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dimanche 5 juin 2011

Flashé ?

Parmi les étudiants en première année à l'Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles, un groupe a eu la chance (faut voir !!!) de réfléchir à la place de la signalétique et des grands panneaux publicitaires ponctuant nos routes.
Ma propre réflexion sur ce sujet a trouvé un nouveau point d'appui avec la polémique autour des panneau de pré-signalisation des radars automatiques de vitesse, polémique mise en œuvre tout d'abord par les médias.


En fait, je vois réellement un intérêt dans cette suppression des panneaux ; c'est celui de la diminution de la pollution visuelle. Reconnaissons que ces panneaux sont grands.
Nos aménagements de bords de routes et d'autoroutes font de plus en plus appel à un sens aigu de l'esthétisme pour obtenir une signalétique de qualité. Il suffit pour cela de constater l'amélioration des panneaux d'annonces touristiques sur autoroute (ces panneaux à dominante brune qui vantent tel château ou abbaye) ... même si bien souvent, la position du panneau fait qu'il devient également une forme de pollution visuelle.
La panneau d'annonce de radar automatique, codé SR3, a pour mission exacte :"signal annonçant une zone où la vitesse est contrôlée par un ou des radars automatiques".

Mais soyons honnêtes, l'existence même de ce panneau relève de la plus profonde hypocrisie. Placé là pour signaler une zone dangereuse à venir, et donc où il convient d'être attentif à son comportement et sa vitesse, on vous annonce en fait un radar présent pour vous sanctionner. On vous propose donc d'éviter la sanction, il suffit de lever le pieds durant les quelques centaines de mètres qui approchent.
Hypocrisie des pouvoirs publics qui trouve là un beau moyen de faire entrer de l'argent dans les caisses de l'Etat (c'est pas le radar qui va empêcher des inconscient de prendre la route), hypocrisie des conducteurs qui prétendent que cela les rends plus attentifs (mais après le radar, 150 km/h c'est quand même mieux !), hypocrisie politique qui fait de ce sujet un argument de contestation sur le fonctionnement du gouvernement, hypocrisie sociale d'une société qui oublie de dire qu'elle ne peut fonctionner qu'avec des lois qui sont là pour être respectés ... ou transgressés. Pour ma part, si je suis flashé, c'est bien fait pour moi !

Mais c'est une partie de nos mentalité qu'il faut changer. Rouler avec la peur du gendarmes et de la sanction doit être remplacer par rouler en étant conscient des dangers de la route.
Mon hypocrisie à moi, c'est : oui il faut supprimer ces panneaux annonçant les radars automatiques ... ils défigurent le paysage.

Petit rappel : à 110 km/h sur autoroute et à 80 km/h sur route, vous polluez moins, vous économisez du carburant et des sous. Dernière hypocrisie .. oui, la crise de l'énergie va sauver des vies !!!

mardi 24 août 2010

Humour avec Supporterre

Voilà bien longtemps que je n'avais pas regardé les déjantés-décalés des Supporterres.
Allez un petit coup de protection de la planète avec ceux qui vont la sauver !!!!!!!

ils ont disparus depuis 2 ans mais les images sont là pour témoigner.
http://www.youtube.com/user/supporterre

lundi 7 décembre 2009

Eoliennes et paysage, nouveaux éléments ?

Depuis que les éoliennes existent, elles alimentent de façon abondante le débat paysager. Car leur impact ne peut être nié par les pro-éoliens, même si c'est quasiment le seule élément qui peut jouer en défaveur de l'énergie du vent. N'oublions pas non plus, le problème des énergies qui doivent se substituer au vent tant que les techniques de régulation de la production ne sont pas modifiées (voir plus loin).
Mais revenons à l'impact paysager.

Une éolienne, c'est haut, c'est grand, c'est visible de très loin et, bien entendu, lorsqu'il y a un paysage remarquable ou un monument, ce n'est pas adapté. Mais les pro-éoliens n'ont jamais souhaité mettre des moulins à vent au sommet du Ventoux ou sur les hauteurs de Honfleur. Les vrais pro-éoliens intègre la donnée "paysage", contrairement à la plupart des opérateurs éoliens qui ont pour objectif principal de récupérer l'argent de la production, en collaboration avec les propriétaires des terrains où sont implanté les éoliennes (parfois élus locaux) qui récupèrent la manne de la location des terres.

