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vendredi 28 novembre 2014

Colloque Gaié 2014 Paris

Alors que la grande conférence de Paris sur le changement climatique se profile, les politiques s'agitent et les scientifiques travaillent.
Le laboratoire IEES Paris (Institut d'Ecologie et des Sciences de l'Environnement de Paris), NatureParif et le GIS Climat-Environnement-Société et avec le soutien d'AgroParisTech et de l'ADEME organise dan s le cadre des activité de l'association Gaié une rencontre d’ingénierie écologique le 15 décembre 2014 à AgroParisTech, rue Cl. Bernard.



Plus d'information ici : http://www.gisclimat.fr/manifestation-scientifique/colloque-gai%C3%A9-2014-ling%C3%A9nierie-%C3%A9cologique-une-option-face-au-changement 

le Programme est disponible en téléchargement :  http://www.gisclimat.fr/sites/default/files/Programme_15122014.pdf

Les présentation sont très diversifiées et très techniques : socio-écosystèmes forestiers, cyanobactéries, toitures végétalisées ... Forcément, en une petite journée, c'est un peu condensé. Une table ronde "Ingénierie écologique vs géoingénierie" conclura la journée.

Si vous souhaitez participer, il faut impérativement vous inscrire avant le 5/12/2014.


jeudi 28 août 2014

Fragment de paysage de Catal Huyuk, il y a près de 9 millénaires

Le site archéologique turc de Catal Huyuk est connu pour être l'un des premiers sites néolithiques où l'habitat est organisé de façon très groupé. On parle alors de proto-urbanisation. Il est aussi le lieu où se trouve la plus ancienne carte du monde, en fait un plan de la "ville". Il possède enfin la première évocation graphique du paysage environnant un lieu.


En effet, les habitants ont associé à ce plan des rues et maisons de la ville un décor avec ce qui semble figurer un volcan à l'eruption imminente. Malgré la ressemblance étonnante entre l'image et la vision réelle, cette interprétation était très controversée.


Mais depuis la découverte du site dans les années 60, les méthodes et techniques utilisées par l'archéologie ont beaucoup évoluées. Aujourd'hui les géochimistes ont prélevé des fragments de roches au sommet du volcan qui voisine le site (140 km, tout de même), le Hasan Dagi. Le dépôt d'andésite étudié est attribué au VIIe millénaire, ce qui semble bien correspondre à la date approximative de 6500 avant notre ère qui marque le début de l'apogée du site.

Article de référence sur Plos one du 8 janvier dernier.
http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0084711



mardi 26 août 2014

Une nouvelle histoire du climat !

Voici un livre qui va vous réconcilier avec le temps qui passe .... surtout lorsque vous pensez que novembre commence à la fin du mois d'août.
HIVER ... c'est son titre.


Le livre de François Walter est avant tout un livre d'historien avec sa rigueur ... documentaire. Il raconte au cours de ces 421 pages les trois siècles durant lesquels les archives sont suffisamment abondantes pour nous dire comment les hommes parlent de l'hiver. F. Walter explore aussi les relations entre l'homme et l'hiver, tant par le classement des phénomènes hivernaux que par le besoin de comprendre le froid en allant le chercher loin de chez soi.
L'auteur raconte l'hiver comme on raconte une histoire. Et si jamais vous trouvez qu'il fait froid, ce soir, souvenez vous que juste avant la Révolution française, la lagune de Venise était gelée.

"Hiver, histoire d'une saison" par François Walter, éditions Payot.
prix éditeur 25 €

Vous pouvez aussi suivre ce lien vers l'émission passionnante de Jean-Noël Jeannerey qui avait été consacrée à ce livre sur France Culture (Concordance des temps du 28 décembre 2013) :
http://www.franceculture.fr/emission-concordance-des-temps-l-inevitable-hiver-2013-12-28




mercredi 4 juin 2014

Des réalités .... suite

Pour faire suite à mon message d'hier, je vous signale la journée organisée par Sciences Po (Institut du Développement Durable et des relations internationales - IDDRI) le vendredi 13 juin prochain. Cette conférence se place dans le cadre du programme de la Fondation d'entreprise Hermes.
Le thème de cette journée est
"L'innovation au secours de la biodiversité ?"
Toutes les informations sont sur cette page : http://www.iddri.org/Projets/Seminaire-Iddri-Fondation-d-entreprise-Hermes/L-innovation-au-secours-de-la-biodiversite

Alors que les deux sessions de travail ne semblent pas trop spécialisées ni polémiques (innovation et gestion des écosystèmes - restaurations écologiques), la table ronde du milieu de journée sera sans doute plus délicate et passionnante : Innovation en agriculture, quels effets sur la conservation de la biodiversité ?

