mercredi 25 mars 2009

Annonce bibliographique

Depuis plusieurs mois, j'ai engrangé des notes de lectures et des références bibliographiques d'intérêt concernant le paysage sous toutes ses formes. Je vais vous en faire durant les prochaines ... semaines.

Quelques titres :
Agricultures méditerranéennes, de Louis ALBERTINI
Guide de lecture des cartes anciennes, de Sandrine ROBERT et Laurent COSTA
Des châteaux et des sources, mélanges en l'honneur de Anne-Marie Flambart-Héricher
Les usages des cartes, de Isabelle LABOULAIS
...

A suivre (c'était le teasing du jour !) ;-)

lundi 23 mars 2009

Urgent - Un Palais qui se meurt

GRANDE SOIRÉE DE SOUTIEN AU PALAIS DE LA DÉCOUVERTE Mardi 24 mars, à partir de 19 heures

Venez très nombreux, Le Palais de la découverte a besoin de vous.

Dans tout le Palais de la découverte, les médiateurs vous proposeront des expériences et des démonstrations avec la complicité de personnalités.
Un peu plus tard dans la soirée, dans la rotonde, des personnalités scientifiques et de la culture témoigneront.
Vous pourrez, sur place, exprimer votre soutien.

L’entrée est gratuite.

Ne laissons pas le gouvernement détruire le Palais de la découverte.
Transmettez cette invitation au plus grand nombre

Si vous ne vous pouvez pas venir, envoyez vos messages de soutien à contact@sauvonslepalaisdecouverte.fr

Si vous souhaitez plus d'informations :
http://listes.rezo.net/mailman/listinfo/sauvonslepalaisdeladecouverte

Enfin, sachez qu'il existe une revue qui ne se contente pas d'être le reflet de l'activité du Palais de la Découverte mais aussi un véritable tableau de bord de l'activité scientifique
et des rubriques passionnantes.

Elle se nomme
Découvertes.

mercredi 18 mars 2009

Ministère du paysage en Haute-Normandie ?

Dans cette période où la fonction publique vit de nombreuses évolutions, l'organisation des ministères est un point à observer en détail. Les directions de ministères sont réorganisées et les missions évoluent en conséquence.
Du côté du Ministère de l'Ecologie Etc ..., la mission paysage semble avoir été réaffirmée, du moins sur le site web du ministère où le travail des chargés de mission semble avoir porté du fruit. Il y est question de connaissance du paysage, de cohérence des politiques publiques, de soutien aux acteurs de ce domaine.

En région, il en est tout autrement, du moins en Haute-Normandie. Le site de la DIREN, devenue DREAL est pour le moins affligeant. Il y a bien un onglet "Sites et Paysages". Mais sivous cliquez surt cette page, vous pourrez consulter des documents concernant les sites protégés et ... la publicité !!! Cela me fait penser au billet que j'avais posté courant janvier sur la mise en place du Conseil National du Paysage pour lequel les missions tournaient essentiellement autour de la politique de gestion des espaces publicitaires et de la pollution visuelle.

S'il vous plait, Monsieur le DREAL, allez donc voir le site de votre Ministère avant de refaire le site web de votre direction réginale.

lundi 9 mars 2009

Le paysage du Pleistocène normand

Il est toujours agréable de saluer la sortie d'un ouvrage de grande qualité. Dominique CLIQUET a dirigé la publication de l'ensemble karstique de Ranville (14). Le calcaire du Bathonien du Calvados comporte un réseau karstique important et le site de Ranville présente le fait exceptionnel d'avoir pièger une abondante collection de faune du Pleistocène moyen.



Les conditions de conservation des vestiges sont dues à la circulation de l'eau souterraine qui a constituté des salles dont les plafonds se sont effondrés, entrainant les éléments présents sur le sol de surface; piègeant ainsi toute l'information susceptible de traverser les ans.