Le nouvel élément c'est un loby très efficace qui est apparu, il y a quelques mois. Il associe defenseurs du paysage et l'ancien président de la République, Valéry Giscard d'Estaing. Un très bel article de Guillaume Malaurie dans le Nouvel Obs fait l'état des lieux, par lequel on comprend que le lobbying est efficace. Il se pourrait bien que la loi Grenelle 2 vienne poser des contraintes supplémentaire à l'éolien selon un argument simple, efficace mais contestable. "Pourquoi l'éolien est un danger pour la France" selon Jean Louis Butré, dont le livre "L'Imposture" a été préfacé par Giscard ? Parce que les éoliennes tournent par intermitence et qu'il faut donc construire de plus en plus de centrale à charbon ou à gaz pour pallier à leurs insuffisances. Butré et Giscard ont réussi à fédérer 300 associations locales ou nationales et quelques têtes de gondole marquantes parmi lesquel Pierre Rabhi, l'une des plus emblématiques figures de l'écologie pour qui je voue personnellement une certaine admiration.
Le comité ainsi créé, où Marcel Boiteux (ex-patron d'EDF) et Didier Wirth (Parcs et Jardins de France) se trouvent associés, parle de l'éolien comme un choix "inutile et trop couteux" ... et j'en passe.
Le président du Syndicat des Energies Renouvelables affirme : "l'aventure éolienne en France est en train de se casser la gueule". La dernière preuve de cette marche arrière sur l'éolien est le vote par le Sénat, le 5 septembre dernier, d'un texte qui soumet à la construction des éoliennes aux même contraintes que les industries à risque. Et pourtant Nicolas Sarkozy s'est engagé à obtenir 23 % d'électricé sans carbone en 2020. On en est loin.

Aujourd'hui, alors que débute le sommet de Copenhague, de nombreux débat sont déjà capturé, confisqué par divers lobbying alors que les propos des scientifique et la raison devraient être les vrais meneurs de la réflexion. Il semble bien que le côté passionnel et partisan risque bien de mener la danse. Je ne sais pas si le paysage sera un élément du débat durant ce sommet mondial, mais tout défenseur du paysage devra sortir de sa réflexion partisane pour une pensée "intégrée" care notre monde est complexe et les support scientifque, aide à la décision, ne sauraient se réduire à une dichotomie simple entre ce qui est bon et ce qui est mauvais. Entre le blanc et le noir, le gris occupe une large place.

Mais n'oublions pas que nous sommes au pays d'Areva et d'EDF ! Comme conclue Malaurie, les éoliennes européennes produisent déjà 30.000 MegaWatts soit l'équivalent de 20 centrales nucléaires qui ne seront ainsi pas construites.

jeudi 26 février 2009

Salon de l'agriculture derrière les cordons de sécurité

Désolé pour cette incursion purement politique dans un site qui ne doit l'être que ponctuellement mais le fait est, à mon sens, gravissime. Sommes-nous encore dans un état de droit ?
La visite de Nicolas Sarkozy au Salon de l'Agriculture n'était donc qu'une mascarade. Claque des Jeunes UMP, cordons de sécurité qui isolent les visiteurs lambda et exposants (des fois qu'il y un un pauvre c** comme la dernière fois), isolement de manifestants pacifiques qui cherchent à interpeller le mégaprésident et M. Barnier...
Le récit avec vidéo sur le site de Rue89 : http://www.rue89.com/2009/02/21/interdiction-de-manifester-devant-sarkozy-au-salon-de-lagriculture

Ils étaient sept ou huit. Leur traitement par le service de sécurité a quelque chose de pathétique.


Merci à Frédéric qui a passé l'info.

jeudi 12 février 2009

Un Plan de relance ?

Vous avez sans doute entendu parler de cette loi aux très nombreux articles dite "plan de relance" ou "Loi Devedjian". Parmi les propositions qui ont été validées par les parlementaires, il y en a de très nombreux qui concernent l'aménagement du territoire et donc la gestion des paysages.
Tout est fait, selon cette loi, pour faciliter certains pans de notre économie qui sont en grande difficulté comme l'automobile ou la construction. Il semble bien que la loi comporte cependant de très nombreux effets pervers. Et que penser des 1000 projets tant vantés sur le site gouvernemental ?

J'en veux pour seul exemple celui du patrimoine.
La relance d'un programme de travaux sur les monuments historiques (MH) vise à de grands chantiers sur des sites prestigieux. La liste est édifiante. N'attendez pas d'y trouver l'église de votre village. Il ne s'agit que de travaux que l'Etat avait retardé depuis des années (voire décennies) mais tout était déjà programmé. Qui va bénéficier de ces travaux ? Un peu tout le monde pour le plaisir de l'oeil mais financièrement ce sont surtout les grands noms des MH et du BTP qui vont faire leurs choux gras, ainsi que les Architectes en Chef des Monuments Historiques pour qui les honoraires vont pleuvoir. Pour la relance de l'entreprenariat local, il faudra encore attendre.
L'exemple de l'archéologie préventive est aussi intéressant. La petite loi qui la concerne a mis en place des nouveaux délais, plus stricts, dans les procédures administratives liées aux opérations de fouilles préventives (diagnostic ou fouille). Si les délais ne sont pas respectés par l'opérateur en archéologie (dont le budget et les moyens d'intervention dépendent grandement de l'Etat), alors les prescriptions obligeant la réalisation de fouille tomberont d'elles-même et les projets de construction (lotissements, routes, zones d'activités ...) pourront se réaliser ... en détruisant légalement les vestiges archéologiques. Évidemment, la présence des archéologues pourrait retardé l'efficacité du plan de relance.
Quand je vous disait qu'il y avait des effets pervers.

