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jeudi 20 février 2014

Requiem pour Claire G.

Une lumière dans le regard qui s'éteint à 41 ans. Est-ce normal ?
Samedi, Claire Guezenguar a passé la frontière. J'aimais bien ses tournures de phrases, parfois avec des mots crus à prendre au premier degré, souvent à sens multiples et subtils.
Si Claire écrivait des romans, elle avait aussi initié les étudiants de l’École du paysage de Versailles à un certain esprit esthétique. Co-responsable des ateliers artistiques, elle y coordonnait, entre autres, avec Olivier Marty un atelier nommé "Comment emporter le site ?". Elle faisait également partie du comité de rédaction des publications de l’École.
Aujourd'hui la mer veille sur elle, à l'Île-de-Batz.



Pour découvrir son œuvre, malheureusement peu abondante, vous pouvez choisir deux entrées fort différentes : la biographie de Sœur Sourire intitulée Sister Sourire : Journal d'une tragédie est surprenante, ou Ouestern, rempli de l'air de sa Bretagne natale.

"Mon amour, rien ne fut fini.
Un amour frais vint dans un cri
Nous ranimer et nous reprendre. "
(René Char)

mardi 7 juin 2011

Les trognes de Mansion

Dominique Mansion ne m'en voudra pas de ce titre qui se veut accrocheur car c'est pour la bonne cause, vous conseiller la découverte de son livre.

Les Trognes
L'arbre paysan aux mille usages.



Publié aux éditions Ouest-France, ce livre vous guide avec de nombreuses photographies sur la piste de "l'arbre conduit". Il était traditionnel de gérer les arbres dans nos campagnes avec la même minutie que l'on pouvait traiter le bétail. Frênes-tétards, saules-têteaux, émondes ou tronches, ces qualificatifs parlent tous d'arbres dont la taille a conduit à une morphologie particulière. Mais l'acte n'est pas gratuit. Les branchages des arbres représentent une possibilité de litière, une réserve nutritive pour le bétail. Leur taille régulière et selon certaines règles permet la reprise vigoureuse des rejets qui facilite la production de bois ... du développement durable !
Pour ceux qui ne sont pas habitués à ce genres de choses. Ce que nous nommons souvent la taille des arbres devient au fil des années une façon de choisir la forme que l'arbre va prendre tout en ayant le meilleur bénéfice de sa présence.
Je vous montre juste deux exemples très caractéristiques :
- les ragosses, dont vous pourrez trouver de nombreux cas en Bretagne centrale mais également au Portugal sous une forme parfois encore plus étonnante,


- les frênes-têtards au rôle essentiel dans la ripisylve.


Il faut savoir que ces pratiques de taille des arbres ont une origine ancienne, souvent inscrite dans les documents juridiques de la fin du Moyen âge (coutumier, recueil d'usages locaux ...) en particulier par l'obligation de tailler tous les 7 ou 9 ans jusqu'à une certaine hauteur (ou à partir d'une certaine hauteur) ... hahaha : clin d'œil à mes étudiants de l'ENSP ;-)

N'oublions pas que Dominique Mansion est aussi, entre autres choses, le créateur du plusieurs espaces autour de l'arbre, et le concepteur de l'Agenda nature dont la version 2012 devrait bientôt être disponible.



Les Trognes, l’arbre aux mille usages
Dominique MANSION
novembre 2010
Éditions OUEST-France
143 pages richement illustrées

mardi 12 avril 2011

CulturesMonde, émissions de Florian Delorme

Une série de quatre émissions de CulturesMonde est consacrées aux cartes avec pour titre : Tout de carte. les invités de la première sont Marie-Françoise Durand, agrégé et responsable de l'atelier de cartographie de Sciences-Po et Jacques Lévy, géographe également enseignant à Sciences-Po.

