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mercredi 29 février 2012

L'archéogéographie, ça marche comment ?


Si vous vous questionnez sur les principes et les méthodes de l'archéogéographie, des réponses vous sont maintenant aisément accessibles.
"Sources et techniques de l'archéogéographie", c'est le titre de l'ouvrage que signe Sandrine ROBERT aux Presses Universitaires de Franche-Comté.
Pour cela, elle s'est associé à de nombreux autres auteurs pour vous fournir de nombreux exemples et entrer de façon didactique dans cette discipline encore si jeune mais qui a su réconcilier géographie, archéologie, Histoire et analyse spatiale.
Les fondements méthodologiques et épistémologiques posés par Gérard CHOUQUER dans plusieurs ouvrages sont ici complétés par les aspects plus techniques de la discipline. Bref, les auteurs vous invitent à mettre " les mains dans le cambouis" de l'histoire des formes du paysage.
Cela vous permettra sans doute de mieux comprendre les informations nouvelles (et aussi la nouvelle façon de lire des informations déjà disponibles) que permet le travail de l'archéogéographe. L'utilisation des cartes anciennes et la "carte compilée" ne sont que des outils. les dynamiques du paysage et de l'aménagement de l'espace ne sont perceptibles que lorsque l'analyse fait varier les échelles de lecture et d'étude. L'archéogéographie est avant tout multiscalaire, tout comme elle est fondamentalement multi-sources.

Remarquablement documenté, avec des illustrations et des encarts réellement pédagogiques, vous découvrirez en quelques 220 pages que ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'archéogéographie.

Sandrine ROBERT (dir.) 2011, Sources et techniques de l'archéogéographie, Annales Littéraires de l'Université de Franche-Comté 895, Série "Environnement, sociétés et archéologie" n° 15, Presses Universitaires de Franche-Comté, 238 p. , 25 €


http://pufc.univ-fcomte.fr/fiche_ouvrage.php?isbn=978-2-84867-402-5&id_titre=2063285124

mardi 13 juillet 2010

Camp climat

Juste un rappel pour ne pas oublier cet évènement régional qui concerne la planète entière.

http://campclimat.org/

du 22 juillet au 1er août près du Havre.

Pour venir, renseignez vous sur le site internet, le lieu sera divulgué le jour même.

jeudi 19 février 2009

Merci Fred pour ce beau texte

"Nous y voilà, nous y sommes.
Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.
Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s'est marrés. Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution. Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie.
« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.
Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux. D
'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance. Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille, récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).
S'efforcer.
Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d'échappatoire, allons-y.
Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore."

Fred Vargas
Archéologue et écrivain

mardi 11 novembre 2008

Politique sociale, urbanisme et paysage

Ou : parfois, les stratégies d'urbanisme de nos communes frôlent le grand n'importe quoi.

Et pour Barentin, ce n'est pas une première.
Le Plan Local d'Urbanisme (PLU) avait fait l'objet d'une présentation au public lors d'une réunion en avril 2006. La carte qui est visible sur le document (encore téléchargeable sur le site de la commune à cette page) montre une répartition entre les zones urbanisées et l'espace agricole. En observant attentivement cette carte, chacun peut constater que certaines parcelles ne font partie d'aucune des deux catégories. On peut le comprendre pour les espaces ferroviaires, parcs ou quelques enclaves de dimensions réduites. C'est bien moins compréhensible pour une surface de plusieurs dizaines d'hectares en jonction avec Pavilly, sur le rebord de plateau ouest dominant la vallée de l'Austreberthe.


