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mercredi 6 juillet 2011

Petit exercice pratique 1

Je vous propose aujourd'hui de faire votre premier exercice pratique d'archéologie du paysage, et en l'occurrence, plus exactement d'archéogéographie.
Cette discipline vous invite à changer votre regard sur le territoire, en privilégiant la lecture des formes. Mais trop souvent, cette lecture est limitée aux formes du parcellaires, or il nous faut aller bien au delà. Les formes, dans le paysage, ce sont aussi les modelés, les relations topographiques et aussi les réseaux qui se dessinent dans l'espace. A la dimension planimétrique s'ajoute alors une perception des reliefs et une dynamique.
L'un des plus beaux lieux d'apprentissage actuel en lecture du paysage est le web, avec les nombreux sites qui fournissent de vues verticales, satellitaires traitées ou non. GoogleEarth n'est qu'un parmi d'autres.

L'exercice que je vous propose est simple. J'ai choisi de la faire régulièrement pour ne pas perdre les réflexes de l'archéogéographe.
1 - Choisissez (au hasard, c'est mieux) un coin de territoire... et peu importe la région du monde ... d'une superficie raisonnable, de l'ordre de 3 à 5 kilomètres de coté.
2 - Sur cet espace, qui pourrait être celui d'une commune française, observez les lieux forts, structurants, marquants, selon vous, l'organisation de l'espace.
3 - Là intervient l'autre point particulier de la démarche archéogéographique : détachez vous de tous vos a priori, pré-requis du géographe ou de l'historien. Pensez eu terme de fonctionnalité simple, de bon sens, de praticité des liens et des lieux.
4 - Imaginez l'histoire du lieu. Racontez vous une histoire de son développement de son aménagement ... et n'oubliez pas que ce que retracez alors relève peut-être d'un soupçon de réalité.

Vous venez de faire votre premier exercice archéogéographique.

La photo ci-dessous peut-être un bon essai !
........ mais pour faire suite à la remarque d'une collègue roumaine ... Si avec ça, les terroristes ne sont pas au courant des points stratégiques !!!



Et n'hésitez pas à m'adresser vos commentaires !

vendredi 3 juin 2011

Les paysages de l'au-delà !

Le paradis existe-t-il ? Pour le croyant, la réponse affirmative ne déclenche pas forcement une projection visuelle de ce paradis. Dans son livre, mal nommé "Guide du Paradis", Michel LEGRAIN nous présente une série d'illustrations du paradis, aux Editions Armand Colin. Tant dans les arts graphiques que dans la littérature, les choix fait par l'auteur sont frustrants. Chacun d'entre nous connait d'autres exemples de visions de l'Eden, et les commentaires qu'en fait Michel Legrain restent très subjectifs ... et pour cause. Son avantage est d'être transchronologique. Il permet aussi la visualisation et ne s'embarrasse pas des métaphores et de commentaires trop pourléchés de romantisme. Donc vous pourrez peut-être construire avec son aide votre propre image idéalisé d'un paysage du paradis, d'un Éden bien terrestre ou irréaliste à souhait. L'idée qu'un guide touristique du paradis nous y aide est assez originale.



Mais pour construire ce paysage du paradis qui sera propre à chacun d'entre nous , encore faut-il être capable de concevoir ce que nous y attendons. Cette démarche plus personnelle demande donc un autre accompagnement. Un bon contrepoint au livre de Michel Legrain est celui de Pierre CONESA, qui porte le même titre "Le guide du Paradis" aux éditions de l'Aube en format de poche (coll. Essai). Il vous amène à une autre lecture du paradis, celle de la religion et des choix de paradis que nous pouvons faire, ou que la société nous conduit à faire. Sommes nous libre de choisir notre paradis ? Devrons-nous admettre un paradis préparé par les sages et les illuminés ou bien simplement l'imaginer avec l'aide de nos propres créations picturales ou littéraires ? Pour reprendre l'idée du sous-titre du livre de P. Conesa, attention à la publicité mensongère !



samedi 4 septembre 2010

Réflexion autour des Shémas de Cohérence Territoriale (Scot)

Le centre de ressource du développement territorial de Haute-Normandie a organisé le 28mai dernier une rencontre régional des Scot avec pour thème : La réduction de la consommation d’espace : « Nouvelle donne » de l’aménagement du territoire.
Une grande partie de la documentation issue de cette rencontre est disponible en ligne sur le site de Territoire Haute-Normandie.net à l'adresse suivante : http://www.territoires-haute-normandie.net/pageLibre00011f8c.asp

Vous y trouverez en particulier les informations sur le Club des Scot et les présentations ou témoignages des intervenants à télécharger.

lundi 23 août 2010

Erosion modélisée

Les processus d'érosion sont indissociables de la construction de nos paysages. Je vous propose de découvrir les très belles modélisations des principes fondamentaux de l'érosion hydraulique. L'animation fait partie d'une projet de recherche du laboratoire en mathématique appliquée Jean Kuntzmann. Même si des problèmes de proportions d'échelles existent, l'aspect volontairement artistique des présentations les rend plus aisément compréhensibles.

Vous pouvez voir le site de l'équipe avec la publication de référence
http://www-ljk.imag.fr/Publications/Basilic/com.lmc.publi.PUBLI_Inproceedings@117681e94b6_fff75c/index_en.html

ou simplement visionner le petit film sur YouTube.
http://www.youtube.com/watch#!v=9kLoZShDr0o&feature=related

vendredi 20 août 2010

Espace rural à la loupe

Le titre de mon post est emprunté à l'ouvrage édité il y a quelques mois par les Presses Universitaires François Rabelais de l'Université de Tours.
Il s'agit de la thèse soutenue en 2007 par Nicolas POIRIER avec un nouveau titre pour son édition :
Un espace rural à la loupe : paysage, peuplement et territoires en Berry de la Préhistoire à nos jours.


