lundi 13 février 2012

Des racines et des ailes - 15 février 2012

Paysages emblématiques, il va en être question durant cette émission avec un thème spécial : le 40° anniversaire du label Patrimoine mondial de l'Unesco.
Autour de quelques lieux judicieusement choisis par les journalistes, les propos seront certainement orientés vers la capacité des populations locales à se motiver pour la défense de leur patrimoine : Mostar (Bosnie), Ispahan (Iran), les îles de Nouvelle-Zélande.


Un rique est prévisible avec ce type d'émission de télévision, le côté pontifiant, voire lénifiant qui y est délivré.
Malgré tout, cela reste toujours l'occasion de belles images et de belles rencontres.

Des racines et des ailes, France, Mercredi 15 février 2012, 20 h 35.

dimanche 12 février 2012

Lecture de paysage dépaysante !

En avril dernier paraissait le livre de Jean-Christophe BAILLY intitulé Le Dépaysement - Voyages en France".



Avec plus de 400 pages, il nous entraine dans une promenade en de multiples lieux français avec un esprit extrêmement vagabond. Pas question de décrire les sites. Il s'agit d'être dans les lieux et de les ressentir, par leurs vies, leurs histoires, leurs acteurs. L'auteur laisse son esprit suffisamment libre pour nous offrir des digressions à partir de chaque emplacement visité.
Quelques exemples : une promenade avec l'histoire de l'immigration en toile de fond dans " La France commence à Gentilly, Portugal" ; la notion de nation dans "Quelle est petite, la Seille !" ; la géographie, l'histoire et la littérature conjuguées dans "Beaugency, Vendôme, Vendôme ..." ; l'identité régionale dans "Le Nord ?".
Bref, cet ouvrage a quelque chose de magique. Le style en est parfois difficile, certains diront "ampoulé" mais son emphase correspond bien au sentiment que cherche à inspirer JC Bailly. En fait, cette lecture nous propose 400 pages de ballade intellectuelle autour de thème de l'identité, qu'elle soit locale, régionale ou nationale. C'est donc un livre éminemment politique. Il nous invite à être acteur de réflexion. Quelle perception avons nous de l'identité française ? D'où le sous-titre du livre. Bailly nous propose de nous dépayser chez nous !
L'originalité, ce n'est pas une réflexion en plus sur le sujet ; c'est le récit d'une expérience de voyage, réel, aux quatre coins de l'Hexagone. Il y a de l'histoire, de l'Histoire, des histoires ... il y a notre histoire commune dans ce livre ... déroutant.
Bonne lecture.
Malgré les efforts que peut demander sa lecture, ce livre mérite de prendre une bonne place dans la bibliothèque du paysage.

Les propos de Jean Christophe Bailly par lui-même :
http://www.dailymotion.com/video/xirpm9_jean-christophe-bailly-le-depaysement_creation

Jean-Christophe BAILLY (2011), Le Dépaysement - Voyages en France, éditions du Seuil, 23 €

vendredi 23 décembre 2011

Comme un grand blanc !

Voila bien ce que vous pensiez, j'en suis certain, à propos de ce site Penser Paysage ! Il y a eu comme un grand blanc.

A moins, que ce ne soit qu'un caillou blanc pour marquer le temps le passe, le temps qui change, le temps qui bouscule !

Faute de paysage blanchi par la neige, je vous souhaite déjà de passer un très beau Noël. La lumière de vos yeux sera enrichi par la lumière des yeux de vos enfants, de vos petits-enfants, de vos neveux et nièces ou des enfants des autres.

Patience .. encore quelques jours et 2012 fera renaître PenserPaysage.