Pour ceux qui n'étaient pas dans le débat communal, la réponse à ce vide est peut-être intercommunal. La communauté de communes Caux-Austreberthe vient d'engager les travaux d'une aire de stationnement pour les gens du voyage, remplissant alors une obligation légale qu'elle avait jusqu'à présent repoussée.
Là où sa situation devient étrange c'est que cet emplacement est (comme souvent pour ces aires) loin de tout, et en particulier des services municipaux et des commerces, au-dessus de la voie ferré, accessible dans le virage d'une route très fréquentée. Mais le comble paysager (car il faut bien en venir là), c'est la position topographique du site : en sommet de coteau. A croire que c'est pour mieux surveiller ce qui pourrait s'y passer.
Barentin est l'exemple même de la consommation d'espace dans un développement inconsidéré.
Après avoir laissé défigurer le rebord de plateau Est au sud du vallon de Pissy-Poville avec les zones commerciales et l'urbanisation pavillonnaire galopante, au nord du vallon de Pissy-Poville avec des pavillons plus anciens, puis plus récemment en hauteur du côté Ouest avec de vastes lotissement autour de la société Gardy, ce sont maintenant les derniers points de grande visibilité depuis l'autre versant de la vallée qui sont aménagés avec ces aires des gens du voyage.

L'aire de stationnement est de plus d'une efficacité déjà plus que douteuse puisqu'il est avéré (expérience à la clé) que les gens du voyage apprécient peu ces aires bétonnées avec fil à linge imposé et sanitaires aseptisés. Très vite, ce type d'installation est abandonnée. Pour l'usage, il faudra donc voir ... à l'usage.
Le principal semble bien pour Caux-Austreberthe de s'acquitter de l'obligation de l'existence de cette aire intercommunale, qu'elle soit fonctionnelle ou non, qu'elle soit implanté à un endroit intégré dans le paysage ou non, qu'elle soit adaptée au gens du voyage ou non.



Barentin est aujourd'hui un véritable exemple de petite ville qui a d'abord subi l'industrialisation du XIXe siècle, puis l'urbanisation du XXe, et aujourd'hui une non-gestion de l'esapce au XXIe. Alors qu'au même moment, Dieppe rejette des projets de lotissements pour trop faible densification et surconsommation d'espace urbanisable devenu rare, d'autres communes comme Barentin dilapident leur capital espace.

Comme le dit déjà la présentation du PLU de Barentin : "un milieu environnemental de faible valeur patrimoniale (écologie) mais des éléments forts du paysage". mais il est à craindre que ces éléments seront bientôt noyés dans l'urbanisation.


Heureusement, il reste à Barentin son état de ville-musée de statues à ciel ouvert.

mardi 1 juillet 2008

Ecolo-Info, la suite

Vous avez sans doute remarqué que l'animation d'Ecolo-Info (sur le côté gauche) à changé. Oui, tout le site créé par Anne-So s'est refait une beauté.
C'est aujourd'hui bien plus que la simple (!) barre de menu ajoutée dans Firefox.
Une plus grande équipe, plus d'info, plus de points de vue différents, un passage à l'international... tout cela en respectant une véritable déontologie.

Vous en saurez beaucoup plus ici.

mardi 30 octobre 2007

Rendez-Vous CAUE - Gilles Clément - 07/11



Parmi les acteurs et "activateurs" du monde du paysage et du jardin, certains sont plus marqués que d'autres, par leur qualité de réflexion et leur indépendance d'esprit, par leur savoir-favoir et leur savoir-être, par leur simplicité et l'art de nous dérouter.


Gilles CLEMENT fait partie de ceux-là.


Il sera à Rouen pour une conférence, en réponse à l'invitation du CAUE 76.

Le Mercredi 7 Novembre 2007 à 14 h 30

Hôtel du Département - Rouen.

Il est l'inventeur du Jardin Planétaire, qui met en scène la diversité des êtres et le rôle gestionnaire de l'homme sur cette diversité. Il est également l'auteur de nombreux ouvrages dont mon préféré est "Le dindon et le dodo". Il est aussi le concepteur du Jardin en mouvement et du Tiers Paysage.

Oui, le jardin-Terre est habitable, si nous acceptons de ne pas blesser la terrede la soigner, de favoriser les échanges entre êtres vivants, de nous comporter en jardinier respectueux de la nature et de produire sans épuiser.

