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mardi 25 février 2014

Au Musée Marmotan - Monet

Les impressionnistes ont laissé une empreinte forte dans l'imaginaire paysager. Les collections particulières recèlent de tableaux entrant dans cette thématique. Le Musée Marmotan - Monet réunit cent œuvres dans une exposition intitulée : Les impressionnistes en privé - Cent chefs-d’œuvre de collections particulières. 
Tous sont présents :  Manet, Monet, Pissaro, Renoir, Cezanne, Degas, Caillebotte, Sisley ...
Il n'y a pas que des paysages, mais avec la peinture impressionniste, tout est paysage.


http://www.marmottan.fr/fr/exposition_en_cours-exposition-2538

Un catalogue est également publié aux éditions HAZAN. Il porte le même nom que l'exposition et est signé Marianne Mathieu, Claire Durand-Ruel Snollaerts et Richard R. Brettell.

jeudi 20 février 2014

Requiem pour Claire G.

Une lumière dans le regard qui s'éteint à 41 ans. Est-ce normal ?
Samedi, Claire Guezenguar a passé la frontière. J'aimais bien ses tournures de phrases, parfois avec des mots crus à prendre au premier degré, souvent à sens multiples et subtils.
Si Claire écrivait des romans, elle avait aussi initié les étudiants de l’École du paysage de Versailles à un certain esprit esthétique. Co-responsable des ateliers artistiques, elle y coordonnait, entre autres, avec Olivier Marty un atelier nommé "Comment emporter le site ?". Elle faisait également partie du comité de rédaction des publications de l’École.
Aujourd'hui la mer veille sur elle, à l'Île-de-Batz.



Pour découvrir son œuvre, malheureusement peu abondante, vous pouvez choisir deux entrées fort différentes : la biographie de Sœur Sourire intitulée Sister Sourire : Journal d'une tragédie est surprenante, ou Ouestern, rempli de l'air de sa Bretagne natale.

"Mon amour, rien ne fut fini.
Un amour frais vint dans un cri
Nous ranimer et nous reprendre. "
(René Char)

samedi 18 juin 2011

Histoire du cadastre

Qu'est ce que c'est, le cadastre ?

C'est la phrase que Jean Gabin prononce dans La Grande Illusion avec un ton pour le moins moqueur. Si vous vous posez la même question, alors il existe un site indispenable pour enrichir votre connaissance.

Histoire du Cadastre Français.


Ce site est un véritable centre de documentation autour du thème du cadastre. L'auteur y aborde le cadastre avant et après la Révolution, les méthodes de lecture des plans cadastraux, des liens vers les cadastres anciens, et il nous fournit l'accès à la plupart des ressources documentaires sur ce sujet... mis à part peut-être la structure du paysage hérité des cadastres. La démarche archéogéographique est absente de cette compilation. Donc, n'utilisez pas ce site comme un lieu qui traite de l'aménagement du territoire mais simplement d'une ressource en "cadastre". Certains liens vers les sites d'histoire du territoire restent assez discutables... mais c'est un autre propos.

mardi 12 avril 2011

CulturesMonde, émissions de Florian Delorme

Une série de quatre émissions de CulturesMonde est consacrées aux cartes avec pour titre : Tout de carte. les invités de la première sont Marie-Françoise Durand, agrégé et responsable de l'atelier de cartographie de Sciences-Po et Jacques Lévy, géographe également enseignant à Sciences-Po.

A télécharger et écouter ici :
http://www.franceculture.com/emission-culturesmonde-tour-de-cartes-14-l-ethique-du-cartographe-2011-04-11.html


Bon à savoir, l'émission de jeudi 14 aura pour invité Gilles A. Timberghien, philosophe, enseignant à Paris I et à l'Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles. Son dernier livre "Finis terrae - imaginaire et imagination cartographique" paru chez Bayard en 2008 est une référence à lire.

dimanche 23 mai 2010

Un Paysan et son Univers, de la guerre au Marché Commun.