Joyeux Noël - Merry Christmas - Craciun fericit

mercredi 26 octobre 2011

Paysage remarquable en Haute-Normandie - 2


Les vasières de l'estuaire de la Seine forment un milieu peu accessible pour celui qui n'ose pas s'y aventurer. C'est pourtant la garantie de découvrir des paysages exceptionnels.
Le paysage de vasières est composite dès que le détail de ces éléments apparait : schorre et slikke, roselières, prairies humides, sans oublier la présence de l'eau.
Les 8.500 hectares de la réserve naturelle de l'estuaire de la Seine forment un espace exceptionnel en rive nord du fleuve autour du pont de Normandie... et le paysage le plus extraordinaire, c'est du pont que vous pourrez le découvrir. En accedant au pied de la pile nord du pont, vous pourrez ensuite suivre un chemin piéton qui vous mènera sur un point de vue vers les vasières

Mais cette vasière n'est pas que bonheur et satisfaction, c'est aussi combats pour sa protection, difficultés de gestion et suivi de son évolution ... car ce milieu évolue comme tous les milieux. Et il participe aussi à des activités humaines variées et parfois peu compatibles : visites nature, chasse au gibier d'eau (gabions), coupes des roseaux ... La vasière est au centre de l'action de nombreux groupes dont les groupes d'Europe Ecologie les Verts de Normandie, mais aussi de la LPO, de la Maison de l'Estuaire et au coeur du travail de nombreux universitaires. Vous trouverez de nombreuses informations à ce sujet sur le site du Groupement d'Intérêt Public Seine Aval et sur celui de la Maison de l'Estuaire.

Pour ma part, je dois avouer que ma connaissance de l'estuaire serait presque nulle si je n'avais un jour rencontré Christophe Bessineton. L'estuaire lui doit beaucoup.




La grande vasière de l'estuaire de la Seine, typologie et cartographie publié par la Société Géologique de Normandie et des Amis du Museum du Havre ( T 88, fasc 1, 2001).

samedi 15 octobre 2011

Grosse colère

Un texte de loi peut très bien, sous des airs de proposition pour un monde plus écologique et respectueux de notre environnement, être en fait un passe-droit pour la pollution. C'est le cas du décret paru le 11 octobre.
Je vous laisse découvrir le communiqué du Groupe Europe Ecologie - Les Verts de la Région Haute-Normandie.

Le journal officiel a publié hier 11 octobre un décret officiellement relatif « aux programmes d'actions à mettre en œuvre en vue de la protection des eaux contre la pollution par les nitrates d'origine agricole » dont on retiendra qu’en réalité il relève les plafonds d’autorisations d’épandage d’azote issu des élevages agricoles !

Les élevages industriels pourront désormais épandre jusqu’à 170 kg d’azote par hectare de surface agricole totale (SAU), et non plus par hectare de surface potentiellement épandable (SPE, zone dont étaient déduites les surfaces à proximité des cours d’eau, du littoral, des tiers). Concrètement, il sera permis d’augmenter de plus de 20% les quantités d’azote rejetées !

Alors que la Commission européenne a exigé cet été de la France des explications très détaillées sur ses politiques de (non) lutte contre les algues vertes, ce décret aura pour conséquences d’ aggraver la pollution des eaux de rivières, des plages, de l’eau de mer déjà touchée par la prolifération de micro-algues toxiques. Il en découlera de surcroît pour le contribuable et le consommateur d’eau un nouvel alourdissement de la part des factures, 1680 millions d’euros par an affectés aux « pollutions agricoles diffuses » par le ministère de l’écologie lui-même !

L’environnement, "ça commence à bien faire", avait tonné le chef de l’Etat devant des agriculteurs bretons en 2010. Cette décision est une nouvelle preuve de la soumission du gouvernement aux lobbies économiques les plus rétrogrades, ceux qui font prendre du retard à la France alors que des régions agricoles européennes comme la Bavière, des pays comme le Danemark, ont su ces dernières années retrouver la qualité de leurs eaux en réduisant de 30% les dispersions de nitrates et de pesticides dans l’eau, en favorisant notamment l’installation d’agriculteurs bio.

La signature au bas de ce décret des Ministres de l’écologie et de l’agriculture, NKM et Bruno Le Maire, est le signe le plus sûr de la « corruption » irréversible qui affecte l’esprit écologique de ce gouvernement.