A télécharger et écouter ici :
http://www.franceculture.com/emission-culturesmonde-tour-de-cartes-14-l-ethique-du-cartographe-2011-04-11.html


Bon à savoir, l'émission de jeudi 14 aura pour invité Gilles A. Timberghien, philosophe, enseignant à Paris I et à l'Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles. Son dernier livre "Finis terrae - imaginaire et imagination cartographique" paru chez Bayard en 2008 est une référence à lire.

mardi 11 mai 2010

Carnets de Paysage 19




Un nouveau numéro des Carnets de Paysage est toujours un moment attendu. Cette fois, le thême est "Ecologies à l'oeuvre". Il a été piloté par Jean-Luc Brisson. Sa publication a été assuré par les éditions Actes Sud en association avec l'Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles et Marseille.

Dans ce volume, vous trouverez de quoi ouvrir votre esprit grâce au Sophora toromino, à l'expertise scientifique, à des choix méthodologiques et à la girafe du Niger.
Et comme le dit la présentation sur le site de l'ENSP : il s'agit de "comprendre l’intensité des débats sur l’écologie, le paysage, le tourisme et l’agriculture de subsistance, la gestion des ressources à l’échelle locale ou mondialisée." Et la question de la ville n'est pas laissée pour compte. "La nature y est l’enjeu d’un renouvellement des savoirs : les plantes, les animaux, l’eau, la terre sont les supports d’une pédagogie et d’une communication citoyennes. En ville s’affirme l’importance cruciale de la tractation sociale, face au risque de voir s’imposer des vues et des visées extérieures et dominantes."

ENSP/Actes Sud, 224 p, et 26 €

jeudi 5 février 2009

L'agriculture face aux défis d'aujourd'hui et de demain

C'est le sous-titre d'un colloque qui se déroulera les 7 et 8 mai 2009 à Milan.


Avec le titre ETTARO ZERO (zéro hectare) "Faire paysage, construire la nature, prendre soin du sol", la Direction Générale de l'Agriculture de la Région de Lombardie, l'Institut Polytechnique (Architecture et planification), la Faculta de Agraria de Milan, et l'IREALP (Institut de Recherche sur l'Ecologie et l'Economie Appliquées en Domaine Alpin), organisent deux journées pendant lesquelles il sera question de diversité du territoire, de ruralisation, de l'association de la biologie et de l'écologie, de la diminution et de la fragmentation des terres et des entreprises agricoles, de la fertilité ...

L'argument de cette rencontre est le suivant : Le sol est la base de la production, il est ressource, il est soumis à la pression de l'homme. L'agriculture est en compétition avec d'autres activités humaines et le sol est le lieu de la rencontre. En Italie, entre 1990 et 2000, au moins 2 millions d'hectares ont été perdus pour l'agriculture. Et dans le même temps, on a vu réapparaitre l'agriculture péri-urbaine. Le principe de durabilité de notre société repose sur la prise en compte de l'usage du sol selon les meilleurs critères de préservation. La protection des sols cultivés, leur fertilité et leurs fonctions écologiques doivent être pris en compte avec les outils de l'économie, du suivi environnemental, des pratiques sociales et culturelles et les pratiques paysagères. Les organisateurs espèrent recueillir des témoignages, des récits d'expériences, des approches originales sur la relation entre agriculture et gestion du sol. L'idée est de collecter des "idées pour agir" avec une possibilité de transfert aux acteurs engagés dans les secteurs concernés.

Le colloque se déroulera avec deux séances plénières et trois sessions parallèles, plus une table-ronde. Une session "poster" est aussi prévue.
Attention, la date limite d'envoi de proposition de communication, originalement placée au 10 février, à été reportée au 2 mars 2009.

Toutes les informations sont sur ce site dédié : http://www.irealp.it/it-it/ettaro_zero

Pour télécharger l'appel à communication en anglais ou en italien

A noter que dans ce cadre, une rencontre préparatoire a eu lieu le 23 janvier 2009 sur le thème "paysage et agriculture péri-urbaine" ; un sujet qui revient souvent dans les débats et les recherches. En France, l'ENSP de Versailles en a fait l'un de ces principaux thèmes de réflexion. André Fleury et Roland Vidal, tous deux enseignants à l'ENSP étaient les invités de cette journée.