Jardinier et paysagiste, Gilles Clément devrait nous enchanter, nous interroger sur la vie comme un bien précieux, précaire et donc épuisable, et nous inviter à regarder notre Jardin-Terre avec un autre regard.

Un rendez-vous du CAUE à ne pas manquer.


mardi 16 octobre 2007

Entrée de ville - Rouen Est

Mais où se trouve l'entrée de ville de Rouen en venant de Paris par la RN 14. Franqueville-Saint-Pierre nous en impose une au carrefour de la Garenne avec un rond-point éclairé de façon assez spectaculaire. Mais l'entrée n'est elle pas plutôt juste avant Mesnil-Esnard, à la séparation des routes vers Darnétal et Bonsecours, avec ce grand rond-point sans caractère.
A moins que ce ne soit encore plus loin, lors de la descente de la côte de Bonsecours lorsque la vue sur Rouen se dégage sous nos yeux. Et quelle vue !
Et par la RN 15, requalifiée RD 6015, entrons-nous dans Rouen sur les quais, entre le coteau et l'incinérateur inutile. Ou bien, est-ce au niveau du bar le Brazza ?
Il semble bien que la vrai entrée dans Rouen, pas dans l'agglo mais dans la ville soit le carrefour Saint-Paul. Entrée de ville monumentale, consacrée toute entière à l'automobile, où le piétons doit se faire discret pour ne pas finir sous les roues, où l'église Saint Paul n'est plus qu'un spectre noirâtre et désincarné, où la moindre bordure de trottoir accessible est transformé en parking, où la ville et tout sauf accueillante.

Alors, en cherchant une entrée à son Agglo, Rouen a oublié de chercher une belle entrée à sa ville côté Est.

Je repense à cet article paru dans Paris-Normandie en début septembre (PN - Edition de Rouen 04/09/07) intitulé "L'Est laisse à désirer". On pouvait lire : "Sur quelques centaines de mètres, trois communes se succédent Amfreville, Bonsecours et Rouen. Là, 17000 véhicules (rien que sur l'ex N15) filent chaque jours vers les quais de la rive droite... Un trafic asphyxiant, voilà la plaie du quartier."

Le seul point positif est l'espoir de l'aménagement du quai, à l'emplacement de la déchetterie, dont le déménagement est programmé. Allons-nous voir un beau paysage de plaisir dans un contexte non traité, en deshérance ? Il faut tout faire pour que la place Saint-Paul donne enfin une image d'accueil de la ville, une image où la place du citoyen n'est pas celle de l'automobiliste.
Edgar Menguy (adjoint chargé de l'urbanisme) déclarait en septembre que si il n'y avait rien de fait (et rien d'envisager non plus), c'est parce que l'asphyxie routière doit être résolue par le contournement Est et qu'il n'y a pas d'opportunité foncière. Et qu'il y aura la renaturation du pied de la colline Sainte-Catherine. La seule volonté politique semble être sur le quartier du Pré-au-loups.

Sans volonté politique, ce n'est pas demain que ce quartier reprendra visage humain.

samedi 6 octobre 2007

Paysage et carrière

Cette fin de semaine (vendredi 5 et samedi 6 octobre) se déroulent les journées "portes ouvertes" sur les carrières et exploitations de granulats en Haute-Normandie, organisées par l'UNICEM Normandie et les sociétés Lafarge, Cemex, CBN, Stref et quelques autres.
Ces exploitations sont particulièrement "traumatisantes" pour le paysage. on a souvent qualifié de verrues ces extractions.
Aujourd'hui, ce sont aujourd'hui des lieux d'exercice pour les paysagistes car les exploitations un véritable plan de remise en état qui n'est plus, comme il y a encore une dizaine d'années, un simple réaménagement avec quelques plantes.
L'exemple de Gaillon, quasiment en rive de Seine est un repère dans le côté "invisibilité" de l'ancienne extraction. Le remblaiement et la remise en culture, ou en herbage fait totalement oublier que nous nous trouvons sur l'emplacement d'un vaste trou dont tout gravier a été extrait sur plusieurs mètres d'épaisseur.
Autre exemple avec la carrière de roche "du Lutecien" d'Authevernes dans le Vexin normand. Le trou en cours d'exploitation au sommet de la butte est quasiment invisible et son remblaiement avec des matériaux inertes (Classe I), puis sa végétalisation superficielle en feront un modelé légèrement plus bas mais absolument imperceptible au regard de celui qui n'a pas suivi l'évolution récente du lieu.