Je vous invite, chacun dans vos domaines de compétences à lire les propositions ou lois figurant sur le site avec un esprit critique. Bien sur, certaines propositions sont réellement intéressantes, comme la lutte contre l'habitat indigne, l'aide à l'hébergement d'urgence ou le soutien aux micro-entreprises. Mais il y a peut-être des effets induits encore non mesurés.

Et pour nous, en Normandie ? Pas grand chose; seuls quelques grands chantiers (déjà engagés d'ailleurs pour certains) comme les nouveaux quais du port du Havre ou la restauration de la cathédrale de Rouen. Mais pas de soutien au plan de rénovation urbaine rouennais ou havrais, un petit chantier sur le transport ferroviaire à Serqueux, et aucune concertation pour le développement de la construction qui va ainsi pouvoir poursuivre de façon sauvage sa consommation d'espace en périphérie urbain.

Et l'EPR qui sera construit à Penly, si les normands (les citoyens pas les politiques) ne se mobilisent pas pour l'empêcher, il participera sans doute à sa façon à la relance. Mais ce sera court et les lotissements ne manqueront pas de se développer dans le Petit Caux. Je vous invite d'ailleurs à parcourir quelques textes écrits à ce propos, pro et anti: C. Taleb, communiqué des Verts de Rouen, les anti-nuc diéppois, S. Jumel (maire de Dieppe), J. Bazin, S. Taleb-Tranchard.

Combien de temps faudra-t-il attendre pour que le monde politique entende la complexité de l'espace et des paysages qui composent notre territoire ? Du Grenelle de l'Environnement, ils n'auront retenu que les composantes facilement valorisables et se seront copieusement assis sur toutes nécessité de discussion, de débat, de démarche participative. L'exemple de l'EPR n'en est que le plus grossier.

jeudi 9 octobre 2008

Energie solaire et patrimoine

Le Ministère de la Culture se met à l'énergie solaire.
Plus exactement, une journée d'échange aura lieu le 6 novembre à la Direction de l'Architecture et du Patrimoine afin de voir comment la construction peut être à la fois écologique et respectueuse du patrimoine historique ou paysager. Hormis une introduction très institutionnelle de Michel Clément, le Directeur du Patrimoine, et une présentation tout autant institutionnelle sur le cadre d'action de l'ADEME, la journée présente quelques éléments intéressants.
Sege et Lipa Goldstein présenteront le groupe scolaire "zéro énergie" de Limeil-Brevannes. La Direction Régionale des Affaires Culturelles de Rhône-Alpes présentera ses actions en partenariat.
L'intervention de la fin de journée sera celle du directeur-adjoint du Parc Naturel Régional du Lubéron où les exigences environnementales et patrimoniales fortes obligent à un cadrage très précis sur les constructions souhaitant utiliser l'énergie solaire.

De belles exigences, certes ; demander au particulier de savoir s'accommoder de toutes les règlementations pour le bien de la planète pourrait être accompagner d'une plus grande disposition du Ministère de la Culture.

Et si on commençait par balayer devant sa porte. Ce même ministère organise des stages pour son personnel pour amener ses services à un comportement plus écologique. L'acquisition de fournitures est envisagé comme devant passer par des filières plus propres : matériaux recyclés, produits fabriqués selon des principes respectueux de l'environnement, ...
Mais, comme chacun le sait, les produits labélisés écolos sont plus couteux. Et les crédits d'achats de fournitures de sont pas particulièrement en hausse.
Les gestionnaires de crédits des services du ministère ont leur réponse. Nous n'allons pas acheté des crayons et du papier 20 à 30 % plus cher avec le même crédit de départ. A moins de faire également diminuer la consommation de ces dit-produits.

Madame la Ministre, si vous commenciez par donner les moyens à vos services de dépenser plus écolos, et si vous réalisiez le bilan écologique de vos bâtiments.

