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mercredi 11 août 2010

Matt Simmons est mort

Le nom de ce banquier ne vous dit sans doute rien, pas plus que le nom de son cabinet d'expertise Simmons & C°.

Si je vous dis "Twilight in the desert" (rien à voir avec la série de livres à succès de Stéphenie Meyer), vous pouvez peut-être faire le lien avec l'Arabie Saoudite, pays qui est au centre de ce livre de Matt Simmons.


Il y développe une théorie, créée par King Huppert, sur le pic pétrolier (the peak oil) où le financier qu'il est donne raison au géologue. Il demande surtout une plus grande transparence de la part des pays producteurs et des sociétés exploitantes des réserves pétrolières afin de mieux prévoir l'avenir, anticiper les changements fondamentaux qui finiront par survenir de l'après-pétrole, et éviter une spéculation sans raison sur les produits qui ont sont dérivés.


Aujourd'hui, où l'on commence à mesurer l'impact du pétrole dans notre société, dans l'aménagement du territoire et nos paysages, avec ce que cela comporte d'irréversible, la fiabilité des informations sur les ressources énergétiques n'est toujours à l'ordre du jour. Elle devrait pourtant figurer au premier plan de nos préoccupations. Pour garantir le statut quo pacifique actuel entre producteurs et consommateurs, pour mieux préparer les alternatives, pour faciliter les prises de conscience des populations. La fuite du puits du Golfe du Mexique pourrait servir de leçon, non seulement pour la prise en compte du risque environnemental, mais aussi pour mesurer à quel point cette ressource est précieuse et non renouvelable.
Attendons donc la prochaine catastrophe ! Et il faut continuer de répéter les demandes de transparence des gouvernements et des sociétés pétrolières déjà demandées par Hupper et Simmons depuis plusieurs années sur les productions, consommations et états des réserves de l'ensemble des pays.

mercredi 25 mars 2009

Annonce bibliographique

Depuis plusieurs mois, j'ai engrangé des notes de lectures et des références bibliographiques d'intérêt concernant le paysage sous toutes ses formes. Je vais vous en faire durant les prochaines ... semaines.

Quelques titres :
Agricultures méditerranéennes, de Louis ALBERTINI
Guide de lecture des cartes anciennes, de Sandrine ROBERT et Laurent COSTA
Des châteaux et des sources, mélanges en l'honneur de Anne-Marie Flambart-Héricher
Les usages des cartes, de Isabelle LABOULAIS
...

A suivre (c'était le teasing du jour !) ;-)

lundi 17 mars 2008

Tagué pour 6 gestes

Laeti me demande de faire connaitre à la communauté du net 6 geste que je fais pour la santé de la planète (petit jeu simple et gratuit - règles du jeu en bas de ce message).
Et il n'est pas interdit de prendre exemple ;-)

Geste n° 1 : Recycler ?
Simple, sans doute, mais le prendre comme une question de tous les instants n'est pas si facile. Par exemple, lors d'un achat, il faut tout de suite envisager ce qui est recyclable ou non, et toujours favoriser l'objet qui sera le plus reconditionné, réutilisé à un autre usage ou détruit pour refaire autre chose.

Geste n° 2 : Manger ?
Mais ne manger que le nécessaire. On voulait bien parler ici des gestes quotidiens, et il n'y a pas plus quotidien. Je, tu, il, nous mangeons tous les jours, plus ou moins. Mais ne mangeons-nous pas trop, parfois sans même de plaisir ? Et en plus d'être souvent plus sain, on peut redécouvrir le vrai gout des choses. Les pâtes peuvent aussi se consommer sans crème ni fromage. Mais je ne m'empêche pas de varier les plaisirs.

Geste n° 3 : Marcher ?
A chaque fois que c'est possible, privilégier la marche à pied. Par exemple, le midi, pour me rendre de mon travail au restaurant administratif, et si rien ne me presse, c'est 40 à 50 mn de marche.

Geste n° 4 : Informer ?
Etre veilleur est pour moi l'une des clés de l'avenir. Il faut des éveilleurs de conscience, des allumeurs de responsabilité. Par ce site, par mes rencontres, par mon travail, mon action est toujours la même : montrer que nous sommes responsables de l'état de la planète et que nous devons tout faire pour la maintenir vivable pour nos descendants mais aussi pour tout être vivant.

Geste n° 5 : Connaitre ?
L'un des meilleurs moyens d'informer les autres est de rester soi-même toujours à l'écoute. J'ai souvent l'impression de vivre pour apprendre. Les noms des plantes, les sons que font les animaux, l'histoire des peuples, le fonctionnement de la planète... tout cela permet d'être en éveil. Connaitre est plus important que posséder.

Geste n° 6 : Jardiner ?
Un jardin a besoin de peu de chose pour vivre. Fini les pesticides, les arrachages sauvages, les anti-truc et anti-machin. Cette année, je suis passé à la main écolo... moi qui n'est jamais eu la main très verte. Mais tout devient simple en prenant la devise de Gilles Clément : "Faire le plus possible avec, le moins possible contre." (Le jardin planétaire) Exemple : pourquoi tondre la pelouse trop court alors que certaines plantes (graminées ou poacées) vont fleurir et se reproduire, et qu'une fois coupés certaines vont griller. Ne pas tondre limite l'arrosage.

