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dimanche 2 novembre 2014

Décrire la biodiversité - Démarche participative

Dans un article paru dans la Lettre de l'OCIM (Office de Coopération et d'Information Muséales), Gilles Bœuf, Yves-Marie Allain et Michel Bouvier font un résumé du rapport qu'ils ont rendu au gouvernement sur l'apport des sciences participatives dans l'étude de la biodiversité. L'article initial paru en 2012 vient d'être mis en ligne gratuitement sur le site de Revue.org, en Open Edition. 
Par cet article, vous pourrez découvrir en quoi chacun peut devenir un veilleur de la biodiversité, de notre proximité, et aider la travail d'inventaire réalisé normalement par des scientifiques aguerris.
L'article intitulé : "L'apport des sciences participatives à la connaissance de la biodiversité en France" évoque la reconnaissance progressive par la communauté scientifique de cette méthode, y compris validée aujourd'hui par un article dans le revue internationale PlusOne.
Vous apprendrez ainsi le rôle que vous pourriez jouer simplement en observant le territoire autour de vous. En fait, en étudiant les éléments qui composent votre paysage ordinaire. C'est une façon simple de faire scientifique.
Une seule question se pose : Pourquoi pas vous ?


Crédit photo : © Agence Sirius

dimanche 13 avril 2014

Le plateau continental de Bretagne sud

La géographie s'associe à la géologie pour penser les paysages du passé. Ce pourrait être assez classique mais ces types de travaux sont suffisamment rares pour être remarqués. Les démarches rétrospectives ne sont pas toujours bien comprises et sont souvent sujettes à caution. Oui, les géographes et les géologues ne sont pas des historiens mais si ils apprennent à utiliser les outils intellectuels des historiens (sens critique, analyse des sources, confrontation des données de provenances diverses, lecture des héritages) ils peuvent tenter ce type de restitution. David Menier, Cécile Briend et Claude Augris ont coordonnés cet atlas très particulier : "Les réseaux fluviatiles anciens du plateau continental de Bretagne sud".



Il s'agit en fait d'un travail de cartographie géologique montrant les phases d'inondation, de montée et de recul de la mer. Cela permet de mettre en évidence les avalées sous-marines, prolongées parfois par des vallées terrestres actives aujourd'hui. Plus qu'une carte géologique avec sa notice, c'est un véritable récit paysager qui est offert.
Certes, les addicts aux travaux de paysagistes retro-prospectivistes seront un peu déçus mais la méthode est là. Ca manque un peu de verdure ... héhéhé,  mais le sérieux des chercheurs qui ont œuvrés ici ne fait pas de doute.
La même équipe (en particuliers C. Augris) a déjà publié d'autres travaux sur les environs de Lannion et sur le Pays Basque.
Encore un bel ouvrage aux Editions QUAE - 30 €

Un ouvrage sur la Baie de Seine, et les vallées fossiles qui la parcours serait bien venu. Mais le travail est de taille.

mardi 18 mars 2014

Colloque à Bruxelles (ULB)

Il semble que les colloques, séminaires et autres rencontres touchant à la question du paysage soient particulièrement nombreuses en 2014.
Le mois prochain (28 et 29 avril 2014), se tiendra en Belgique à l'Université Libre de Bruxelles (ULB), un colloque dont le sujet est "Concilier expertise scientifique et participation : le défi posé par la Convention Européenne du Paysage".
Les interventions durant ce colloque seront de trois natures : conférences, communications et posters. Les conférenciers sont bien connus du monde de la recherche en paysage. Ils sont au nombre de 3 (Ingrid Sarlöv Herlin, Marc Antrop et Yves Luginbuhl) et leur présentation respective ouvre chacune une session du colloque. Les intervenants dont les communications (27) ont été retenues, tout comme ceux présentant des posters (24), viennent d'horizons assez diversifiés (institutions administratives de gestion du paysage, universités, centres de recherche, écoles d'architecture ou du paysage) comme il est d'usage dans ce genre de rencontre. Diverses nationalités sont présentes même si la liste en reste très limitée (France, Belgique, Italie, Norvège et Suède). Les dominantes, dans les sujets abordées, sont les politiques publiques de paysage avec sa part d'interaction entre réglementation et action, et la participation des habitants à la construction intellectuelle des paysages dans lesquels ils vivent. On s'étonnera que bien peu de paysagistes soient présents pour parler de leurs expériences et on pourra légitimement s'inquiéter de la part importante que l'ingénierie et le pouvoir décisionnel risquent d'occuper. La relation entre approche sensible et compilation des connaissances techniques et factuelles sera peut-être présente dans quelques communications mais restera sans doute marginale. Le besoin d'une démarche multiscalaire faisant passer le chercheurs de l'élément de paysage à la structure paysagère, puis à des concepts plus larges comme les unités ou les entités de paysage est présente dans quelques communications (Visualizing and sharing successes in landscape transformations: some Italian examples / La construction de l’objectivité des structures paysagères). Mais tout cela semble bien conventionnel malgré l'aspect choc de quelques titres (Le droit du paysage étouffe-t-il les expertises citoyennes ? / Inversez le système !).