En lisant le papier de présentation de cette conférence, on peut trouver le positionnement quasi schizophrène qui m'interroge depuis de nombreuses années : Quelles innovations amélioreraient notre capacité à restaurer
des écosystèmes de plus en plus complexes ? Dans quelle mesure les innovations risquent-elles au contraire de mener à l’artificialisation des écosystèmes ?
Cette double question montre que la réflexion de certaines sciences sociales (anthropologie, et en particulier des sciences historiques n'a encore que modérément pénétrée ce milieu. En effet, les écosystèmes sont de plus en plus complexes pour deux raisons majeures.
Tout d'abord par la capacité de lecture et d’analyse des sciences, qui en comprenant mieux les interactions entre les éléments composant les systèmes, met en évidence la complexité. Depuis que les systémiciens nous ont fait comprendre que LE système est plus que la simple somme des éléments qui le composent, la notion même de complexité est synonyme de richesse et non plus de difficulté à comprendre.
Mais également, les écosystèmes sont devenus plus complexes par l'apparition d'interactions avec l'homme inexistantes auparavant. Le processus d'anthropisation des écosystèmes les a rendu plus complexes.
Les innovations sont forcément des créations humaines, des gestes anthropiques, et en cela elles artificialisent de fait les écosystèmes en les soumettant à une contrainte ou à un forçage (qui peut leur être favorable). La seconde question n'en ait donc pas une. Une affirmation aurait été aussi simple car la réponse est dans la question. Les innovations mènent à une artificialisation des systèmes.
L'envie de nature à tout prix, des chercheurs en sciences de l'environnement et de la biodiversité, leur fait oublier qu'ils agissent déjà sur des écosystèmes fortement anthropisés. C'est la notion de service écologique rendu qu'il faut ici réintroduire. Elle permet de quantifier et/ou de qualifier l'état d'un espace réduit, d'un territoire, d'une espèce ou d'un écosystème en laissant de côté l'aspect "niveau d'anthropisation". Les productions de nutriments, de bien-être, d'espace non minéralisé, de filtrage de l'eau, de lieux de stockage, de capacité reproductive, et bien d'autres ... sont les critères sur lesquels on peut alors réfléchir. Car la seule façon de faire de l'écologie de façon responsable, c'est de reconsidérer l'homme comme un élément comme un autre du système. Le placer en dehors amène toujours à penser que les systèmes "naturels" sont à son service. Alors que les populations humaines bénéficient des services écologiques rendus par les écosystèmes comme toutes les autres populations vivantes, à la surface de la terre ... avec le terrifiant pouvoir de les détruire. Mais là, c'est un autre débat.

Mais saluons la réalisation de cette journée qui devrait de toute évidence apporter des éléments de réflexion utiles.

Cette journée de présentation se tiendra, Quai Mauriac (Bibliothèque nationale de France). La vidéo devrait être prochainement disponible sur le site de l'IDDRI.

lundi 29 novembre 2010

La paysage du blé

Sur une surface totale de près de 10 millions d'hectares cultivés en céréales en France, la moitié est ensemencée en blé, essentiellement des variétés Apache et Caphorn. La diversité, même au sein des variétés reconnues au catalogue français des variétés végétales cultivées, reste limitées. En fait, plus de 250 variétés de blé tendre et 56 variétés de blé dur sont disponibles. Mais cette année pourrait bien marqué un changement. En effet, en 2010, la récolte a confirmé la stagnation des rendements, alors que ceux-ci étaient en hausse quasi constante de puis 1950. Cette stagnation est amorcé depuis 1995.



En fait, le réchauffement climatique serait en cause. Les études rendues par Arvalis et l'Inra ont démontré que ni les maladies, ni l'origine des semences, ni la qualité des engrais n'étaient responsables. Les études de températures depuis 1955 montre une corrélation entre chaleur et baisse du rendement. Les fins de printemps de plus en plus sèches en moyenne induisent un stress. L'effet en est empiré par les échaudages thermiques, courtes périodes de fortes chaleurs qui bloque le remplissage des grains et font baisser la productivité. On attendait un effet bénéfique du réchauffement sur la photosynthèse du blé par l'aspect dopant du taux de CO2.
Si cette analyse est bonne, la campagne française est en train de changer doucement sous nos yeux, même si pour le moment les régions Bretagne et Picardie semblent épargnées. La Normandie tient un rôle particulier avec une hausse de ses productions en continue depuis 15 ans et les surfaces en céréales panifiables multipliées par 4.

Et en poussant le regard à l'étranger, l'Afrique du Nord est passée au blé dur.

cliché INRA (Institut National de Recherche Agronomique)


Quelques références :
http://www.campagnesetenvironnement.fr/le-rechauffement-facteur-du-plafonnement-des-3751.html

http://www.paysan-breton.fr/article/11176/ble--une-etude-menee-par-l%92inra-et-arvalis.html

http://www.semencemag.fr/ble-climat-cereales.html

http://marchedescereales.over-blog.com/article-le-ble-prend-un-coup-de-chaud-55068918.html

mardi 13 juillet 2010

Camp climat

Juste un rappel pour ne pas oublier cet évènement régional qui concerne la planète entière.

http://campclimat.org/

du 22 juillet au 1er août près du Havre.

Pour venir, renseignez vous sur le site internet, le lieu sera divulgué le jour même.

dimanche 28 février 2010

Connaissez-vous Pierre RADANNE


Pierre RADANNE est un ancien Président de l’ADEME et expert international du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) ayant participé au sommet de Copenhague.

Il était à
Notre-Dame-de-Gravenchon le 24 février dernier, en réponse à l'invitation du groupe local Europe écologie pour une conférence sur le thème “Quelles énergies pour demain ? Quelle reconversion économique pour notre territoire ?”

Des propos qui restent plein d'espoir avec ce très beau sujet : Un lendemain sans pétrole.


Son interview est à écouter.
Pierre Radanne sur DailyMotion

D'autres informations à cette adresse : http://haute-normandie.regions-europe-ecologie.fr/457-la-campagne/2234-un-lendemain-sans-petrole-une-conference-de-pierre-radanne/cedc4df71e/

mardi 2 février 2010

Réchauffement climatique et vignobles


Emmanuel Leroy-Ladurie s'est appuyés sur les catalogues de dates des vendanges durant les siècles passés pour analyser l'histoire du climat. On savait le vignoble sensible aux évolutions climatiques depuis longtemps.
L'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) a constaté que les effets du réchauffement climatique sont déjà fortement sensibles. Les dates de vendanges ont avancé de presque un mois en cinquante ans en Bordelais et le goût de la plupart des cépages a évolué avec une baisse de l'acidité.
D'ici à la fin du XXIe siècle, les productions de Champagne pourraient gagner 85 % et celle de Côtes du Rhône perdre jusqu'à 35 %.

Bientôt, c'est certain, nous reverrons du vignoble en Normandie.

Quelques lectures sur le sites de l'INRA :

La base Phénoclim.

L'impact de la canicule de 2003 sur la vigne.