Et j'en passe
Quand je pense à tout ce que je ne fais pas !!!, quel boulot encore ;-D


Voila six gestes qui sont très présents pour moi. Et je transmets cette même question à 6 autres personnalités diverses :

Sandrine : mon journal d'artiste

Esperluette

Laure Leforestier

Michel Lerond

Anna

Olivier Keller

*La règle du jeu est la suivante : si votre blog est tagué, voici ce que vous devez faire, enfin si vous avez envie de le faire, évidemment, car nous sommes des êtres libres.
* Mettre le lien de la personne qui vous a tagué
* Indiquer le règlement du tag
* Mentionner six choses ou gestes que vous faites régulièrement pour la protection de la planète.
* Taguer six personnes à la fin de votre billet en indiquant les liens de leurs blogs
* Avertir directement les personnes taguées sur leurs blogs.

mercredi 12 mars 2008

Dès demain !

Merci à ceux qui passe par ici... mais j'ai des demandes à honorer.
Demain je vais donc devoir répondre à Miss écolo, et également de fournir mes "bouts de la rue" pour enrichir les images de l'atelier de Figue.
J'ai également quelques compte-rendus d'ouvrages à vous livrer et des colloques à vous annoncer. Donc à très bientôt.

mardi 19 février 2008

CDC : Caisse des Dépôts et Conservation ??!!!

Mon titre pourrait vous induire en erreur. Non, la CDC ne change pas de nom.
La célèbre CDC (Caisse des Dépôts et Consignation) devient un organisme à comportement équitable. Du moins, ce que sa direction avance.
Déjà, en fin 2007, la Caisse avait édité une petite feuille annonçant la prise en compte de la compensation carbone de son fonctionnement, comme elle l'a déjà fait en 2006. Un équivalent de 30 000 tonnes de GES a été pris en compte. Pour la période 2006-2012, la CDC s'est engagé à la neutralité carbone, autant pour le fonctionnement de l'établissement public que pour ses filiales. Elle va réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 3% par an.
Le financement mis en place pour cette compensation est orienté l'aide à des projets de petite énergie hydroélectrique, éolienne ou de capture de méthane. Cette somme est de 3 M€.

Et aujourd'hui, la CDC devait annoncer une seconde étape, importante en matière de paysage.
Le programme est lancé par la création d'une nouvelle filiale "CDC Biodiversité", a vocation limitée : "conduire des actions de restauration, de gestion, de valorisation et de compensation de la biodiversité."

Important en matière de paysage, car c'est la CDC qui aide au financement de nombre de grands projets d'aménagement du territoire. Les autoroutes sont souvent dans le collimateur pour les destructions ou dégradation paysagères induites. ASF (Autoroutes du Sud de la France) a déjà signé un accord pour une nouvelle voie près de Bayonne (prolongement A63).
Un dossier complet, avec le communiqué d'annonce, a été mis en ligne sur le site de la CDC :
http://www.caissedesdepots.fr/spip.php?article952
et la dite filiale a déjà été pourvu d'un site propre :
http://www.cdc-biodiversite.fr/

Tout cela présage de bonne chose... mais !
Il est difficile d'avoir confiance envers une structure au fonctionnement aussi complexe que la CDC. La preuve, la direction de CDC-Biodiversité est donnée à une autre structure, la Société Forestière, autre filiale de CDC. !!!

En faisant cette annonce aujourd'hui, Augustin de Romanet, le président de la CDC a décidé de surfer sur l'effet (?) Grenelle de l'Environnement. Car les problèmes ne vont pas tarder à apparaitre, comme le signale Laurence Caramel dans son article du Monde
Défiance chez France Nature Environnement, inquiétude au WWF, et les scientifiques seront certainement très partagés sur les options prises.
En effet, le principe retenu semble celui de la compensation, c'est-à-dire un nouveau droit à faire quelque chose de néfaste si on le compense par quelque chose de positif. Un nouveau droit à détruire en quelque sorte.
Et cela, même si un solide comité scientifique est mis en place : Luc Abbadie (biochimiste et directeur adjoint du Département Environnement et Développement Durable du CNRS), Robert Barbault (écologue au MNHN), Jean-François Dobremez (spécialiste des éco-systèmes de montagne), Jean-Claude Lefeuvre (écologue et président de l'Institut Français de la Biodiversité) et Jacques Weber (Directeur du même IFB). Toute la connaissance de notre environnement serait-il au main de la seule discipline "écologie" ?
Sans vouloir faire de guerre de chapelle, tout ça sent un peu la pensée unique d'une certaine écologie... mais j'y reviendrais certainement.

Passons par l'exemple :
Imaginons, la CDC décide de financer la construction du contournement de Rouen par l'Est et de tout faire pour favoriser le passage au moins coût, y compris en menaçant des zones sensibles et des paysages remarquables... mais en contrepartie, la CDC finance un programme de requalification d'espaces naturels dans un autre secteur de la région normande et de protection d'une espèce locale. Est-ce vraiment faire preuve de prise en compte des contraintes locales en matière d'environnement et de paysage, ou bien, n'est-ce pas plutôt une façon d'éluder le problème ?

Prenons un autre exemple chaud du moment. Le prolongement du Grand Canal du Havre pourrait être financé de la sorte, avec perte de surface en roselières et prairies humides, mais en favorisant l'implantation du butor étoilé ailleurs que dans la basse Seine !!! On rêve.