Rien à ajouter .. fermer le ban !

dimanche 2 octobre 2011

Les paysages peuvent aussi faire du bien !

Les paysages peuvent aussi faire du bien. Réellement, cette vidéo de paysages islandais m'a rendu joyeux ... et la musique de Emiliana Torrini n'y est pas pour rien. Hahaha ! Ils sont funs ces islandais.

Yeah ! cliquez sur l'image d'Emiliana !!!

A mettre en plein écran et la musique bien fort / To put full screen and music out loud / ecran complet şi muzica cu voce tare


Landscapes can also do good. Really, this video of Icelandic landscapes made ​​me happy ... and music Emiliana Torrini is not for nothing. Hahaha! These Icelandic are really fun.

Peisaje poate face, de asemenea, bine. Adevărat, acest film de islandeză peisaje mi-a facut fericit ... şi muzică Emiliaana Torrini nu este pentru nimic. Hahaha! Ele sunt "fun" aceste islandeză.

lundi 19 septembre 2011

Beaumesnil et les légumes

Tous les ans, à cette période, le potager de Beaumesnil (Eure) vous invite à faire le tour de ses légumes ... et pas seulement ! Après le patrimoine en tout genre, voici le patrimoine légumier, et il est riche. Ces 24 et 25 septembre, donc , ne manquez pas ce rendez-vous.


Toutes les informations sont sur le site http://www.1001legumes.com/ avec un programme alléchant.

Vous y découvrirez certainement des légumes encore inconnus de votre potager personnel avec Kokopelli, Brindilles, Nature et Vitalité ou les producteurs locaux.

Et en plus, les copains de l'association La Loure seront là pour partager les chansons traditionnelles de notre région. Et aussi des conférences samedi et dimanche, dont un état de la biodiversité en Haute-Normandie présenté par David Cormand, président de l'AREHN.

vendredi 16 septembre 2011

Paysage remarquable en Haute-Normandie - 1

J'ai choisi de vous faire part de mes propres découvertes en matière de paysage normand, haut-normand plus précisément. Voilà maintenant plus de 20 années que je parcoure, avec plaisir, les routes de Seine-Maritime et de l'Eure. J'ai eu l'occasion de découvrir des points de vue, des lieux, des espaces qui inspirent.
Je vous propose, au gré de mes "post" sur ce blog, d'en découvrir quelques uns. Certains seront déjà pour vous aussi des lieux emblématiques, présents dans les guides de voyages, sur les affiches touristiques ... D'autres vous seront inconnus, plus discrets, plus anecdotiques, plus anodins, mais porteurs d'un sens paysager, porteurs d'une valeur paysagère qu'il conviendra alors de mettre en valeur.

Premier lieu, premier feeling paysager.

Arques-la bataille, un château, un gigantesque terrassement, présent sur les affiches anciennes de la SNCF. Des centaines d'images sont disponibles sur le net. Faites une recherche avec "château arques la bataille" sur Google et vous serez surpris de trouver près de 21.000 réponses.

Je vous propose juste une image, simple et bien caractéristique du site, mais selon un point de vue original.


Si vous allez sur place, vous serez sans doute surpris par le cadre de la vallée, formée de la jonction des trois rivières Béthune, Eaulne et Varenne qui forment en se conjuguant le fleuve Arques, arrosant la ville voisine de Dieppe. Le paysage est constellé de carrières d'extraction de graves, la plupart ne sont plus en activité depuis des années et sont devenues des étangs pour les pêcheurs. Une base de camping et loisirs s'est même installée. Le paysage n'a plus grand chose de commun avec ce qu'il fut au Moyen âge lors de la construction du château. C'est bien la vallée du XXIe siècle qui répond au XIe.




Le château d'Arques est aussi un merveilleux inspirateur d'artistes. J'en veux pour simple preuve ce tableau de Paul Huet (milieu du XIXe siècle) au cachet sombre et mystérieux, mais qui rend le paysage depuis l'arrière du château presque bucolique, la mer dans le lointain. Les nuages moutonnant répondent aux animaux des prairies environnantes. Pas âme qui vive, le site en est presque déshumanisé. Allez sur place, installez-vous là où le peintre a fait sa toile, et vous ressentirez peut-être un peu du mystère du lieu.