Dans le domaine de l'histoire des paysages, et en particulier en Normandie, on ne présente plus les deux caennais Philippe Madeline et Jean-Marc Moriceau. Leurs travaux font toujours d'attentions particulières et chaque nouvel ouvrage de leurs plumes est souvent un vrai plaisir de lecture.
Ils ont choisi de quitter l'histoire moderne pour publier un ouvrage sur le temps contemporain, presque l'actuel, avec la publication d'un essai réalisé à partir des agendas de Pierre Lebugle, paysan cultivateur en Pays d'Auge entre 1941 et 1971 : Un paysan et son univers

Un paysan et son univers de la guerre au marché commun. À travers les agendas de Pierre Lebugle, cultivateur en Pays d'Auge" Sur plus de trente ans (1941-1971), les agendas de Pierre Lebugle, cultivateur au « Village Caillou » en Pays d’Auge, éclairent de l’intérieur un monde rural qui ne cesse de changer. Depuis la haie de sa maison et celles de ses herbages, nous le voyons circuler d’un horizon à l’autre selon ses préoccupations. Nous pouvons reconstituer son univers. La longue période de l’Après-guerre a profondément modifié la vie quotidienne dans les campagnes : de cette révolution agricole « silencieuse », qui a touché nos parents ou grands-parents, voici l’un des représentants les plus modestes, presque un « spectateur » quand on considère la singularité de son parcours. Mais à ce titre il est emblématique de cette majorité silencieuse d’exploitants qui, peu ou prou, se sont maintenus avant de mettre la clé sous la porte. La collection d’agendas qui sert de support à cet essai – et dont une dizaine sont édités ici, du Journal du STO en Allemagne aux débuts de la Ve République – offre une source encore en friche. Or, au-delà des statistiques et des généralités, elle restitue la richesse de l’histoire vécue dans le monde rural bouleversé par la Révolution agricole. Le passage du paysan à l’agriculteur a été le défi des Trente Glorieuses : l’homme du Village Caillou n’a pas cherché à le relever. Mais il a contribué à tisser au jour le jour des liens sociaux qui l’ont facilité.

"Un paysan et son univers de la guerre au marché commun.À travers les agendas de Pierre Lebugle, cultivateur en Pays d'Auge".
Éditions Belin, hors collection, 2010, 432 p.Sortie en librairie le 15 mai.

Je ne me suis pas encore plongé dans cette lecture, mais cela ne saurait tarder. Souvent, cette partie récente de notre histoire fait l'objet de lecture de paysage à partir des plans et cartes mais là, c'est le paysage sensible qui va nous être partager.


vendredi 21 mai 2010

Votre paysage dans l'objectif - en Gironde


Le Conseil Général de la Gironde organise une opération, que je pourrais nommer "étude", qui invite chaque habitant à observer le paysage qu'il regarde.

Ce regard se fait à travers l'envoi d'une photo répondant à la commande "Photographiez le paysage le plus représentatif de votre cadre de vie ". Chaque cliché est accompagné d'un petit questionnaire dans lequel la personne peut donner quelques explications sur le choix du lieu de la photo et des indications classiques sur son âge, sa catégorie socioprofessionnelle...Ces données recueillies sur les représentations paysagères des girondins font l'objet d'une analyse sociologique conduite par le département de sociologie de la faculté de Bordeaux 2 qui permettra d'enrichir la politique du paysage engagée par la collectivité départementale.

Démarche originale, qui rappelle les travaux d'Yves Michelin en région Auvergne, où la prise de photographie reste au choix de l'individu qui pourra ainsi témoigner de son propre ressenti paysager. Chaque "photographe" peut remplir un petit questionnaire pour expliquer son choix et place sa photo sur un site de géoréférencement.

Plus d'informations : http://www.gironde.fr/cg33/jcms/c_29512/votre-paysage-dans-l-objectif

Le site pour "poster" les photos : http://monpaysage.gironde.fr/monPaysage/

Le contact :
Mission Paysage à la Direction de l'Environnement et du Tourisme - 05 56 99 34 72

Le dispositif fonctionne jusqu'au 31 juillet 2010.

jeudi 8 octobre 2009

La Roue de la Vie

"Wheel of life", c'est le titre d'un livre qui va paraitre d'ici quelques jours sous la signature de Richard Shilling. Il est sculpteur, photographe et l'un des acteurs les plus importants du moment dans le Land Art de Grande-Bretagne.

Richard Shilling fait partie de ces sculpteur qui cherchent à n'utiliser que des matériaux naturel pour créer ces sculptures comme la neige, des cailloux, des fruits, des batons et surtout des feuilles. Ce sont souvent plus que de simples objets posés dans la nature, ce sont souvent de véritables ambiances qui sont trouvées. Ambiances éphémères, soufflées par le vent ou emportées par la marée mais capturées par le photographe.