Le point de la recherche sur la relation climat - agriculture à L'Institut National de Recherche Agronomique

Le dossier réalisé pendant le sommet de Copenhague par France Info.

lundi 11 janvier 2010

Nos paysages de montagnes

Savez-vous à quoi sont dues les montagnes ? Et savez-vous qu'elles bougent ?
Bien sûr, chacun pense aux mouvements tectoniques, les chocs entre plaques continentales et/ou maritimes provoquant soulèvement et subduction. Cela a déjà eu lieu de nombreuses fois, par exemple entre Asie et Inde provoquant la montée de la chaine de l'Himalaya.
Une nouvelle théorie est en cours de développement par l'équipe du laboratoire Géosciences de Rennes sous la responsabilité de Stéphane Bonnet. Les nuages pourraient faire bouger les montagnes.

Photo d’un relief créé au laboratoire de modélisation de Géosciences Rennes (photo : Hubert Raguet)

La démonstration passe par une mini-montagne soumise à l'étosion du ruissellement des pluies artificielles. Le flanc plus humide, du côté des océans, d'une montagne, est opposé à un côté plus aride. Ce phénomène est lié aux mouvements des masses d'air. Les pluies régulières sur le versant provoquent un déplacement, une migration continue de la ligne de crête. Dans la sierra d'Aconquija, ce mouvement serait d'un millimètre par an depuis que la montagne arrête les nuages.

L'information sur le site du CNRS - INSU.

Le site du laboratoire Géosciences de Rennes. Vous pourrez même y télécharger le préprint de l'article de Stéphane Bonnet.

vendredi 11 décembre 2009

Au temps des mammouth

Connaissez-vous Félix ?


Félix est un mammouth laineux qui a choisi de s'installer à l'Espace des Sciences à Rennes. Il est le symbole d'une belle exposition conçu par le Muséum National d'Histoire Naturelle et qui trouve une mise en scène agréable dans cet espace breton que je vous invite à découvrir.

Vous avez jusqu'au 7 mars 2010 pour comprendre toute l'originalité de cet animal, autrefois mythique. L'environnement y tient une place importante dans l'expo, dès l'entrée avec une portion de steppe à mammouth où gambade Félix et son petit. Puis les évocations des "paysages" et de la végétation occupent un espace spécifique de la présentation. La durée de visite de cette exposition reste assez brève (on peut le regretter) mais permet d'emmener des jeunes enfants, toujours fascinés par ces vieux pachidermes. Pour compléter votre visite, essayer de profiter d'une animation, il y en a toutes les heures durant les prochaines vacances scolaires.

(les pommes de la photo ont été placées par un visiteur)

L'équipe de l'Espace des Sciences a eu la bonne idée de mettre en place un blog du mammouth, malheureusement alimenté de façon très irrégulière et bien rarement. L'expo est présentée par un mini-site qui donne envie d'y aller et qui fourni toutes les informations nécessaires.

Pour les plus passionnés, sachez que l'été prochain, en août 2010, se tiendra une rencontre internationale au Puy-en-Velay pour faire l'état des connaissances sur les proboscidiens (c'est quoi ça ? ... à vous de chercher).

samedi 9 mai 2009

Paysage(s) du Danube

La paysage n'est pas que visuel. L'association entre le son et l'image (et même parfois l'odeur - ah ! la madeleine de Proust) sont constitutifs des paysages que nous percevons.

Benoît Kubiak (Benka) est en voyage. Il parcours la planète à la rencontre de citoyens du monde qui s'organisent pour arrêter de dégrader le climat, pour améliorer la qualité de vie des victimes des modifications climatiques. Il voyage aussi de façon la plus "écologique" possible.

Il y a quelques jours, Benka nous a adresser un drôle de message de Roumanie, sur les marges de l'Europe. Il a enregistré le son, l'ambiance des rives du Danude près du village de Periprava. Ecoutez le son, regarder les photos, l'un ou l'autre, ou l'un sans l'autre... et laissez vous imaginez l'autre versant des choses. Les bruits, le son, la musique du fleuve vous laisser tracer dans votre esprit les images qui vont avec.

Le son : http://avenirclimat.info/public/Son/son_periprava.mp3
ou
l'image : http://farm4.static.flickr.com/3543/3485887736_3c3ea435c3.jpg?v=0

Vous pouvez en profiter pour parcourir le site de Benoît.

Essayez donc un peu d'arrêter de regarder le paysage, essayez de le percevoir ! Apprenez.

mardi 5 mai 2009

Les zones humides, c'est plus ce que c'était !

Avec cette expression en forme de boutade, je vous simplement vous redire que les témoins de nos évolutions paysagères et environnementales sont bien connus des scientifiques. J'en donnerai seulement deux exemples aujourd'hui.

Premièrement, le lac de Wivenhoe en Australie. Cette petite merveille, un lac aux portes du désert australien n'est plus, ou presque. Ce lac alimente Brisbane en eau, en temps normal, mais il a pris la désagréable habitude d'être à sec. Les 2,6 millions d'habitants dépendent de ce lac pour leur alimentation en eau. Les barrages qui alimentent la ville et sa grande banlieue sont descendus à 40% de remplissage. L'état hydrique général est si grave que les autorités envisagent d'utiliser l'eau des stations d'épuration pour remplir les barrages. La population rechigne à s'alimenter de la même façon que les villes de Singapour et une partie de Los Angeles qui ont déjà adopté ce système (info sciences et avenir de février 2009).

Deuxièmement, les fleuves disparus reparaissent. C'est le cas d'un fleuve lybien qui parcourait la limite est de l'Egypte. L'équipe de Philippe Paillou à l'observatoire des sciences de l'univers de Bordeaux a publié cette étonante vision d'un ancien fleuve dans la revue "Earth and Planetary Science Letters". Trois affluents principaux alimentaient le bassin de Syrte près d'Abjebadia. Mais pour l'utiliser aujourd'hui, c'est un vaste rêve que le lit du fleuve est recouvert par plusieurs mètres de sables.