Attendons un peu pour voir comment cela va fonctionner. Car si l'outil est bien utilisé, ce peut être réellement une chance de limiter les projets car si le prix de la compensation pourrait être exorbitant. Mais justement, la question est : combien ça vaut "un butor étoilé"... combien ça vaut " une perspective sur l'abbaye de Saint Wandrille, ... combien ça coute "une zone humide" ???

Quelques questions qui sont justement au cœur des programmes en cours d'élaboration au sein du GIP Seine-Aval. Quelques travaux ont déjà effleuré ces sujets comme la thèse de D. Laroutis. Les économistes devront nous dire comment estimer le cout d'un site naturel, paysager, ou autre, en fonction des aménités et diverses modalités d'usage.

Et il faut également craindre que le choix fait par la CDC ne s'étende à d'autres financeurs qui cherchent une façon simple de se dédouaner de quelques projets délicats en faisant usage de mesures dites compensatoires. C'est quelque chose qui existe déjà mais pourrait devenir un véritable système menaçant le principe de la négociation autour d'un projet. Vraiment, une histoire à suivre au fil des années et des opérations d'aménagement.

dimanche 10 février 2008

Le Paysage pour les débutants - 5

Autre dimension de l'étude des paysages : la mise en relation de l'histoire et de la géographie.
Cela a donné naissance à une nouvelle discipline qui présente de nombreuses variantes (et donc des noms différents), souvent liées à l'époque et au(x) paradigme(s) du chercheur.
On a parfois parlé de Géographie Historique, de morpho-histoire, et aujourd'hui d'archéogéographie.

Issue des réflexions de Gérard Chouquer et son équipe de recherche, cette discipline étudie l'impact de l'occupation humaine, dans l'espace et le temps, par une analyse de la morphologie de ces occupations, de leurs aménagements périphériques et de leurs relations avec les espaces "naturels".
L'espace caractérisé est ici proche de ce Augustin Berque nomme "Ecoumène".
Les techniques utilisées proviennes de la cartographie, de la photographie verticale, oblique ou satellite, de l'urbanisme, de la géographie humaine et sociale et de la dynamique.
L'étude passe par la construction de "compilations". C'est-à-dire qu'il faut construire un document regroupant toutes les traces observables, sans distinction d'origine et de forme. Cela peut faire apparaitre des facteurs d'organisation (morphogènes, éléments structurants, planification, organisation spontanée) qui peuvent présenter une cohérence historique, ou non.
Cette base graphique de l'archéogéographe sert à discriminer les ensembles qui montrent des cohérences, des signes de durabilité ou de résilience.
Ensuite viendra la mise en relation éventuelle avec des phénomènes historiques, géographiques, orographiques, hydrographiques, géologiques ou sociaux.

L'analyse des photographies aérienne montre de nombreuses traces fossiles. Elles peuvent prendre un sens lors de leur mise en relation avec les limites de parcellaires observées sur le cadastre du début du XIXe siècle (cadastre napoléonien) et avec l'observation des haies encore présentes sur le terrain (cf la série photo aérienne - dessin d'interprétation - réseau présent dans le secteur / travaux Gérard Chouquer).

Un traité sur la discipline archéogéographique est en cours de réalisation


Pour plus d'informations, aller faire un tour sur le site "officiel" de l'archéogéographie : www.archeogeographie.org

vendredi 1 février 2008

Avec ou sans clocher ?

L'église de Berville-en-Caux, dédiée à saint Wandrille, est menacée de destruction.

En fait, l'état de l'édifice est tel que l'exercice du culte (catholique - ici) y est interdit par arrêté de péril depuis 2001. Les voûtes s'affaissent, les parois se désolidarisent, les enduits tombent ainsi que les briques.
Eglise construite au XIXe siècle, elle fait partie d'une importante série d'édifices bâtis en remplacement d'autres trop vétustes ou en ruines lors de la grande campagne de construction de la seconde moitié du siècle. Construites à la "va-vite", quelques autres églises ont déjà été désertées voire détruites comme celle de Sainte-Marie-des-Champs.
Le maire, Serge Barré, pose la question. Un village peut-il vivre sans église ? Il organise un référendum dans la commune.

Dans le Pays de Caux, comme dans d'autres terres, le paysage est marqué par les clochers qui ponctuent la skyline rurale avec les pointes ponctuelles et caractéristiques de tel ou tel village.
Lorsque vous parcourez la campagne, les paysans ne manquent pas de se repérer dans l'espace de leurs propres terres avec les directions indiquées par le clocher de ce village ou celui de cette commune. Le clocher est un signal.

Il est aussi l'identité d'un village. Les habitants ont déserté depuis longtemps l'office dominical ; pourtant, ils ne pourraient pas se résigner à ne plus avoir "la place de l'église, la vue du clocher lorsqu'ils sont en plaine, leur terre organisée autour de cet insigne tourné vers le ciel".

Trois possibilités sont offertes à Berville.
1/ La destruction puis reconstruction d'une autre édifice religieux plus modeste et adapté au culte catholique.
2/ La restauration de l'édifice existant.
3/ Une destruction partielle conservant le clocher.

