jeudi 24 mai 2007

Jardin et Idéologie

Hier soir, dans le cadre de l'émission "Mondes et Merveilles", sur France 5, la seconde partie de l'émission était consacrée à un enregistrement d'une conférence filmée spécialement au Théatre Mouffetard. Le généticien Pierre-Henri Gouyon venait raconter l'histoire des gènes, et celà de façon très humoristique.
Il a évoqué la position selon laquelle les gènes étaient fondamentalement considérés comme "de droite", depuis les évènements de 68 car les chercheurs de ce domaine montraient plus que de la frilosité face aux mouvements de cette époque.
Sous-entendu donc, que par opposition, les domaines comme les Sciences de l'Homme et de la Société (SHS) étaient forcément "de gauche" ; chose confirmé par une simple étude des faits, même si les intellectuels de droite étaient bien présents.
Si l'on considère notre domaine scientifique orienté vers le paysage, il est clair que bon nombre de grands théoriciens comme de grands paysagistes n'hésitent pas à montrer leur positionnement politique à gauche. Mais peut-être qu'il existe cependant des passionnés de paysage ailleurs, y compris parmi les plus scientifiques qui se positionnent clairement à droite. Ils peuvent être simplement moins portés à faire connaître leurs avis politique et leurs engagements éventuels en ce sens.
J'ai d'ailleurs tendance à penser que cela est profitable.

Peu m'importe de savoir que le paysagiste X ou l'artiste de jardin Y vote UMP ou PC.
Si il a choisi de faire que ses convictions politiques soient moteur de ses travaux ; alors ceux-ci devraient spontanément le montrer par un peu d'analyse - ne serait-ce que par les incidences sociales que l'aménagement paysager provoque.
Mais justement, le travail sur le paysage étant, par essence même, une réponse à une demande sociale, n'est-il pas forcément un positionnement politique ? Et dans le sens du non-partisant, non-simplifié, non-endoctriné. Il suffit de repenser à l'épopée des jardins ouvriers et des jardins familiaux pour voir la diversité des sensibilités politiques qui s'y sont intéressé.

Il me semble inconcevable d'imaginer un paysagiste du Front National qui ferait un aménagement de jardin de type Frontiste et qui serait identifiable comme tel.
Existe-t-il un paysage ou un jardin communiste ?
Le paysage ne saurait se reconnaître d'un parti.

Mais rien n'empêche que le jardin se reconnaisse d'une idéologie.

Nous regarderons dans les prochaines semaines les évènements du monde politique qui pourraient concerner nos centres d'intérêt, les prises de position d'Alain Juppé et de ses DIREN. Y-aura-t-il une politique du paysage sarkosienne ?

2 commentaires:

Isabelle a dit…

Merci d'être venu commenter chez moi. Du coup je découvre votre blog et ce billet ! C'est drôle. Cela me fait penser à ce que j'ai découvert en interrogeant les candidats à la présidentielles sur l'environnement (ce n'est vraiment pas pour faire de la promo cachée que je dis cela, ...). Votre réflexion me fait penser à de Villiers en particulier. De Villiers est, à droite, le plus écolo. Je pense que cela vient de sa vraie sensibilité aux paysages, aux terroirs. Et Le Pen ne l'a pas du tout de la même façon.
Pour info, leurs réponses sont publiées ici :http://www.eco-echos.com/politiques/index.php

Swingphil a dit…

Merci Isabelle de ces quelques infos.
Sans doute que de Villiers est le plus écolo de droite, mais pour le paysage, il me semble plus sensible au concept du pays qu'à celui du paysage. Il voit plus les paysages des AOC et des traditions (usages locaux diront les spécialistes) que la notion de patrimoine évolutif et de lieux de vie et de sociobilité que représente le paysage.
Etre un "homme du Pays" en fait un conservateur en matière de paysage, position contraire à la mienne (entre autres). Le Paysage est difficilement patrimonialisable.
Peut-être devrais je développer cette dualité Pays <> Paysage dans un prochain post.