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mardi 13 janvier 2009

Bêtes à cornes

Dans un très intéressant article publié dans la revue Histoire et Sociétés Rurales (n°30 - deuxième semestre 2008, p. 31 à 66), Florian REYNAUD nous propose une étude iconographique des représentations des bêtes à cornes dans l'art pictural pour servir l'Histoire. A l'aide d'exemples pris entre 1650 et 1850, le doctorant de l'université de Caen nous propose de decrypter les races, types, usages et erreurs techniques visibles sur les oeuvres. En cela, il prolonge les réflexion du zootechnicien Bernard Denis, professeur à l'école vétérinaire de Nantes.
Sur un corpus de 877 représentations, provenant de France, d'Angleterre, de Flandre ou d'Italie, on observe des arguments de représentation variés (mythologique, biblique, historique, romantique ...). L'analyse est d'abord chronologique en fonction des diverses écoles picturales et de leur pratique du paysage. Ensuite, l'apport à la connaissance de l'élevage est abordé. L'échantillonage que représentent ces peintures reste cependant très limité et extrêmement lié à l'idéologie paysanne ambiante. Cette image est restreinte, l'agriculture et l'élevage y sont perçus parfois comme des pratiques contraintes par la force animale et la rigueur du métiers de laboureurs, mais plus souvent encore comme un monde paisible dans une campagne tranquille au relief peu tourmenté.
La thèse à venir de Florian Reynaud sur "Les bêtes à cornes dans la littérature agronomique entre 1700 et 1850" se devra d'être tout à fait critique sur la représentativité de son échantillon d'étude. Elle permettra peut-être de mieux prendre en compte la place de ces animaux dans le paysage de l'imaginaire collectif de cette période. Comme on peut le lire dans les commentaires d'oeuvres publiés à la suite de l'article (p. 51 à 66), la prise en compte du paysage représenté enrichi le discours sur la relation homme - animal.

mardi 15 mai 2007

La compréhension du paysage doit beaucoup à l'interdisciplinarité. J'aurais sans doute l'occasion d'en parler longuement dans une autre message mais je voulais vous inviter à une lecture qui pousse à aller toujours plus loin dans la rencontre entre les genres.


Les Carnets du Paysage, ouvrage collectif réalisé par l'Ecole de Versailles et édité par Actes-Sud est une petite merveille. Comment montrer que le paysage est un espace social à occuper, si ce n'est en laissant la place à la danse. C'est l'objet de ce numéro paru en janvier 2007. A ne pas manquer.


Changeons d'institution pour évoquer un autre ouvrage passionant et qui fait suite à mon post concernant M. Lassus. Le livre se nomme "Paysage et lisibilité de la route" et pourrait se sous-titrer "comment transformer le paysage en un élément de sécurité routière". Il s'agit en fait d'un guide, édité par le SETRA (Service d'Etudes Techniques des Routes et Autoroutes) qui fait suite à des expériences partagées en 2003. Les travaux engagés dans de nombreuses DDE sur l'intégration des problèmes de sécurité routière et de conduite appaisée en contexte urbain est ici ouverte au milieu du péri-urbain et du rural. En fait, il s'agit surtout d'une évolution du concept d'intégration routière dans le territoire et le paysage. Le texte est disponible sur le site du SETRA et coûte 23 euros.

Dernier point bibliographique pour ce jour, une revue de paysage que j'ai trouvé récemment, une découverte, presqu'une révélation. POLIA. Le paysage devient vraiment Art. Je le savais, la revue le démontre par l'exemple ; cette revue qui se sous-titre elle-même : 'Revue de l'art des jardins". Deux numéros sortent chaque année depuis le printemps 2004.


Le numéro 7 va bientôt paraître. On y trouvera de nombreuses choses, comme dans les 6 autres numéros. Des études comme celle des numéros, précédents : sur les aménagements hydrauliques de Chantilly au XVIIe siècle par Romain Portes et Yves Bück ; divers documents comme des présentations inédites de dessins de jardins ou des notes de voyageurs historiques ; et aussi de l'actualité comme celle de Astrid Verspieren à Varengeville (76) qui y concevait un Crop Circle Garden. A suivre, puisque cette revue se veut l'équivalent français de la revue Garden History.

Bonne lecture.

A propos d'Astrid Verspieren, voici le lien vers un article du journal de Dieppe "Les informations dieppoise" qui vous fait part d'une des dernières idées étranges et géniales de cette paysagiste dans le cadre de la biennale d'art contemporain ; et que je me ferais un plaisir de suivre.