Cette dernière proposition me semble particulièrement intéressante. L'église en elle-même ne présente guère de cachet qui justifierait sa conservation mais le clocher est bien identifié comme celui de Berville-en-Caux. Avec ces 5 niveaux neo-romans, il constitue un véritable symbole. La façade mériterait une conservation partielle. Mais dans le paysage local, le signal est le plus important, ainsi que la cloche. En effet, le paysage sonore est ici clairement identifié. la cloche ponctue encore partiellement la vie locale, à tel point que le maire ne semble pas se résigner à la faire taire.

Dans quelques jours, la décision sera connue. Espérons que les habitants y garderont leur "identité".

Je vous invite à visionner le reportage de TF1 qui en parle et permet d'entendre l'avis du père Christophe Ansel, curé de la paroisse de Doudeville dont dépend Berville.

mercredi 26 décembre 2007

La Nef Végétale - L'argile en ombre et en lumière


Création et paysage forment un duo qui fabrique de l'espace jardiné de qualité... surtout lorsqu'il s'agit du travail de Juliette et Jacques DAMVILLE.

La "Nef végétale" va recréer un espace de jardin délaissé du parc du château de Mesnières-en-Bray. C'est à l'invitation de l'association "Les Chemins de Traverse" que les Damville ont proposé une étrange fontaine dans laquelle on peut pénétrer, au centre d'un bassin de forme presque ovale.


Est-ce un navire ? Est-ce un poisson dont on visite les entrailles ? ou bien un arbre qui pousse au milieu de la mer ? L'œuvre, qui tient à la fois de l'organique et du minéral, est fortement ancrée dans le cadre du château de la Renaissance, près des dortoirs de l'Institut Saint Joseph, lycée horticole et sylvicole de qualité et de réputation plus que régionales.

La réalisation de La Nef Végétale permet également un travail pédagogique avec les jeunes avec des ateliers d'écriture, de céramique, et de paysage.


Le projet associe Jacques et Juliette Damville avec "Les Chemins de Traverses", Cérafrance, Bruno Dossier, l'entreprise Huré, l'Institut Saint Joseph, le Pays de Bray, le Conseil Général de la Seine Maritime, la région Haute-Normandie et bénéficie du soutien financier de l'Europe.


Les travaux vont se poursuivre durant l'année 2008 car l'inauguration n'ai prévue qu'en septembre prochain. Nous aurons l'occasion d'en reparler.


Patientez pour voir le projet complet !
Merci à Juliette et Jacques pour les informations.


Contact : ROSO Création, Bernard Tisserand

mardi 18 décembre 2007

Le Paysage pour les débutants - 4

Après avoir abordé les formes générales du paysage avec le volet de la morphologie, de la géologie ... voici un commentaire sur les sources de la connaissance des paysages dans leur dimension environnementale.
L'environnement des paysages actuels est caractérisé par les végétaux mais aussi par la faune qui y vit. Cette symbiose entre faune et flore qui forme l'une des bases de l'écologie s'applique aussi pour les temps passé. En obtenant des informations sur l'une de ces composantes pour un moment reculé du passé, on peut envisager des déductions sur les autres composantes de l'environnement.
Une plante particulière peut être associée à d'autres qui forment avec elle un groupement végétal caractéristique. Une faune peut lui être également associée. mais, ce n'est pas si simple, une plante peut appartenir à plusieurs types d'associations.
Pour les paysages et environnements du passé, c'est la même chose.
Les sciences du paléoenvironnement sont multiple. Elle peuvent donner une image directe du végétal environnant en identifiant des espèces par leurs restes.
Elles peuvent également fournir une image indirecte par des traces laissées par les espèces animales vivant dans un milieu défini.
Elles permettent également de fournir une image climatique locale ou micro-locale (stationnelle) dont la représentativité doit être estimée. Toutes ces démarches peuvent être combinées. Elles reposent sur des indicateurs.
On parle aussi de paléobotanique pour les végétaux et de paléofaune pour les animaux.
Quelques disciplines spécifiques sont :
La palynologie qui étudie la partie la plus solide des plantes, les pollens. Les pollens se dispersent plus ou moins loin suivant les espèces, avec l'aide du vent, des insectes, de l'eau, de l'homme. Le comptage des pollens dans les couches sédimentaires permet de construire une représentation "théorique" d'une courte séquence de temps plus que celle d'un instant T.

La carpologie étudie les macro-restes végétaux, graines et fragments divers de végétal dont l'identification donne des indices sur la présence de certaines espèces. Elle est fréquemment utilisée pour les dépôts liés à une activité humaine (silos, dépôts funéraires) mais aussi dans les tourbes certains paéosols.
L'anthracologie étudie les charbons de bois et permet de définir les espèces et éventuellement la portion du végétal utilisée.
La xylologie étudie les fragments de bois conservés. Particulièrement intéressant en contexte tourbeux boisé, elle est aussi importante lors qu'il y a présence de bois travaillés par l'homme.
La malacologie collecte les informations sur les mollusques. Tout le monde voit des petits coquillages terrestres et des coquillages marins. Il existe aussi des coquillages très précisément adaptés à des milieux spécifiques, on dit aussi "inféodés". Les coquilles microscopiques sont comptés et permettent également de fournir une "image" du milieu.