A la suite de cet exemple, cette réflexion pourrait être menée dans de nombreuses régions françaises, et en Normandie en particulier où les conflits d'intérêt sur le gestion des sols sont nombreux. Découper le territoire en petits morceaux, en le fractionnant comme le fait notre politique de gestion des Plans Locaux d'Urbanisme, entraine vers une non-gestion raisonné de l'espace faute de cohérence.

lundi 26 janvier 2009

Jubilatoire

Parfois, une simple lecture fait redécouvrir des sentiments oubliés. Jouissance de l'esprit, humour subtil, plaisir simple et profond à la fois.
C'est ce que j'ai ressenti à la lecture de "Oh ! les plantes avec les pieds !". Extraordinaire article de Marc Rumelhart dans le numéro double 13 & 14 des Carnets du Paysage. Sortit en 2007, ce numéro a pour thème "Comme une danse" et aborde les nombreux rapports entre le corps et le paysage. L'article de Marc Rumelhart évoque la relation du toucher avec les pieds, et pas seulement du toucher. L'article est sous-titré : "Air à danser oublié".

Les mots sont merveilleusement choisis, chacun à sa placer. Certains sont originaux, à découvrir. Connaissez-vous la "pédotopie" et la "topopédie" ? Marc a d'ailleurs eu la très bonne idée d'ajouter un lexique. On y trouve aussi "caminet", "touradon", urtiçaie" et "polytric".
Les situations du récit sont aussi originales. Etudiants cobayes de toucher délicat et parfois périlleux, déraboulages et autres gassouillages. Botanistes nu-pieds (l'auteur) sur tremblant, montrant des plantes pontonnières dans le Queyras. Mais aussi pieds sur tufs, tourbes, terres gelées, sables et cailloutis ... et j'en passe.

Mais voici plutôt quelques extraits qui j'espère, vont vous donner envie de courir chercher cette article.

"Inutile de bander les yeux du promeneur cobaye : pendant que les pieds, les mollets, les genoux et les cuisses enregistrent leurs données tactiles, musculaires et articulaires, le regard fait son travail et le cerveau range tout cela comme il peut." (p. 133)

et puis

"Le tuf, quoique friable, est une roche. (...) le sable, quoique meuble, voire mobile, est aussi une roche. Eh quoi, prétendez-vous que la tourbe, si molle, voire fluide, est une roche itou ? (...) Quoi qu'il en soit, on aura noté que, géométriquement parlant, tous ces substrats biogènes sont animés d'un processus de gonflement, de bombement. Ce pourrait être un premier théorème de notre science hybride : roches et plantes, agissant de concert, tendent à fabriquer lentement des formes convexes bidonnantes." (p. 140)

et encore

"Puisqu'il est surtout question ici de traverser, il se pourrait que la manière dont les substrat gardent la mémoire de l'empreinte soit un critère plus efficace. Prenez les sables : votre chemin s'y creuse par érosion, son déblai se déplace entièrement (à l'aval, sous vos godasses, sur votre tapis de bain, etc.). A l'autre bout, les éboulis calcaires un peu grossiers : une partie des caillasses déraboule, mais l'essentiel se tasse, s'arrange dans une nouvelle disposition ; plus économe en interstices, cette géométrie reste mouvant, mais à la marge, au point que les nappes fréquentées des 'sentiers' se distinguent, légères concavités linéaires où se concentrent au moins les ascensions." (p. 142)

et toujours

"Existe-t-il plusieurs manière d'écraser ? Le vivant des tufs et le foisonnement du gel produisent-ils des édifices pédotactiles homologues ? Nous manquons de monographies, il faut expérimenter."(p. 144)

et enfin

"Alors nous pourrons expérimenter, puis décrire, formuler, et finalement (pour commencer !) ranger sur l'étagère nos bocaux de perceptions pédestres en les classant bien comme il faut.
- Auriez-vous un échantillon de crissant ?