Le titre original de la thèse était : Un espace rural en Berry dans la longue durée : expérience de micro-analyse des dynamiques spatio-temporelles du paysage et du peuplement dans la région de Sancergues (Cher).

L'étude est centrée sur un espace assez limité couvrant la surface des trois communes de Sancergues, Charentonnay et Saint-Martin-des-Champs, toutes trois dans le département du Cher à un jet de pierre de La Charité-sur-Loire. Ce cadre très local est bien souvent dépassé pour collecter une information pertinente, par exemple en matière de réseau viaire ou de contexte historique et archéologique.

Le travail est bien structuré (comme la thèse dont il est issu) et permet une bonne compréhension de la démarche. De très nombreuses sources sont exploitées, et les connaissances, en particuliers historiques, mobilisées forment un ensemble qui permet réellement de interroger sur la géographie de ces trois communes.

Mais de quoi parle Nicolas Poirier.

De territoire ?
Avant tout de planimétrie. On assiste à une large démonstration d'archéogéographie (qui ne dit pas son nom). Elle est heureusement enrichie par diverses sources dont des analyses physico-chimiques attestant des pratiques agricoles plus ou moins anciennes. Mais ce collectage ne cherche pas à mettre en évidence des points ou des éléments de structuration fort. Il vise à lire, à partir des éléments forts attestés du territoire, leur rôle, leur impact dans l'environnement. Avec cette démarche, peu de chance de mettre en évidence de véritable axes ou pôles de structuration de l'espace qui ne soient déjà connus.

De paysage ?
Sûrement pas ! Même si la présence de la végétation est réelle dans les sources historiques, il est surtout question d'occupation du sol et d'exploitation des ressources végétales disponibles. Le modelé du sol est bien peu évoqué, pas plus que les notions de dynamique des végétations ou de phytosociologie. Et les seuls usages semblent être agricoles. C'est là un problème récurent en archéologie du paysage qui prétend trop souvent parler de paysage sans définir ce dernier.

De peuplement ?
C'est le propre d'une démarche archéologique. Le peuplement et son impact sur l'espace environnant sont bien au coeur de cette étude. Les questions, et les réponses, posées sur l'impact de ces peuplements, allant jusqu'à définir un indice de l'intensité de l'occupation sont tout à fait pertinentes et méritent d'être approfondies.

Je suis donc sorti de cette lecture satisfait sur sa clarté mais un peu frustré sur ces réponses et certains points de méthodes ... même si les objectifs poursuivis semblent bien identiques au mien.
Un réel souci de compréhension de la dynamique des espaces et des paysages qu'ils portent reste au centre, parfois dissimulé, de nos recherches, et de celles de Nicolas Poirier en particulier. Et une volonté de participer à la construction de nos paysages de demain est toujours présente dans les envies scientifiques de la population des historiens et archéologues de paysages à laquelle j'appartiens.

Une lecture pour finir vos vacances ?

POIRIER Nicolas (2010) : Un espace rural à la loupe : paysage, peuplement et territoires en Berry de la Préhistoire à nos jours. Presses UniversitairesFrançois Rabelais de Tours, 232 p., 30 €.



Je ne vais pas manquer de vous en proposer d'autres pour pour le reprise.

mardi 6 octobre 2009

Paysage - syntaxe et grammaire

Lors de conférence ou d'enseignement, j'utilise parfois cette comparaison (osée) entre le paysage (du moins de la conception que j'en ai) avec la langue française.
Le fonctionnement me paraît souvent assez semblable.
Une phrase est composée de mots qui pris séparément ont chacun un sens et qui mis en association pour constituer une phrase en prennent un autre. Certains mots de la phrase sont en relation directe avec certains autres mots par des accords, de façon indirecte avec d'autres. Des mots sont invariables, d'autres sont à accorder. La phrase est composée de plusieurs propositions qui se juxtaposent grâce à la ponctuation. Lors de la lecture, les respirations, les intonations fournissent un poids particulier à certains mots, comme des marqueurs, des signaux que l'on souhaite mettre en avant.
Il en est de même du paysage.
Les éléments qui le composent sont en interrelation bien que différents. Certains sont invariables, d'autres s'accordent à leur environnement et aux autres éléments de paysage. Lors d'une composition paysagère, les éléments doivent être conjugués pour respecter les règles de composition ; comme dans une grammaire environnementale et paysagère. Et l'observation du paysage va porter le regard sur tel ou tel attracteur de la vue, alors que certains espaces resterons discrets.
Ce n'est pas un hasard si l'on parle de lecture du paysage, même si il s'agit en général d'une lecture "savante" qui appelle la connaissance des règles de grammaire qui l'organise. La façon d'écrire et de lire peut changer le sens.
Poursuivez cette idée et vous verrez que cette simple métaphore peut aller assez loin.

mardi 25 août 2009

Petits éléments ... et paysage

Cette courte réflexion vient de la découverte du blog de Danièle, de la lecture du livre dont je parlais dans mon précédent message et des cours que j'assène à quelques étudiants de l'Ecole du Paysage de Versailles.

Qu'est ce qu'un élément de paysage ?