Mais l'héritage est lourd. Que faire des dizaines d'étangs, aujourd'hui voués à la pèche, des trous d'anciennes carrières dont le remblaiement n'a jamais été assuré... ?
Quelques premiers tests sont pourtant en train de se produire. La réutilisation d'une ancienne carrière comblée en lotissement ou en zone d'activité a déjà eu lieu en quelques points (Tourville-la-Rivière, Mantes ...) et d'autres sont prévus (Pîtres). Nos anciens avaient déjà fait cela avec les briquetteries dont de nombreuses on été occupées par des lotissements dans les années 60 à 80 (Mont-Saint-Aignan, Epouville, ...)

Mais ce domaine des matériaux est très consommateur d'espace. Aujourd'hui les exploitations en vallée ne se développeront plus ou presque. Les matériaux des plateaux commencent à prendre la place. Mais utilisons-nous assez la filière de récupération et réutilisation des matériaux de démolition ?
Le pouvoir politique ne fait par encore assez d'intervention dans ce domaine et de nombreux progrès sont possibles. Quelques sociétés ont compris qu'elles pourraient y trouver un intérêt économique et mettent en avant l'aspect écologique.

A quand l'agglo, parpaing ou bloc-béton réellement certifié matériaux de récupération ?

mercredi 12 septembre 2007

Théodore Monod et Francis Thompson

« Quand on cueille une fleur, on dérange une étoile. »

Attribué à Théodore Monod, mais extraite d'un poème de Thompson, j'ai entendu cette phrase a plusieurs reprises et je prends aujourd'hui conscience de sa relation avec le paysage.

Le parcellaire est un constituant éminemment stable de la structure du paysage, les corridors écologiques et les structures du paysages végétal forment un équilibre qui supporte mal les modifications, la chaine trophique d'un milieu constitue un équilibre souvent précaire dès que l'homme intervient, la notion de "climax" (souvent remise en cause) sous-entend un équilibre qui ne sera que temporaire ou jamais atteint... alors ...

Sommes-nous en mesure de prendre la décision de rompre ou de maintenir cet équilibre ?

En replaçant la phrase dans le poème dont elle est issue, le sens devient encore plus criant. Et à la suite de Gilles Jobin, je vous renvoie vers la phrase de Christian Bobin, dans L'Équilibriste. Il nous dit : « Pour lire un roman, il faut deux ou trois heures. Pour lire un poème, il faut une vie entière. » Et ce poème là pourrait bien être un chemin de vie.

When to the new eyes of thee
All things by immortal power,
Near or far,
Hiddenly
To each other linked are,
That thou canst not stir a flower
Without troubling of a star.



Un texte merveilleux dont vous pourrez découvrir l'intégralité ici.



mercredi 29 août 2007

Grenelle de l'Environnement




Bientôt, le Grenelle de l'Environnement devrait entrer dans sa phase locale (phase 2 - septembre/octobre) avec des rencontres des acteurs locaux et des citoyens.



La place du paysage y est assez limitée (groupe 2), mais après visionnage des diverses vidéos de ce groupe 2, retraçant leurs premiers travaux, le constat est plutôt rassurant.
Le travail déjà effectué est celui d'une véritable écoute, d'une envie de convergence, d'efforts de tous les acteurs.
Pour preuve, cette réflexion de Patrice Hirbec, représentant de la CGC au sein du groupe 2 "Préserver la Biodiversité et les ressources naturelles". Il fait remarquer que l'habitude, pour lui, est aux échanges bilatéraux où chacun tire contre l'autre et que c'est fois, c'est du "multilatéral" et les "échanges les tirent les uns vers les autres et vers le haut".
Même la plupart des commentaires collectés sur Grenellorama sont plutôt encourageants.