- Vous pensez au crissant graveleux, ou sableux ?

- Non, je songeais plutôt au crissant agréable, voyez quand il y a des brindilles ...

- Vous voulez dire du crissant organique, peut-être ? Le dernier congrès de pédopédie a rangé cela aux côté de l'émietté, considérant les liens phylogéniques avec le craquant.

- Ah ! ... [Elle réfléchi, dubitative.] Dites, j'aurais bien pris aussi un peu de pitrougne ...
- [Il rit.] On ne dit plus "pitrougne" depuis belle lurette. mais je vois ce que c'est : vous aimez cette boue claire qui s'inflitre entre les orteils, hein ?
- [Elle rougit.] Oui, on ne sait jamais bien quand ça va s'arrêter, mais ça ne craint pas grand chose - sauf à rencontrer une de ces grosses moules d'eau douce. Non, le seul truc qui me gêne, ce sont les herbes.

- Quoi, les herbes ?

- Oui, les herbes du bord : quand elles dépassent, ça va, on voit ce qu'on touche, mais les espèces de nénuphars sans feuilles, là, tout gluant, et les algues, beuh ...

- On fait
des muddy footcakes déglués, vous savez !
- ??

- Oui, sans le toucher végétal. Garantis 'boue minérale'. C'est un label bio.

- Ah ? Je veux bien essayer, tiens. Alors ... donnez-moi une pitrougnette sans gluant, bien affiné ; et deux crissants." (p. 148)

Et ceci n'est qu'un florilège. Au delà de l'humour, des nombreuses références qu'il faut savoir pister, cet article est réellement ludique. Le discours est comme toujours avec Marc Rumelhart, savant et intelligent. Il n'est pas toujours d'une grande simplicité mais subtil et délicat. Bref, un plaisir, je vous disait.



Marc Rumelhart est professeur d'écologie à l'Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles. Et il fait ses cours et conférences avec les mains ...

lundi 25 août 2008

Journées doctorales

L'AgroCampus de l'Ouest à Angers organisera en fin d'année deux journées spéciales consacrées aux travaux des chercheurs de l'Unité de Recherche Paysage. Les 3 et 4 décembre 2008, autour d'un comité scientifique éclectique (Jacques Baudry, Thomas Houet, Pierre Donadieu, Yves Luginbühl, Nathalie Carcaud, ...) et sous la responsabilité de Cyril Fleurant, les doctorants et chercheurs sont invités à présenter leurs travaux qui relèvent directement des disciplines du Paysage. Il sera donc question d'écologie, d'économie, de diverses sciences humaines et sociales, de géosciences ...

Les soumissions sont à adresser à Cyril Fleurant avant le 19 septembre, uniquement sous forme électronique (cyril.fleurant [at] agrocampus-ouest.fr).

Toutes les informations sont disponibles sur le site de l'unité : http://recherche-paysage.inh.fr/journeesdoctorales/index11.html

samedi 3 mai 2008

Colloque ITIAPE


Près de Lille (à Lesquin) existe un institut de formation d'ingénieur particulier :
Institut des Techniques de l'Ingénieur en Aménagement du Paysage et de l'Espace.
Chaque année, cette école organise un colloque au printemps. Cette fois il a pour thème "Créons ensemble nos espaces du futur". Il aura lieu le 23 mai 2008.


Dès 8 h 30 pour les plus courageux, mais les vrais travaux débutent à 9 h 00 avec le lancement d'un concours Jardin. De 10 h00 à midi, Sylvie Sagne (espaces verts de Lyon) Gilles Clément et Pierre Donadieu (tous deux professeurs à l'ENSPV) participeront à une conférence sur "La filière professionnelle paysagiste et le développement durable : enjeux et perspectives". L'après-midi, des mini-conférences et ateliers permettront d'aborder les problèmes de la gestion des déchets de jardin, de l'esthétique, de la notion de jardin écologique, de l'eau et du futur des jardins.
Ce sera ensuite l'occasion de découvrir la formation de l'ITIAPE, puis de participer à la remise des diplômes.
Une journée pour découvrir qu'il n'y a pas que dans les écoles de formations de paysagistes où l'on parle de paysage. L'aménagement du territoire, les collectivités ont besoin de collaborateurs performants à l'intérieur de leurs équipes et la formations paysagistes se doit de se diversifier pour répondre à toutes les exigences du terrain.