La publication des résultats de ce site découvert en 2000, et sur lequel les travaux se sont poursuivis durant plusieurs années, se nomme :
"Le site preistocène moyen récent de Ranville (Calvados - France) dans son contexte environnemental".
L'ouvrage est sous-titré :
"Analyse du fonctionnement d'une aire de boucherie soutirée par un réseau karstique".


La présence de l'homme est attestée sur ce site par les nombreux vestiges lithiques (silex taillés) associés, entre autre, à des os d'herbivores fracturés pour en extraire la moelle. La partie la plus spectaculaire du site est un atelier de boucherie organisé autour d'une dépouille d'un éléphant (Palaeoloxodon antiquus) dont les pattes ont été prélevées.


Si le site est important pour comprendre les comportements des humains qui ont vécu il y a 200 ou 300.000 ans, c'est aussi l'aspect paléoenvironnemental qui est à retenir. Les études archéozoologiques donnent de multiples informations sur le milieu dans lequel vivait ses "bouchers" préhistoriques.

Publiée dans la collection ERAUL (Etudes et Recherches Archéologiques de l'Université de Liège) dont il forme le numéro 119, cet ouvrage est préfacé par Yves Coppens.

Les collaborations sont signées Dominique Cliquet, Patrick Auguste, Joël Rodet, Sylvie Coutard, Jean-Jacques Bahain, Giulia Gruppioni, Christophe Falguères, Jean-Michel Dolo, Olivier Dugué, Gilles Hervieu, Pierre-Amaury Hervieu et Jean Barge.

Ces travaux collectifs trouvent leur place dans le cadre du projet collectif de recherche (PCR) intitulé "Les Premiers Hommes en Normandie" et dirigé par D. Cliquet.

Si vous vous perdez dans la chronologie de ces périodes reculées, allez faire un tour sur le site http://paleolithique.free.fr/dossier/presentation_quaternaire/index.php . Vous y trouverez de nombreuses informations, en partie pour comprendre la chronologie du quaternaire.

Dominique Cliquet est paléolithicien, conservateur du patrimoine à la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Basse-Normandie et poursuit actuellement un programme d'intervention en Haute-Normandie sur Tourville-la-Rivière après être intervenu à Saint-Pierre-les-Elbeuf.

jeudi 26 février 2009

Salon de l'agriculture derrière les cordons de sécurité

Désolé pour cette incursion purement politique dans un site qui ne doit l'être que ponctuellement mais le fait est, à mon sens, gravissime. Sommes-nous encore dans un état de droit ?
La visite de Nicolas Sarkozy au Salon de l'Agriculture n'était donc qu'une mascarade. Claque des Jeunes UMP, cordons de sécurité qui isolent les visiteurs lambda et exposants (des fois qu'il y un un pauvre c** comme la dernière fois), isolement de manifestants pacifiques qui cherchent à interpeller le mégaprésident et M. Barnier...
Le récit avec vidéo sur le site de Rue89 : http://www.rue89.com/2009/02/21/interdiction-de-manifester-devant-sarkozy-au-salon-de-lagriculture

Ils étaient sept ou huit. Leur traitement par le service de sécurité a quelque chose de pathétique.


Merci à Frédéric qui a passé l'info.

dimanche 22 février 2009

"D'aimables jardiniers de la nature"

Les propos de N. Sarkozy à Daumenay sont assez éclairant sur sa vision du monde agricole.
La simple phrase suivante m'a laissé coi devant mon écran d'ordinateur lorsque j'ai découvert le contenu des propos.
"Je combattrai toute tentative de ravaler les agriculteurs au rang d'aimables jardiniers de la nature (...) ou de cantonniers à temps partiel de nos paysages" a déclaré le président français.

