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vendredi 3 juin 2011

Les paysages de l'au-delà !

Le paradis existe-t-il ? Pour le croyant, la réponse affirmative ne déclenche pas forcement une projection visuelle de ce paradis. Dans son livre, mal nommé "Guide du Paradis", Michel LEGRAIN nous présente une série d'illustrations du paradis, aux Editions Armand Colin. Tant dans les arts graphiques que dans la littérature, les choix fait par l'auteur sont frustrants. Chacun d'entre nous connait d'autres exemples de visions de l'Eden, et les commentaires qu'en fait Michel Legrain restent très subjectifs ... et pour cause. Son avantage est d'être transchronologique. Il permet aussi la visualisation et ne s'embarrasse pas des métaphores et de commentaires trop pourléchés de romantisme. Donc vous pourrez peut-être construire avec son aide votre propre image idéalisé d'un paysage du paradis, d'un Éden bien terrestre ou irréaliste à souhait. L'idée qu'un guide touristique du paradis nous y aide est assez originale.



Mais pour construire ce paysage du paradis qui sera propre à chacun d'entre nous , encore faut-il être capable de concevoir ce que nous y attendons. Cette démarche plus personnelle demande donc un autre accompagnement. Un bon contrepoint au livre de Michel Legrain est celui de Pierre CONESA, qui porte le même titre "Le guide du Paradis" aux éditions de l'Aube en format de poche (coll. Essai). Il vous amène à une autre lecture du paradis, celle de la religion et des choix de paradis que nous pouvons faire, ou que la société nous conduit à faire. Sommes nous libre de choisir notre paradis ? Devrons-nous admettre un paradis préparé par les sages et les illuminés ou bien simplement l'imaginer avec l'aide de nos propres créations picturales ou littéraires ? Pour reprendre l'idée du sous-titre du livre de P. Conesa, attention à la publicité mensongère !



lundi 8 mars 2010

Femmes


Si vous passez par Rouen cette semaine, n'oubliez cette exposition, sorte de gigantesque compilation de l'art féminin dans tous ses états.
A l' Hôtel de Région de Haute-Normandie
jusqu'au 14 mars 2010

à l'occasion du centenaire de la Journée de la Femme.

mardi 13 janvier 2009

Bêtes à cornes

Dans un très intéressant article publié dans la revue Histoire et Sociétés Rurales (n°30 - deuxième semestre 2008, p. 31 à 66), Florian REYNAUD nous propose une étude iconographique des représentations des bêtes à cornes dans l'art pictural pour servir l'Histoire. A l'aide d'exemples pris entre 1650 et 1850, le doctorant de l'université de Caen nous propose de decrypter les races, types, usages et erreurs techniques visibles sur les oeuvres. En cela, il prolonge les réflexion du zootechnicien Bernard Denis, professeur à l'école vétérinaire de Nantes.
Sur un corpus de 877 représentations, provenant de France, d'Angleterre, de Flandre ou d'Italie, on observe des arguments de représentation variés (mythologique, biblique, historique, romantique ...). L'analyse est d'abord chronologique en fonction des diverses écoles picturales et de leur pratique du paysage. Ensuite, l'apport à la connaissance de l'élevage est abordé. L'échantillonage que représentent ces peintures reste cependant très limité et extrêmement lié à l'idéologie paysanne ambiante. Cette image est restreinte, l'agriculture et l'élevage y sont perçus parfois comme des pratiques contraintes par la force animale et la rigueur du métiers de laboureurs, mais plus souvent encore comme un monde paisible dans une campagne tranquille au relief peu tourmenté.
La thèse à venir de Florian Reynaud sur "Les bêtes à cornes dans la littérature agronomique entre 1700 et 1850" se devra d'être tout à fait critique sur la représentativité de son échantillon d'étude. Elle permettra peut-être de mieux prendre en compte la place de ces animaux dans le paysage de l'imaginaire collectif de cette période. Comme on peut le lire dans les commentaires d'oeuvres publiés à la suite de l'article (p. 51 à 66), la prise en compte du paysage représenté enrichi le discours sur la relation homme - animal.

mardi 12 août 2008

En Chine, il n'y a pas que les J.O. !