Bien entendu, le propos que je souhaitais entendre sur le rôle du paysage dans la bouche des représentants des différents collèges n'étaient pas là, malgré l'atelier "patrimoine naturel et durabilité des territoires". Mais il n'y a pas que le paysage pour témoigner de la biodiversité !
Les propos considérant le paysage comme un élément du bien-être et de l'épanouissement humain, tout comme un témoin d'une biodiversité maintenue, restent à venir.
Les interviews retracent les convergences qui se mettent en place et les mots de "territoires", "espaces partagés", "milieux de vie" prononcés tant par les agriculteurs, que par le représentant du MEDEF et celui de la CGT sont plaisant à entendre.
Peu de mots sur la science dont seul Yvon Le Maho (DR CNRS et académie des sciences) parle de façon engagée. Et j'attends encore que le groupe évoque la responsabilité des scientifiques, y compris en sciences humaines sur le rôle de cette biodiversité sur la planète.

Le groupe 4 "Adopter des modes de production et de consommation durable" évoquera certainement les paysages mais il faudra sans doute attendre que les débats soient passés par le niveau plus local.

Je pensais franchement qu'après les travaux des groupes de travail du Grenelle de l'Environnement durant l'été, les premières critiques fuseraient aisément, mais la conscience progresse. Espérons que le débat évitera l'écueil de la culpabilisation des consommateurss et l'auto-satisfaction des politiques et les remplacera par la responsabilisation des uns et le courage des autres.

A suivre avec attention, donc, car le calendrier va aller très vite. Des décisions sont attendues avant la fin de l'année, sans doute dès octobre si le programme est respecté.

Petit conseil, entre autre si la place de la science dans le débat vous intéresse : Chaque groupe de travail dispose d'une base bibliographique dont le contenu est significatif des propos tenus par les participants institutionnels. Une analyse de détail montre que la part des publications issues des grands instituts de l'Etat est dominante. Mais elle n'est seule.


Petit plus : Si vous utilisez la barre "EcoloInfo" sur votre navigateur, vous y trouverez plein de ressources et de lieux de débat sur le sujet. sinon, pourquoi ne pas télécharger ce module complémentaire qui fonctionne sur Firefox et Explorer, sur PC et sur Mac.

Et à propos du Grenellorama, regardez cette vidéo.
http://www.dailymotion.com/GrenelleDeLEnvironnement/video/4399142

mardi 21 août 2007

L'éolien et le paysage sur France Inter

Ce soir (mardi 21 août) , de 19 h 20 à 20 h 00, l'émission "Le Téléphone Sonne" sur France Inter aura pour titre "Du Rêve et du Vent".

C'est du moins le titre officile annoncé sur le site de la station. Mais le journaliste qui en faisait l'annonce au journal de 13 h 00 a donné pour titre : "La guerre du vent aura-t-elle lieu ?"

Le débat portera sur la question qui oppose (opposerait) développement durable et protection des paysages (et de la nature et des oiseaux...). A croire que le débat ne porte que sur ces deux points.

Voici le texte de présentation de l'émission :

"L'énergie éolienne est inépuisable, elle est non polluante et elle alimente un business en pleine expansion. Mais ses opposants lui reprochent notamment de polluer les paysages contre un bénéfice écologique discutable.

Invités :

- Pierre Radanne, ancien président de l'Ademe ( Agence se l'environnement et de la maîtrise de l'énergie.

- Jean-Michel Germa, vice-président de France Energie Eolienne au sein du syndicat des énergies renouvelables.

- Michel Magerand, vice-président de l'association Vent de colère.

- Jean-Louis Butré, président de la fédération environnement durable.

- Tristan Guillosson, président de la LPO Aude."