Quoi de plus noble que de jardiner la nature avec savoir faire et respect, et d'entretenir le territoire dans ce qu'il a de plus sensible, la perception paysagère. Et c'est une réalité que nous ne pouvons nier, ce sont les agriculteurs qui ont une grande part à cette tâche. Les propos du président visent à nous dire que d'entretenir la nature, de la jardiner, de la respecter serait de basses besognes ; qu'elles rabaisseraient l'être humain qui serait ainsi "ravaler" à un rang inférieur.
La posture intellectuelle est particulièrement choquante. Et nombre d'agriculteurs pourraient être choqués.

Messieurs de nos terroirs, soyez fiers de jardiner la nature ! soyez heureux d'entretenir nos paysages ! soyez grandis par vos travaux !

Je serais en charge de l'accès VIP au Salon de l'Agriculture que j'en refuserais l'accés aux hommes politiques qui, par leurs propos, dégradent la noble profession agricole.

samedi 21 février 2009

Céréaliers vs Eleveurs

Ils sont devenus fous ... ou ils oublient de réfléchir.
Les déclarations du Président de la République à Daumenay (Maine-et-Loire) le 18/02/09 ont ajouté un peu plus de flou, de doute, et de tensions dans le monde agricole.
Depuis décembre dernier, le débat pourrait presque sembler simple : l'idée du gouvernement serait de prendre une part des subventions versées par l'Europe aux céréaliers pour l'attribuer aux éleveurs. C'est le contexte du "bilan de santé de la politique agricole commune" (Bilan Pac) qui veut ça. L'accord du 20 décembre 2008 a lancé cette nouvelle possibilité pour les états sans atendre la future réforme de la PAC en 2013 (voir l'article de "Paysan Breton" de décembre 2008).
L'idée qui pourrait paraître simple me semble surtout d'une stupidité totale. Aa moment de l'ouverture du salon de l'agriculture, notre France, qui a été céréalisée à coup de subventions européennes, va prendre le tournant pour devenir une terre d'élevage. L'opposition corporatiste entre céréaliers et éleveurs sème la discorde à la FNSEA.
Comme si il fallait jouer l'opposition ... alors que nos territoires sont complexes et multiples.
L'augmentation des surfaces en grandes cultures céréalières (et en maïs) dans le Pays de Bray, le Pays de Caux, le Roumois et les Plateaux de l'Eure ont conduit à une réduction des surfaces en herbes pour le pacage et une augmentation des stabulations et de l'alimentation du bétail en herbe sèche. Ces développements sont la conséquence directe d'un simple souci financier. Il ne s'agit plus pour l'agriculture de produire plus ou mieux, mais de produire ce qui permet de toucher des subventions.
Le financier a ainsi réussi ces dernières années a tranformer le monde agricole en un support spéculatif, dont le revenu est rendu artificiel à coup d'aides de l'Europe. Oui, messieurs les agriculteurs, vous êtes devenus des semi-fonctionnaires européens.

Aujourd'hui, le débat qui s'ouvre est celui de la cohabitation entre les pratiques culturales au sein d'une même région. On voudrait nous faire croire qu'une région pourrait ne faire que de l'élevage et que sa voisine ne produire que des céréales qu'on ne s'y prendrait pas autrement.
Les Jeunes Agriculteurs ne sont pas dupes. Certains dénoncent déjà le risque de "course à l'hectare" qui accentuerait la dénaturation de nos paysages en les standardisant au gré des subventions. (lire à ce propos le texte de l'Humanité).
Mais voilà, en agriculture, rien ne se fait sans les syndicats agricoles et ceux là (FNSEA en tête) ont vraiment une courte vue de leur territoire (les éléments du débat interne dans l'article de Ouest-france).
Le Salon de l'Agriculture va-t-il être le lieu de réflexion qu'il pourrait être, ou une simple arêne propice au pugilat par médias interposés ?