Ses lieux de travail sont essentiellement situés au nord de l'Angleterre, en Lancashire, Cumbria et Yorkshire mais aussi en Scotland et même dans l'Himalaya.

Sur son site, vous pourrez découvrir son travail en détail mais aussi un film qui restitue bien les ambiances de nature dans lesquelles Shilling travaille. Laissez vous prendre par le calme des feuilles.

N'hésitez pas à parcourir son blog
ou son Flickr.

Le livre "Wheel of Life" sera sans doute disponible sur le site de R. Shilling maisaussi sur Blurb.

mardi 6 octobre 2009

Paysage - syntaxe et grammaire

Lors de conférence ou d'enseignement, j'utilise parfois cette comparaison (osée) entre le paysage (du moins de la conception que j'en ai) avec la langue française.
Le fonctionnement me paraît souvent assez semblable.
Une phrase est composée de mots qui pris séparément ont chacun un sens et qui mis en association pour constituer une phrase en prennent un autre. Certains mots de la phrase sont en relation directe avec certains autres mots par des accords, de façon indirecte avec d'autres. Des mots sont invariables, d'autres sont à accorder. La phrase est composée de plusieurs propositions qui se juxtaposent grâce à la ponctuation. Lors de la lecture, les respirations, les intonations fournissent un poids particulier à certains mots, comme des marqueurs, des signaux que l'on souhaite mettre en avant.
Il en est de même du paysage.
Les éléments qui le composent sont en interrelation bien que différents. Certains sont invariables, d'autres s'accordent à leur environnement et aux autres éléments de paysage. Lors d'une composition paysagère, les éléments doivent être conjugués pour respecter les règles de composition ; comme dans une grammaire environnementale et paysagère. Et l'observation du paysage va porter le regard sur tel ou tel attracteur de la vue, alors que certains espaces resterons discrets.
Ce n'est pas un hasard si l'on parle de lecture du paysage, même si il s'agit en général d'une lecture "savante" qui appelle la connaissance des règles de grammaire qui l'organise. La façon d'écrire et de lire peut changer le sens.
Poursuivez cette idée et vous verrez que cette simple métaphore peut aller assez loin.

jeudi 23 avril 2009

Earthscan

Je vous invite à découvrir un éditeur anglais de grand intérêt. Earthscan Limited est installé à Londres et publie depuis une vingtaine d'années des ouvrages sur l'environnement. En France, où le terme de Développement durable occupe le débat, nous savons bien l'ambigüité de ce terme. Le "sustainable development" des anglophones est bien plus claivoyant.

Trois ouvrages de cet éditeurs sont centrés sur ce terme :

"An introduction to sustainable development" par Peter P. Rogers, Kazi F. Jalal et John A. Boyd qui explique clairement tout ce que vous voulez savoir sur le sujet. Un livre pour tous, enseignants ou étudiants, en environnement ou en écologie comme en géographie.







"Understanding su
stainable development" de John Blewitt est un peu plus complexe. Il explique le vocabulaire et donne de nombreux exemples. Il s'adresse aux étudiants mais aussi aux professionnels et consultants du domaine.




"The principles of sustainability" de Simon Fresner retrace l'histoire du concept et de ses mises en oeuvre. Il reprend également dans cette seconde édition les éléments du rapport Stern et examine les modifications dans les comportements des états durant les cinq dernières années.




Pour trouver ces ouvrages, c'est surt le site de l'éditeur : www.earthscan.co.uk
Et sur ce site, vous pourrez découvrir plein d'autres choses, y compris des conférences et des informations.

mercredi 25 mars 2009

Annonce bibliographique

Depuis plusieurs mois, j'ai engrangé des notes de lectures et des références bibliographiques d'intérêt concernant le paysage sous toutes ses formes. Je vais vous en faire durant les prochaines ... semaines.

Quelques titres :
Agricultures méditerranéennes, de Louis ALBERTINI
Guide de lecture des cartes anciennes, de Sandrine ROBERT et Laurent COSTA
Des châteaux et des sources, mélanges en l'honneur de Anne-Marie Flambart-Héricher
Les usages des cartes, de Isabelle LABOULAIS
...