Le spécialiste de la paléoentomofaune compte également, mais il s'agit des reste de coléoptères et autres insectes. Les élytres (qui protègent les ailes) sont la partie résistante de ces animaux. On les retrouvent dans la plupart des sédiments organiques.
On peut également faire des décomptes de tout reste des enveloppes de animaux que ce soit en calcaire, silice, chitine ou composite. Ces restes sont des "tests". C'est le cas des mollusques, mais aussi les algues dites diatomées. Le test est alors nommé frustule. Les oursins sont aussi de ce type, comme d'autres espèces d'invertébrés.
Enfin, les végétaux peuvent présenter des cellules dans lesquelles se développent des concentrations de silice sous forte d'opale. Les phytolithes sont des indicateurs végétaux particulièrement fiables.

De nouvelles disciplines sont régulièrement inventées pour fournir des indicateurs paléoenvironnementaux. Associés aux géomorphologues holocènes, les environnementalistes proposent des scénarios d'évolutions climatiques locales (ou micro-locales) mais aussi pour des territoires plus larges. La représentativité du point de prélèvement est alors essentielle : tourbière, site archéologique, sédiments alluviaux, colluvionnements ...).

Illustrations : groupe de pollens, lucane cerf-volant, phytolithe.

dimanche 2 décembre 2007

Le Paysage pour les débutants - 3

Quelques mots, aujourd'hui, sur la connaissance des paysages du passé. Quelles sont les sources de cette connaissance ?
Ces sources varient en fonction des régions et surtout de l'ancienneté des paysages. Autant de l'ancienneté pour laquelle vous souhaitez "reconstituer, reconstruire, évoquer, imaginer" le paysage (l'état du paysage local à la fin de la dernière époque glaciaire ou au XVIIIe siècle), que de l'ancienneté des héritages (reste-t-il des traces des paysages gaulois dans mon paysage actuel ?).

Nous laisserons donc de côté le débat sur la nature du "paysage" : culturel, naturel, pictural, vécu, ressenti, éprouvé, vu, ... pour nous concentrer sur les composantes d'un espace que certains nommerons "pays" et d'autres "paysage".
Ces données recouvrent essentiellement 4 domaines : - la géologie et l'orographie (les modelés du terrain, hydrographie ...) - la végétation (botanique, écologie ...) - la géographie (parcellaire, organisation des habitats ...) - l'histoire (pratiques, natures des occupations ...)

Chacun de ces domaines s'interpénètre. Les sources sont parfois partagées entre plusieurs des ces domaines. Pour prendre un exemple simple, les cadastres anciens sont autant une source d'information en histoire, en géographie, parfois en végétations lorsqu'elle sont différenciées.

Commençons par les formes du terrain, les modelés liés à la géologie, à la tectonique, à l'hydrologie.


La Géoarchéologie (parfois nommé de façon restrictive: géologie superficielle, du Quaternaire ou de l'Holocène ...) est la discipline qui étudie les sédiments archéologiques ou non archéologiques à des fins de compréhension des actions de l'homme ou de restitution de la physionomie du terrain sur lequel l'homme a pu agir.

Entre sciences naturelles et humaines, elle peut se définir comme une approche géologique d'un site archéologique, ou comme une application de la démarche de l'archéologue en géologie.

Elle utilise de nombreuses techniques ou approches.
- la stratigraphie qui étudie la succession des dépôts sédimentaires, naturels ou liés à l'activité humaine. Elle permet de fournir des datations relatives entre sédiments. Une couche qui repose sur une autre lui est postérieure (en situation de dépôt naturel).

- la géomorphologie étudie de façon assez descriptive et explicative les formes du relief et leur formation.

- la sédimentologie caractérise les dépôts et permet de comprendre leur genèse en localisant les provenance des minéraux part exemple. Les outils sont ici minéralogiques, granulométriques.

- la pédologie étudie la structure et la formation des "sols", c'est-à-dire de la partie superficielle du terrain, les premières dizaines de centimètres.

- la micromorphologie (d'autres noms pourraient être utilisés ici) étudie les sédiments meubles au microscope. Elle permet de comprendre comment les particules sédimentaires se sont mises en place, ont été perturbées, érodées, remaniées. L'isolation de la matière organique et son étude (comme la méthode dites des palynofaciès) peut y être rattachée.

- la géochronologie prend en compte la durée des phénomènes sédimentaires, nommés alors séquence et pour lesquels l'analyse des processus chimiques fournit des notions de dynamique.


L'étude d'une site (archéologique ou non) passe par la compréhension de la mise en place des sédiments le constituant. L'analyse doit être menée dans les trois dimensions de l'espace. Il est nécessaire de passer par des descriptions précises, détaillées, pour comprendre les modalités de formation et d'évolution dans le temps.

Sur le terrain, cela se traduit par des coupes stratigraphiques, des profils pédologiques, des photographies macro- et microscopiques.
Pour comprendre toue les dynamiques, ces relevés doivent considérer le terrain depuis le substrat jusqu'à la surface du sol actuel. Chaque profil pédologique, ou relevé stratigraphique permet d'aboutir à un découpage en unités stratigraphiques.
Chaque unité est caractérisée par un sédiment décrit, déposé d'une certaine façon à un instant déterminé.
Sont donc pris en compte :
localisation - nature - processus de dépôt - état de conservation - dynamique - chronologie.

mardi 20 novembre 2007

Le Paysage pour les débutants - 2


Pourquoi utilisons-nous le mot de paysage pour qualifier tant de choses différentes ?
De la peinture au paysage banal que nous cotoyons chaque matin en franchissant notre porte ; du paysage culturel au paysage mental, un seul mot dont le principal critère est d'être polysémique (qui a plusieurs sens).