Ces deux exemples sont encore là pour nous parler du changement qu'il faut gérer, qu'il faut appréhender en limitant les conséquences pour l'homme, mais aussi le changement qu'il faut accepter avec ce qu'il a d'inéluctable.

L'homme serait-il si prétentieux pour croire que lui seul peut provoquer le changement climatique ?
Il ne fait souvent qu'agir sur les leviers que la nature a mis à sa disposition pour modifier le fonctionnement de la planète. Le problème, c'est qu'il ne se retient pas de les utiliser.

jeudi 28 août 2008

Nouveaux paysages de montagnes ?

Ces nouveaux paysages ne sont bien entendu pas pour chez nous, en Normandie, mais pour les terres d'altitude. Dans leur étude dans un des laboratoires d'AgroParisTech (ex-INA-PG) le laboratoire LERFOB, le chercheur Jonathan Lenoir a mis en évidence la montée en altitude de 171 espèces végétales (herbes, arbustes et arbres). Les altitudes prises en compte vont de 0 à 2600 m. Cette recherche a été effectuée avec ses collègues du CNRS et de l'Université CatholiqueCette ascencion, constatée dans six chaînes et massifs français, est de 65 m en moyenne sur le dernier 1/4 de siècle, pour que ces végétaux puissent obtenir des conditions de vie plus propices à leur reproduction. Mesurée sur la séquence 1905-1985 comparée à 1985-2005, cette montée de 29 mètres par décennie serait une réponse en adaptation aux variations climatiques que les plantes perçoivent décidément mieux que nous.

L'impact environnemental sera sans doute énorme car c'est une véritable composition des communautés végétales qui s'opère car toutes les espèces ne "montent" pas à la même vitesse. Les herbacées sont plus rapides dans leur progression en raison de la brièveté de leur cycle végétatif. Les faunes associés devront également s'adapter à cette nouvelle situation.


Quelques infos ici .


La revue "Science" du 27 juin 2008 publie l'article de référence : J. Lenoir, J. C. Gégout, P. A. Marquet, P. de Ruffray, and H. Brisse, 2008. A Significant Upward Shift in Plant Species Optimum Elevation During the 20th Century. Science 27 June 2008 : 1768-1771.


"Science et Avenir" d'août consacre un entrefilet en page 34 mais il est bourré d'erreurs).




(cc) Bruno Monginoux /Photo-Paysage.com

jeudi 14 août 2008

Vallée du Dun

Cette belle vallée cotière, connue pour son patrimoine historique riche et ses communes encaissées au cachet plein de douveur a révélé un autre aspect bien moins plaisant. Depuis 1999 et la tristement célèbre nuit de folles pluies qui a laissé dans les mémoires un souvenir dévastateurs, les élus et les techniciens ont choisi de prendre les grands moyens pour éviter que cela ne se reproduise.
La conséquence la plus directe en est l'artificialisation du haut du bassin du Dun. La vallée, au niveau des commune d'Aitigny et de Crasville-la-Rocquefort est devenu un lit artificiel d'une rivière qui n'existe pas, car cette zone est plus haute que les sources actuelles du Dun. A noter que ces sources s'ont descendu de plusieurs mètres au cours des deux derniers siècles et que le Dun n'est bien souvent qu'un fossé à sec en amont de Saint-Pierre-le-Viger.
Côté Ouest, les vallons de Bourval et de Bourienne ont été totalement aménagés par la sucrerie, du mpoins sur le territoire de la commune de Fontaine-le-Dun. Côté Est, c'est le Conseil Général qui s'est chargé d'artificialisé le terroir. Deux immenses bassins ont été aménagés avec leurs digues à débordement respectives et leurs zones tampons de stosckage d'eau en cas de fortes précipitations.
Mais la question utile n'a jamais été posée : pourquoi ces terres ne faisait pas le rôle d'infiltration des précipitations qui semblait être traditionnellement le leur ?
Le comble est en fait que ces terres de vallée, en amont de Fontaine-le-Dun sont pour la plupart d'ancienne zones humides. Elles n'ont pas été entretenues, elle se sont "attéries", les tourbes ou horizons plus ou moins organiques qui y existaient ont été asphixiés et ne jouaient plus le rôle d'éponge. La conséquence toute logique à cela, augmenté de l'anthropisation de la vallée aval et du non entretien des passages d'eau, a été le débordement et la crue incontrolable de l'hiver '99.

Aujourd'hui, le choix a été fait à la simplification. Les bassins d'orages, même si ces retenues ont un aspect assez végétal, sont des lieux de recul de la diversité biologique par un entretien (fauchage des prés d'inondation, plantations contrôlées) et ne sont qu'une poursuite de l'anthropisation de cette vallée.

J'aurais pu tenir un discours proche pour la vallée de la Durdent ou une autre. Notre volonté de contrôle et de la gestion du risque naturel nous fait bien souvent perdre toute mesure. Un terroir artificialisé perd ce qui en fait la richesse : la spontanéïté et la diversité biologique non contrôlée.

mercredi 12 mars 2008

L'arbre qui cachera la forêt

Bernard Roman-Amat est directeur délégué à Agro-Paris-Tech à Nancy. Il avait été mandaté en février 2007 par Nelly Olin et Dominique Busserau, remplacés depuis par Jean-Louis Borloo et Michel Barnier, pour rédiger un rapport sur l'adaptation de la forêt française en regard des modifications climatiques.

Ce rapport est maintenant disponible sur le site du MEDAD (ici). La question posée est simple : Le changement climatique étant admis comme un phénomène réel, quelles actions doit envisager l'état pour faciliter l'adaptation de la forêt française ?
On pourrait imaginer que cette question reflète l'intérêt du gouvernement sur la qualité environnementale et la pérennité des grands massifs du territoire. Mais n'oublions pas que la forêt est également un formidable domaine économique avec la sylviculture, toute la filière bois, sans évoquer le chauffage pour lequel la demande (urbaine ou péri-urbaine) est très forte.