A suivre (c'était le teasing du jour !) ;-)

jeudi 20 novembre 2008

Au fil de la Normandie

Ce titre est celui d'une revue encore assez peu connue dans notre région alors qu'elle est ciblée sur le territoire normand, Haute et Basse Normandie. Cette revue trimestrielle est éditée par le Groupe Corlet, éditeur et imprimeur implanté à Condé-sur-Noireau.
"Au fil de la Normandie" fait la part belle à la photographie. Dans le dernier opus, le 19° numéro qui couvre la période septembre-octobre-novembre 2008, un important dossier est consacré à la forêt normande. Avec un parcours thématique, les cinq départements normands sont évoqués. Le dossier a été réalisé (textes et photos) par Jean-Michel Leligny.

Un second dossier nous présente la Baie des Veys, près de Carentan, où finissent l'Aure et la Vire. Ces terres hésitent encore entre terre et mer, et la réserve naturelle de Beauguillot y héberge 1800 espèces vivantes sous le haute surveillance de son conservateur Jean-François Elder. Cet espace préservé est un dortoir privilégié de chauves-souris, et au milieu de nombreux végétaux assez communs se trouvent quelques raretés.

C'est le cas, par exemple, du troscart des marais (triglochin palustris) plante réputée toxique pour les bovins et les ovins, provoquant des problèmes respiratoires.

Il y a d'autres reportages et découvertes à faire à la lecture de cette revue "Au fil de la Normandie".

vendredi 14 novembre 2008

Sur l'agenda

Quels territoires pour quelles identités ?

C'est la question que nous pose l'équipe des organisateurs des Cafés Géographiques Rouennais. L'interrogation est à forte connotation "culturelle" car il faudra sans doute commencer par comprendre la relation qui peut exister entre les identités locales et le territoire concerné. Qu'est-ce donc que l'identité territoriale ?
Ces identités sont souvent clairement identifiées dans les logiques de "pays", comme le pays de Caux ou le pays de Bray. Je parle bien entendu des pays de l'ancien régime. Nos pays actuels, où s'établissent des "contrats de pays" pour le développement et l'animation des territoires concernés sont souvent des simples constructions administratives. On peut évoquer ce pays des hautes falaises, concept totalement lié à l'action de développement du tourisme.

Nos identités personnelles sont- elles à mettre en relation à des attachements territoriaux, l'appartenance à un territoire d'origine ou de résidence ? Pouvons-nous crééer une nouvelle identité en construisant un territoire ? La géographie qualifie, caractérise, trace des contours à des territoire. Le fait-elle en tenant compte des identités de ceux qui y vivent, de l'identité propre qui y est attachée ?

Voici les questionnements qui peuvent apparaitre lors de cette soirée.

Rendez-vous
Mercredi 19 novembre
18 h 30 au "JM'S café",
2 place du Vieux Marché, Rouen


Les intervenants seront :
France GUERIN-PACE, géographe et directeure de l'Institut National d'Etudes Démographiques (INED),
Elena FILIPPOVA, anthropologue et directeure de recherche à l'Institut d'Ethnologie et d'Anthropologie de l'Académie des Sciences de Russie,
Yves GUERMOND, professeur émérite des Universités en Géographie, et bien connu de nombreux normands.

Les trois chercheurs présents sont les auteurs (avec quelques autres spécialistes) d'un livre consacré au sujet : "Ces lieux qui nous habitent", un intéressant essai publié aux éditions de l'Aube.


Qu’est-ce qui fonde le sentiment d’appartenance à un territoire? Comment et pourquoi les individus investissent-ils plus certains lieux que d’autres? Pourquoi certains territoires sont-ils davantage porteurs d’identité, assignant parfois même une identité à l’insu des personnes?
C’est l’ensemble de ces questions, et plus largement la relation entre identités et territoires, que cet ouvrage tente d’éclairer par une démarche pluridisciplinaire, à travers des contributions de géographes, démographes, sociologues, anthropologues et historiens. Il aborde des terrains socioculturels très contrastés, envisagés à différentes échelles géographiques.
Dans un contexte de mondialisation où l’individu se définit par des appartenances multiples et s’affranchit progressivement des contraintes de l’«espace-temps», ce livre permet de mieux comprendre comment le territoire demeure une modalité d’identification qui fait sens dans la définition de soi.