Ci-dessous, l'annonce complète de ce colloque en français puis en anglais :

L'Institut de Gestion de l'Environnement et d'Aménagement du Territoire – ULB (avec l'appui du département d'histoire-UNamur et de la Conférence Permanente du Développement Territorial) organise les 28 et 29 avril 2014 un colloque portant sur :

« Concilier expertise scientifique et participation : le défi posé par la Convention  européenne du paysage »
à l'Université Libre de Bruxelles (Belgique).
Vous trouverez ci-joint copie du  programme consultable et régulièrement mis à jour sur le site internet du colloque : http://igeat.ulb.ac.be/fr/elc2014.
Vous pouvez vous inscrire via ce site. L’inscription est obligatoire pour participer au colloque (tarifs : 2 jours : 100 € ; 1 jour : 70 € ; gratis pour les étudiants).
Plus d'information:
-          programme :  http://igeat.ulb.ac.be/fr/colloque-cep-2014/programme/
-          informations pratiques : http://igeat.ulb.ac.be/fr/colloque-cep-2014/infos/

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On behalf of the Institute for Environmental Management and Land-use Planning (IGEAT-ULB), with the support of the History Department (UNmur) and the Standing Conference on Territorial Development (CPDT), we are pleased to invite you to Brussels for a Conference on:
“Combining scientific expertise with participation: the challenge of the European landscape convention”
from 28-29 April 2014 at the Université Libre de Bruxelles (ULB), Brussels-Belgium.
Please find attached the programme which is available and regularly updated on the conference website (http://igeat.ulb.ac.be/en/elc2014).
Registration is open on the website and is required to attend the conference (registration fee: 2 days: 100 ; 1 day: 70 ; free for students).
More details:
-          information: (conference venue, to travel and to stay in Brussels): http://igeat.ulb.ac.be/en/conference-elc-2014/infos/

samedi 28 avril 2012

Water ressources and wetlands

"Water ressources and wetlands", c'est le thème du colloque internationale organisé par la société romaine de limnologie (Romanian Limnogeographical Association - RLGA) en collaboration avec les deux organismes scientifiques intervenant dans le delta du Danube (Danube Delta Biosphere Reserve Authority (DDBRA) et Danube Delta National Institute for Research and Development (DDNIRD).
Ce colloque se tiendra du 14 au 16 septembre 2012 à l'hôtel Delta de Tulcea, au bord du danube en plein centre ville. C'est au pied de cet hôtel que partent les bateaux qui vous embarquent pour un ou deux jours à la découverte de la merveilleuse nature du delta mais aussi des populations qui y vivent.
Les objectifs de cette rencontre sont très variés et de nombreux chercheurs européens seront concernés : géomorphologues, hydrologues, botanistes, climatologues,  gestionnaires, archéologues ...


Voici le texte de l'invitation. Pour en savoir plus, il vous faudra aller sur le site :
http://www.limnology.ro/water%20and%20wetlands%202012.html

 
The objectives of this conference are based on the need to integrate various approaches and angles in the research of inland and sea waters in order to establish sustainable ways of solving present and future problems generated by the ever more intensive use of water resources for human activities. The goal is to offer participants a meeting place where experience and knowledge can be shared and exchanged, whether they are researchers, private companies or government institutions (central or local), in order to come up with solutions for the issues facing each of these stakeholders.
The scientific subjects which will be addressed cover a wide area of interest ranging from the study of the behavior of inland waters (groundwaters, rivers, lakes and man-made reservoirs) and coastal sea waters to the analysis of the degree to which these resources have been affected in terms of quality due to human intervention and present climate changes.
We have also scheduled workshops that will host discussions regarding the impact of various pollutants on deltaic environments and coastal waters.
Another section of the conference will focus on the integrated management of river basins and water bodies aimed at conserving and improving the quality of water resources in the wider context of national and regional policies and legislation.
The field trips in the Danube Delta, which is one of the largest European wetlands known for its biodiversity and unique habitats, protected under the administration of the Danube Delta Biosphere Reserve Authority (DDBRA), will contribute to a better understanding of the management of such a reserve. Furthermore, the fragile deltaic front to the Black Sea, notable for the active processes of abrasion and alluvium accumulation may be of great interest to researchers.
 