Par ce premier exemple, c'est le paysage-patrimoine qui est mis en avant, celui qui nous fait voyager dans le temps, l'Histoire avec un grand H. Mais aussi, ce site montre la mutation que cette terre a vécu des moments de changements si fort qu'il suffit de monter sur la contrescarpe, de regarder le château ... puis de se retourner pour changer d'époque.

mercredi 14 septembre 2011

Bon Etat des Paysages ?

Aujourd'hui, de nombreux travaux sont conduits un peu partout en Europe autour de la Directive sur l'Eau qui prévoit que nos pays visent à améliorer la qualité écologique de nos masses d'eau qu'elles soient côtières, intérieures ou de transition. Les études récemment menées dans le cadre du projet scientifique LITEAU - BEEST dans les trois grands estuaires français montrent à quel point il est difficile d'établir des indicateurs fiables pour mesurer cette évolution de la qualité de nos eaux.

Et qu'en est-il de nos paysages ? Disposons nous d'indicateurs de leur qualité ?
Le même problème se pose que pour les eaux dites de transition (exemple l'estuaire de Seine) où l'aspect totalement dynamique, changeant rend l'analyse délicate. Les nombreux exemples des Atlas des Paysages sont là pour en témoigner. Ils présentent un aspect trop figé du paysage, daté dans le quel il n'est jamais question de rythme d'évolution ou de capacité et d'adaptation au changement (A ce propos, où est donc l'Atlas du Paysage de Haute-Normandie, censé être achevé depuis plusieurs mois ?).
Nos paysages sont toujours en état de transition. C'est d'ailleurs ce que démontre les études cherchant à isoler des indicateurs comme celle de Claude Vidal dans le programme européen Eurostat, malheureusement trop tourné vers les seules problématiques agricoles.

Seul regroupement des indicateurs possibles existant, un documents de travail réalisé par l'université Laval, au Quebec, axé développement durable, et qui liste les sites internet se rapportant à cela (c'est un ".doc" à charger) : Liste de Laval

Un indicateur était en gestation, sous le contrôle de Ph. Girardin, en partenariat entre l'INRA de Colmar et l'université de Tours. La modélisation de l'indicateur s'appuyait sur un diagramme simple, mais ce travail ne semble toujours pas avoir abouti depuis 2001. Si vous avez des informations ?








Alors qui s'attachera à la construction d'un tel indicateur, qui pourrait aider nos gestionnaire à faire évoluer nos paysages entre adaptation/conservation/changement dans un souci d'améliorer notre qualité de vie ?







Séminaire de restitution du programme BEEST, 10 mars 2011 au MNHN
http://seine-aval.crihan.fr/web/pages.jsp?currentNodeId=153

Synthèse du colloque
http://seine-aval.crihan.fr/web/attached_file/componentId/kmelia324/attachmentId/25792/lang/fr/name/_synthese_colloqueBEEST_mai2011.pdf

lundi 11 juillet 2011

Des traces sur l'ardoise des champs !


Le paysage ... ce sont parfois, aussi, des traces fugaces. Au gré d'une photo, la vitesse d'un paysage qui change est perceptible. Comme non satisfait de son dessin précédent, l'agriculteur décide d'effacer l'ardoise pour faire table rase pour un nouveau motif.
Mais attention, au niveau du sol, le changement n'est sans doute pas aussi net. Il n'y a pas d'intervention sur le modelé du terrain et c'est le paysage végétal et cultivé qui est ici concerné. De toutes façons, ce changement ne sera que de courte durée. Nous sommes ici dans le temps court, celui de la saisonnalité, des pratiques aratoires.

samedi 9 juillet 2011

Géographie de l'étang

Laurent TOUCHART sait de quoi il parle. Sa longue pratique de géographe des eaux "fermées" lui permet de nous proposer une véritable petite encyclopédie de l'étang.
Paru aux Editions de l'Harmattan, vous aurez en 230 pages de quoi répondre à toutes vos questions (ou presque) sur cette thématique.