Des informations supplémentaires sur ce café géo sont disponibles sur http://www.georouen.org/spip.php?article253
Vous pouvez aussi charger l'affiche qui annonce le débat.

vendredi 3 octobre 2008

Savoir vivre pleinement le temps présent

C'est bien l'un des mots de notre temps de vouloir toujours être dans la prospective ou dans le passé.
Mais notre société n'est pas dans n'importe quelle démarche prospective.
Elle aime voir un avenir qui fait peur. Le pus bel exemple est donné par les médias qui sont toujours là pour ne redire les catastrophes prévisibles, naturelles ou économiques, que l'on pourrait éviter ... si on voulait, ou que la nature va nous imposer.
Elle est aussi dans la prospective idéaliste. Celle des missions vers Mars qui vont résoudre nos problèmes énergétiques, celles des immeubles futuristes qui vont créer de nouvelles dimensions sociales au Moyen Orient comme à Paris.
Cette prospective est celle des clichés, des a-priori, du bling-bling (!).

Mais nous vivions aussi, bien souvent dans le passé. Et c'est celui du merveilleux qui surgit dans les superbes émissions de France 3, des grandes découvertes archéologiques qui nous redisent les âges farouches (si, si ceux de Rahan et de ses copains), par les belles dames du temps jadis que nous racontent la presse.
Le passé est aussi celui de la proximité, et cela depuis bien moins longtemps. Ce passé de nos famille et de nos village, petits métiers, gens de peu et vie quotidienne, si chère à Jean-Louis Beaucarnot.

Et entre les deux. Quand faisons nous le lien entre passé et futur ? Les médias nous abreuvent de récits du passé, d'informations sur le présent et parfois de projection vers des lendemains qui ne chante pas toujours ; mais jamais les médias ne prennent le temps de nous expliquer comment la connaissance du passé et les évolutions observées nous on conduit jusqu'à aujourd'hui. Et comment cette connaissance pourra nous aider à préparer l'avenir.
Ce sont alors les plus petits évènements comme les faits les plus marquants de notre monde qui peuvent être essentiels.

Voilà le vrai sens, selon moi, de l'expression vivre le temps présent. Le comprendre dans ce qui le constitue, par ce qui lui permet d'exister. Il ne s'agit pas de regarder derrière soi pour avoir des regrets et des remords mais de construire devant soi avec ce que l'on est et en pleine conscience d'où l'on vient.
Je prend souvent l'exemple des "pas japonais", ces pavés qui nous permettent de traverser les pelouses de jardins. Les pavés sur lesquels j'ai marché, je les prend et les réagence selon une autre organisation, j'y ajoute de nouvelles formes, de nouvelles matières, de nouveaux pavés... et avec cela je fabrique l'avenir.

Et pour savoir dans "quel temps" nous vivons, lisez, ou relisez "L'Esprit du Temps" d'Edgar Morin. C'est sans doute l'un des ouvrages les plus novateurs du XXe siècle.

vendredi 2 mai 2008

Le Paysage pour les débutants - 6

L'étude de paysage passe forcément par une étape de lecture visuelle, de description de ce que l'on voit (objet d'un ou plusieurs futurs messages).
Mais cette étude passe aussi par le report graphique de ce que l'on voit (sujet dont on reparlera aussi dans cette rublique).

Ce report peut se faire de multiples façons : un dessin au crayon, une aquarelle ... la superposition sur une carte. Bien souvent, la carte IGN au 1/25.000e est utilisée

Une option facile vient d'apparaitre pour les reports sur de petite surface. L'échelle du cadastre est maintenant utilisable. Le cadastre numérisé est en ligne.
Le site est encore en version Béta mais il fonctionne plutôt bien.
http://www.cadastre.gouv.fr/scpc/rechercherPlan.do#



Découvrez le ! Pour certaines communes, les feuilles de sections sont assemblées et il est possible de passer d'un section à l'autre simplement en faisant glisser l'image. Pour d'autres, les feuilles sont numérisées indépendamment du tableau d'assemblage.
La recherche se fait par département, nom de commune, lieu-dit, adresse, code postal. Le zoom permet d'aller de la vision communale ou détail d'une parcelle unique.






Les outils avancés permettent de s'informer sur les parcelles contenues dans un polygone ou un cercle ; de choisir son mode d'impression ; de mesurer des distances, des périmètres, des surfaces, un gisement ; de dessiner sur le fond cadastral ; et enfin de créer un fichier de points (n°, x, y) en fichier texte ASCI que vous pourrez entrer dans un tableur ou une table pour ArcView.


Un site absolument indispensable et à placer dans vos signets.


Quelques exemples ci-dessous sur la ville de Rouen et l'église Saint-Paul.