La réponse est bien souvent teintée de patrimoine. Les éléments de paysage sont les composantes qui permettent de décrire le paysage, qui ont un sens indépendamment les uns des autres mais qui en prennent un autre en étant associés. C'est un vestige du passé, un témoignage d'un usage, un objet d'une pratique ou une portion de l'espace voué à une activité particulière.
En fait, chaque élément de paysage donne à voir quelque chose qui n'est pas le paysage. L'ensemble des éléments mis ensemble donne à voir autre chose encore. Changer un élément du paysage, et le paysage n'est plus le même, il dit autrement sa vie et ses habitants.
Un seul éléments de paysage vous manque, et tout le paysage est dépeuplé, pourrait dire le poète.

Et j'ai alors découvert les portes ... et les poignées de porte.
Ces petits éléments du quotidien me sont tout à coup devenu essentiels car ils sont le lien entre le dedans et le dehors des maisons. Ils sont ce que l'on voit, et qui nous invite à imaginer ce que l'on ne voit pas.
La poignée de porte est donc également un élément de paysage.
Il y a sans doute de nombreux autres petits éléments de ce type qui jouent un rôle dans le paysage de façon discrète et souvent insoupçonnée.

Ce n'est pas ma première réflexion de ce type mais je crois que la compréhension du paysage passe passe par de la lecture à diverses échelles qui sont cumulées pour former le "dit-paysager" si différent du "paysage habité".

vendredi 12 juin 2009

Agriculture et paysage - APPORT

Elles sont au nombre de 9. Neuf brochures pour faire le point sur cette relation parfois difficile entre agriculture et paysage.

La Convention Européenne du Paysage a été ratifiée par la France en 2006. Elle propose des définitions sur l'aménagement et la prise en compte du paysage qui ont guidé la réalisation de ces brochures par le réseau APPORT. Ce projet APPORT (Agriculture, Paysage, Projet, Outil, Réseau, Territoire) a été financé par le Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, et associe des Instituts Techniques, des organismes agricoles et ruraux, des structures d'enseignement et des professionnels. L'objectif vise a fournir des outils pour le développement des territoires en replaçant le paysage au cœur du projet. Les agriculteurs doivent trouver dans ces brochures de quoi affirmer leur rôle de protection, de gestion et de création de paysages contemporains de qualité, mais aussi apprendre à devenir partenaires des autres acteurs.
Les brochures s'adressent aux agriculteurs mais aussi aux agents de développement en milieu agricole, conseilllers des chambres d'agriculture, parcs naturels, animateurs de structures intercommunales, architectes ou urbanistes.

Les auteurs des divers documents sont des référents de grandes qualité : Régis Ambroise, Jean-Yves Blanchin, François Bonneaud, Aline Brochot, Jacqueline Candau, Hervé Cividino, Laurence Fabbri, Carine Herbin, Pierre Janin, Rémi Janin, P. Laganier, Yves Michelin, Franck Pervanchon, Monique Toublanc.

Neuf documents dont les sujets sont :
1 - Présentation des outils APPORT
2 - Projet d'exploitation agricole et paysage
3 - Qualité des paysages, des produits et du cadre de vie
4 - Bâtiments d'élevage et paysage (disponible à l'automne 2009)
5 - Représentation et interprétation du paysage
6 - La visite de terrain, le paysage comme lieu d'expérience
7 - Cadre juridique, outils et compétences
8 - Le paysage, outil de médiation (disponible à l'automne 2009)
9 - Paysage, urbanisation et projet agricole

A ces documents s'ajoutent 4 diaporamas constituant des cours, issus du livre de Monique TOUBLANC "Paysages en herbe. Le paysage et la formation à l'agriculture durable", Educagri-Edition, 2004.

Toute cette documentation sera bientôt disponible sur le site http://www.agriculture-et-paysage.fr/

Les différentes rubriques du site fourniront une masse documentaire utiles aux professionnels de l'agriculture et du paysage mais aussi aux enseignants.

Les travaux du groupe APPORT ne sont pas terminés. Un "colloque - atelier pédagogique" se tenait à l'ENITA de Clermont-Ferrand les 3 et 4 juin sur le thème "Paysage et Agriculture".

Tout ceci est une suite logique au très bel ouvrage "Dix exemples de projets de paysage en agriculture" de Régis Ambroise, François Bonneaud et Véronique Brunet-Vinck, qui fait la part belle au bloc-diagramme, tant de diagnostic que de projet, et à la démarche participative.

Le projet a été porté par l'Institut Fran,çais du Vin (IFV)

vendredi 2 mai 2008

Le Paysage pour les débutants - 6

L'étude de paysage passe forcément par une étape de lecture visuelle, de description de ce que l'on voit (objet d'un ou plusieurs futurs messages).
Mais cette étude passe aussi par le report graphique de ce que l'on voit (sujet dont on reparlera aussi dans cette rublique).

Ce report peut se faire de multiples façons : un dessin au crayon, une aquarelle ... la superposition sur une carte. Bien souvent, la carte IGN au 1/25.000e est utilisée

Une option facile vient d'apparaitre pour les reports sur de petite surface. L'échelle du cadastre est maintenant utilisable. Le cadastre numérisé est en ligne.
Le site est encore en version Béta mais il fonctionne plutôt bien.
http://www.cadastre.gouv.fr/scpc/rechercherPlan.do#



Découvrez le ! Pour certaines communes, les feuilles de sections sont assemblées et il est possible de passer d'un section à l'autre simplement en faisant glisser l'image. Pour d'autres, les feuilles sont numérisées indépendamment du tableau d'assemblage.
La recherche se fait par département, nom de commune, lieu-dit, adresse, code postal. Le zoom permet d'aller de la vision communale ou détail d'une parcelle unique.