Il faut souhaiter un élargissement du regard car à la lecture de la liset des invités, j'ai bien peur que le paysage comme élément de socialisation (tel que je l'entend) passe à la trappe. Vous aurez remarqué qu'aucun paysagiste, ou professionel de ce domaine ne sera présent.


Un état de ma réflexion sur ce sujet :

Si la volonté politique est de réellement promouvoir l'énergie éolienne (avec une possibilité d'utilisation locale hors circuit EDF et/ou avec un rachat de l'énergie à un prix non moteur de spéculation) alors, les choix paysagers peuvent être faits.

L'une des réponses fréquentes est : le paysage s'est bien adapté aux château d'eau, aux lignes électriques et aux autoroutes, il s'adaptera aux éoliennes.

C'est un façon de voir les choses... qui me semble notoirement insuffisante. Un château d'eau suffit à alimenter une commune mais pour l'alimenter en électricité, il faudra un groupe d'éolienne dont l'impact visuel (périmètre de co-visibilité, changement des lignes directrices patsagères, effet de hachurage de l'espace) est bien supérieur.

La comparaison est plutôt à faire avec la déchetterie ou la centrale nucléaire. Et dans ces deux cas, les communes ou communautés de communes qui ont accepter d'en avoir sur leur territoire y ont trouvé leur intérêt économique en gérant bien les abords et l'insertion. Pour les éoliennes, c'est le même phénomène qu'il convient de prendre en compte.

On parle souvent de "ferme éolienne". Mis à part le terme de "ferme" qui nous fait croire que c'est un élément naturel de l'espace agricole, cette notion d'entité large (on pourrait aussi parler d'usine ou de cntrale éolienne) montre une emprise au sol importante qui "sacrifie" une portion du pays pour en proteger les espaces qu'il parait souhaitable de ne pas dénaturer.

Espérons que le débat de ce soir permettra d'évoquer l'opposition entre le mitage paysager par des éoliennes un peu partout /contre/ le choix de zones d'implantations limités mais dévouées à l'éolien.


Ma préférence personnelle ira vers la seconde proposition, bien entendu.

Pour intervenir sur l'entenne : 01 47 24 70 00 à partir de 17 h 00.
Il est possible de podcaster l'émission sur le site de la station.

lundi 20 août 2007

Projet : Avenir Climat

Benka a lancé un projet de périple d'un an avec pour ambition de recueillir des témoignages de ceux qui luttent contre le réchauffement climatique en Europe et en Asie. La dégradation du climat et le besoin d'une information sur ce sujet au-delà de nos pays favorisés l'on amené à proposer ce parcours.
Benka habite à Autun (71), a 29 ans, est chargé de mission en développement durable dans une communauté de communes et est déjà très engagé dans le monde associatif.

Son voyage ne sera pas de tout repos mais il a un passé de voyageur confirmé.
Vous trouverez toutes les informations sur son blog : http://avenirclimat.info/

Au cours de cette aventure, il traversera de nombreux paysages et nous pourront échanger sur les dégradations, ou modifications non réfléchies, qu'ils subissent du fait de l'inconscience humaine. Peut-être découvrira-t-il également des gestions paysagères sources d'espoir pour tous.

Dans le texte ci-dessous, Benka présente lui-même son projet.


« Le climat change, et il est urgent d'agir ». Cette phrase est devenue tristement banale, je veux lui donner une image et rendre concret les solutions possibles.
J'ai travaillé 5 ans comme chargé de mission pour le développement durable dans une collectivité territoriale. Je milite depuis 7 ans dans des associations d'écologie et de solidarité internationale.
J'ai le projet de partir en 2008 à travers l'Europe et l'Asie. Mon but est de rencontrer les « témoins du climat » : associations, villes, entreprises, individuels… Il existe quantité de personnes à rencontrer pour parler du climat sous une forme concrète, lié à la vie quotidienne, au militantisme ou à un métier.
A travers mon voyage, je veux permettre à ces personnes touchées par le changement climatique de s'exprimer. Dans mes billets, je rapporterai leur vision de la modification de l'environnement et les changements qui sont intervenus dans leur vie quotidienne ou la pratique de leur métier.