Les sections avec leurs noms apparaissent à partir d'un certain grossissement. Si on décide de forcer encore le grossissement, les parcelles deviennent visibles, puis leur numéros et les adresse sur voirie.

















La parcelle de l'église Saint-Paul a été cernée d'un polygone. Vous remarquerez que tous les éléments cadastraux sont présents (limites de parcelles, bâtis, appentis, bord de voie ...). Le périmètre de la parcelle choisie est de 209,87 mètres. Ces données sont indicatives et ne peuvent en aucun cas être opposables. Attention de tracer le périmètre à une échelle suffisante pour bien placer les points tout en ayant toute la parcelle visible.


















Ci-dessous, voici un ajout de texte en rouge sur le même extrait. Il n'y a plus qu'à imprimer.




Par contre pour obtenir la feuille complète, il faudra payer. Les extraits obligent une limitation de l'espace choisi en relation avec l'échelle et la précision de lecture. Plus le périmètre à observer est large, moins vous aurez de détails.



Une site extra qui ne fera sans doute que de s'améliorer. Les détails du fonctionnement du site sont dans la page d'aide accessible par l'accueil du site. La Direction Générale des Impôts sera remercier sur ce coup là ;-))

mercredi 12 septembre 2007

Théodore Monod et Francis Thompson

« Quand on cueille une fleur, on dérange une étoile. »

Attribué à Théodore Monod, mais extraite d'un poème de Thompson, j'ai entendu cette phrase a plusieurs reprises et je prends aujourd'hui conscience de sa relation avec le paysage.

Le parcellaire est un constituant éminemment stable de la structure du paysage, les corridors écologiques et les structures du paysages végétal forment un équilibre qui supporte mal les modifications, la chaine trophique d'un milieu constitue un équilibre souvent précaire dès que l'homme intervient, la notion de "climax" (souvent remise en cause) sous-entend un équilibre qui ne sera que temporaire ou jamais atteint... alors ...

Sommes-nous en mesure de prendre la décision de rompre ou de maintenir cet équilibre ?

En replaçant la phrase dans le poème dont elle est issue, le sens devient encore plus criant. Et à la suite de Gilles Jobin, je vous renvoie vers la phrase de Christian Bobin, dans L'Équilibriste. Il nous dit : « Pour lire un roman, il faut deux ou trois heures. Pour lire un poème, il faut une vie entière. » Et ce poème là pourrait bien être un chemin de vie.

When to the new eyes of thee
All things by immortal power,
Near or far,
Hiddenly
To each other linked are,
That thou canst not stir a flower
Without troubling of a star.



Un texte merveilleux dont vous pourrez découvrir l'intégralité ici.



lundi 20 août 2007

Paysage de l'Eau

Le 13 janvier dernier a eu lieu à Castrovillari (Parc National de Pollino - Italie du sud) un workshop sur "les Paysages de l'Eau", et dans ce cadre, Odile Jacquemin présentait l'expérience des atelier de paysage en littoral varois.
La lecture du paysage choisie se fait fait par le chemin de l'eau ; "rivière ou canal sont des entrées pour s'intéresser aux notions d'hydrologie, de topographie et d'écologie".

Sa démarche est fondamentalement multiscalaire et intègre le temps : "Comprendre les modes de changements est une nécessité. L'histoire du paysage renvoie au changement et à la conscience de l'histoire. ... La compréhension des différentes échelles spatiales permet de situer les connaissances dans le contexte européen et l'approche globale de lier histoire de l'art, histoire des jardins, politiques et droits ...".


En fait, Odile Jacquemin a une conception du paysage très liée à un itinéraire culturel, comme elle le dit elle-même, mais ce n'est pas que "la somme un peu ennuyeuse des histoires des lieux juxtaposés", l'histoire locale devient outil de développement local, et l'évocation des liens permet de dépasser un simple état des lieux.

Le résumé de la thèse d'Odile Jacquemin est disponible sur le site de MALTAE dont je vous invite à découvrir les activités. Elle est architecte, urbaniste et historienne du paysage.

vendredi 13 juillet 2007

Paysage en morceaux

Avec l'oeil, l'homme appréhende un paysage ; il le voit, il le contemple et il voyage à l'intérieur par la pensée.
Mais l'oeil ne suffit pas pour comprendre de quoi le paysage est fait, ce qu'il nous donne à voir.
Pour cela, il faut entrer dans le domaine de l'analyse. Et la plus simple façon d'analyser quelque chose, c'est de le segmenter, de le découper, de l'ouvrir, de le disséquer.