Et en plus, notre Sarkoprésident en rajoute dans son discours ... à suivre, dès demain.

jeudi 19 février 2009

Merci Fred pour ce beau texte

"Nous y voilà, nous y sommes.
Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.
Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s'est marrés. Franchement on a bien profité.
Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes.
A la Troisième Révolution. Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie.
« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.
La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.
Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux. D
'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance. Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille, récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).
S'efforcer.
Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.
Pas d'échappatoire, allons-y.
Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore."

Fred Vargas
Archéologue et écrivain

jeudi 12 février 2009

Un Plan de relance ?

Vous avez sans doute entendu parler de cette loi aux très nombreux articles dite "plan de relance" ou "Loi Devedjian". Parmi les propositions qui ont été validées par les parlementaires, il y en a de très nombreux qui concernent l'aménagement du territoire et donc la gestion des paysages.
Tout est fait, selon cette loi, pour faciliter certains pans de notre économie qui sont en grande difficulté comme l'automobile ou la construction. Il semble bien que la loi comporte cependant de très nombreux effets pervers. Et que penser des 1000 projets tant vantés sur le site gouvernemental ?

J'en veux pour seul exemple celui du patrimoine.
La relance d'un programme de travaux sur les monuments historiques (MH) vise à de grands chantiers sur des sites prestigieux. La liste est édifiante. N'attendez pas d'y trouver l'église de votre village. Il ne s'agit que de travaux que l'Etat avait retardé depuis des années (voire décennies) mais tout était déjà programmé. Qui va bénéficier de ces travaux ? Un peu tout le monde pour le plaisir de l'oeil mais financièrement ce sont surtout les grands noms des MH et du BTP qui vont faire leurs choux gras, ainsi que les Architectes en Chef des Monuments Historiques pour qui les honoraires vont pleuvoir. Pour la relance de l'entreprenariat local, il faudra encore attendre.
L'exemple de l'archéologie préventive est aussi intéressant. La petite loi qui la concerne a mis en place des nouveaux délais, plus stricts, dans les procédures administratives liées aux opérations de fouilles préventives (diagnostic ou fouille). Si les délais ne sont pas respectés par l'opérateur en archéologie (dont le budget et les moyens d'intervention dépendent grandement de l'Etat), alors les prescriptions obligeant la réalisation de fouille tomberont d'elles-même et les projets de construction (lotissements, routes, zones d'activités ...) pourront se réaliser ... en détruisant légalement les vestiges archéologiques. Évidemment, la présence des archéologues pourrait retardé l'efficacité du plan de relance.
Quand je vous disait qu'il y avait des effets pervers.

Je vous invite, chacun dans vos domaines de compétences à lire les propositions ou lois figurant sur le site avec un esprit critique. Bien sur, certaines propositions sont réellement intéressantes, comme la lutte contre l'habitat indigne, l'aide à l'hébergement d'urgence ou le soutien aux micro-entreprises. Mais il y a peut-être des effets induits encore non mesurés.

Et pour nous, en Normandie ? Pas grand chose; seuls quelques grands chantiers (déjà engagés d'ailleurs pour certains) comme les nouveaux quais du port du Havre ou la restauration de la cathédrale de Rouen. Mais pas de soutien au plan de rénovation urbaine rouennais ou havrais, un petit chantier sur le transport ferroviaire à Serqueux, et aucune concertation pour le développement de la construction qui va ainsi pouvoir poursuivre de façon sauvage sa consommation d'espace en périphérie urbain.

Et l'EPR qui sera construit à Penly, si les normands (les citoyens pas les politiques) ne se mobilisent pas pour l'empêcher, il participera sans doute à sa façon à la relance. Mais ce sera court et les lotissements ne manqueront pas de se développer dans le Petit Caux. Je vous invite d'ailleurs à parcourir quelques textes écrits à ce propos, pro et anti: C. Taleb, communiqué des Verts de Rouen, les anti-nuc diéppois, S. Jumel (maire de Dieppe), J. Bazin, S. Taleb-Tranchard.