 


lundi 27 février 2012

Paysage chinois vers -300 millions d'années

Le site de Wuda, une gigantesque éruption volcanique a figé la végétation du Permien. Les éléments projetés par le volcan ont, comme bien plus proche de nous à Pompei ou à Herculanum, enseveli sur place les organismes vivants. Les grandes fougères arborescentes devaient recouvrir majoritairement ce vaste territoire d'une île de la Pangée, unique continent dans l'océan Thetis jusque vers - 220 millions d'années.
Ce n'est pas la première fois que la science nous permet d'évoquer le paysage de périodes aussi reculées dans le temps, mais c'est un fait nouveau de pouvoir envisager les écosystèmes car les végétaux sont ici restés à leur place les uns par rapport aux autres.

Voici quelques images des végétaux découverts.



Lien vers l'article de PNAS (porceedings de l'Académie des Sciences des Etats-Unis) : http://www.pnas.org/content/early/2012/02/14/1115076109

mercredi 26 octobre 2011

Paysage remarquable en Haute-Normandie - 2


Les vasières de l'estuaire de la Seine forment un milieu peu accessible pour celui qui n'ose pas s'y aventurer. C'est pourtant la garantie de découvrir des paysages exceptionnels.
Le paysage de vasières est composite dès que le détail de ces éléments apparait : schorre et slikke, roselières, prairies humides, sans oublier la présence de l'eau.
Les 8.500 hectares de la réserve naturelle de l'estuaire de la Seine forment un espace exceptionnel en rive nord du fleuve autour du pont de Normandie... et le paysage le plus extraordinaire, c'est du pont que vous pourrez le découvrir. En accedant au pied de la pile nord du pont, vous pourrez ensuite suivre un chemin piéton qui vous mènera sur un point de vue vers les vasières

Mais cette vasière n'est pas que bonheur et satisfaction, c'est aussi combats pour sa protection, difficultés de gestion et suivi de son évolution ... car ce milieu évolue comme tous les milieux. Et il participe aussi à des activités humaines variées et parfois peu compatibles : visites nature, chasse au gibier d'eau (gabions), coupes des roseaux ... La vasière est au centre de l'action de nombreux groupes dont les groupes d'Europe Ecologie les Verts de Normandie, mais aussi de la LPO, de la Maison de l'Estuaire et au coeur du travail de nombreux universitaires. Vous trouverez de nombreuses informations à ce sujet sur le site du Groupement d'Intérêt Public Seine Aval et sur celui de la Maison de l'Estuaire.

Pour ma part, je dois avouer que ma connaissance de l'estuaire serait presque nulle si je n'avais un jour rencontré Christophe Bessineton. L'estuaire lui doit beaucoup.




La grande vasière de l'estuaire de la Seine, typologie et cartographie publié par la Société Géologique de Normandie et des Amis du Museum du Havre ( T 88, fasc 1, 2001).

mercredi 25 mai 2011

AARG in Poznan


Every year, the Aerial Archaeological Research Group organize a congress about rechearch in such specific domains.
It's an opportunity to meet aerial photographer, archaeologist in spatial organisation, users of satellite pictures, LIDAR users, and so on. This european congres is also a place to confront the point of view beetween colleagues of different european countries.
Next time is in POZNAN (Pologne) in september.
You can find more informations at :
http://www.univie.ac.at/aarg/php/cms/

or on the specific web site
http://www.archeo.amu.edu.pl/aarg-earsel/

Different sessions are proposed :

And you can download the second call for papers here.

lundi 29 novembre 2010

La paysage du blé

Sur une surface totale de près de 10 millions d'hectares cultivés en céréales en France, la moitié est ensemencée en blé, essentiellement des variétés Apache et Caphorn. La diversité, même au sein des variétés reconnues au catalogue français des variétés végétales cultivées, reste limitées. En fait, plus de 250 variétés de blé tendre et 56 variétés de blé dur sont disponibles. Mais cette année pourrait bien marqué un changement. En effet, en 2010, la récolte a confirmé la stagnation des rendements, alors que ceux-ci étaient en hausse quasi constante de puis 1950. Cette stagnation est amorcé depuis 1995.