Chacune des disciplines qui s'y intéresse tente de faire du paysage un assemblage de parties plus petites qu'elles pourront mieux cerner. Puis, elles proposeront de rentrer davantage dans le détail en créer d'autres subdivisions.
On va ainsi trouver de nombreuses dénominations pour ces portions de l'espace, scène ou image, vues suivant les "chercheurs ou artisans".
Par exemple, et en vrac : segment, fragment, élément, vue, géon, entité, unité, écosystème, hoplexol, pavé, système, matrice, parcelle, constituant ... et j'en passe.
La différence entre Entité Paysagère (expression inventé par Bernard Lassus en 1991) et Unité Paysagère est particulièrement subtile. Selon Yves Luginbuhl, la différence repose sur la présence, la forme ou l'organisation de caractères : relief, hydrographie, occupation du sol, forme d'habitat, végétation. Subtilité !!!







Mais quelle est la relation avec les mots de la vie ? Les mots utilisés par ceux qui vivent dans le paysage observé peuvent être différent des mots utilisés par le savant. Mais dans ce cas, il n'est pas encore le "sachant" car il ignore les vrais mots.

Certains diront qu'il s'agit d'un autre niveau de lecture... et ils auront raison. Mais doit-on passer cette dichotomie sous silence ? Non. Elle pourrait même s'avérer constructrice.

Apprendre à associer les "mots des vivants" avec les éléments constituants du paysage, c'est déjà mettre en relation deux démarches : celle de l'analyste et celle de l'enquêteur... ou plus franchement dit, celle du paysagiste et celle du chercheur en sciences humaines, qu'il soit ethnologue, sociologue, archéologue ou historien du paysage.

Un pas à franchir entre disciplines qui a déjà été effectué par certains d'entre nous (ils se reconnaîtront ;-) ).
Et cela est, il me semble, porteur d'espoir. Non seulement pour l'analyse et la compréhension des paysages, mais aussi pour un aménagement du paysage raisonné. Chercher à utiliser en même temps la géographie physique, la géographie humaine, l'écologie, l'histoire, ...pour comprendre un (son) paysage est un défi plaisant à relever.

vendredi 29 juin 2007

Construire du paysage ?

Voilà bien une expression que j'ai souvent trouvée dans des discours, communications de colloques et différents textes.
En particulier, l'agriculteur, le paysan est souvent considéré comme le premier constructeur du paysage, inconscient de sa construction. C'est surtout le reflet d'un fait récurent : la perception du paysage est difficile pour celui qui y vit. Peut-on être à la fois acteur et observateur du paysage ?
En cherchant à généraliser la question sur l'agriculteur à d'autres formes d'acteurs ou de personnes présentes à la construction comme à l'observation (ou à l'absence de celle-ci), il serait bon de s'interroger sur le conducteur de travaux publics qui construit une route et qui en est aussi l'usager. Peut-il, lorsqu'il l'emprunte, y observer le paysage que sa "création routière" donne à voir ?
Et c'est la même chose pour le paysagiste. Peut-il créer du paysage si il est amener à y vivre ? Peut-on être paysagiste dans sa commune ? ... et être prophète en son pays en matière de paysage, en quelque sorte.
C'est sur cette question que je vous laisse pour le week-end.

dimanche 24 juin 2007

Le pourquoi ?