Les outils avancés permettent de s'informer sur les parcelles contenues dans un polygone ou un cercle ; de choisir son mode d'impression ; de mesurer des distances, des périmètres, des surfaces, un gisement ; de dessiner sur le fond cadastral ; et enfin de créer un fichier de points (n°, x, y) en fichier texte ASCI que vous pourrez entrer dans un tableur ou une table pour ArcView.


Un site absolument indispensable et à placer dans vos signets.


Quelques exemples ci-dessous sur la ville de Rouen et l'église Saint-Paul.

Les sections avec leurs noms apparaissent à partir d'un certain grossissement. Si on décide de forcer encore le grossissement, les parcelles deviennent visibles, puis leur numéros et les adresse sur voirie.

















La parcelle de l'église Saint-Paul a été cernée d'un polygone. Vous remarquerez que tous les éléments cadastraux sont présents (limites de parcelles, bâtis, appentis, bord de voie ...). Le périmètre de la parcelle choisie est de 209,87 mètres. Ces données sont indicatives et ne peuvent en aucun cas être opposables. Attention de tracer le périmètre à une échelle suffisante pour bien placer les points tout en ayant toute la parcelle visible.


















Ci-dessous, voici un ajout de texte en rouge sur le même extrait. Il n'y a plus qu'à imprimer.




Par contre pour obtenir la feuille complète, il faudra payer. Les extraits obligent une limitation de l'espace choisi en relation avec l'échelle et la précision de lecture. Plus le périmètre à observer est large, moins vous aurez de détails.



Une site extra qui ne fera sans doute que de s'améliorer. Les détails du fonctionnement du site sont dans la page d'aide accessible par l'accueil du site. La Direction Générale des Impôts sera remercier sur ce coup là ;-))

dimanche 27 avril 2008

En 1724, le regard paysager

Rares sont les exemples aussi parlant que celui-ci.

Le plan figuratif du chemin de Versailles à Fontainebleau, pour servir au voyage du roi, réalisé par Daudet, ingénieur-géographe du Roi en 1724 est conservé au Archives Départementales des Yvelines, avec la cote A 242.
de part et d'autre du trajet que le roi doit suivre de nombreux éléments paysagers : haies, Mis à part l'esthétique du document, en couleurs, il présentemares, voies traversant le tracé ...


Ces éléments sont tous des témoins visuels, éléments de repérage, car c'est par le paysage vu sur le parcours que celui-ci se caractérise. Les éléments reportés servent donc simplement à ne pas se perdre.



L'une des preuves est donnée par un court texte entre Ponthierry et Pringy. Alors que l'ancien chemin poursuit son axe vers le sud en suivant la Seine (le plan est établi avec le Nord en bas) il est indiqué : "Endroit où l'on perd de vue la rivière".











Avec cette indication, et en parcourant le plan, il semble bien que le document a été établi à partir de la route sans tenir vraiment compte des distances. Les bois sont seulement indiqués par la lisière qui est visible depuis la route, de même pour les groupes de bâtiments un peu éloignés.


Cerise sur le gâteau : en haut du plan sont reproduites des sentences tirées de l'écriture Sainte pour inspirer la piété du voyageur. Elles sont divisées en "sentences sur la gauche" et "sentences sur la droite". Le lien avec ce qui est observé, le paysage traversé est là encore important.

Point de repérage supplémentaire, le campement du régiment de Quercy est porté sur le plan entre Chatillon et Juvisy près de la confluence de l'Orge et de la Seine. On apprend par un texte spécial que c'est le-dit régiment qui "travaille au nouveau chemin" à l'endroit "où l'on adoucit la descente".

Aujourd'hui, le secteur concerné par ce plan est méconnaissable car presque tous les espaces ont été bâtis.


Ce document n'est cependant pas unique. il suffit de penser aux nombreuses planches composant l'atlas "dit de Trudaine" conservé aux Archives Nationales et qui représente le tracé des routes nouvelles à créer ou à aménager entre 1745 et 1780. Une partie a été numérisée mais nombreuses sont encore à l'état de notices. Patience. Mais ce type de sources nous en apprend beaucoup sur le paysage du XVIIIe siècle.

jeudi 24 avril 2008

A noter : 8 et 9 octobre 2008


Lors des deux journées du 8 et 9 octobre prochain se tiendra une table-ronde avec pour titre : "Des hommes aux champs", pour une archéologie des espaces ruraux dans le Nord de la France, du Néolithique au Moyen Âge.
Ces journées ont lieu à l'initiative du Centre de Recherche en Archéologie, Archéosciences, Histoire (CREAAH) de l'université de Rennes 1, et du Centre de Recherche Archéologiques et Historiques Anciennes et Médiévales (CRAHAM) de l'université de Caen.

La rencontre aura lieu à Caen, au Musée de Normandie.

Tout le travail sera axé sur une lecture dans la longue durée, afin de quitter le mode de réflexion traditionnel de l'archéologue centré sur la caractérisation chronologique. La dynamique sera ici plus importante que l'état d'un moment précis, les mutations plus que le fonctionnement.
La démarche générale cherchera à être multiscalaire, à travers l'étude des habitats, des morphologies agraires, des pratiques culturales, en espérant jeter quelques pistes vers les reconstitutions des terroirs et des territoires.