En fait, le réchauffement climatique serait en cause. Les études rendues par Arvalis et l'Inra ont démontré que ni les maladies, ni l'origine des semences, ni la qualité des engrais n'étaient responsables. Les études de températures depuis 1955 montre une corrélation entre chaleur et baisse du rendement. Les fins de printemps de plus en plus sèches en moyenne induisent un stress. L'effet en est empiré par les échaudages thermiques, courtes périodes de fortes chaleurs qui bloque le remplissage des grains et font baisser la productivité. On attendait un effet bénéfique du réchauffement sur la photosynthèse du blé par l'aspect dopant du taux de CO2.
Si cette analyse est bonne, la campagne française est en train de changer doucement sous nos yeux, même si pour le moment les régions Bretagne et Picardie semblent épargnées. La Normandie tient un rôle particulier avec une hausse de ses productions en continue depuis 15 ans et les surfaces en céréales panifiables multipliées par 4.

Et en poussant le regard à l'étranger, l'Afrique du Nord est passée au blé dur.

cliché INRA (Institut National de Recherche Agronomique)


Quelques références :
http://www.campagnesetenvironnement.fr/le-rechauffement-facteur-du-plafonnement-des-3751.html

http://www.paysan-breton.fr/article/11176/ble--une-etude-menee-par-l%92inra-et-arvalis.html

http://www.semencemag.fr/ble-climat-cereales.html

http://marchedescereales.over-blog.com/article-le-ble-prend-un-coup-de-chaud-55068918.html

lundi 23 août 2010

Erosion modélisée

Les processus d'érosion sont indissociables de la construction de nos paysages. Je vous propose de découvrir les très belles modélisations des principes fondamentaux de l'érosion hydraulique. L'animation fait partie d'une projet de recherche du laboratoire en mathématique appliquée Jean Kuntzmann. Même si des problèmes de proportions d'échelles existent, l'aspect volontairement artistique des présentations les rend plus aisément compréhensibles.

Vous pouvez voir le site de l'équipe avec la publication de référence
http://www-ljk.imag.fr/Publications/Basilic/com.lmc.publi.PUBLI_Inproceedings@117681e94b6_fff75c/index_en.html

ou simplement visionner le petit film sur YouTube.
http://www.youtube.com/watch#!v=9kLoZShDr0o&feature=related

vendredi 21 mai 2010

Votre paysage dans l'objectif - en Gironde


Le Conseil Général de la Gironde organise une opération, que je pourrais nommer "étude", qui invite chaque habitant à observer le paysage qu'il regarde.

Ce regard se fait à travers l'envoi d'une photo répondant à la commande "Photographiez le paysage le plus représentatif de votre cadre de vie ". Chaque cliché est accompagné d'un petit questionnaire dans lequel la personne peut donner quelques explications sur le choix du lieu de la photo et des indications classiques sur son âge, sa catégorie socioprofessionnelle...Ces données recueillies sur les représentations paysagères des girondins font l'objet d'une analyse sociologique conduite par le département de sociologie de la faculté de Bordeaux 2 qui permettra d'enrichir la politique du paysage engagée par la collectivité départementale.

Démarche originale, qui rappelle les travaux d'Yves Michelin en région Auvergne, où la prise de photographie reste au choix de l'individu qui pourra ainsi témoigner de son propre ressenti paysager. Chaque "photographe" peut remplir un petit questionnaire pour expliquer son choix et place sa photo sur un site de géoréférencement.

Plus d'informations : http://www.gironde.fr/cg33/jcms/c_29512/votre-paysage-dans-l-objectif

Le site pour "poster" les photos : http://monpaysage.gironde.fr/monPaysage/

Le contact :
Mission Paysage à la Direction de l'Environnement et du Tourisme - 05 56 99 34 72

Le dispositif fonctionne jusqu'au 31 juillet 2010.

mardi 11 mai 2010

Carnets de Paysage 19




Un nouveau numéro des Carnets de Paysage est toujours un moment attendu. Cette fois, le thême est "Ecologies à l'oeuvre". Il a été piloté par Jean-Luc Brisson. Sa publication a été assuré par les éditions Actes Sud en association avec l'Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles et Marseille.

Dans ce volume, vous trouverez de quoi ouvrir votre esprit grâce au Sophora toromino, à l'expertise scientifique, à des choix méthodologiques et à la girafe du Niger.
Et comme le dit la présentation sur le site de l'ENSP : il s'agit de "comprendre l’intensité des débats sur l’écologie, le paysage, le tourisme et l’agriculture de subsistance, la gestion des ressources à l’échelle locale ou mondialisée." Et la question de la ville n'est pas laissée pour compte. "La nature y est l’enjeu d’un renouvellement des savoirs : les plantes, les animaux, l’eau, la terre sont les supports d’une pédagogie et d’une communication citoyennes. En ville s’affirme l’importance cruciale de la tractation sociale, face au risque de voir s’imposer des vues et des visées extérieures et dominantes."