L'Etat est plein de bon principe mais a bien du mal à s'applique à lui même les conseils qu'il délivre à autrui.

dimanche 14 septembre 2008

Le Grenelle de l'environnement est un crime

Le titre en dit assez long.
Si vous ne l'avez pas encore entendu, allez donc découvrir l'analyse de Gilles Clément, comme toujours à la pointe de l'intelligence lorsqu'il s'agisse de vivre en symbiose avec notre planète.
Sur Rue89, cette interview est une occasion aussi de mieux comprendre les engagements de Gilles : Le Grenelle est un crime

vendredi 11 juillet 2008

Comble du cynisme social

Ce matin, sur France Inter, un "spécialiste de la bourse" (comprendre un représentant des investisseurs) commente la baisse du CAC40.
La baisse du pouvoir d'achat des ménages en serait la cause. En fait, ce sont les actions de la grande distribution et des fabricants des produits de consommation courante qui baissent et entrainent la chute du CAC. Les sociétés Danone, Carrefour et quelques autres perdent des points car nous achetons moins leurs produits faute d'argent disponible.
Les prix de l'action baissant, "heureusement", les gros investisseurs vont en profiter pour acheter et le prix remontera donc d'ici quelques temps.

Une belle façon, claire et cynique, de nous expliquer que les pauvres devenant plus pauvres, les plus riches qui ont les moyens d'investir pourront devenir plus riche grâce à la Bourse.

Nous vivons décidément une époque formidable !

samedi 28 juin 2008

La Grande Fraude ?

Peut-être avez vous vu la vidéo "La grande fraude du réchauffement global" ( "The Great Global Warming Swindle"), documentaire très brittisho-brittish de BBC Channel 4. Il pose des questions importantes sur la réalité de nos connaissances et de leurs conséquences. C'est bien là le problème. Quand nous affirmons scientifiquement quelque chose, même se les arguments demandent à être vérifiés, les politiques construisent à partir de cela un cercle de décisions qui génère des conséquences souvent non mesurées. Les théories de Martin Durkin doivent cependant être encadrées. Et là comme dans les défenseurs de la thèse du réchauffement global lié au CO2, c'est cet encadrement qui fait défaut. Science et conscience sont décidément deux facettes de notre société qu'il est bien difficile de conjuguer ensemble.
Lis l'article de Skyfall à ce sujet.

Le documentaire, très bien fait, percutant, en réelle concurrence avec le film d'Al Gore, laisse tout de même un vaste malaise. on pourrait penser : "et si ils avaient raison ?"... mais quelle responsabilité si ils ont tord.

Le vrai débat est peut-être ailleurs.

Cette vaste campagne de communication/contre-communication devrait surtout nous apprendre la prudence. Tout scientifique sait bien que les données sont une chose. L'interprétation des données en est une autre. ici, tout est devenu subjectif alors que l'on voudrait nous faire croire que la réflexion est hautement scientifique, donc fondée et vraie. Or, c'est exactement le contraire que nous devrions comprendre. La compréhension des phénomènes climatiques et météorologiques sur le long terme fait partie des analyses systémiques parmi les plus complexe où la part d'interprétation est énorme. Quelques questions pour vous mettre la "puce à l'oreille" : comment peut-on comparer de façon crédible des données sur 30 ans et des données sur 30000 ans ? Peut-on discriminer la cause de la conséquence, l'œuf de la poule ? Quelle est la part de l'interprétation dans les affirmations ? Voilà dans quel état d'esprit j'ai regardé le fameux film sur la grande fraude. Je suis resté très septique. Tout autant que sur certains éléments de la théorie sur le CO2 responsable de l'effet de serre. Une seule chose reste à prendre en compte : il faut de toute façon se préparer à des changement et à restreindre nos consommations énergétiques.


Que nous abordions un second petit âge glaciaire ou un vaste réchauffement dans la durée ; qu'il soit lié au CO2 ou aux tâches solaires ; notre adaptation devra se faire. Et en regard de la réactivité de la population et de nos politiques, mieux vaut changer nos habitudes de vie, de consommation d'énergie, de rejets de produits non assimilables par l'environnement ...
Car si un jour nous comprenons ce qu'est réellement le changement climatique dans ses mécanismes et ses contraintes, il sera sans doute trop tard pour prendre des décisions.

C'est donc maintenant qu'il faut choisir de vivre avec la planète et non pas à ses dépends.

vendredi 20 juin 2008

Alerte sanitaire ??? pour quoi faire ???

Le texte ci-dessous me semble assez explicite par lui-même. c'est une alerte supplémentaire qui devrait nous pousser à agir, à penser, à vivre différemment. Voulez-vous vraiment consommer de l'huile de vidange sans le savoir ? Même si il y a de fortes "chances" que, si vous en avez consommé, les taux de dilution soit tel que le danger reste marginal, le principe de la non-divulgation de l'information et de la négligence des services sanitaires a tout pour nous rendre suspicieux. Voir le blog de Raffa.

Achetées en Ukraine, 40000 tonnes d’huile de tournesol coupée au lubrifiant pour moteur ont été distribuées en Europe. Et les produits concernés n’ont pas du tous disparu des rayons français.