Combien de temps faudra-t-il attendre pour que le monde politique entende la complexité de l'espace et des paysages qui composent notre territoire ? Du Grenelle de l'Environnement, ils n'auront retenu que les composantes facilement valorisables et se seront copieusement assis sur toutes nécessité de discussion, de débat, de démarche participative. L'exemple de l'EPR n'en est que le plus grossier.

jeudi 5 février 2009

L'agriculture face aux défis d'aujourd'hui et de demain

C'est le sous-titre d'un colloque qui se déroulera les 7 et 8 mai 2009 à Milan.


Avec le titre ETTARO ZERO (zéro hectare) "Faire paysage, construire la nature, prendre soin du sol", la Direction Générale de l'Agriculture de la Région de Lombardie, l'Institut Polytechnique (Architecture et planification), la Faculta de Agraria de Milan, et l'IREALP (Institut de Recherche sur l'Ecologie et l'Economie Appliquées en Domaine Alpin), organisent deux journées pendant lesquelles il sera question de diversité du territoire, de ruralisation, de l'association de la biologie et de l'écologie, de la diminution et de la fragmentation des terres et des entreprises agricoles, de la fertilité ...

L'argument de cette rencontre est le suivant : Le sol est la base de la production, il est ressource, il est soumis à la pression de l'homme. L'agriculture est en compétition avec d'autres activités humaines et le sol est le lieu de la rencontre. En Italie, entre 1990 et 2000, au moins 2 millions d'hectares ont été perdus pour l'agriculture. Et dans le même temps, on a vu réapparaitre l'agriculture péri-urbaine. Le principe de durabilité de notre société repose sur la prise en compte de l'usage du sol selon les meilleurs critères de préservation. La protection des sols cultivés, leur fertilité et leurs fonctions écologiques doivent être pris en compte avec les outils de l'économie, du suivi environnemental, des pratiques sociales et culturelles et les pratiques paysagères. Les organisateurs espèrent recueillir des témoignages, des récits d'expériences, des approches originales sur la relation entre agriculture et gestion du sol. L'idée est de collecter des "idées pour agir" avec une possibilité de transfert aux acteurs engagés dans les secteurs concernés.

Le colloque se déroulera avec deux séances plénières et trois sessions parallèles, plus une table-ronde. Une session "poster" est aussi prévue.
Attention, la date limite d'envoi de proposition de communication, originalement placée au 10 février, à été reportée au 2 mars 2009.

Toutes les informations sont sur ce site dédié : http://www.irealp.it/it-it/ettaro_zero

Pour télécharger l'appel à communication en anglais ou en italien

A noter que dans ce cadre, une rencontre préparatoire a eu lieu le 23 janvier 2009 sur le thème "paysage et agriculture péri-urbaine" ; un sujet qui revient souvent dans les débats et les recherches. En France, l'ENSP de Versailles en a fait l'un de ces principaux thèmes de réflexion. André Fleury et Roland Vidal, tous deux enseignants à l'ENSP étaient les invités de cette journée.

A la suite de cet exemple, cette réflexion pourrait être menée dans de nombreuses régions françaises, et en Normandie en particulier où les conflits d'intérêt sur le gestion des sols sont nombreux. Découper le territoire en petits morceaux, en le fractionnant comme le fait notre politique de gestion des Plans Locaux d'Urbanisme, entraine vers une non-gestion raisonné de l'espace faute de cohérence.

lundi 26 janvier 2009

Jubilatoire

Parfois, une simple lecture fait redécouvrir des sentiments oubliés. Jouissance de l'esprit, humour subtil, plaisir simple et profond à la fois.
C'est ce que j'ai ressenti à la lecture de "Oh ! les plantes avec les pieds !". Extraordinaire article de Marc Rumelhart dans le numéro double 13 & 14 des Carnets du Paysage. Sortit en 2007, ce numéro a pour thème "Comme une danse" et aborde les nombreux rapports entre le corps et le paysage. L'article de Marc Rumelhart évoque la relation du toucher avec les pieds, et pas seulement du toucher. L'article est sous-titré : "Air à danser oublié".