Je souhaite traiter le changement climatiques sous deux angles :
* les pratiques : dans les domaines des transports, de l'énergie, de l'habitat, de l'urbanisme, de l'agriculture, de la sylviculture, de la consommation, des déchets,... comment les acteurs agissent pour s'adapter au changement du climat et diminuer leur impact ?
* la participation : le changement climatique est une évidence, mais au-delà du constat, comment les acteurs s'engagent ensemble pour répondre aux enjeux ? Le partage de l'information, les techniques de prises de décisions, la planification des actions, l'échange des points de vues sont également des facteurs de réussite. Comment passent ils du constat à l'action ?

Ces exemples seront transmis en France pour les faire connaître, notamment via des blogs. Si possible, je voudrais amener les lecteurs à modifier eux aussi leur manière de vivre pour diminuer leur impact sur le climat.
[…]
La présentation complète du projet est ici :
http://avenirclimat.info/post/2007/02/28/Avenir-Climat-%3A-presentati...
Pour me soutenir financièrement ou techniquement, rendez vous sur :
http://avenirclimat.info/post/2007/01/25/Soutenez-le-projet.
Mon budget prévisionnel est de 72 € pour une journée : vie quotidienne, matériel, communication et valoristaion de l'expérience au retour du voyage. 66 % de votre don est déductible de votre impôt. Un don de 72 € vous revient donc à 24 €.
Chèque à l'ordre d'Avenir Climat. c/o M. KUBIAK, le bourg, 71400 AUXY.

Et n'oubliez pas, pour diminuer vos émissions de gaz à effet de serre :
* N'utilisez l'avion qu'exceptionnellement. Prenez vos vacances du côté de chez vous, il y a sûrement des coins magnifiques que vous n'avez jamais visités. Sinon, prenez le temps et faite le trajet avec les transports en commun.
* Isolez votre maison de la chaleur et du froid, pensez aux énergies renouvelables, remplacez vos ampoules par des Basses Consommations. Vous gagnerez en confort, et des aides publiques peuvent vous aider à financer une partie des travaux. Renseignez vous auprès de votre Espace Info Energie
* Prenez votre vélo ou roulez plus doucement (80 km/h sur routes, 120 km/h sur autoroutes). Vous ne perdez pas de temps, et vous serez moins stressé
* Achetez moins, produisez moins de déchets, troquez avec vos voisins et triez vos déchets. Vous gagnerez en convivialité.
* Mangez moins de viandes, et surtout moins de bœuf. Essayez les recettes végétariennes, simples et pleines de saveurs.

Projet soutenu par Autun Morvan Ecologie (21), Réseau Action Climat - France, Les Amis de la Terre - France, Bourgogne Energies Renouvelables (21), Objectif climat (alsace), GRAINES (42), Yves RICHARD (enseignant-chercheur),Philippe PERRIN (eco-infirmier), effraie.org, réseau de blogs Freemen.

Benka a besoin de votre soutien, qu'il soit technique, financier, par le relais de l'information, ou tout simplement humain.

mardi 17 juillet 2007

Instituer le développement durable

Du 8 au 10 novembre prochain, l'université de Lille 2 (Faculté de Sciences Juridiques, Politiques et Sociales) organise un colloque intitulé "Instituer le développement durable : appropriation, professionnalisation, standardisation." Par ce titre compliqué, le projet est de regrouper sur 3 journées, des communications lors de séances plénières et des travaux en ateliers.