Depuis le 5 mai, de mayonnaise, des plats cuisinés, de la vinaigrette industrielle, des conserves à l’huile, etc… préparées avec de l’huile de moteur sont en vente dans les grandes surfaces. Et ce avec la bénédiction des pouvoirs publics et de la Commission européenne. Bien sur, le consommateur n’a pas été informé…

Officiellement, tout commence le 21 avril dernier, quand le groupe Saipol, numéro un français de la transformation des oléagineux et accessoirement propriétaire de Lesieur, prévient la Répression des Fraudes que son usine de Sète, où est raffinée de l’huile de tournesol brute, il y a un sérieux pépin. Une grosse rasade d’huile achetée en Ukraine est farcie à l’”huile de moteur“, huile minérale dérivée d’hydrocarbure. Et pas qu’un peu : d’après nos informations, sur 2800 tonnes d’huile apparemment irréprochable, livrées en France, 19 tonnes auraient mieux fait d’aller graisser des rouages et des pistons que des gosiers. Deux jours plus tard, la France informe officiellement ses voisins européens : cette cargaison fait partie d’un énorme lot de 40000 tonnes, qui a atterri non seulement en France, mais aussi aux Pays-Bas, en Italie et en Espagne. Et c’est tout le lot qui a été trafiqué ! De quoi, pour les escrocs, se faire du beurre : sachant que la tonne d’huile de tournesol brute est vendue 1800 euros et que d’après les confidences d’un fonctionnaire de la Commission européenne, ce sont en tout pas moins de 280 tonnes d’huile de moteur qui ont été introduites en douce dans les containers, les margoulins d’Ukraine ont empoché un bénéfice de 504000 dollars (moins ce qu’ils ont déboursé pour l’huile bidon, certes, mais celle ci coûte des clopinettes).

A partir du 26 avril, la Commission européenne et la répression des fraudes rendent publique l’alerte. Officiellement, l’huile de tournesol frelatée mise en bouteilles et les plats préparés à partir de cette mixture ont tous été retirés des rayons et “n’ont pas atteint le consommateur“. Fort bien, mais, au fait combien de lots ont été retirés en tout ? Questionnée par “Le Canard”, la DGGCRF, autrement dit, la Répression des fraudes, explique que “compte tenu du nombre d’entreprises concernées, il est impossible d’en connaître le nombre exact“. Chez Carrefour Promodès, enseigne qui possède la moité des grandes surfaces alimentaires en France, on admet du bout des lèvres avoir retiré pas moins de… 200 produits concernés !

Bref, tout baigne. Sauf qu’il reste un léger problème : Saipol, la maison mère de Lesieur (laquelle marque a fait répondre au Canard par son agence de com’ qu’elle n’était “en rien concernée“), a reçu sa cargaison d’huile frelatée fin février. Et n’y a vu que du feu. Jusqu’à ce qu’un mois plus tard un industriel du nord de l’Europe, destinataire du même lot, l’informe après analyse que quelque chose clochait dans l’huile de tournesol ukrainienne . Et ce n’est qu’un mois plus tard que Lesieur a enfin sonné l’alerte auprès de la Répression de fraudes. La question qui se pose est cruciale : combien de produits assaisonnés à l’huile frelatée ont été conditionnés et commercialisés entre-temps ? Saipol reconnait avoir raffiné l’huile en question pour la vendre ensuite à une trentaine de clients de l’industrie agroalimentaire1 , dont il refuse de citer les noms. Mystère et salade verte. […]

Mais il y a plus sérieux : contrairement à ce qu’ont d’abord assuré la Commission européenne et les pouvoirs publiques français, tous les produits additionnés d’huile contaminés n’ont pas été retirés des rayons. En effet, le 2 mai, la Commission européenne s’est fendue en catimini d’une recommandation autorisant la vente de tous les aliments contenant moins de 10% d’huile de tournesol frelatée. […]

Comme l’admet la DGCCRF dans une note adressée au Canard, le 7 mai, “en l’absence de toxicité aiguë”, tant pis pour les mayonnaises et autres petits plats déjà vendus. “Aucun rappel” n’a été effectué .[…]

[Le Canard enchainé, 14 mai 2008]

vendredi 4 janvier 2008

2008... et plus si affinités

Il est temps de souhaiter une bonne et heureuse année 2008
à tous les amoureux, observateurs ou constructeurs de paysage en Normandie.
Bonne année aux architectes qui choississent de faire table rase du passé pour construire en centre ville,
bonne année aux bétonneurs de nos fonds de vallée en Austreberthe, Cailly, Risles et Iton,
bonne année aux affichistes qui savent se limiter à des panneaux autorisés de moins d'un mètre carré un peu partout,
bonne année aux élus qui font passer l'intérêt privé avant le collectif,
bonne année aux creuseurs de bassins d'inondation qui ne résoudront rien,
bonne année aux autoroutiers construisant de futures friches,


et

bonne année aux agriculteurs, esclaves des multinationales ou fonctionnaires européen,
bonne année aux personnels de l'équipement qui sont au four et au moulin dans une folle réforme,
bonne année aux paysagistes qui ont des projets de paysages et qui doivent juste aménager,
bonne année aux inventeurs en développement durable qui ne sont pas solvables,
bonne année à ceux qui se lèvent le matin en disant : "et si on rendait le monde plus beau !",
bonne année aux chercheurs en sciences humaines à qui on demande d'être rentable,
bonne année aux vents qui soufflent plus fort, à la mer qui monte, au soleil qui brûle,
bonne année, bonne année, bonne année,...