ENSP/Actes Sud, 224 p, et 26 €

samedi 13 février 2010

Une compréhension partagée

Les équipes de l'INRA et d'AgroParisTech organise tous les mois un séminaire mensuel baptisé "Conflits et Territoires".
Le rencontre de mardi prochain est particulièrement prometteuse autour de : "Vers une compréhension partagée des conflits littoraux et maritimes". Ce titre correspond à l'objectif d'un programme dénommé ORELCOM (Observatoire en réseau des conflits littoraux et maritimes). La présentation en aura lieu
ce Mardi 16 févier de 13 h à 15 h
à AgroParisTech, 16 rue Claude Bernard Paris Ve

et sera menée par
Thierry GUINEBERTEAU du laboratoire LETG (Littoral, Environnement, Télédétection et Géomatique) Pôle Mer et Littoral de Nantes.


Les mers et les littoraux sont traditionnellement et de façon croissante l’objet de pressions anthropiques multiples. Dans la mesure où les ressources et l’espace y sont limités, s’y manifestent des intérêts concurrents voire antagonistes, favorisant les situations conflictuelles et rendant complexes la mise en place de dispositifs de gestion, à l’image des actuelles démarches de GIZC (Gestion intégrée des zones côtières). Que ce soit à travers une entrée spatiale ou thématique, observateurs et acteurs sont donc confrontés aux conflits. Cela se traduit par une multitude de travaux à fort cloisonnement disciplinaire ou de types monographiques. L’objectif du programme ORECOLM (Observatoire en réseau des conflits littoraux et maritimes) –structuré autour d’un noyau de juristes, économistes et géographes– est la mise en réseau des compétences pluridisciplinaires pour la compréhension des conflits sur les littoraux et espaces maritimes associés. Après une présentation synthétique des travaux réalisés et engagés dans le cadre d’ORECOLM, ce séminaire sera plus spécialement l’occasion d’exposer l’expérimentation d’un protocole d’analyse des conflits « littomaritimes » et de débattre de cet outil en cours de construction. Extrait du courrier d'invitation au séminaire.

En Normandie, ces problèmes là sont bien concrets. Il suffit de prendre en compte les débats autour des éoliennes en Manche, du terminal méthanier de Saint-Jouin-Bruneval ou de l'agrandissement permanent du port du Havre. Dans ces questions, la place de la défense paysagère est récurrente lorsqu'il s'agit de protéger un espace emblématique. La gestion du paysage qui en découle est rarement prise en considération. Quel aménageur envisage aujourd'hui les évolutions paysagères du territoire où il s'implante à échéance de plusieurs décennies ? Même si la rencontre du 16 février est surtout axée sur les juristes, les économistes et les géographes, je serais surpris que les paysagistes ou autres "acteurs en paysage "n'est pas quelques mots bien pensés à dire.

Sur le site de l'INRA, vous pouvez voir les séminaire passés en vidéo et vous tenir informé des nouvelles.

samedi 30 janvier 2010

Quand le géographe devient géohistorien

C'est le cas de Christian Grataloup.


(remise d'un prix au Festival de Géographie de Saint-Dié)

Ce professeur de l'université Paris VII fait partie des géographes qui sont réellement en train de renouveler la pensée au sein de cette discipline. L'article qui lui était consacré en octobre dernier dans Sciences & Avenir décrit bien son évolution personnelle. L'Homme n'occupe pas la place centrale dans le débat, il est avant tout replacé dans l'écoumène, cher à Augustin Berque (Ecoumene, Introduction à l'étude des milieux humains, 2001, Belin).
La mise en relation de l'homme et de son milieu, inscrit dans la longue durée, voilà comment pourrait se résumer en quelques mots la ligne directrice de la géohistoire. Il faut ajouter à celà une notion d'échelle.
L'histoire des territoires, de leurs aménagements, l'archéogéographie, la géographie historique, et bien d'autres termes encore, sont des disciplines proches, avec des zones de recouvrement diciplinaires, des façons de réfléchir qui sont les éléments structurant des sciences de l'espace et du temps associés. On pourrait suggérer que ces diverses compréhensions sont les constitutantes de l'épistèmé de l'hypermodernité proposé par Michel Foucault dans "L'Archéologie du savoir".

Christian Grataloup s'inscrit manifestement dans cette filiation, celle de Fernand Braudel, mais aussi celle de l'Ecole des Annales et de la Nouvelle Histoire. Les temps ayant évolués depuis lors, son sujet d'étude tourne bien souvent autour de la mondialisation.
Il s'inscrit dans une tout autre compréhension du monde que Samuel Huntington, l'auteur du célèbre "Choc des Civilisations", essai mais aussi modèle conceptuel de la réorganisation du monde d'après l'effondrement du bloc soviétique.