Le concept de développement durable (DD) est en train de s'institutionaliser, autant dans le discours que dans les groupements d'acteurs. Ce phénomène a d'ores et déjà conduit a une réduction du sens du DD pour trouver un point d'accord minimal sur l'utilité de cette notion. En fait, il s'agit d'un compromis sociopolitique, adapté aux contextes économiques, politiques ou culturels dans lesquels elle est utilisée. Y a-t-il pour autant une réelle convergence des différents usages de ce compromis ?
Le colloque proposera d'interroger les mécanismes d'institutionnalisation du DD. Il sera l'occasion de "confronter les analyses empiriques et théoriques des formes de diffusion, de traduction et d'appropriation du DD".
Les quatre ateliers sont : appropriations, professionnalisations, comportements et codifications.
Il est difficile de dire à ce stade la lace que pourront occuper les problématiques paysagères dans ce colloque mais je ne serais pas surpris que le "droit au/du paysage" face son apparition. En particulier, les soutiens des revues Développement Durable et Territoire, VertigO et Vertitude Magazine pourraient aller en ce sens.

Le colloque est organisé dans le cadre d'une Action Concertée Incitative (ACI) dont l'appel du Ministère de la Recherche (INRA et IRD) reste consultable.

L'ACI possède son propre site web : http://www.aciidd.net/

Vous y trouverez des informations complémentaires sur le colloque, mais la date limite de proposition de communication est maintenant passée !

A savoir : l'équipe de recherche organisatrice est pilotée par Bruno Villalba,

dimanche 8 juillet 2007

Maïs OGM

C'est presque inaperçu dans le paysage, mais c'est inquiétant de constater ici encore la main mise des semenciers sur l'espace agricole.
Greenpeace publie cette carte suite à une discrète information ministérielle :


Plus d'informations sur cette page.

Périurbanité

Il est logique pour la plupart d'entre nous de penser que chacun doit avoir son lieu de vie, son habitat individuel, si possible avec un petit coin de nature autour. L'apogée de la maison individuelle et séparative est bien présente.

Depuis quelques années, l'intérêt des paysagistes pour le fait périurbain est devenu assez général. L'aménagement paysager des banlieues cherche à améliorer la qualité de vie des résidents. L'agriculture périurbaine nécessite des mesures de protection et d'une bonne gestion des espaces qui y sont consacrés.
Et rarement, il est envisagé de supprimer la notion de "banlieue". Cette dernière est toujours évoquée par rapport à un centre, or aujourd'hui une ville a bien souvent plusieurs centres : historiques, économiques, administratifs...
Notre société évolue selon le principe du développement de l'emprise au sol de nos habitat. L'espace devrait pourtant être économisé pour laisser de la place à ceux avec qui nous partageons la planète, plantes et animaux. L'homme a trop pris l'habitude du développement horizontal après avoir tenté la marche vertical des tours et gratte-ciel.
Ces immeubles ont montré leur manques d'humanité et pour éviter ce peur collective de la vie en IGH (immeuble de grande hauteur) dont l'extrême est visible dans le film Blade Runner, l'homme à préféré "manger la campagne".

Alors que les services des Directions Régionales de l'Equipement se restructurent, ils oublient que la mission d'organisation de l'habitat leur incombe. L'urbanisme peut aussi densifier l'habitat et limiter cette faim d'espace de nos villes et de nos banlieues.
On pourrait commencer par accepter de vivre dans des maison jumelées ou groupées, plutôt que de chercher à tous prix ce jardinet autour de notre cher foyer.
En réduisant la place de la voiture dans nos villes et nos villages, nous pouvons aussi libérer de l'espace pour rendre un habitat plus dense et plus agréable.

Les paysagistes devraient oeuvrer en ce sens et montrer que l'habitat individuel n'est pas toujours la panacée. Par exemple en visant l'aménagement de qualité des espaces collectifs, on peut envisager de réduire l'emprise des espaces privés. Cela aussi pour renforcer le lien social et diminuer notre esprit trop individualiste.
On dit que la banlieue manque de lien social, alors on en fabrique souvent artificiellement. On pourrait également réinventer des centres, plus denses et plus coopératifs. Faire que les banlieus deviennent des quartiers. Et les résidents auraient plaisir à "être" du quartier plutôt que de la banlieue de la ville qui n'est que leur voisine.

Une décroissance de notre urbanisme, en quelque sorte.