Ce dernier point est particulièrement délicat. Reconstituer les espaces du passé n'e semble avoir d'intérêt que si on l'a pris la mesure des erreurs que nous allons produire dans ce cadre.
Il est certain que nous ne ferons jamais que de proposer des évocations, des représentations issues de données limitées et partielles. Il faudra savoir se contenter d'une "construction intellectuelle" (même si elle passe par un document graphique) qu'il faudra considérer comme une état acceptable par tous, mais par pour autant réellement représentatif d'une réalité du passé.
L'importance est bien plus à rechercher dans l'analyse des phénomènes qui font que les pratiques d'aménagement et de gestion du terroir ont évoluées du néolithique à la période médiévale. Evolutions qui ont eu lieu selon un/des scénario(s) correspondant à des contraintes politiques, économiques, sociales ... on pourra peut-être parler de forçage anthropique.
Oui, l'histoire de nos paysages commence là, au Néolithique, et une grande partie de ce que nous voyons autour de nous aujourd'hui, en a hérité.

les 8 et 9 octobre prochain seront deux journées denses en informations sur les premières organisations raisonnées de l'espace avec plus de 20 communications de chercheurs, tous passionés par les travaux qu'ils nous présenteront. Quelques noms des présents : Véronique Matterne, Gertrui Blanquaert, Yves Lanchon, Pierre Ouzoulias, Jean Desloges, Isabelle Cattedu, Dominique Marguerie, Vincent Carpentier, Olivier Blin, Laurent Lespez, Cyril Marcigny... Les séances seront présidées par Jean-Paul Demoule, François Malrain, Anne Nissen-Jaubert et Patrice Brun.

Si vous êtes en Bretagne, sachez que l'équipe du CREAAH aura bientôt une journée d'information sur ses travaux : le 24 mai. Pour plus d'info, c'est par là.

Et pour le CRAHAM, c'est par ici.

jeudi 10 janvier 2008

Séminaire Paysage GIP Seine-Aval - Synthèse

Il y a plusieurs mois, les 25 et 26 octobre 2007, se tenait à Rouen, un séminaire de réflexion et de partage d'expérience sur la prise en compte de la dimension paysagère dans la compréhension de la dynamique globale de l'estuaire.
Ce fut l'occasion de discuter à partir des visions du paysage par des chercheurs en diverses disciplines (sociologue, géographe, historien, économiste, philosophe), de prendre connaissance de diverses techniques et outils d'analyse des paysages, d'estimer l'impact de la prise en compte paysagère dans des opérations de reconquête d'espace réalisées. Tout ceci sans perdre de vue la perception de l'usager.

Vous pouvez obtenir les principaux éléments qui ont constitué ces échanges sur le site du GIP Seine-Aval à cette page. Vous pourrez également télécharger quelques documents (présentation PowerPoint, photos, ou résumé des interventions).

Si vous êtes particulièrement intérressés, vous pouvez également contacter le secrétariat scientifique du GIP, ou m'envoyer un courriel.

mardi 18 décembre 2007

Le Paysage pour les débutants - 4

Après avoir abordé les formes générales du paysage avec le volet de la morphologie, de la géologie ... voici un commentaire sur les sources de la connaissance des paysages dans leur dimension environnementale.
L'environnement des paysages actuels est caractérisé par les végétaux mais aussi par la faune qui y vit. Cette symbiose entre faune et flore qui forme l'une des bases de l'écologie s'applique aussi pour les temps passé. En obtenant des informations sur l'une de ces composantes pour un moment reculé du passé, on peut envisager des déductions sur les autres composantes de l'environnement.
Une plante particulière peut être associée à d'autres qui forment avec elle un groupement végétal caractéristique. Une faune peut lui être également associée. mais, ce n'est pas si simple, une plante peut appartenir à plusieurs types d'associations.
Pour les paysages et environnements du passé, c'est la même chose.
Les sciences du paléoenvironnement sont multiple. Elle peuvent donner une image directe du végétal environnant en identifiant des espèces par leurs restes.
Elles peuvent également fournir une image indirecte par des traces laissées par les espèces animales vivant dans un milieu défini.
Elles permettent également de fournir une image climatique locale ou micro-locale (stationnelle) dont la représentativité doit être estimée. Toutes ces démarches peuvent être combinées. Elles reposent sur des indicateurs.
On parle aussi de paléobotanique pour les végétaux et de paléofaune pour les animaux.
Quelques disciplines spécifiques sont :
La palynologie qui étudie la partie la plus solide des plantes, les pollens. Les pollens se dispersent plus ou moins loin suivant les espèces, avec l'aide du vent, des insectes, de l'eau, de l'homme. Le comptage des pollens dans les couches sédimentaires permet de construire une représentation "théorique" d'une courte séquence de temps plus que celle d'un instant T.

La carpologie étudie les macro-restes végétaux, graines et fragments divers de végétal dont l'identification donne des indices sur la présence de certaines espèces. Elle est fréquemment utilisée pour les dépôts liés à une activité humaine (silos, dépôts funéraires) mais aussi dans les tourbes certains paéosols.
L'anthracologie étudie les charbons de bois et permet de définir les espèces et éventuellement la portion du végétal utilisée.
La xylologie étudie les fragments de bois conservés. Particulièrement intéressant en contexte tourbeux boisé, elle est aussi importante lors qu'il y a présence de bois travaillés par l'homme.
La malacologie collecte les informations sur les mollusques. Tout le monde voit des petits coquillages terrestres et des coquillages marins. Il existe aussi des coquillages très précisément adaptés à des milieux spécifiques, on dit aussi "inféodés". Les coquilles microscopiques sont comptés et permettent également de fournir une "image" du milieu.