Pour Grataloup, il faut intégrer de façon plus complète les données historiques et raisonner autrement qu'en terme de conflit. Le Monde doit plutôt être décrit au pluriel, dans cette logique d'économie-monde braudelienne, qui place nos civilisations dans un cheminement de leurs racines à leurs possibles évolutions. D'une pensée optimiste, Christian Grataloup croit aux metissages et aux créolités même si les peurs de l'hégémonie de certaines portions du monde l'inquiète encore.

Pour découvrir le travail du Christian Grataloup, il faut lire :
  • Géohistoire de la mondialisation. Le temps long du Monde, Armand Colin (collection U), 2007. Belle analyse et commentaire sur le site des CafésGéo et éléments de débat sur le travail de C.Grataloup.
  • L'invention des continents, Larousse, 2009.

Et sur le site EspaceTemps.net, un beau texte de Christian Grataloup à propos de la réédition d'un livre passionant de David Cosandey.

mercredi 18 novembre 2009

Landscape Archaeology Conference

En janvier 2010, du 26 au 28, se déroulera la première conférence internationale d'archéologie du paysage à l'université VU Amsterdam.
Elle s'organisera autour de 6 thèmes principaux.
1/ Comment change le paysage.
2/ Chronologie et transformation des paysages.
3/ Relier les basses terres avec les montagnes (interaction hommes/milieu : niveau de la mer, érosion, sédimentation, glissements de terrain ...).
4/ Les concepts d'échelle et la démarche multiscalaire.
5/ Les nouvelles méthodes (Lidar, image multispectrales ...)
6/ Quel avenir pour l'archéologie du paysage ?

Les résumés des communications devaient être envoyés avant fin octobre. le programme ne semble pas être encore disponible. Etrange ! Le 26/01 sera une journée d'excursion, puis viendront les séances en salles. Le site de présentation laisse vraiment sur sa faim. A suivre.

samedi 3 octobre 2009

Colloque canadien

Cet appel à contributions pour un atelier international sur l'histoire environnementale de l'Europe du Centre-Est au Moyen Âge est paru, il y a quelques temps.

Paysages et sociétés en Europe antique et médiévale à l'est de l'Elbe

Interactions entre conditions environnementales et transformations culturelles

Organisé par le département d'Histoire de l'Université York (Toronto) et la Graduate School « Human Development in Landscapes », Christian-Albrechts-Universität Kiel, le colloque se veut très interdisciplinaire ; pour preuve cet extrait de l'appel à communication : "il devient évident que l’étude des paysages historiques doit s’appuyer simultanément sur la reconstruction des spécificités environnementales comme elles existaient et se sont transformées à des époques révolues et sur la compréhension qu’avaient les sociétés de celles-ci, ainsi que sur les systèmes de régulation des ressources disponibles, et comment elles pouvaient changer au fil du temps. Cela ne peut être atteint que par une approche interdisciplinaire. Les nouveaux développements en sciences naturelles et de nouvelles méthodes en archéologie apportent des informations qui n’étaient pas disponibles il n’y a que quelques décennies. De nouveaux questionnements des sources écrites ouvrent de nouveaux horizons. Seule la communication entre les disciplines rendra possible une vue d’ensemble."

C'est vraiment de l'histoire environnementale comme je l'aime. Oui, ce sont vraiment à partir de ces problématiques globales, de la science intégrée, qui se font jour comme dans cet appel à projet, que nos disciplines historiques du temps long sauront montrer leur utilité sociale.
J'en suis d'autant plus attristé qu'en France aujourd'hui, les temps sont à la division, à la répartition entre sciences humaines (INSHS) et sciences de la terre et du vivant (INEE) suivant les options des équipes de recherche. Mais j'en reparlerai sans doute.

Mais au fait, qui travaille au delà de l'Elbe ?

L'appel à communication est limité au 20 octobre 2009 et le colloque se tiendra les 26 et 27 mars 2010 à Toronto (Canada).

mercredi 30 septembre 2009

Des temps qui se regardent

Le titre de ce colloque qui se tiendra la semaine prochaine à Paris m'a interpellé. Le sous-titre est : "Dialogue entre l'art contemporain et l'archéologie". Au cours de ces deux journées des 5 et 6 octobre 2009, les échanges se feront à l'Auditorium de l'Institut National d'Histoire de l'Art (INHA), à Paris, rue Vivienne. Organisé par l'Equipe Associé EA4100 "Histoire Culturelle et Sociale de l'Art", ce colloque présente un programme passionnant où le Land Art, l'in-situ, l'art minimal, et les techniques de l'archéologie seront présents mais aussi la mise en scène de l'archéologie, mythe des ruines et faussaires.