Non, la Chine est aussi un extraordinaire réservoir de la diversité paysagère mais aussi botanique. Et il ne faudrait pas oublier que les chinois sont pleinement conscient de celà. Même si nos médias occidentaux nous disent (à qui veux les entendre) que la puissance économique chinoise sera forcément destructrice de biodiversité, de richesse environnementale et paysagère, ce serait ne pas tenir compte du profond respect de la vie inhérent à la culture chinoise particulièrement visible dans l'expression artictique dominante en Chine : la peinture de paysage.
La peinture dite "guó huà", c'est à dire "peinture du pays" est décliné selon deux axes : celle qui représente des fleurs et des oiseaux (huā niǎo huà) et celle qui est consacrée aux paysages (shān shuǐ huà).

Cette peinture a un vocabulaire très détaillé et où tout élément possède un sens spécifique. Un pont n'est pas figuré par hasard, pas plus qu'une fleur ou un temple. Pour en savoir un peu plus, allez faire un tour sur l'atelier de peinture chinoise... actuellement en restructuration... patience.


Vous pouvez apprendre quelques éléments avec ce livre de Li Dongxu : La peinture chinoise - La peinture de paysages

lundi 9 juin 2008

Quelques traits jetés à votre vent !


Les traits, ce sont ceux d'Aby, graphiste et illustratrice de talent.
Jetés ... sur les grilles Caddy de l'office du tourisme du Neubourg du 1 au 22 juin et de celui de Brionne du 2 au 28 juin.
A votre vent, car tout artiste ne vit que par ceux qui poursuive son travail en le regardant. Un dessin, un tableau ou une sculpture poursuit sa construction lors de son exposition à votre regard.

Alors allez découvrir le travail d'Aby. J'aime son trait toujours en mouvement, sa façon de transformer le support (voir le Donjon de Brionne), sa façon d'être entre gothique, dessin de mode et illustration pour enfant.

Et si vous n'êtes pas dans la région, visitez son site web : abyweb.

mercredi 26 septembre 2007

David Hockney

Depuis plusieurs mois que ce blog existe, très peu de place est laissée à la peinture.
Pourtant, si vous inscrivez "paysage" sur votre moteur de recherche préféré, bon nombre de réponses concerneront l'art du paysage sur toile, papier ou autres supports. L'aquarelle y tient une place importante, mais ce n'est pas la seule expression paysagère graphique. Dans les nombreux volumes parlant d'histoire du paysage, on évoque la naissance de cette notion avec la Renaissance et les premières représentations de l'espace paysager.

Mon gout personnel va plutôt vers un art plus contemporain comme celui de David Hockney.

Il est à la fois un destructeur et un constructeur de paysage graphique. Il décompose la vision que lui apporte la photographie pour mieux recomposer le paysage ensuite. Il a beaucoup utilisé le photomontage.
Son expression est souvent éloignée de ce que l'on attend d'un "peintre paysagiste" ert la notion même de "paysage" pourrait sembler impropre à qualifier certains de ces travaux comme "Flight into Italy - Swiss landscape" daté de 1962, toile formée de collage d'extraits de magazines et d'un rythme paysager qui a beaucoup à voir avec la lecture géologique.


Un de ses thèmes majeurs (utilisé vers 1980 puis à nouveau à la fin de années '90) est le canyon. En voici deux exemples. Avec le "Nichols Canyon", très coloré et assez plaisant. On peut y trouver du Cezanne, du Picasso mais aussi Andy Warhol.

Et un travail plus récent et plus complexe sur le grand canyon qui a fait l'objet d'au moins cinq représentations variées, plus ou moins fragmentées et recomposées. Ici, seul un fragment est visible. Hocknet a manifestement été fasciné par ce site, sa profondeur, son ampleur, et ses couleurs. Seule une des toiles montre la rivière Colorado mais sa marque est très lisible, là encore grâce à une véritable lecture géologique du phénomène.