Mais la modification climatique va également totalement changer notre paysage forestier régional. On parle fréquemment du retrait du hêtre qui va peu à peu reculer vers le Nord et l'Est. Cette première conséquence a d'ailleurs déjà été anticipée par l'ONF. Bernard Roman-Amat a déjà ouvert la piste de réflexion en 2000 avec la parution de "Sylviculture et aménagement dans les forêts publiques pour le XXIe siècle : quelques pistes de réflexion" où il préconise d'anticiper. C'est dans la même ligne que devra s'incrire Philippe Leroy, le président du comité "forêt" du Grenelle de l'Environnement.

Aujourd'hui, nous voyons une forêt d'Eawy, vaste hêtraie, structurée par de grandes allées. Nous parcourons la forêt de Lyons associant chênes et hêtres majestueux ... mais cela est presque déjà une image du passé.

Les cartes établies par L. Badeau et JL Dupouey montrent de grandes transformations selon les deux scénarios A2 et B2 (modèle français d'évolution climatique en fonction de l'émission de GES). A2 est plus pessimiste que B2. La végétation est classée selon des dominantes caractérisées par les associations de quelques espèces arborées ou arbustives.

Aujourd'hui la Seine-Maritime est dite à dominante forestière de Groupe 6 type Atlantique nord (avec châtaignier). Le département de l'Eure est dans le même cas. Le Groupe 4 à dominante de hêtre n'est vraiment présente naturellement que dans le Pays de Bray. N'oublions pas que nos belles hêtraies actuellement ont été plantées il y a plus d'un siècle. Aujourd'hui le hêtre a du mal à se reproduire naturellement chez nous.
Dans le cas du scénario plutôt minimal B2, en 2100, le même Groupe 6 est cerné par le Groupe 7 à pin maritime dominant. Dans le cas du scénarion A2, plus pessimiste, presque tout la surface de l'Eure passe en dominante du Groupe 7, et le Groupe 6 est encore moins présent. Ce Groupe 7 est l'aire biogéographique dite "Atlantique sud".

Plus au sud, le Groupe 8 à dominante de chêne vert, de type méditerranéen passera en région Centre, et il ne serait pas improbable de voir cette espèce de chêne apparaitre naturellement ponctuellement dans la région de Chartres ou plus au Nord encore.
La vitesse de propagation du Groupe méditerranéen vers le Nord est estimée à 20 km tous les 10 ans pour B2 et 32 km/10 ans pour le cas A2, c'est-à-dire que le chêne vert "franchira" en masse la Loire avant la fin du siècle présent.

La paysage forestier est composite. la notion d'aire biogéographique ne représente qu'incomplètement la réalité attendue. Les espèces fonctionnent pas associations, par sympathie ou empathie. Les phytosociologues nous montrent le fonctionnement de ces ensembles. Les 7 groupes chorologiques (de répartition géographique des essences) sont composés chacun de plusieurs végétaux dominants qu'il convient de mettre en association avec d'autres. En voici quelques détails.
Le groupe 6 regroupe entre autre le châtaignier européen, la bourdaine, le néflier et le cèdre de Chypre. Le hêtre y est présent mais minoritaire, de même que les érables sycomores et planes.
Avec le groupe 7, nous devrions donc voir peu à peu arriver dans notre région de nouvelles espèces inconnues de nos paysages normands. Certes de façon encore marginale mais ils seront réellement présents. Les pins maritimes de plus en plus visibles, non seulement sur le littoral cauchois, près des sites balnéaires mais aussi en Pays d'Ouche donneront une nouvelle verticalité à notre côte. Le chêne tauzin pourrait bien s'implanter massivement dans les massifs forestiers du sud de l'Eure où les sols sont acides. La bruyère à balai remplacerai nos espèces locales actuelles dans les landes et les coteaux des vallées de l'Eure, de l'Avre et de l'Iton. Ponctuellement, vers la fin du siècle, nos enfants et petits-enfants verront sans doute des chêne verts, quelques cyprès toujours-vert, des pins parasol et pourquoi pas de la viorne-tin et des chênes liège (espèces dominantes et caractéristiques du groupe 8). Nous serions alors bien en peine de reconnaitre nos forêts normandes actuelles. Seules les chênes pédonculés seront à même de se tenir encore à leur place.

C'est un leurre de croire que nous pourrons empêcher, ou même retarder ce phénomène, car même le scénario le plus optimiste, celui qui envisage une stabilisation des émissions de gaz à effet de serre en 2050, laisse voir de profondes modifications. Mais il faut l'accompagner, en permettant à la forêt d'être un lieu de vie, de loisirs, d'économie et un poumon pour notre planète.

Les 32 propositions de B. Roman-Amat sont regroupés en 5 grands thèmes : Recherche et développement, risques, production, biodiversité, gouvernance publique.
Parmi les idées, un bon nombre (plus de la moitié) repose sur des réorientations des politiques de structures para-publiques (ONF, GIP ECOFOR, IFN, IDF, les Etablissement Publics Scientifiques et Techniques, réseau Natura 2000 ...) dont le contrôle par l'Etat diminue d'années en années par externalisation des missions et réduction des crédits. Les autres propositions relèvent de la bonne volonté ou de la compétence de groupes que l'Etat ne maitrise pas ou peu, voire des collectivités (Agence Nationale de la Recherche, zones vertes des PPR, certification des exploitations forestières, bases de données régionales ...). Quelques propositions simples (23, 27) sortent du lot mais pourraient se révéler contreproductive si elle sont lues à travers le filtre des souhaits de réduction du périmètre d'action de l'Etat (la fameuse RGPP).

Il y a encore loin de l'idée à la réalisation.
Des infos complémentaires : sur actu-environnement.com, sur notre-planete.info, sur forets-et-climat.fr, et sur le site du MEDAD.