et bonne année à chacune et chacun qui passez par ici.

vendredi 26 octobre 2007

Ronds Points Brestois

Si vous lisez ce blog de temps à autres, peut-être avez-vous lu le post sur le livre de Nicolas Chaudun.
Il y a dans ce livre un très beau cri d'alerte sur les ronds-points.
Pour aborder ce sujet (et ce ne sera surement pas la dernière fois) je vous propose un texte extraordinaire d'un groupe brestois qu'il vous faut découvrir : Les Goristes

Mélange de Gorets et de Choristes, il sont huit et portent les tee-shirt avec les lettres du nom de leur groupe
:

le “G”, Christian Desnos : chant, accordéon diatonique
le “O”, Patrick Audouin : guitare, piano, chant
le “R”, Fañch le Marrec: chant
le “ I”, Yvon Étienne : chant
le “S”, Jacquy Thomas: basse, chant
le “T”, Jean Paul Ferrec: chant
le “E”, Jacky Bouilliol: claviers, accordéon, chant et monologue
le “S”, Henry Girou: chant.

Voici donc un de leurs textes, consacré aux ronds-points, pour lesquels la Bretagne est une véritable terre d'accueil.



Les ronds-points (paroles et musique: Henry Girou)

Un vrai fou du volant, à cent quarante à l’heure,
Déboula nuitamment dans la rue Louis Pasteur.
Cet acte de givré, cette conduite imbécile,
Allaient vite entraîner des réactions débiles.
Les personnes compétentes de l’ urbanisation,
Ces grosses têtes pensantes furent en ébullition,
Lancèrent au p’tit bonheur des investigations
Quand un des ingénieurs dit: j’ai la solution !

Refrain :
Un rond point ou deux ronds points
des ronds-points petits, gros, carrés, ovales ou bien ronds
En campagne ou urbain, le rond point c’est le fin du fin c’est la solution

Adieu aux quatre voies des boulevards et des routes
Car ces esprits étroits nous ressortent leurs " bi-routes "
Ça fait plein d’ entonnoirs tous ces foutus ronds-points
Bouchons matin et soir tous les jours de turbin.
Les bus articulés sont désarticulés
Aux passages piétonniers on n’ ose plus traverser
Mais chez les fiers penseurs de l’urbanisation
C’est le même ingénie qui trouve la solution.

Refrain :
Le rond point un peu plus loin
plus petit plus gros plus ovale plus carré ou plus rond
En campagne ou urbain
le rond point c’est le fin du fin c’est la solution
On s’ demande avec inquiétude si nos décideurs ne sont point ronds
Il faut sûrement faire plein d’ études pour pouvoir être aussi con

Un papy Alzheimer roule sur la voie express
A soixante cinq à l’heure mais dans le sens inverse
Les autos dans le bon sens arrivent à l’éviter
Coup de bol coup de chance il n’y a pas de blessé
Si l’ on veut que ce stress demeure exceptionnel
Modifions voie express et pont de Plougastel
A l’équip’ ment les penseurs ne sont pas légion
Un de ces “high glandeur” dit: j’ai la solution !

Refrain :
Des ronds-points plein de ronds-points
des ronds points sur l’ pont d’ Plougastel
à chaque r ioute , chaque chemin
En campagne ou urbain le rond-point c’est la solution c’est le fin du fin

Entre l’ rond-point des champs et le rond-point des villes
on “rondpointise” gaiement On “rondpointise” plus d’ mille
Villes, villages ou hameaux tout l’ monde a son rond-point
Et passent pour des blaireaux ceux qui n’en ont pas un
Des ronds-points majuscules fleuris de vieux gréements
Et d’autres ridicules des minus en ciment
D’un côté les chauffeurs qui jurent à foison
Et de l’autre le chœur des marchands de goudron.

Refarin :
Les ronds-points vive les ronds-points
les ronds-points petits gros carrés ovales ou bien ronds
En campagne ou urbain les ronds-points c’est le fin du fin pour faire du pognon
On s’ demande avec inquiétude si nos décideurs ne sont point ronds
Il faut sûrement faire plein d’ études pour pouvoir être aussi con .