Le mot "Paysage" apparait en France pour la première fois en 1549, au même moment (ou presque) qu'en italien - paessagio - en portugais - paysagem - ou en espagnol -paisaje.


Augustin Berque fait remonter l'origine de la notion de paysage à "l'introduction à la peinture de paysage" de Zong Bing au IVe siècle en Chine du sud.

En Europe, le premier mot qui qualifie le paysage est l'allemand Landschaft dès le VIIIe siècle qui qualifie le territoire (landschap en néerlandais, landskip puis landscape en anglais). En Italie, la fin du moyen-âge voit l'apparition du mon paese pour parler d'une représentation picturale d'un pays.

Pierre Donadieu met en vis à vis les deux sens de "paysage", celui de l'image artistique (genre paysage très lié à l'image) et celui de l'étendue visible d'un territoire (plus proche du mot d'origine anglo-saxonne).

En français, "paysage" vient donc du "pays" et est lié au picturalisme, à la peinture de paysage. Quand ce mot est associé à un autre, on peut dire qu'il s'agit du regard porté sur un domaine quelconque. Et le mot qualifie toujours à la fois l'objet et la représentation de l'objet.

Illustration : Montagne Sainte-Victoire et Etretat

samedi 10 novembre 2007

Le Paysage pour les débutants - 1

Voilà un thème qu'il fallait bien aborder un jour ou l'autre.
L'étude, la compréhension, l'envie de paysage n'est pas forcément une démarche innée. Il est utile pour certains de passer par certains préliminaires.

Tous n'auront pour objectif que de nous faire comprendre pourquoi être sensible aux paysages (et aux nombreuses autres notions qu'ils cachent) nous rend acteurs de la société.



Premièrement : Tenter une définition.

De nombreuses définitions existent. La plus classique, issu du dictionnaire est :
"Ce qui est sous l'étendue du regard".
Elle ne me satisfait pas car elle évoque trop la notion de "vue", terme qu'il faut garder en réserve.

Celle de Jean Robert Pitte (géographe) est couramment utilisée: « Le paysage est l’expression observable par les sens (la vue, l’odorat, l’ouïe), à la surface de la terre, de la combinaison entre la nature, les techniques et la culture des hommes. Il est essentiellement changeant et ne peut être appréhendé que dans sa dynamique, c’est à dire l’histoire qui lui restitue sa 4ème dimension ».
La présence du temps donne au paysage une épaisseur, une dynamique.
Cette définition contient en elle-même à la fois la "qualification" du paysage, la relation au "sensible" avec les 3 sens mentionnés, mais aussi le "monde savant" (nature, techniques et cultures). De nombreux chercheurs de notre domaine voient ici le coeur du débat, l'analyse de la relation nature-culture (présente dans plusieurs disciplines) semblant parfois la seul voie pour comprendre ce qu'est la paysage.


Autre définition, celle de la convention européenne du paysage : « Paysage » désigne une partie de territoire telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l’action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations.

Courte et efficace mais nous renvoyant encore à la relation nature - culture (on finira par parler encore d'Edgar Morin). C'est celle qui est la plus courante (sous-entendue) dans les textes officiels actuels.

Mais ma définition préférée est celle donnée par Gilles Clément : Le paysage, c'est ce qui reste en mémoire lorsque l'on n'est plus sur le site, c'est donc une lecture subjective. Ce qu'il y a dans le paysage n'est que construction. Mais le paysage, c'est aussi le jardin. Et en cela, nous construisons du paysage, nous jardinons la terre close (finie) comme un jardin, nous sommes donc des artisans-jardiniers du "jardin planétaire".

Et en effet, on peut envisager que le paysage n'est jamais uniquement naturel mais toujours soumis à l'action de l'homme, jardiné, aménagé. Ces aménagements sont étudiés par de nombreuses disciplines et chacune d'elle propose donc une (ou plusieurs) définition du paysage.

En conjuguant toutes les définitions, on peut proposer :
Le paysage est à la fois un espace vu et observé, ensemble d'éléments soumis à l'homme à l'intérieur de cet espace, et dont la perception sensible nourrit la mémoire paysagère de l'observateur. L'observateur est médiateur en même temps que lecteur et interprète.

Pour faire simple, la paysage est d'un côté, il est observé. Le souvenir du paysage est de l'autre côté, il est l'expression de ce qui a été ressenti. L'observateur est entre les deux.

Cette explication rapproche la lecture du paysage de celle de l'expression artistique. Le spectateur n'est pas inerte, il interagit avec ce qu'il voit, il est lui-même acteur. Lorsque je regarde un paysage, j'agis sur lui en le mettant en ma mémoire.


A suivre : Le mot PAYSAGE


mercredi 29 août 2007

Grenelle de l'Environnement




Bientôt, le Grenelle de l'Environnement devrait entrer dans sa phase locale (phase 2 - septembre/octobre) avec des rencontres des acteurs locaux et des citoyens.