Le spécialiste de la paléoentomofaune compte également, mais il s'agit des reste de coléoptères et autres insectes. Les élytres (qui protègent les ailes) sont la partie résistante de ces animaux. On les retrouvent dans la plupart des sédiments organiques.
On peut également faire des décomptes de tout reste des enveloppes de animaux que ce soit en calcaire, silice, chitine ou composite. Ces restes sont des "tests". C'est le cas des mollusques, mais aussi les algues dites diatomées. Le test est alors nommé frustule. Les oursins sont aussi de ce type, comme d'autres espèces d'invertébrés.
Enfin, les végétaux peuvent présenter des cellules dans lesquelles se développent des concentrations de silice sous forte d'opale. Les phytolithes sont des indicateurs végétaux particulièrement fiables.

De nouvelles disciplines sont régulièrement inventées pour fournir des indicateurs paléoenvironnementaux. Associés aux géomorphologues holocènes, les environnementalistes proposent des scénarios d'évolutions climatiques locales (ou micro-locales) mais aussi pour des territoires plus larges. La représentativité du point de prélèvement est alors essentielle : tourbière, site archéologique, sédiments alluviaux, colluvionnements ...).

Illustrations : groupe de pollens, lucane cerf-volant, phytolithe.

jeudi 13 décembre 2007

Du côté du Géophen

C'était à la fin de septembre, alors que les dernieres chaleurs de l'été se dissipaient dans un automne que chacun annonçait comme clément. C'était en septembre mais nous plongeait aussi dans un avenir de vallées et de bocage, de paysage serein et de calme montagne...dans un charmant château...

Enfin, faut pas rêver, c'était la rencontre des doctorants à Nantes, le 28/09/2007 organisée par l'UMR 6554 Géolittomer. Et dans un programme d'une journée chargée, il y avait quelques propos paysagers à retenir. Je n'ai lu que les résumés des présentations. Plusieurs d'entre eux ont attirés mon attention, donc celui de Marie-Anne Germaine, doctorante au Géophen.

Nous nous étions croisés lors de colloques et sa démarche, sa recherche de caractérisation des paysages m'a semblé particulièrement innovante. Voilà le résumé de sa présentation. Elle s'intitul : "Du diagnostic à la typologie des paysages de vallées. Exemple à l'échelle de la Basse-Normandie".

"En Normandie, comme dans l'ensemble du Nord-Ouest de la France, les vallées renferment des paysages singuliers qui rompent la monotonie des plateaux. A la fois localement de par leurs conditions naturelles et ordinaires puisque très fréquents, ils sont soumis à des enjeux multiples, et de plus en plus intégrés dans les travaux servant de base à la gestion des paysages contemporains même si cette prise en compte n'est pas encore étendue à l'ensemble des vallées. Appuyés sur une échelle intermédiaire adaptée au "système vallée", ces travaux visent à contribuer à une meilleure prise en compte de ces espaces par la mise en place d'une typologie des paysages de vallées représentatifs du Nord-Ouest de la France.
Une démarche reproductible est proposée pour caractériser l'état actuel des paysages des petites vallées (ordre 2 à 5) à l'échelle régionale. Elle s'appuie sur la combinaison de deux approches. L'approche morphologique s'appuie sur la définition de critères objectifs permettant d'identifier ces espaces et sur la mise en place d'une typologie morphologique à partir d'un découpage en tronçon homogènes caractérisés par des variables morphologiques. Celle-ci révèle l'existence de "vallées ordinaires" aux formes banales. Des descripteurs paysagers sont ensuite extraits de la cartographie des couverture du sol réalisée par traitement d'image pour traduire objectivement et quantitativement les caractéristiques du paysage. Il s'agit de mesurer la diversité interne du paysage de vallée à l'échelle du tronçon (fond de vallée et versants), mais aussi de rendre compte de sa singularité par rapport au milieu dans lequel il s'insère. Il est alors possible de distinguer de grands types de paysages de vallées révélateurs de la diversité des petites vallées bas-normandes."


Ce n'est pas la première tentative de recherche de quantification en matière de paysage mais celle-ci me semble porteuse d'espoir d'aboutissement. En effet, s'appuyant sur le "système vallée", elle ne prend en compte aucun a priori, et seule la méthode de définitions des tronçons peut générer un prisme de lecture particulier. Le travail de Marie-Anne devrait déboucher sur un outil de lecture du paysage, facilitant la gestion mais aussi la comparaison avec d'autres territoires... à suivre.

dimanche 2 décembre 2007

Le Paysage pour les débutants - 3

Quelques mots, aujourd'hui, sur la connaissance des paysages du passé. Quelles sont les sources de cette connaissance ?
Ces sources varient en fonction des régions et surtout de l'ancienneté des paysages. Autant de l'ancienneté pour laquelle vous souhaitez "reconstituer, reconstruire, évoquer, imaginer" le paysage (l'état du paysage local à la fin de la dernière époque glaciaire ou au XVIIIe siècle), que de l'ancienneté des héritages (reste-t-il des traces des paysages gaulois dans mon paysage actuel ?).