Quand un autre crétin à cent quarante à l’heure
Traversera les ronds-points de la rue Louis Pasteur
Aux services urbains on innovera encore:
Remplaçons les ronds-points par des feux tricolores
Remettons en quatre voies les boulevards et les routes
Fin de l’esprit étroit supprimons nos " bi-routes "
Pas mieux que les feux pour supprimer les bouchons
Et on rendra heureux les marchands de goudron.

Refrain :
Quand les ronds-points vaudront plus rien,
les ronds-points petits, gros, carrés ovales ou bien ronds
En campagne ou urbain les feux tricolores redeviendront la solution
Faire et défaire c’est une certitude c’est le rôle de l’urbanisation
Même si on en a pris l’habitude y en a marre d’être pris pour des cons .

mardi 16 octobre 2007

Entrée de ville - Rouen Est

Mais où se trouve l'entrée de ville de Rouen en venant de Paris par la RN 14. Franqueville-Saint-Pierre nous en impose une au carrefour de la Garenne avec un rond-point éclairé de façon assez spectaculaire. Mais l'entrée n'est elle pas plutôt juste avant Mesnil-Esnard, à la séparation des routes vers Darnétal et Bonsecours, avec ce grand rond-point sans caractère.
A moins que ce ne soit encore plus loin, lors de la descente de la côte de Bonsecours lorsque la vue sur Rouen se dégage sous nos yeux. Et quelle vue !
Et par la RN 15, requalifiée RD 6015, entrons-nous dans Rouen sur les quais, entre le coteau et l'incinérateur inutile. Ou bien, est-ce au niveau du bar le Brazza ?
Il semble bien que la vrai entrée dans Rouen, pas dans l'agglo mais dans la ville soit le carrefour Saint-Paul. Entrée de ville monumentale, consacrée toute entière à l'automobile, où le piétons doit se faire discret pour ne pas finir sous les roues, où l'église Saint Paul n'est plus qu'un spectre noirâtre et désincarné, où la moindre bordure de trottoir accessible est transformé en parking, où la ville et tout sauf accueillante.

Alors, en cherchant une entrée à son Agglo, Rouen a oublié de chercher une belle entrée à sa ville côté Est.

Je repense à cet article paru dans Paris-Normandie en début septembre (PN - Edition de Rouen 04/09/07) intitulé "L'Est laisse à désirer". On pouvait lire : "Sur quelques centaines de mètres, trois communes se succédent Amfreville, Bonsecours et Rouen. Là, 17000 véhicules (rien que sur l'ex N15) filent chaque jours vers les quais de la rive droite... Un trafic asphyxiant, voilà la plaie du quartier."

Le seul point positif est l'espoir de l'aménagement du quai, à l'emplacement de la déchetterie, dont le déménagement est programmé. Allons-nous voir un beau paysage de plaisir dans un contexte non traité, en deshérance ? Il faut tout faire pour que la place Saint-Paul donne enfin une image d'accueil de la ville, une image où la place du citoyen n'est pas celle de l'automobiliste.
Edgar Menguy (adjoint chargé de l'urbanisme) déclarait en septembre que si il n'y avait rien de fait (et rien d'envisager non plus), c'est parce que l'asphyxie routière doit être résolue par le contournement Est et qu'il n'y a pas d'opportunité foncière. Et qu'il y aura la renaturation du pied de la colline Sainte-Catherine. La seule volonté politique semble être sur le quartier du Pré-au-loups.

Sans volonté politique, ce n'est pas demain que ce quartier reprendra visage humain.

vendredi 21 septembre 2007

A voir absolument

Cliquez sur le lien, vous comprendrez comment certaines mises en oeuvre et traitement de la pollution n'ont plus grand chose à voir avec le développement durable.

http://www.lemonde.fr/web/video/0,47-0@2-3244,54-957302,0.html?xtor=RSS-3244

vendredi 7 septembre 2007

Qui gère quoi ?

En voilà une question qu'elle est bizarre ! Qui gère quoi ?

En matière de paysage, c'est réellement une question à poser. A priori, et en application de la règlementation, c'est la DIREN (direction régionale de l'environnement) qui gère les sites et paysages. Mais les sites contiennent bien souvent de nombreux sites dont l'intérêt patrimonial relève également de la compétence des services du Ministère de la Culture (DRAC), que ce soit les monuments historiques, le service d'archéologie, ou le service départemental de l'architecture avec ses ABF. Sans compter, les commissions des sites et les autres instances qui dépendent des collectivités territoriales et qui peuvent être amenées à intervenir, en particulier dans le cadre de l'urbanisme ou pour des financements.
Après avoir parcouru les différents sites web de ces services en Haute-Normandie, la situation pourrait sembler plus flou encore.
En effet, sur le site de la DIREN, vous pouvez visionnez un beau diaporama des sites protégés et gérés par ce service de l'Etat... et comble de bizarrerie, les deux tiers des sites présentés ont, au centre de leur protection, un édifice relevant de la Culture (Château-Gaillard, Acquigny, Cany...).
Et si vous allez faire un tour du côté de la Culture, vous découvrirez que la gestion des jardins historiques, l'organisation de la journée des jardins, sont de la compétence de la DRAC.