C'est ce tableau qui a fait la couverture du livre édité à l'occasion de l'exposition Espace/Paysage, au Centre Georges Pompidou à Paris en 1999.



Et puis il y a la vision de la côte pacifique qui a ma préférence. "Pacific coast highway and Santa Monica" possède un rythme, à la fois linéaire et ondulatoire. la route y est un éléments majeur du paysage avec un rôle structurant fort.



Mais où est donc le jardin dans le paysage. Ici, il y a autant du "protoplasme" évoqué par Edgar Morin que de la renaturation d'un espace dans lequel la ville est pourtant omniprésente.

L'instant le plus fugitif le point de vue le plus appuyé, les fantasmes collectifs, la connaissance historique et géographique, les souvenirs, les anecdotes, le regard des peintres qui nous précèdent, tout cela finit par constituer un superbe pudding visuel, tactile, sonore, cinétique, c'est-à-dire le paysage moderne, forcément cézannien, futuriste et cubiste.



Vous trouverez beaucoup d'autres informations sur Hockney sur ce site ou celui-ci.
Un beau documentaire lui est consacré, réalisé par la BBC. Si vous voulez en savoir plus, allez chercher le livre de Marc Livingstone qui se nomme simplement "David Hockney", édité par Thames et Hudson.
Et puis il a également le livre dans lequel il parle lui-même de son travail en parcourant les techniques de peintres plus classique et ce que leurs découvertes lui ont apporté. Le livre se nomme "Savoir secrets"

" Le cubisme est affaire de perception et de représentation du réel. La plupart des distinctions en art, comme l'abstrait opposé au figuratif, me paraissent fausses. Il y a très peu de conflits en art qui, selon moi, valent la peine, à l'exception d'un seul : le désir de représenter. Le désir de représenter est très fort en nous, très profond, et il se refuse à disparaître. [...] Nous représentons le monde, afin de mieux le comprendre. " David Hockney.

mardi 11 septembre 2007

Caux maritime

Le Pays de Caux n'est-il qu'une vaste zone plane avec quelques ilots de verdures autour de l'habitat ?

A en croire la carte réalisée par l'office du tourisme du Pays "Plateau de Caux maritime", on pourrait le croire. Ce dépliant comporte la crate ci-jointe et une belle aquarelle de Maurice Dubuc qui présente l'ensemble des villages de ce secteur. Elle couvre un territoire qui va de Saint-Aubin-sur-Mer à Butot et d'Allouville-Bellefosse aux Petites-Dalles.

En mettant le cachet du tourisme patrimonial en avant, car les édifices remarquables de cette zone sont représentés, le modelé disparait et c'est vraiment dommage. Mises à part les vallées littorales (Durdent, vallée de Saint-Valery, Dun), tout relief a disparu !

Quelques exemples de l'importance de ce modelé pour la mise en situation des édifices.
Le château de Galleville s'insère avec sa ferme dans un haut de versant ; le village de Bourville est accroché à la pente d'une petite vallée, les manoirs d'Ecreteville-les-Baons et d'Hautot-le-Vatois s'inscrive dans des vallonnements et le domaine d'Ermenouville est bordé d'un zone humide à l'ouest qui le sépare des terres de Sainte-Colombe.

Par contre, le patchwork des cultures est bien rendu par le talent de l'aquarelliste, assemblage de formes de variétés de verts et de jaunes et d'ocres formant une mosaïque où ne manque que le bleu du lin. Et le rendu montre bien les lieux de verdure boisée dans la vaste plaine cauchoise, "la plaine" comme le disent les agriculteurs.

Pour retrouver le relief qui manque à cette carte, allez donc faire un tour sur place.

dimanche 27 mai 2007

Champs et contre-champ


La représentation du paysage peut être savante ou artistique. Mais est-ce encore de la représentation ?
Merci à Guy François pour cette très belle image des plaines de la Somme au mois de mai.

Il a édité un très beau livre de photos de son département picard.