Du site de l'éditeur :
L'étang est un lieu d'eau ambigu. Il attire par sa nature construite, son héritage de moulins et de chaussées et son rôle dans la préservation de la biodiversité. Il repousse par son image insalubre, ses effets contestés sur la qualité de l'eau des rivières. Un cheminement géographique de l'étang conceptuel à l'étang pratique, de l'étang vécu aux étangs tous différents, sans oublier l'étang urbain.

Vous pouvez épargner les arbres en l'achetant en format eBook.
C'est ici (direct page du livre) :
http://www.editions-harmattan.fr/


N'oubliez pas que sur ce sujet, les écrits de Jérome Chaïb en Normandie ne doivent pas être mis de côté pour autant. Certains fiches et quelques documents sont encore disponibles à l'AREHN, par exemple à télécharger en pdf sur cette page.

mercredi 6 juillet 2011

Petit exercice pratique 1

Je vous propose aujourd'hui de faire votre premier exercice pratique d'archéologie du paysage, et en l'occurrence, plus exactement d'archéogéographie.
Cette discipline vous invite à changer votre regard sur le territoire, en privilégiant la lecture des formes. Mais trop souvent, cette lecture est limitée aux formes du parcellaires, or il nous faut aller bien au delà. Les formes, dans le paysage, ce sont aussi les modelés, les relations topographiques et aussi les réseaux qui se dessinent dans l'espace. A la dimension planimétrique s'ajoute alors une perception des reliefs et une dynamique.
L'un des plus beaux lieux d'apprentissage actuel en lecture du paysage est le web, avec les nombreux sites qui fournissent de vues verticales, satellitaires traitées ou non. GoogleEarth n'est qu'un parmi d'autres.

L'exercice que je vous propose est simple. J'ai choisi de la faire régulièrement pour ne pas perdre les réflexes de l'archéogéographe.
1 - Choisissez (au hasard, c'est mieux) un coin de territoire... et peu importe la région du monde ... d'une superficie raisonnable, de l'ordre de 3 à 5 kilomètres de coté.
2 - Sur cet espace, qui pourrait être celui d'une commune française, observez les lieux forts, structurants, marquants, selon vous, l'organisation de l'espace.
3 - Là intervient l'autre point particulier de la démarche archéogéographique : détachez vous de tous vos a priori, pré-requis du géographe ou de l'historien. Pensez eu terme de fonctionnalité simple, de bon sens, de praticité des liens et des lieux.
4 - Imaginez l'histoire du lieu. Racontez vous une histoire de son développement de son aménagement ... et n'oubliez pas que ce que retracez alors relève peut-être d'un soupçon de réalité.

Vous venez de faire votre premier exercice archéogéographique.

La photo ci-dessous peut-être un bon essai !
........ mais pour faire suite à la remarque d'une collègue roumaine ... Si avec ça, les terroristes ne sont pas au courant des points stratégiques !!!



Et n'hésitez pas à m'adresser vos commentaires !

samedi 18 juin 2011

Histoire du cadastre

Qu'est ce que c'est, le cadastre ?

C'est la phrase que Jean Gabin prononce dans La Grande Illusion avec un ton pour le moins moqueur. Si vous vous posez la même question, alors il existe un site indispenable pour enrichir votre connaissance.

Histoire du Cadastre Français.


