéographie à construire.

En tout cas, comme le veut la terminologie pratiquée par les historiens, voici une véritable source documentaire à ne pas laisser de côté.