Clichés (de haut en bas) : Bernard Roman-Amat, forêt de Lyons-la-Forêt, l'allée des limousins dans la forêt d'Eawy, un chêne Tauzin, une viorne-tin, une bourdaine.

jeudi 14 février 2008

Friches touristiques

Les informations télévisées évoquent parfois de véritables problèmes paysagers sans même sans rendre compte. Ce soir, France 3 National évoquait les nouveaux soucis qui se dressent pour l'avenir des stations de ski créées durant le dernier demi-siècle, parfois à base altitude.
C'est le cas d'Abondance, petit village alpin où la commune a investi dans de couteuses infrastructures de loisir (ouvertures de pistes, téléski ,télécabine, voiries, commerces ...) entre 1000 et 1700 m.
Mais aujourd'hui, les modifications climatiques jouent un bien mauvais tour (et dire qu'il y en a encore qui croient que le réchauffement, c'est pour plus tard !!!). La neige n'arrive plus assez tôt, ni en assez grande abondance sur les pistes d'Abondance (sic!).
Le maire a pris la décision d'arrêter l'exploitation de la station de sports d'hiver. Quelques structures vont continuer sur leur lancée tant que les tourismes viennent encore. Mais l'Office du Tourisme cherche un repreneur/financeur privé (constructeur de canon à neige !).
Je suis donc aller sur le site de la station et j'ai constaté sur le bulletin météo que les pistes étaient ouvertes... ??? Qui croire ?

De toutes façons, cet espace est voué à l'évolution vers la friche touristique. Les pistes ouvertes ne seront pas pratiquées par les skieurs si il n'y a que 20 à 30 cm de neige.

On connaissait les friches industrielles, portuaires, urbaines ... et les vois devenues touristiques. Et Abondance ne sera pas la seule. De nombreuses stations de moyenne montagne vont devoir aller vers une requalification de leurs espaces skiables qui vont devenir des espaces "piétons".
Nous voilé en pleine problématique des Freemen. Il faut voir plus global. Avons-nous besoin de maintenir des activités dans ces zones? Les décision politiques à venir ne devront pas mettre de côté l'option d'abandon de ces espaces, de leur retour à la colonisation végétale contrôlée, et pourquoi pas paysagée.

Oui, l'évolution des paysages est maintenant inévitable. Le petit train de la Mer de Glace n'ira plus au glacier. La Seine continuera à remplir son chenal avec les résultats de son processus érosif. La mer changera le profil de nos côtes.

Non, la logique conservatoire de ce que l'homme à créé, à tout prix soit-disant pour son bien, n'est plus de mise. Certaines zones humides devront évoluer vers l'atterrissement. Le chêne disparaitra peu à peu de nos forêts normandes. Nous ne pourrons plus aller skier en-dessous de 2000 m.

Et là, il s'agit bien de décisions politiques à prendre. Pour ne pas maintenir à tout prix certaines vocations territoriales, l'adaptation à ces nouveaux espaces devra être un accompagnement de leur évolution, en aucun cas un forçage.

mercredi 19 décembre 2007

Corinne Lepage - le 19/12/2007 sur France Culture


Non-assistance à humanité en danger

Transcription de la chronique de Corinne Lepage sur les ondes de France Culture lundi 17 décembre 2007.

"Les peuples de la Terre peuvent aujourd'hui accuser les gouvernants participants à la conférence de Bali , en fait, plus précisément ceux qui ont délibérément torpillé tout accord permettant de prendre date, sur des bases chiffrées , en vue d'un accord à Copenhague en 2009
prenant la suite de l'accord de Kyoto. Ce qui vient de se passer apparaîtra très certainement dans les années qui viennent comme une preuve supplémentaire de l'égoïsme et de la cécité de ceux qui ont décidé de l'avenir du monde en fonction de leurs intérêts propres et immédiats. En effet, les dernières conclusions du GIEC, qui pour la première fois parlent d'irréversibilité, les constatations d'ordre scientifique sur l'évolution du Groenland ou de l'Arctique, l'accumulation des preuves du changement climatique et du risque qu'il fait courir à l'humanité, permettant aujourd'hui de parler en ce qui concerne cette question d'application du principe de prévention et même plus du principe de précaution, les messages de détresse lancés par les populations de Papouasie et d'autres iles qui constituent les premiers réfugiés climatiques et qui ne peuvent déjà plus se nourrir normalement n'auraient pas dû laisser le moindre choix aux responsables réunis à Bali. Or, malgré les efforts du secrétaire général de l'ONU, malgré la position unitaire et ferme de l'Europe, cette réunion a accouché d'une demie souris. La seule avancée réelle concerne l'avancée du projet Reed dont l'objectif est de financer les pays du Sud pour qu'ils conservent leurs forêts ou reboisent. Il faut rappeler que la déforestation représente 27 % du total des émissions de CO2, soit plus que le transport et que la valeur de la forêt n'est pas seulement d'ordre écologique entame de séquestration de carbone mais également le lieu majeur de la biodiversité est un lieu de vie essentielle. La banque mondiale a consacré 208 millions d'euros à des projets pilote de surveillance ce qui est loin des 5 milliards de dollars auquel Nicolas Stern évaluait les moyens nécessaires à mettre
en place. Une seconde avancée , plus modeste,consiste en la mise en place d'un fonds d'adaptation, sous la tutelle du fonds mondial pour l'environnement, destiné à financer des transferts de technologie.
Pour le reste, l'obstruction américaine a plombé tout accord ce qui conduit à s'interroger sur le point de savoir qui gouverne vraiment le monde et quelles solutions on pourrait proposer pour mettre un terme au crime de non-assistance à humanité en danger.