La place du paysage y est assez limitée (groupe 2), mais après visionnage des diverses vidéos de ce groupe 2, retraçant leurs premiers travaux, le constat est plutôt rassurant.
Le travail déjà effectué est celui d'une véritable écoute, d'une envie de convergence, d'efforts de tous les acteurs.
Pour preuve, cette réflexion de Patrice Hirbec, représentant de la CGC au sein du groupe 2 "Préserver la Biodiversité et les ressources naturelles". Il fait remarquer que l'habitude, pour lui, est aux échanges bilatéraux où chacun tire contre l'autre et que c'est fois, c'est du "multilatéral" et les "échanges les tirent les uns vers les autres et vers le haut".
Même la plupart des commentaires collectés sur Grenellorama sont plutôt encourageants.

Bien entendu, le propos que je souhaitais entendre sur le rôle du paysage dans la bouche des représentants des différents collèges n'étaient pas là, malgré l'atelier "patrimoine naturel et durabilité des territoires". Mais il n'y a pas que le paysage pour témoigner de la biodiversité !
Les propos considérant le paysage comme un élément du bien-être et de l'épanouissement humain, tout comme un témoin d'une biodiversité maintenue, restent à venir.
Les interviews retracent les convergences qui se mettent en place et les mots de "territoires", "espaces partagés", "milieux de vie" prononcés tant par les agriculteurs, que par le représentant du MEDEF et celui de la CGT sont plaisant à entendre.
Peu de mots sur la science dont seul Yvon Le Maho (DR CNRS et académie des sciences) parle de façon engagée. Et j'attends encore que le groupe évoque la responsabilité des scientifiques, y compris en sciences humaines sur le rôle de cette biodiversité sur la planète.

Le groupe 4 "Adopter des modes de production et de consommation durable" évoquera certainement les paysages mais il faudra sans doute attendre que les débats soient passés par le niveau plus local.

Je pensais franchement qu'après les travaux des groupes de travail du Grenelle de l'Environnement durant l'été, les premières critiques fuseraient aisément, mais la conscience progresse. Espérons que le débat évitera l'écueil de la culpabilisation des consommateurss et l'auto-satisfaction des politiques et les remplacera par la responsabilisation des uns et le courage des autres.

A suivre avec attention, donc, car le calendrier va aller très vite. Des décisions sont attendues avant la fin de l'année, sans doute dès octobre si le programme est respecté.

Petit conseil, entre autre si la place de la science dans le débat vous intéresse : Chaque groupe de travail dispose d'une base bibliographique dont le contenu est significatif des propos tenus par les participants institutionnels. Une analyse de détail montre que la part des publications issues des grands instituts de l'Etat est dominante. Mais elle n'est seule.


Petit plus : Si vous utilisez la barre "EcoloInfo" sur votre navigateur, vous y trouverez plein de ressources et de lieux de débat sur le sujet. sinon, pourquoi ne pas télécharger ce module complémentaire qui fonctionne sur Firefox et Explorer, sur PC et sur Mac.

Et à propos du Grenellorama, regardez cette vidéo.
http://www.dailymotion.com/GrenelleDeLEnvironnement/video/4399142

lundi 11 juin 2007

Google et paysage

Dans une précédente note, j'ai glissé une image issue de Google Earth montrant le jardin botanique de Dijon. Mais, en quoi Google sert-il l'étude du paysage ?
Les photographies de Google sont des images réalisées à partir d'un satellite avec une très forte définition. Par comparaison, Géoportail présente une définition assez similaire, mais cela est variable suivant les secteurs.
Pour la Haute-Normandie, Google est en train de rattraper, voire de doubler Géoportail au niveau de la qualité. En général, pour la France, la précision des raccords entre images est moins bonne sur Google.

L'observation de Google est une première étape pour comprendre les grands traits morphologique d'un territoire. La mise en évidence de certains des "morphogènes" est possible dès ce niveau. On y observe une rivière qui peut servir de frontière ou de passage, de trait-d'union. On y constate les axes de voiries sur lesquels s'appuient les ensembles parcellaires. On peut aussi voir les noeuds, les centres (bourgs, villes, simples carrefours, ponts, édifices, ...) qui font converger les traits de parcellaires et la voirie.
Avec sa 3D, Google permet aussi de voir les accidents topographiques qui sont des contraintes majeures dans l'aménagement du sol.

Avec un petit peu d'habitude, si l'organisation du territoire obéit à une démarche programmée sur un espace , même peu étendu ; on peut le voir sur Google.
Mais rien ne dit que les éléments qui ont participé à la structuration du paysage soient aisément visibles.
Par exemple, une voie ancienne qui a été à l'origine de l'implantation d'un parcellaire peut avoir disparue ; mais le parcellaire en question est peut-être encore partiellement visible.
Pour illustrer ces premiers propos de ce que l'on peut déjà nommer "archéogéographie", voici quelques exemples.


Sur cette première photo, le grand axe de voie Est-Ouest en bas de l'image est une voie antique. Une seconde voie est observable en oblique vers le Nord-Ouest, les deux chaussées se rejoignant dans l'angle bas à droite de l'image pour prendre la direction Sud-Est. Certaines parcelles (près des bois) semblent s'organiser selon la voie qui est devenue moins perceptible dans le paysage.