Le principe même d'un blog est de maintenir un certain mystère, un manière de teasing, qui invite le lecteur à revenir régulièrement sur le site dans l'espoir de découvrir des nouvelles.
Mais ce site ne peut pas être assimilé à un blog de type journal intime.
Il doit plutôt être considéré comme un lieu où les informations sont là, données gratuitement pour tous ceux qui sont intéressés par les paysages.
Après un mois d'utilisation, je pense que le rythme de 3 messages par semaine est raisonnable. mais il est possible que certaines semaines soient plus remplies.
Vous aurez compris que les principaux sujets sont, et seront, liés aux techniques d'analyse, à l'art paysager, à diverses sources (revues, livres, articles), à des expositions ou manifestations, ...
Et aussi à une approche idéologique très écologique invitant à réfléchir sur les phénomènes de croissance et décroissance. Car le paysage dépend fondamentalement de l'empreinte que nous y laissons, en particulier, la fameuse empreinte écologique.
Mais il n'est pas question pour moi de considérer le paysage comme quelque chose de figé, d'inamovible. Il doit évoluer, au contraire, pour s'adapter à nos modes de vies en perpétuel changement. En aucun cas, il ne doit cependant évoluer en brisant les équilibres fondamentaux qui permettent la survie des fonctionnalités écologiques en terme d'habitat des communautés faunistiques et floristiques.
Il est tout aussi important de ne pas choisir la patrimonialisation paysagère si une autre démarche est possible. A quoi servirai un paysage-musée si plus personne n'y vit ?
Un paysage est avant tout un lieu de vie, il est lui-même vivant.
Qu'il soit écoumène, anthroposystème ou complexe naturel évoluant vers le climax ; le paysage est avant tout un regard sur le monde où nous vivons, porté par celui qui observe, selon la théorie du "point de vue".
Mais le paysage est aussi un regard que nous portons sur nous-mêmes. Si nous y voyons des lieux de vies et de pratiques sociales, ou des constructions techniques de l'homme industrieux, ou encore une expression de la volonté humaine de marquer l'espace, ou enfin un échange entre homme - animaux - végétaux ; notre paysage sera différent. Et il fournira autant d'informations sur celui qui l'analyse que sur le paysage observé.
L'analyse d'un paysage par un historien nous donne-t-elle une lecture du paysage selon un "point de vue" ou une vision de la pratique disciplinaire et épistémologique ?
Face au paysage, chacune des disciplines qui s'y intéresse devra faire l'objet d'une véritable interrogation sur elle-même.

Voilà quelques idées, un peu en vrac, qui me pousse à poursuivre cette expérience de blog. Mais sachez que vous pouvez aussi y contribuer. Par les commentaires bien entendu, mais aussi en m'adressant un message pour évoquer un sujet ou une information que vous voulez voir figurer ici.

Donc à très bientôt...

dimanche 27 mai 2007

Lire le Paysage - 1

Lorsque quelqu'un de mes relation apprend que je m'interroge à propos du paysage, de son sens, de son histoire, de son utilité sociale... et j'en passe ; l'une des premières questions qu'il me pose est : Comment fait-on pour comprendre un paysage ?
Et invariablement, ma réponse est la même. Comprendre un paysage veut dire : savoir comment il fonctionne. et un paysage ne fonctionne que si il a une histoire, un présent et un avenir. On pourrait aussi dire que pour comprendre un paysage (grand ou petit) il faut :
1 - savoir d'où il vient et donc comment il a été construit, transformé, habité... et par qui.
2 - le regarder vivre et fonctionner aujourd'hui avec ses acteurs, ses organisateurs, et sans les absents qui pourraient le faire vivre autrement.
3 - espérer son devenir dans une démarche prospective, et donc forcément sur des bases de réflexion "scientifiques" avec des scénarios intégrant données végétales, faunistiques, humaines et artistiques.
Oui, j'ai bien dit "artistiques" car le paysage n'est pas que ce que l'on regarde et dans lequel vivent plantes, hommes et animaux. Il est aussi un espace de création, quelle soit controlée, programmée, ou spontanée, auto-organisée.

Comprendre le paysage, c'est aussi trouver sa propre place sur le fil du temps de l'espace concerné, dans son évolution, sa dynamique. Oui, le paysage est avant tout Dynamique.
Et quel dommage de voir la sensibilisation au paysage(s) en milieu scolaire réduit à ceci :
1/ observer et décrire
2/ analyser et confronter
3/ synthèse.
Cette démarche, très géographique (normal car elle prend place dans le cours de géographie) est très restrictive et ne laisse pas le champ de l'imaginaire pour l'élève. Comment pourrait-il un jour devenir paysagiste, ou simplement jardinier ?
Il faut alors l'intervention d'un enseignant très motivé, et faisant preuve d'une grande sensibilité paysagère pour dépasser le stade de l'analyse superficielle.
Comment trouver le bon chemin entre Pays et Paysage, Lecture sensible et Artialisation, Intérêt patrimonial et Patrimonialisation figée, Lire le paysage et Vivre le paysage.

Autant de discipline, autant de démarche qui demandent à être associées pour participer à la compréhension des dynamiques paysagères : sciences dures, sciences de la vie et de la terre, sciences de l'homme et de la société... toutes ont leur place dans notre compréhension de ce paysage que l'on ne fait pas regarder.