lundi 3 mars 2008

Envoyé spécial - France 2 - 06/03/08

L'émission de France 2 : "Envoyé Spécial" du jeudi 6 mars 2008 consacre un reportage à l'Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles (ENSPV).
Pour avoir la chance de fréquenter cette établissement, je peux vous dire à quel point ce lieu possède quelque chose de magique. Le "Potager du Roi", situé tout près de la célèbre Pièce d'eau des Suisses respire l'agronomie naissante dans la modernité de la fin de l'ancien régime. Précisons, que ladite Pièce d'eau à été creusé en relation avec la création du jardin puisque l'ensemble occupait un marais qui a été alors asséché, les sédiments extraits de l'étang ayant servis à combler la zone qui deviendrait le jardin potager. Cachés derrière les murs, en dessous du niveau de la rue et avec un micro-climat du à cette situation, les jardins possèdent des collections de plantes inestimables. Avec des espaces très ordonnés, des vergers où les fruitiers sont organisés en rideau, des parterres de légumineuses, des zones de plus grande liberté végétale.
On y trouve également les petits jardins que les étudiants investissent sous le regard compatissant (pour les plantes) des enseignants.

L'histoire du "Potager" est elle-même, passionnante. Jean-Baptiste La Quintinie, le créateur, a laissé son nom, entre autres, à un bâtiment de l'école et sa statue domine le Grand Carré. Allez découvrir bien plus sur le site qui est dédié à ce magnifique jardin : http://www.potager-du-roi.fr/



L'émission parlera essentiellement de l'école, de ses élèves et de l'esprit du "projet de paysage" qui les anime. En effet, la spécificité des étudiants de l'ENSPV est d'apprendre à lire un espace, à l'appréhender dans toutes les dimensions qui le composent et à établir un projet pour cet espace. Il ne s'agit pas d'aménager ... mais de créer, ou de re-créer.
C'est la principale différence entre un paysagiste qui sait créer l'harmonie entre les arbres, les plantes en utilisant son catalogue favori, et celui qui va au-delà. Ce dernier peut devenir un artiste de l'espace.
Le "projet de paysage", objet d'enseignement et de recherche, permet de mieux cerner la relation entre paysagistes et maitre d'œuvre. Cette notion a fait évoluer le paysagiste des jardins vers un statut de créateur-acteur du Landscape urbanism, devenant ainsi une personnalité incontournable avec l'architecte, l'urbaniste et l'ingénieur pour l'aménagement du territoire.

L'ENSPV, c'est aussi une ambiance. Certes, une certaine détente y est présente à l'image des écoles d'architecture. On y retrouve également le phénomène des "charrettes", nuits de travail de folie qui précèdent un rendu ou un concours. Mais il faut ajouter un solide esprit de travail collectif qui nait avec les expériences de terrain, et le travail en groupe pour les dossiers.
Espérons que l'émission de France restitue une partie de cette ambiance.

Jeudi 6 mars 2008, à 20 h 55, sur France 2.


L'Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles, vue du ciel.

jeudi 20 septembre 2007

Le Paysage - une synthèse

Voilà un livre qui va faire plaisir à beaucoup de ses lecteurs... et qui risque d'en décevoir d'autres.

En un peu plus de 100 pages, Pierre Donadieu et Michel Perigord ne nous propose pas un outil pour comprendre le paysage, ce n'est pas un livre "de la connaissance". Mais c'est un livre pour celui qui veut devenir un acteur, présent, attentif et efficace dans la gestion des paysages.