Sur la seconde image, un carrefour de voies disparues est visible dans la plaine entre Varengeville-sur-Mer et Offranville. Deux chemins qui ne figurent plus sur aucunes cartes actuelles se croisent dans la parcelle verte, et d'autres chemins ou limites marquées de parcelles anciennes sont visibles dans la partie basse de l'image.



La structure générale de l'habitat est facilement observable sur les photos satellites, comme ce village-rue qui a traversé le temps dans l'Aliermont. L'origine en est médiévale. Ce type de structuration est assez classique et pourrait être visible dans de nombreuses régions.



L'organisation de l'espace agricole est tout à fait perceptible avec ce superbe groupe de clos-masures près de Goderville, paysage typique du Pays de Caux avec ses îlots de verdure dans l'openfield. Les clos-masures sont des ensembles agricoles de dimensions variables formés d'une parcelle entourée d'un "fossé" (talus planté d'arbres de haut jet), et occupée par les bâtiments et structures agricoles implantés de façon répétitive d'un clos à l'autre (habitat, grange, écurie, colombier, mare, charretterie, ...). La dimension de la parcelle est à l'image de la richesse du fermier.


Ainsi commence une démarche d'archéologie du paysage.

vendredi 8 juin 2007

Miroir des fleurs... Jardins... Histoire




Subtilité, abondance, calme, exubérance, les jardins chinois restent à découvrir pour les européens. Chen Haozi avait réuni trois cent gravures pour montrer la richesse des jardins de la Chine de la fin du XVII° siècle. Le "guide pratique du jardinier amateur en Chine au XVII° siècle" sort dans une nouvelle édition chez Actes Sud (23 euros).




Le jardin des plantes à Paris est un "monument" de botanique et les collections qu'il renferme restent des références. Les plantes médicinales et potagères sont à découvrir dans un système d'allées qui invite à la promenade. Tout cela se retrouve dans un livre coédité par les éditions Nicolas Chaudun et celles du Muséuml National d'Histoire Naturelle intitulé simplement : "Le Jardin des plantes" - (49 euros).


Sommaire :


Les paysages du Jardin des Plantes, par Gilles Clément, créateur paysager,


Serres et jardins d'hiver, par Jean-François Lagneau, conservateur en chef des monuments historiques,


Un jardin de science, par Yves Laissus, ancien directeur de la Bibliothèque centrale du Muséum,


L'hôtel de Magny, l'amphithéâtre Verniquet et les pavillons de la ménagerie, par Alexandre Gady, historien,


Le jardin du Muséum ou les promenades intelligentes, par Pascale Heurtel, conservateur des manuscrits et archives du Muséum national d'Histoire naturelle,


Le grenier de l'univers, par Jules Merleau-Ponty, romancier, ethnologue,


La Grande Galerie de l'Évolution, par Gilles de Bure, journaliste, critique et historien de l'architecture.



Plus classique, mais avec une iconographie de qualité : "Histoire des jardins" de Philippe Prévôt. Mis à part sa charge d'enseignant à l'école Agro de Montpellier, Philippe est également connu pour être le créateur et l'organisateur des "Entretiens du Pradel" qui connectent actualité, recherches et agronomie autour du Domaine historique d'Olivier de Serres. Plusieurs de ses articles ont enrichis mes propres travaux et réflexions, en particulier les recherches effectuées avec D. Jacobi sur les représentations spatiales. Chez Sud-Ouest éditions, 24,90 euros.

jeudi 31 mai 2007

Patrimoine de Pays


Préparez vous à cette journée du
Dimanche 24 Juin 2007.
Dans toute la France, elle sera consacrée au Patrimoine de Pays; le petit patrimoine local, rural, et aux moulins.
Le thème 2007 est "Rues et Chemins".

Et bien sur, de nombreux chemins seront parcourus et vous feront découvrir le patrimoine paysager que l'ont observe aux détours des sentiers.
Le principe du cheminement, si important pour le paysagiste, est présent dans de nombreuses démarches. Et les chemins sont si divers, si multiples, si variés...
Cheminement réel dans la campagne,...
Chemin parcouru par le vélo,...
Chemin idéalisé ou rêvé en regardant une carte ou une photographie,...
Chemin fantasmé pour rejoindre celle qu'on aime,...
Chemin de la tête du marteau pour frapper sur le clou,...
Que sais-je encore ?
L'hodologie est un thème récurent en matière de paysage et les artistes ne sont pas les derniers à l'emprunter.

En Normandie, je sais déjà que vous pourrez parcourir à pied une partie du Chemin des Fossés du Roy, chemin suivant une levée artificielle dans l'est du département de Seine-Maritime et qui marque l'ancienne frontière entre le Duché de Normandie et la France. Cette levée avec chemin existe également en d'autres secteurs de la Normandie, mais le programme du 24 juin propose de la découvrir entre Conteville et Illois.
Peut-être aussi une façon de se plonger dans l'imaginaire des paysages médiévaux.

D'autres projets seront dans doute proposés dans ce cadre d'ici au 24 juin. Donc, c'est à suivre.

dimanche 27 mai 2007

Maddie

Vous avez sans doute entendu parler de cette histoire. Les médias n'en parlent plus mais rien n'est réglé. Suivez le lien vers le blog de Stella Vidal.