Nous laisserons donc de côté le débat sur la nature du "paysage" : culturel, naturel, pictural, vécu, ressenti, éprouvé, vu, ... pour nous concentrer sur les composantes d'un espace que certains nommerons "pays" et d'autres "paysage".
Ces données recouvrent essentiellement 4 domaines : - la géologie et l'orographie (les modelés du terrain, hydrographie ...) - la végétation (botanique, écologie ...) - la géographie (parcellaire, organisation des habitats ...) - l'histoire (pratiques, natures des occupations ...)

Chacun de ces domaines s'interpénètre. Les sources sont parfois partagées entre plusieurs des ces domaines. Pour prendre un exemple simple, les cadastres anciens sont autant une source d'information en histoire, en géographie, parfois en végétations lorsqu'elle sont différenciées.

Commençons par les formes du terrain, les modelés liés à la géologie, à la tectonique, à l'hydrologie.


La Géoarchéologie (parfois nommé de façon restrictive: géologie superficielle, du Quaternaire ou de l'Holocène ...) est la discipline qui étudie les sédiments archéologiques ou non archéologiques à des fins de compréhension des actions de l'homme ou de restitution de la physionomie du terrain sur lequel l'homme a pu agir.

Entre sciences naturelles et humaines, elle peut se définir comme une approche géologique d'un site archéologique, ou comme une application de la démarche de l'archéologue en géologie.

Elle utilise de nombreuses techniques ou approches.
- la stratigraphie qui étudie la succession des dépôts sédimentaires, naturels ou liés à l'activité humaine. Elle permet de fournir des datations relatives entre sédiments. Une couche qui repose sur une autre lui est postérieure (en situation de dépôt naturel).

- la géomorphologie étudie de façon assez descriptive et explicative les formes du relief et leur formation.

- la sédimentologie caractérise les dépôts et permet de comprendre leur genèse en localisant les provenance des minéraux part exemple. Les outils sont ici minéralogiques, granulométriques.

- la pédologie étudie la structure et la formation des "sols", c'est-à-dire de la partie superficielle du terrain, les premières dizaines de centimètres.

- la micromorphologie (d'autres noms pourraient être utilisés ici) étudie les sédiments meubles au microscope. Elle permet de comprendre comment les particules sédimentaires se sont mises en place, ont été perturbées, érodées, remaniées. L'isolation de la matière organique et son étude (comme la méthode dites des palynofaciès) peut y être rattachée.

- la géochronologie prend en compte la durée des phénomènes sédimentaires, nommés alors séquence et pour lesquels l'analyse des processus chimiques fournit des notions de dynamique.


L'étude d'une site (archéologique ou non) passe par la compréhension de la mise en place des sédiments le constituant. L'analyse doit être menée dans les trois dimensions de l'espace. Il est nécessaire de passer par des descriptions précises, détaillées, pour comprendre les modalités de formation et d'évolution dans le temps.

Sur le terrain, cela se traduit par des coupes stratigraphiques, des profils pédologiques, des photographies macro- et microscopiques.
Pour comprendre toue les dynamiques, ces relevés doivent considérer le terrain depuis le substrat jusqu'à la surface du sol actuel. Chaque profil pédologique, ou relevé stratigraphique permet d'aboutir à un découpage en unités stratigraphiques.
Chaque unité est caractérisée par un sédiment décrit, déposé d'une certaine façon à un instant déterminé.
Sont donc pris en compte :
localisation - nature - processus de dépôt - état de conservation - dynamique - chronologie.

mardi 20 novembre 2007

Le Paysage pour les débutants - 2


Pourquoi utilisons-nous le mot de paysage pour qualifier tant de choses différentes ?
De la peinture au paysage banal que nous cotoyons chaque matin en franchissant notre porte ; du paysage culturel au paysage mental, un seul mot dont le principal critère est d'être polysémique (qui a plusieurs sens).

Le mot "Paysage" apparait en France pour la première fois en 1549, au même moment (ou presque) qu'en italien - paessagio - en portugais - paysagem - ou en espagnol -paisaje.


Augustin Berque fait remonter l'origine de la notion de paysage à "l'introduction à la peinture de paysage" de Zong Bing au IVe siècle en Chine du sud.

En Europe, le premier mot qui qualifie le paysage est l'allemand Landschaft dès le VIIIe siècle qui qualifie le territoire (landschap en néerlandais, landskip puis landscape en anglais). En Italie, la fin du moyen-âge voit l'apparition du mon paese pour parler d'une représentation picturale d'un pays.

Pierre Donadieu met en vis à vis les deux sens de "paysage", celui de l'image artistique (genre paysage très lié à l'image) et celui de l'étendue visible d'un territoire (plus proche du mot d'origine anglo-saxonne).

En français, "paysage" vient donc du "pays" et est lié au picturalisme, à la peinture de paysage. Quand ce mot est associé à un autre, on peut dire qu'il s'agit du regard porté sur un domaine quelconque. Et le mot qualifie toujours à la fois l'objet et la représentation de l'objet.

Illustration : Montagne Sainte-Victoire et Etretat

vendredi 16 novembre 2007

Par delà le paysage !

Une simple phrase qui dit bien ce que je cherche avec l'étude des paysages.

"Ce n'est pas l'endroit que l'on trouve beau qui compte, c'est les gens qui y vivent."
Titouan Lamazou,
sur les ondes de France Inter, Jeudi15 novembre 2007.