Le blocage de George Bush sur le sujet du climat, contraire à la position de la Cour Suprême, mais qui trouve bien évidemment sa source dans la volonté de certaines sociétés pétrolières est un point central. Rappelons qu'Exxon a financé depuis des années le lobby de "la machine à nier", instrumentalisant des centaines de centres de recherche et d'association plus ou moins bidons dont l'objectif était identique : faire du changement climatique une hypothèse et non un
fait. La proposition d'Al Gore de conclure un accord en laissant de côté les États-Unis avec comme objectif probable de stigmatiser cette attitude inadmissible mais ne permettait pas de faire réellement avancer la position internationale. En effet, les États-Unis ne sont pas seuls, malheureusement. Le Canada et l'Australie soutiennent une position très proche, pour des raisons d'intérêt économique immédiat cependant que les pays pétroliers et leurs alliés traditionnels ont toujours pris la position la plus favorable à l'or noir. Or, si l'on se place au niveau des résultats concrets, un accord a certes été trouvé mais sur la base de la position la plus faible c'est-à-dire celle qui ne contient aucun engagement précis. Lorsqu'on en est en
effet à refuser de faire figurer les conclusions du GIEC autrement qu'en note de bas de page, pour être certain qu'aucun engagement concernant une réduction de 30 % des émissions de gaz à effet de serre en 2020 pour les pays industrialisés et de 50 % pour le monde entier en 2050 ne soient pris, il est clair que l'on est en présence d'un déni de réalité voire d'un cynisme poussé à l'extrême qui conduit a accepter, de mettre en péril ses propres enfants pour être certain de pouvoir soi-même accroître encore son propre confort.

Ce comportement est la négation même du politique dont la fonction, si elle existe, consiste précisément à organiser la vie de la cité pour lui permettre la pérennité. Cela signifie que la politique, au niveau international n'a strictement plus aucun sens, en ce qui concerne au moins un des périls majeurs qui menacent l'humanité. Cela signifie que les représentants des terriens, élus ou autoproclamés pour certains, font des choix qui s'inscrivent délibérément à l'encontre des intérêts premiers des populations qu'ils sont censés représentés. Cela signifie par conséquent que la représentation actuelle de la société internationale ne peut plus prétendre
représenter les intérêts des femmes et des hommes présents et à venir, mais s'est soumise à d'autres maîtres du monde dont on se pose parfois la question de savoir s'ils ont encore conscience d'être des humains.

Dès lors c'est bien la question de la gouvernance mondiale lorsqu'il s'agit de questions planétaires qui intéressent tous les humains comme la question climatique qui est en cause.
La faiblesse du conseil de sécurité de l'ONU est difficilement supportable lorsqu'il s'agit de guerre et de massacres impliquant des milliers, voire des centaines de milliers de personnes. Mais, elle ne l'est plus du tout lorsqu'il s'agit de la survie de l'humanité dans son ensemble. Cela signifie donc que c'est à la société civile de prendre son destin en main puisque ses responsables politiques ne sont pas capables de le faire pour elle.
Ce sont aux milliers d'associations de défense de l'environnement, de développement, de consommateurs, voire aux
syndicats professionnels et au monde économique et financier dans la partie qui est demanderesse à une véritable révolution pour permettre la réorientation de l'économie, de s'organiser pour imposer le changement qui nous est refusé.
Nous avons l'ardente obligation de refuser l'attitude suicidaire que quelques dirigeants ont décidé d'adopter.

A la non assistance à humanité en danger, nous devons répondre par la mobilisation de toutes les consciences et les volontés humaines."


Corinne Lepage tient là des propos d'un portée essentielle. Sa pensée suit un cheminement intéressant, depuis les constats du GIEC et les tristes conclusions de Bali, jusqu'au problème majeur de la gouvernance mondiale. Cette lecture mérite donc d'être lue sans ajouter de commentaire. Il faut rappeler que Corinne Lepage fait une chronique tous les lundis matin sur France culture à 7 h 25.

Information signalée par Bertrand du reseau des Free(wo)men. Merci à lui.

mercredi 29 août 2007

Grenelle de l'Environnement




Bientôt, le Grenelle de l'Environnement devrait entrer dans sa phase locale (phase 2 - septembre/octobre) avec des rencontres des acteurs locaux et des citoyens.



La place du paysage y est assez limitée (groupe 2), mais après visionnage des diverses vidéos de ce groupe 2, retraçant leurs premiers travaux, le constat est plutôt rassurant.
Le travail déjà effectué est celui d'une véritable écoute, d'une envie de convergence, d'efforts de tous les acteurs.
Pour preuve, cette réflexion de Patrice Hirbec, représentant de la CGC au sein du groupe 2 "Préserver la Biodiversité et les ressources naturelles". Il fait remarquer que l'habitude, pour lui, est aux échanges bilatéraux où chacun tire contre l'autre et que c'est fois, c'est du "multilatéral" et les "échanges les tirent les uns vers les autres et vers le haut".
Même la plupart des commentaires collectés sur Grenellorama sont plutôt encourageants.

Bien entendu, le propos que je souhaitais entendre sur le rôle du paysage dans la bouche des représentants des différents collèges n'étaient pas là, malgré l'atelier "patrimoine naturel et durabilité des territoires". Mais il n'y a pas que le paysage pour témoigner de la biodiversité !
Les propos considérant le paysage comme un élément du bien-être et de l'épanouissement humain, tout comme un témoin d'une biodiversité maintenue, restent à venir.
Les interviews retracent les convergences qui se mettent en place et les mots de "territoires", "espaces partagés", "milieux de vie" prononcés tant par les agriculteurs, que par le représentant du MEDEF et celui de la CGT sont plaisant à entendre.
Peu de mots sur la science dont seul Yvon Le Maho (DR CNRS et académie des sciences) parle de façon engagée. Et j'attends encore que le groupe évoque la responsabilité des scientifiques, y compris en sciences humaines sur le rôle de cette biodiversité sur la planète.

Le groupe 4 "Adopter des modes de production et de consommation durable" évoquera certainement les paysages mais il faudra sans doute attendre que les débats soient passés par le niveau plus local.

Je pensais franchement qu'après les travaux des groupes de travail du Grenelle de l'Environnement durant l'été, les premières critiques fuseraient aisément, mais la conscience progresse. Espérons que le débat évitera l'écueil de la culpabilisation des consommateurss et l'auto-satisfaction des politiques et les remplacera par la responsabilisation des uns et le courage des autres.