Ah, la difficulté des compétences partagées. Et tout cela n'est que la conséquence d'une règlementation qui date de 1913 et 1930, et qui a laisser distincts deux domaines soit-disant disjoints qui sont (seraient)le culturel et le naturel.

Au moment où les conservations régionales des monuments historiques perdent certaines de leurs compétences pour cause de décentralisation, ne serait-il pas utile de provoquer un rapprochement de ces services ?
Les paysages ne pourraient-ils pas être entièrement de la compétence des DRAC(s) car notre térritoire est depuis longtemps totalement anthropisé ?
Les sites ne pourraient-ils pas aussi être totalement de la compétence des DIREN(s) au titre de l'environnement et du cadre de vie ?

Une chose est certaine, ce flou (pas artistique du tout) entretenu, ne facilite pas la gestion des sites historiques ni celle du paysage. Le seul "avantage" est de permettre à l'Etat de diminuer son engagement, son investissement, sa présence ... alors que ses services sont constitués de personnels compétents mais de moins en moins animés par la passion de leur début de carrière.

Quand pourrons-nous enfin considérer le patrimoine comme une globalité ?
Le château, son allée, son parc, ses bois, sa ferme et ses bâtiments, les terres de la ferme, l'église, les traditions des habitants de ce village, l'organisation des maisons, l'histoire urbaine, etc forment un tout que quelques urbanistes nomment "cadre de vie" et serait sans doute mieux géré par une seule et même équipe.

lundi 21 mai 2007

Le paysage, les ploucs et moi


Ce livre de Nicolas Chaudun a déjà 5 ans mais mérite de figurer parmi les bonnes références, et originales en plus, sur la lecture du paysage que tout un chacun peut développer.
Bien que je ne sois pas en accord avec tous les propos de l'auteur, il faut bien reconnaître qu'il joue parfaitement de rôle de l'aiguillon face à la pollution paysagère. Si les rond-points aménagés de façopn surprenante pour répondre à un souhait, certes justifié, de paysage maîtrisé ; si les subventions européennes pour l'agriculture vous semblent distribuer selon de critères étranges et bien peu soucieux du paysage ; si pour vous l'aménagement du territoire doit rimer avec prise en compte des besoins de proximité et d'intégration paysagère... alors ce libre ne pourra que vous réjouir. ;-)

Deux extraits pour le plaisir :
"Les meilleures raisons justifient le saccage. A commencer par l'Emploi, et, plus précisément, le chantage auquel il donne lieu quand il se fait rare. Tous les garde-fous s'abaissent, dès lors qu'il s'agit de créer des emplois. Ainsi le conseil général de la Vienne s'est-il mis en tête de ravager la forêt de Scévolles pour y installer - devinez quoi ? - le Naturoscope, un observatoire high-tech de la vie sauvage. Le tribunal administratif a beau s'y être opposé, la promesse de 200 emplois s'est payée au prix de cent hectares de pure nature dont la préservation eût été plus démonstrative que n'importe quel parc à thème."

"
S'il semble entendu qu'écologie et aménagement du territoire relèvent d'une commune problématique, il reste un impératif que le ministère de l'Environnement s'obstine à négliger : l'économie d'espace. Nous nous comportons en pionniers d'Amérique confrontés à une immensité vierge. Nous ne reconstruisons pas à la place de ce qui est obsolète, mais à côté, comme si nous disposions d'une réserve inépuisable de territoire. Ce lieu commun selon lequel la France ne serait qu'un vaste désert, il faut lui tordre le cou. On s'apprête à délocaliser les sites industriels sensibles (les fameux Séveso) en rase campagne, déserte, de préférence, sous prétexte d'épargner nos santés. Ainsi, les écologistes en charge de la qualité de notre environnement partent-ils à l'assaut des ultimes enclaves de territoire que notre inconséquence n'avait pu corrompre. Mais, bon Dieu, il n'est pas de pollution qu'atmosphérique ! Le grignotage, l'injure faite au regard en sont d'autres, tout aussi néfastes. Le beau, sous le ciel, est vital. Il dit tout, ou presque, d'un peuple. Le chaos perceptible à l'oeil nu préfigure l'agonie de ce peuple."

Le Paysage, les ploucs et moi, de Nicolas Chaudun, aux Editions du Rocher, collection Colère, 7,25 euros chez Amazon.fr