Regardez un paysage et pensez à ceux qui y vivent, qui en vivent. Il prendra une autre "couleur".

dimanche 11 novembre 2007

Soirée Blogueurs rouennais

Ce court message pour remercier celles et ceux que j'ai croisé lors de la soirée de jeudi dernier (très enfumée) au Riff, sur l'invitation de Sébastien. Ambiance sympa et avec mélange des genres. C'est d'ailleurs ce que l'on attend de ce genre de rencontre.
Ce fut aussi l'occasion de repositionner ce blog ; peut-être trop spécialisé et trop technique. Ah ! jargon quand tu nous tient.

Alors je vais suivre dorénavant le conseil de Barbie (merci, toi !) et prendre le temps de rédiger de courts textes pour expliquer les grands principes de l'étude du paysage. Premier volet placé hier sur les définitions... et à suivre sur le mot "Paysage".
Une sorte de section : "Le Paysage pour les Nuls"... d'accès libre et gratuit.

Et une question pour suivre : si vous possédez des photos de rond-points de la région, je suis preneur. Merci d'avance. Sur ce thème, il y aurait bien quelque chose à faire pour les "Lamosa Boys".

J'attends vos commentaires.

samedi 10 novembre 2007

Le Paysage pour les débutants - 1

Voilà un thème qu'il fallait bien aborder un jour ou l'autre.
L'étude, la compréhension, l'envie de paysage n'est pas forcément une démarche innée. Il est utile pour certains de passer par certains préliminaires.

Tous n'auront pour objectif que de nous faire comprendre pourquoi être sensible aux paysages (et aux nombreuses autres notions qu'ils cachent) nous rend acteurs de la société.



Premièrement : Tenter une définition.

De nombreuses définitions existent. La plus classique, issu du dictionnaire est :
"Ce qui est sous l'étendue du regard".
Elle ne me satisfait pas car elle évoque trop la notion de "vue", terme qu'il faut garder en réserve.

Celle de Jean Robert Pitte (géographe) est couramment utilisée: « Le paysage est l’expression observable par les sens (la vue, l’odorat, l’ouïe), à la surface de la terre, de la combinaison entre la nature, les techniques et la culture des hommes. Il est essentiellement changeant et ne peut être appréhendé que dans sa dynamique, c’est à dire l’histoire qui lui restitue sa 4ème dimension ».
La présence du temps donne au paysage une épaisseur, une dynamique.
Cette définition contient en elle-même à la fois la "qualification" du paysage, la relation au "sensible" avec les 3 sens mentionnés, mais aussi le "monde savant" (nature, techniques et cultures). De nombreux chercheurs de notre domaine voient ici le coeur du débat, l'analyse de la relation nature-culture (présente dans plusieurs disciplines) semblant parfois la seul voie pour comprendre ce qu'est la paysage.


Autre définition, celle de la convention européenne du paysage : « Paysage » désigne une partie de territoire telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l’action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations.

Courte et efficace mais nous renvoyant encore à la relation nature - culture (on finira par parler encore d'Edgar Morin). C'est celle qui est la plus courante (sous-entendue) dans les textes officiels actuels.

Mais ma définition préférée est celle donnée par Gilles Clément : Le paysage, c'est ce qui reste en mémoire lorsque l'on n'est plus sur le site, c'est donc une lecture subjective. Ce qu'il y a dans le paysage n'est que construction. Mais le paysage, c'est aussi le jardin. Et en cela, nous construisons du paysage, nous jardinons la terre close (finie) comme un jardin, nous sommes donc des artisans-jardiniers du "jardin planétaire".

Et en effet, on peut envisager que le paysage n'est jamais uniquement naturel mais toujours soumis à l'action de l'homme, jardiné, aménagé. Ces aménagements sont étudiés par de nombreuses disciplines et chacune d'elle propose donc une (ou plusieurs) définition du paysage.

En conjuguant toutes les définitions, on peut proposer :
Le paysage est à la fois un espace vu et observé, ensemble d'éléments soumis à l'homme à l'intérieur de cet espace, et dont la perception sensible nourrit la mémoire paysagère de l'observateur. L'observateur est médiateur en même temps que lecteur et interprète.

Pour faire simple, la paysage est d'un côté, il est observé. Le souvenir du paysage est de l'autre côté, il est l'expression de ce qui a été ressenti. L'observateur est entre les deux.

Cette explication rapproche la lecture du paysage de celle de l'expression artistique. Le spectateur n'est pas inerte, il interagit avec ce qu'il voit, il est lui-même acteur. Lorsque je regarde un paysage, j'agis sur lui en le mettant en ma mémoire.


A suivre : Le mot PAYSAGE


dimanche 21 octobre 2007

Paysage de l'Oise


Un livre qui prend la dimension du paysage, celle du terroir et de ses héritages historiques. Ce livre est signé Jean-Marc POUPINEAU ; son titre : "L'Homme et le hameau dans le Val-de-Rouanne".
Comme le sous-titre l'indique, cet ouvrage édité en numéro spécial par la Revue Archéologique de Picardie traite de "la formation d'un paysage au bâti semi-dispersé de l'Antiquité à la fin du Moyen âge". C'est donc tout le processus d'anthropisation d'une vallée qui est abordé ici. L'auteur, historien médiéviste et géographe, développe en 3 parties la mise en place de l'anthropisation, puis la prospérité durant le moyen âge classique, et enfin la reprise de la polynucléarisation au bas moyen âge.

Ce livre ne sera disponible qu'en fin d'année mais vous pouvez souscrire dès maintenant auprès de la Revue archéologique de Picardie, 47 rue du Châtel, 60300 SENLIS, et ceci au prix de 36 € franco de port jusqu'au 10 décembre.