Ce site est un véritable centre de documentation autour du thème du cadastre. L'auteur y aborde le cadastre avant et après la Révolution, les méthodes de lecture des plans cadastraux, des liens vers les cadastres anciens, et il nous fournit l'accès à la plupart des ressources documentaires sur ce sujet... mis à part peut-être la structure du paysage hérité des cadastres. La démarche archéogéographique est absente de cette compilation. Donc, n'utilisez pas ce site comme un lieu qui traite de l'aménagement du territoire mais simplement d'une ressource en "cadastre". Certains liens vers les sites d'histoire du territoire restent assez discutables... mais c'est un autre propos.

mercredi 15 juin 2011

Hommage à F. de Ravignan


François de Ravignan est mort. Pour la plupart de nos concitoyens, son nom n'évoque qu'un éventuel titre de noblesse mais pour les amateurs de sciences du paysage et des politiques d'aménagement du territoire, il était un humaniste courageux. Beaucoup d'entre nous ont suivi ses idées et ses traces, comme lui-même l'avait fait dans les pas de René Dumont.
Economiste et agronome, il a réalisé de nombreuses misions en Afrique et en Asie. En 1983, François de Ravignan publie "La Faim, pourquoi ?". Un ouvrage re-publié plusieurs fois depuis lors. Et depuis, sa plume a rempli de nombreuses pages d'écrits à la fois savants, subtils et profondemment citoyens. Et ses communications orales, ses participations à des débats, ses sonférences ont toujours été des lieux d'intelligence pour tous.

Pour saisir un peu de l'esprit de François de Ravignan, je vous propose de lire cet article qu'il a rédigé suite à la lecture du livre de Mamadou Cissokho paru en 2009 : "Dieu n'est pas un paysan".
Plusieurs autres documents sont également disponibles sur le site de la Mission d'Animations des Agrobiosciences en Midi-Pyrennées.

Pour les étudiants des écoles de paysage, la lecture des ouvrages de François de Ravignan est un passage obligé, en particulier "Comprendre le paysage" dans lequel il regroupe divers écrits et réflexion avec Bernadette Lizet. Au centre de ses propos se tenait le spectre terrible de la faim. "Il savait voir les hommes sous la science", disait de lui Bertil Sylvander de l'INRA Toulouse.

A lire :
L'article en guise d'hommage de ses amis de la confédération Paysanne dans le Midi Libre.

jeudi 9 juin 2011

Le haut Moyen âge en Haute-Normandie


Voici le premier volume d'une série qui devrait marquer son temps.

Il y a quelques années, le Conseil Supérieur de la Recherche Archéologique avait demandé aux Services Régionaux de l'Archéologie - SRA - (service en charge de l'archéologie dans les DRAC - Directions Régionale des Affaires Culturelles) de préparer un état des connaissances en archéologie. C'était avant tout une façon de rendre compte des premières années de "l'archéologie de sauvetage", devenue depuis "archéologie préventive" et de posséder des bases afin de pratiquer une meilleure gestion.
Mais cela ne c'est pas passé aussi bien que prévu. Certaines régions ont été très réactive, répondant à la demande de l'administration du Ministère de la Culture, d'autres ont préféré prendre du temps. Du temps pour réunir des contributions, du temps pour réfléchir à la cible d'une telle publication synthétisant les connaissances, du temps pour gérer les auteurs avec les susceptibilités et exigences de chacun. Les haut-normands n'ont pas été les plus rapides mais le défi a été relevé.

Le premier volume, sous la direction de Florence Carré, conservateur en chef au SRA de Haute-Normandie, fait une longue présentation de cet état des connaissances pour la période du haut Moyen Âge.
Entre le Ve et le Xe siècle de notre ère, l'occupation du sol est encore assez mal documentée, même si les progrès fait durant la dernière décennie sont considérables. Parler de l'organisation du territoire, des relations à l'environnement et de paysage n'est plus mission impossible faute de données. Un chapitre est même spécifiquement consacré à l'archéologie du paysage (p. 25-27).
Mais la part belle de l'ouvrage reste occupé par le monde funéraire avec des vestiges mobiliers souvent esthétiques pour le public. C'est le domaine traditionnel de l'archéologie mérovingienne avec les nombreux cimetières fouillés au XIXe siècle par l'abbé JB Cochet et quelques autres. L'habitat a fait son entrée dans la recherche sur ces périodes avec l'archéologie de sauvetage des années 90 et occupe maintenant une part tout aussi importante. Monde des morts et monde des vivants se rejoignent enfin.
On pourra regretter que le choix terminologique de la période ne se soit pas porté sur "le Premier Moyen Âge", comme proposé par Isabelle Cattedu dans le cadre du volume publié par Gallimard et l'INRAP et qui porte ce titre.
Ce livre, qui n'est pas vraiment destiné aux néophytes en archéologie, est pourtant d'un abord assez aisé. Bien structuré, avec des entrées de lecture claires et une bibliographie réellement utile, il fera le bonheur du passionné d'histoire régionale.