Intérieur de l'INHA

Quelques intervenants : Sophie Lacroix (Paris IV), Virginie Serna (DRAC Centre), Michaël Jasmin (UMR 7041 ArScAn), et de nombreux jeunes chercheurs.

lundi 28 septembre 2009

Congrès de Neufchâtel CTHS

Comme chaque année, le Comité des Travaux Historiques et Scientifiques (CTHS) organise un congrès des sociétés historiques. Le sujet retenu pour 2010 est "Le Paysage".
Ce congrès se tiendra du 6 au 11 avril 2010 à Neufchâtel, en Suisse, dans les locaux de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l'Université de Neufchâtel.
Le congrès sera organisé en 6 thèmes et 3 colloques spécifiques sur des thèmatiques importantes.
Les thèmes :
1 - Le Paysage : des mots pour le dire
2 - Paysages perçus, paysages représentés
avec colloque associé : Le paysage dans tous les sens
3 - Paysage identitaire, paysage patrimonial
4 - Paysage perçu, paysage subi, paysage construit
avec colloque associé : Paysages anciens et actuels - reconstitution, évolution naturelle, anthropisation
5 - Le paysage et l'eau
6 - Paysages urbains
avec colloque spécifique : Paysage et religions.

L'opportunité de ce type de congrès est de provoquer des rencontres entre chercheurs de milieux très divers, de toutes les branches disciplinaires des sciences humaines. Un certain déséquilibre risque de se faire jour dans les thèmes choisis. Si le thème 1 se trouve être un lieu de rencontre de spécialistes, et d'un abord très pointu, le thème 4 peut devenir littéralement "fourre-tout".
L'archéologie environnementale pourra trouver sa place dans la plupart des thèmes, mais plus particulièrement dans les n°3, 4 et 5.

Je vous invite à lire le programme d'appel, sur la page du site du CTHS dédiée,
Attention, les inscriptions sont à envoyer pour le 1er novembre 2009.

mardi 5 mai 2009

Les zones humides, c'est plus ce que c'était !

Avec cette expression en forme de boutade, je vous simplement vous redire que les témoins de nos évolutions paysagères et environnementales sont bien connus des scientifiques. J'en donnerai seulement deux exemples aujourd'hui.

Premièrement, le lac de Wivenhoe en Australie. Cette petite merveille, un lac aux portes du désert australien n'est plus, ou presque. Ce lac alimente Brisbane en eau, en temps normal, mais il a pris la désagréable habitude d'être à sec. Les 2,6 millions d'habitants dépendent de ce lac pour leur alimentation en eau. Les barrages qui alimentent la ville et sa grande banlieue sont descendus à 40% de remplissage. L'état hydrique général est si grave que les autorités envisagent d'utiliser l'eau des stations d'épuration pour remplir les barrages. La population rechigne à s'alimenter de la même façon que les villes de Singapour et une partie de Los Angeles qui ont déjà adopté ce système (info sciences et avenir de février 2009).

Deuxièmement, les fleuves disparus reparaissent. C'est le cas d'un fleuve lybien qui parcourait la limite est de l'Egypte. L'équipe de Philippe Paillou à l'observatoire des sciences de l'univers de Bordeaux a publié cette étonante vision d'un ancien fleuve dans la revue "Earth and Planetary Science Letters". Trois affluents principaux alimentaient le bassin de Syrte près d'Abjebadia. Mais pour l'utiliser aujourd'hui, c'est un vaste rêve que le lit du fleuve est recouvert par plusieurs mètres de sables.

Ces deux exemples sont encore là pour nous parler du changement qu'il faut gérer, qu'il faut appréhender en limitant les conséquences pour l'homme, mais aussi le changement qu'il faut accepter avec ce qu'il a d'inéluctable.

L'homme serait-il si prétentieux pour croire que lui seul peut provoquer le changement climatique ?
Il ne fait souvent qu'agir sur les leviers que la nature a mis à sa disposition pour modifier le fonctionnement de la planète. Le problème, c'est qu'il ne se retient pas de les utiliser.

jeudi 5 février 2009

L'agriculture face aux défis d'aujourd'hui et de demain

C'est le sous-titre d'un colloque qui se déroulera les 7 et 8 mai 2009 à Milan.