A suivre avec attention, donc, car le calendrier va aller très vite. Des décisions sont attendues avant la fin de l'année, sans doute dès octobre si le programme est respecté.

Petit conseil, entre autre si la place de la science dans le débat vous intéresse : Chaque groupe de travail dispose d'une base bibliographique dont le contenu est significatif des propos tenus par les participants institutionnels. Une analyse de détail montre que la part des publications issues des grands instituts de l'Etat est dominante. Mais elle n'est seule.


Petit plus : Si vous utilisez la barre "EcoloInfo" sur votre navigateur, vous y trouverez plein de ressources et de lieux de débat sur le sujet. sinon, pourquoi ne pas télécharger ce module complémentaire qui fonctionne sur Firefox et Explorer, sur PC et sur Mac.

Et à propos du Grenellorama, regardez cette vidéo.
http://www.dailymotion.com/GrenelleDeLEnvironnement/video/4399142

lundi 20 août 2007

Projet : Avenir Climat

Benka a lancé un projet de périple d'un an avec pour ambition de recueillir des témoignages de ceux qui luttent contre le réchauffement climatique en Europe et en Asie. La dégradation du climat et le besoin d'une information sur ce sujet au-delà de nos pays favorisés l'on amené à proposer ce parcours.
Benka habite à Autun (71), a 29 ans, est chargé de mission en développement durable dans une communauté de communes et est déjà très engagé dans le monde associatif.

Son voyage ne sera pas de tout repos mais il a un passé de voyageur confirmé.
Vous trouverez toutes les informations sur son blog : http://avenirclimat.info/

Au cours de cette aventure, il traversera de nombreux paysages et nous pourront échanger sur les dégradations, ou modifications non réfléchies, qu'ils subissent du fait de l'inconscience humaine. Peut-être découvrira-t-il également des gestions paysagères sources d'espoir pour tous.

Dans le texte ci-dessous, Benka présente lui-même son projet.


« Le climat change, et il est urgent d'agir ». Cette phrase est devenue tristement banale, je veux lui donner une image et rendre concret les solutions possibles.
J'ai travaillé 5 ans comme chargé de mission pour le développement durable dans une collectivité territoriale. Je milite depuis 7 ans dans des associations d'écologie et de solidarité internationale.
J'ai le projet de partir en 2008 à travers l'Europe et l'Asie. Mon but est de rencontrer les « témoins du climat » : associations, villes, entreprises, individuels… Il existe quantité de personnes à rencontrer pour parler du climat sous une forme concrète, lié à la vie quotidienne, au militantisme ou à un métier.
A travers mon voyage, je veux permettre à ces personnes touchées par le changement climatique de s'exprimer. Dans mes billets, je rapporterai leur vision de la modification de l'environnement et les changements qui sont intervenus dans leur vie quotidienne ou la pratique de leur métier.

Je souhaite traiter le changement climatiques sous deux angles :
* les pratiques : dans les domaines des transports, de l'énergie, de l'habitat, de l'urbanisme, de l'agriculture, de la sylviculture, de la consommation, des déchets,... comment les acteurs agissent pour s'adapter au changement du climat et diminuer leur impact ?
* la participation : le changement climatique est une évidence, mais au-delà du constat, comment les acteurs s'engagent ensemble pour répondre aux enjeux ? Le partage de l'information, les techniques de prises de décisions, la planification des actions, l'échange des points de vues sont également des facteurs de réussite. Comment passent ils du constat à l'action ?

Ces exemples seront transmis en France pour les faire connaître, notamment via des blogs. Si possible, je voudrais amener les lecteurs à modifier eux aussi leur manière de vivre pour diminuer leur impact sur le climat.
[…]
La présentation complète du projet est ici :
http://avenirclimat.info/post/2007/02/28/Avenir-Climat-%3A-presentati...
Pour me soutenir financièrement ou techniquement, rendez vous sur :
http://avenirclimat.info/post/2007/01/25/Soutenez-le-projet.
Mon budget prévisionnel est de 72 € pour une journée : vie quotidienne, matériel, communication et valoristaion de l'expérience au retour du voyage. 66 % de votre don est déductible de votre impôt. Un don de 72 € vous revient donc à 24 €.
Chèque à l'ordre d'Avenir Climat. c/o M. KUBIAK, le bourg, 71400 AUXY.

Et n'oubliez pas, pour diminuer vos émissions de gaz à effet de serre :
* N'utilisez l'avion qu'exceptionnellement. Prenez vos vacances du côté de chez vous, il y a sûrement des coins magnifiques que vous n'avez jamais visités. Sinon, prenez le temps et faite le trajet avec les transports en commun.
* Isolez votre maison de la chaleur et du froid, pensez aux énergies renouvelables, remplacez vos ampoules par des Basses Consommations. Vous gagnerez en confort, et des aides publiques peuvent vous aider à financer une partie des travaux. Renseignez vous auprès de votre Espace Info Energie
* Prenez votre vélo ou roulez plus doucement (80 km/h sur routes, 120 km/h sur autoroutes). Vous ne perdez pas de temps, et vous serez moins stressé
* Achetez moins, produisez moins de déchets, troquez avec vos voisins et triez vos déchets. Vous gagnerez en convivialité.
* Mangez moins de viandes, et surtout moins de bœuf. Essayez les recettes végétariennes, simples et pleines de saveurs.

Projet soutenu par Autun Morvan Ecologie (21), Réseau Action Climat - France, Les Amis de la Terre - France, Bourgogne Energies Renouvelables (21), Objectif climat (alsace), GRAINES (42), Yves RICHARD (enseignant-chercheur),Philippe PERRIN (eco-infirmier), effraie.org, réseau de blogs Freemen.

Benka a besoin de votre soutien, qu'il soit technique, financier, par le relais de l'information, ou tout simplement humain.