La série initiée par ce volume devra s'étoffer au cours des années à venir avec des opus consacrés à l'Antiquité, à la Préhistoire ancienne, au Néolithique ... donc à suivre !


L'archéologie en Haute-Normandie
Bilan des Connaissances
Tome 1 : Le haut Moyen Âge

Auteurs : Florence Carré (dir.), Yves-Marie Adrian, Nolwenn Zaour, Jens-Christian Moesgaard, Sophie Devillers.
Publications des universités de Rouen et du Havre
30 €

mardi 7 juin 2011

Les trognes de Mansion

Dominique Mansion ne m'en voudra pas de ce titre qui se veut accrocheur car c'est pour la bonne cause, vous conseiller la découverte de son livre.

Les Trognes
L'arbre paysan aux mille usages.



Publié aux éditions Ouest-France, ce livre vous guide avec de nombreuses photographies sur la piste de "l'arbre conduit". Il était traditionnel de gérer les arbres dans nos campagnes avec la même minutie que l'on pouvait traiter le bétail. Frênes-tétards, saules-têteaux, émondes ou tronches, ces qualificatifs parlent tous d'arbres dont la taille a conduit à une morphologie particulière. Mais l'acte n'est pas gratuit. Les branchages des arbres représentent une possibilité de litière, une réserve nutritive pour le bétail. Leur taille régulière et selon certaines règles permet la reprise vigoureuse des rejets qui facilite la production de bois ... du développement durable !
Pour ceux qui ne sont pas habitués à ce genres de choses. Ce que nous nommons souvent la taille des arbres devient au fil des années une façon de choisir la forme que l'arbre va prendre tout en ayant le meilleur bénéfice de sa présence.
Je vous montre juste deux exemples très caractéristiques :
- les ragosses, dont vous pourrez trouver de nombreux cas en Bretagne centrale mais également au Portugal sous une forme parfois encore plus étonnante,


- les frênes-têtards au rôle essentiel dans la ripisylve.


Il faut savoir que ces pratiques de taille des arbres ont une origine ancienne, souvent inscrite dans les documents juridiques de la fin du Moyen âge (coutumier, recueil d'usages locaux ...) en particulier par l'obligation de tailler tous les 7 ou 9 ans jusqu'à une certaine hauteur (ou à partir d'une certaine hauteur) ... hahaha : clin d'œil à mes étudiants de l'ENSP ;-)

N'oublions pas que Dominique Mansion est aussi, entre autres choses, le créateur du plusieurs espaces autour de l'arbre, et le concepteur de l'Agenda nature dont la version 2012 devrait bientôt être disponible.



Les Trognes, l’arbre aux mille usages
Dominique MANSION
novembre 2010
Éditions OUEST-France
143 pages richement illustrées

dimanche 5 juin 2011

Flashé ?

Parmi les étudiants en première année à l'Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles, un groupe a eu la chance (faut voir !!!) de réfléchir à la place de la signalétique et des grands panneaux publicitaires ponctuant nos routes.
Ma propre réflexion sur ce sujet a trouvé un nouveau point d'appui avec la polémique autour des panneau de pré-signalisation des radars automatiques de vitesse, polémique mise en œuvre tout d'abord par les médias.