En 6 chapitres, sont évoqués les éléments historiques, les enjeux liés au paysage, les politiques publiques en France, les identités paysagères, les outils et concepts, et le paysage/porteur de projet.

Si dans les chapitre 3, 4 et 5, Pierre Donadieu (ENSP Versailles) excelle dans un discours clair et précis. Les politiques du paysage y occupent une place de choix, trop peut-être. Et Michel Périgord, géographe de l'université de Poitiers, apporte des sources qui ne sont pas toujours acquises chez les paysagiste. Le chapitre 5 sur les outils et concepts est sans doute le plus intéressant. Les expertises et idéologies recouvrent en fait une réflexion sur la façon dont la société peut agir sur ses paysages, qui trouve sa résolution dans le chapitre suivant en montrant quelques exemples concrets (ligne THT, éoliennes, autoroutes). On pourra regretter que seules les grandes infrastructures soient évoquées, ce qui occulte les paysages dits ordinaires, mais un ouvrage de cette petite taille ne peut pas tout explorer.

La bibliographie m'a semblé bonne car elle est diversifiée, contient de nombreux auteurs que j'ai aimé lire et qui dénote une attention aux sciences humaines (Berque, Besse, Corbin, Descola, Di Méo et Buléon, Latour). Mais elle manque encore d'ouverture, d'une véritable interdisciplinarité nécessaire de la science autour de l'objet (flou) qu'est le paysage.
C'est également l'image qui ressort de l'ensemble de l'ouvrage ; les propos sont clairement extraits d'un discours de paysagiste, non culturaliste, et pas sensible aux notions d'équilibre paysager et de dynamique paysagère propre à un espace donnée.
Bref, pas de discours historique de la longue durée, pas d'approche écologique (hormis celle de l'écologie du paysage développée par Burel et Baudry), peu de fonctionnalisme du paysage et pas de démarche propectives. Voilà les ouvertures qui m'ont manquées.
Le paysagiste ne sert-il qu'à mieux intégrer les lignes à haute tension et à établir un projet de paysage pour un quartier péri-urbain nouveau ?

Malgré cette critique, l'ouvrage deviendra vite un fondamental, presque un manuel (à mon humble avis) sur ce que le paysage nous apprend sur nous-même et sur notre façon de le considérer. C'est là son véritable apport, et ce n'est pas une qualité mince.
Donc, un livre à lire et à posséder dans sa bibliothèque... pour un tout petit prix (9 € maxi).

L'ouvrage est publié dans la collection "géographie 128" chez Armand Colin.

Pour conclure, un extrait de "Les paysages de l'identité" de Di Méo, Sauvaître et Soufflet (2004) reprit par P. Donadieu et M. Périgord qui montre bien la démarche dans laquelle s'inscrivent les auteurs :
"...les paysages constituent des valeurs symboliques, résolument identitaires, du rapport des hommes et de leurs groupes aux territoires qu'ils s'approprient et qu'ils vivent. L'identité ainsi produite fait l'objet de multiples manipulations idéologiques et politiques qui créent souvent de l'exclusion sociale."

Ci-dessous : Michel Périgord à gauche - - - Pierre Donadieu à droite

vendredi 25 mai 2007

Comme une Danse

Je me lui lancé dans la lecture du volumineux double numéro des "carnets du paysage" dont je parlais il y a quelques jours. je dois avouer que je suis un peu déçu que si peu de danseurs soient présent dans les textes. Beaucoup de paysagistes, philosophes, architectes et artistes...mais mis à part Emmanuelle Huynh et François Raffinot, les danseurs n'ont pas vraiment participé à la réflexion. c'est dommage. mais peut-être faudrait-il envisager une suite dans une revue de danse ou les chorégraphes pourraient librement s'exprimer sur ce qu'ils entendent par "paysage(s)".
Au gré de la lecture, je commenterais sans doute l'un ou l'autre des nombreux articles.

PS : le n° 13 & 14 des Carnets du Paysage (actes sud / ENSP-Versailles) fait plus de 350 pages.