Avec le titre ETTARO ZERO (zéro hectare) "Faire paysage, construire la nature, prendre soin du sol", la Direction Générale de l'Agriculture de la Région de Lombardie, l'Institut Polytechnique (Architecture et planification), la Faculta de Agraria de Milan, et l'IREALP (Institut de Recherche sur l'Ecologie et l'Economie Appliquées en Domaine Alpin), organisent deux journées pendant lesquelles il sera question de diversité du territoire, de ruralisation, de l'association de la biologie et de l'écologie, de la diminution et de la fragmentation des terres et des entreprises agricoles, de la fertilité ...

L'argument de cette rencontre est le suivant : Le sol est la base de la production, il est ressource, il est soumis à la pression de l'homme. L'agriculture est en compétition avec d'autres activités humaines et le sol est le lieu de la rencontre. En Italie, entre 1990 et 2000, au moins 2 millions d'hectares ont été perdus pour l'agriculture. Et dans le même temps, on a vu réapparaitre l'agriculture péri-urbaine. Le principe de durabilité de notre société repose sur la prise en compte de l'usage du sol selon les meilleurs critères de préservation. La protection des sols cultivés, leur fertilité et leurs fonctions écologiques doivent être pris en compte avec les outils de l'économie, du suivi environnemental, des pratiques sociales et culturelles et les pratiques paysagères. Les organisateurs espèrent recueillir des témoignages, des récits d'expériences, des approches originales sur la relation entre agriculture et gestion du sol. L'idée est de collecter des "idées pour agir" avec une possibilité de transfert aux acteurs engagés dans les secteurs concernés.

Le colloque se déroulera avec deux séances plénières et trois sessions parallèles, plus une table-ronde. Une session "poster" est aussi prévue.
Attention, la date limite d'envoi de proposition de communication, originalement placée au 10 février, à été reportée au 2 mars 2009.

Toutes les informations sont sur ce site dédié : http://www.irealp.it/it-it/ettaro_zero

Pour télécharger l'appel à communication en anglais ou en italien

A noter que dans ce cadre, une rencontre préparatoire a eu lieu le 23 janvier 2009 sur le thème "paysage et agriculture péri-urbaine" ; un sujet qui revient souvent dans les débats et les recherches. En France, l'ENSP de Versailles en a fait l'un de ces principaux thèmes de réflexion. André Fleury et Roland Vidal, tous deux enseignants à l'ENSP étaient les invités de cette journée.

A la suite de cet exemple, cette réflexion pourrait être menée dans de nombreuses régions françaises, et en Normandie en particulier où les conflits d'intérêt sur le gestion des sols sont nombreux. Découper le territoire en petits morceaux, en le fractionnant comme le fait notre politique de gestion des Plans Locaux d'Urbanisme, entraine vers une non-gestion raisonné de l'espace faute de cohérence.

mardi 13 janvier 2009

Bêtes à cornes

Dans un très intéressant article publié dans la revue Histoire et Sociétés Rurales (n°30 - deuxième semestre 2008, p. 31 à 66), Florian REYNAUD nous propose une étude iconographique des représentations des bêtes à cornes dans l'art pictural pour servir l'Histoire. A l'aide d'exemples pris entre 1650 et 1850, le doctorant de l'université de Caen nous propose de decrypter les races, types, usages et erreurs techniques visibles sur les oeuvres. En cela, il prolonge les réflexion du zootechnicien Bernard Denis, professeur à l'école vétérinaire de Nantes.
Sur un corpus de 877 représentations, provenant de France, d'Angleterre, de Flandre ou d'Italie, on observe des arguments de représentation variés (mythologique, biblique, historique, romantique ...). L'analyse est d'abord chronologique en fonction des diverses écoles picturales et de leur pratique du paysage. Ensuite, l'apport à la connaissance de l'élevage est abordé. L'échantillonage que représentent ces peintures reste cependant très limité et extrêmement lié à l'idéologie paysanne ambiante. Cette image est restreinte, l'agriculture et l'élevage y sont perçus parfois comme des pratiques contraintes par la force animale et la rigueur du métiers de laboureurs, mais plus souvent encore comme un monde paisible dans une campagne tranquille au relief peu tourmenté.
La thèse à venir de Florian Reynaud sur "Les bêtes à cornes dans la littérature agronomique entre 1700 et 1850" se devra d'être tout à fait critique sur la représentativité de son échantillon d'étude. Elle permettra peut-être de mieux prendre en compte la place de ces animaux dans le paysage de l'imaginaire collectif de cette période. Comme on peut le lire dans les commentaires d'oeuvres publiés à la suite de l'article (p. 51 à 66), la prise en compte du paysage représenté enrichi le discours sur la relation homme - animal.