En fait, je vois réellement un intérêt dans cette suppression des panneaux ; c'est celui de la diminution de la pollution visuelle. Reconnaissons que ces panneaux sont grands.
Nos aménagements de bords de routes et d'autoroutes font de plus en plus appel à un sens aigu de l'esthétisme pour obtenir une signalétique de qualité. Il suffit pour cela de constater l'amélioration des panneaux d'annonces touristiques sur autoroute (ces panneaux à dominante brune qui vantent tel château ou abbaye) ... même si bien souvent, la position du panneau fait qu'il devient également une forme de pollution visuelle.
La panneau d'annonce de radar automatique, codé SR3, a pour mission exacte :"signal annonçant une zone où la vitesse est contrôlée par un ou des radars automatiques".

Mais soyons honnêtes, l'existence même de ce panneau relève de la plus profonde hypocrisie. Placé là pour signaler une zone dangereuse à venir, et donc où il convient d'être attentif à son comportement et sa vitesse, on vous annonce en fait un radar présent pour vous sanctionner. On vous propose donc d'éviter la sanction, il suffit de lever le pieds durant les quelques centaines de mètres qui approchent.
Hypocrisie des pouvoirs publics qui trouve là un beau moyen de faire entrer de l'argent dans les caisses de l'Etat (c'est pas le radar qui va empêcher des inconscient de prendre la route), hypocrisie des conducteurs qui prétendent que cela les rends plus attentifs (mais après le radar, 150 km/h c'est quand même mieux !), hypocrisie politique qui fait de ce sujet un argument de contestation sur le fonctionnement du gouvernement, hypocrisie sociale d'une société qui oublie de dire qu'elle ne peut fonctionner qu'avec des lois qui sont là pour être respectés ... ou transgressés. Pour ma part, si je suis flashé, c'est bien fait pour moi !

Mais c'est une partie de nos mentalité qu'il faut changer. Rouler avec la peur du gendarmes et de la sanction doit être remplacer par rouler en étant conscient des dangers de la route.
Mon hypocrisie à moi, c'est : oui il faut supprimer ces panneaux annonçant les radars automatiques ... ils défigurent le paysage.

Petit rappel : à 110 km/h sur autoroute et à 80 km/h sur route, vous polluez moins, vous économisez du carburant et des sous. Dernière hypocrisie .. oui, la crise de l'énergie va sauver des vies !!!

vendredi 3 juin 2011

Les paysages de l'au-delà !

Le paradis existe-t-il ? Pour le croyant, la réponse affirmative ne déclenche pas forcement une projection visuelle de ce paradis. Dans son livre, mal nommé "Guide du Paradis", Michel LEGRAIN nous présente une série d'illustrations du paradis, aux Editions Armand Colin. Tant dans les arts graphiques que dans la littérature, les choix fait par l'auteur sont frustrants. Chacun d'entre nous connait d'autres exemples de visions de l'Eden, et les commentaires qu'en fait Michel Legrain restent très subjectifs ... et pour cause. Son avantage est d'être transchronologique. Il permet aussi la visualisation et ne s'embarrasse pas des métaphores et de commentaires trop pourléchés de romantisme. Donc vous pourrez peut-être construire avec son aide votre propre image idéalisé d'un paysage du paradis, d'un Éden bien terrestre ou irréaliste à souhait. L'idée qu'un guide touristique du paradis nous y aide est assez originale.



Mais pour construire ce paysage du paradis qui sera propre à chacun d'entre nous , encore faut-il être capable de concevoir ce que nous y attendons. Cette démarche plus personnelle demande donc un autre accompagnement. Un bon contrepoint au livre de Michel Legrain est celui de Pierre CONESA, qui porte le même titre "Le guide du Paradis" aux éditions de l'Aube en format de poche (coll. Essai). Il vous amène à une autre lecture du paradis, celle de la religion et des choix de paradis que nous pouvons faire, ou que la société nous conduit à faire. Sommes nous libre de choisir notre paradis ? Devrons-nous admettre un paradis préparé par les sages et les illuminés ou bien simplement l'imaginer avec l'aide de nos propres créations picturales ou littéraires ? Pour reprendre l'idée du sous-titre du livre de P. Conesa, attention à la publicité mensongère !