Les mots sont merveilleusement choisis, chacun à sa placer. Certains sont originaux, à découvrir. Connaissez-vous la "pédotopie" et la "topopédie" ? Marc a d'ailleurs eu la très bonne idée d'ajouter un lexique. On y trouve aussi "caminet", "touradon", urtiçaie" et "polytric".
Les situations du récit sont aussi originales. Etudiants cobayes de toucher délicat et parfois périlleux, déraboulages et autres gassouillages. Botanistes nu-pieds (l'auteur) sur tremblant, montrant des plantes pontonnières dans le Queyras. Mais aussi pieds sur tufs, tourbes, terres gelées, sables et cailloutis ... et j'en passe.

Mais voici plutôt quelques extraits qui j'espère, vont vous donner envie de courir chercher cette article.

"Inutile de bander les yeux du promeneur cobaye : pendant que les pieds, les mollets, les genoux et les cuisses enregistrent leurs données tactiles, musculaires et articulaires, le regard fait son travail et le cerveau range tout cela comme il peut." (p. 133)

et puis

"Le tuf, quoique friable, est une roche. (...) le sable, quoique meuble, voire mobile, est aussi une roche. Eh quoi, prétendez-vous que la tourbe, si molle, voire fluide, est une roche itou ? (...) Quoi qu'il en soit, on aura noté que, géométriquement parlant, tous ces substrats biogènes sont animés d'un processus de gonflement, de bombement. Ce pourrait être un premier théorème de notre science hybride : roches et plantes, agissant de concert, tendent à fabriquer lentement des formes convexes bidonnantes." (p. 140)

et encore

"Puisqu'il est surtout question ici de traverser, il se pourrait que la manière dont les substrat gardent la mémoire de l'empreinte soit un critère plus efficace. Prenez les sables : votre chemin s'y creuse par érosion, son déblai se déplace entièrement (à l'aval, sous vos godasses, sur votre tapis de bain, etc.). A l'autre bout, les éboulis calcaires un peu grossiers : une partie des caillasses déraboule, mais l'essentiel se tasse, s'arrange dans une nouvelle disposition ; plus économe en interstices, cette géométrie reste mouvant, mais à la marge, au point que les nappes fréquentées des 'sentiers' se distinguent, légères concavités linéaires où se concentrent au moins les ascensions." (p. 142)

et toujours

"Existe-t-il plusieurs manière d'écraser ? Le vivant des tufs et le foisonnement du gel produisent-ils des édifices pédotactiles homologues ? Nous manquons de monographies, il faut expérimenter."(p. 144)

et enfin

"Alors nous pourrons expérimenter, puis décrire, formuler, et finalement (pour commencer !) ranger sur l'étagère nos bocaux de perceptions pédestres en les classant bien comme il faut.
- Auriez-vous un échantillon de crissant ?

- Vous pensez au crissant graveleux, ou sableux ?

- Non, je songeais plutôt au crissant agréable, voyez quand il y a des brindilles ...

- Vous voulez dire du crissant organique, peut-être ? Le dernier congrès de pédopédie a rangé cela aux côté de l'émietté, considérant les liens phylogéniques avec le craquant.

- Ah ! ... [Elle réfléchi, dubitative.] Dites, j'aurais bien pris aussi un peu de pitrougne ...
- [Il rit.] On ne dit plus "pitrougne" depuis belle lurette. mais je vois ce que c'est : vous aimez cette boue claire qui s'inflitre entre les orteils, hein ?
- [Elle rougit.] Oui, on ne sait jamais bien quand ça va s'arrêter, mais ça ne craint pas grand chose - sauf à rencontrer une de ces grosses moules d'eau douce. Non, le seul truc qui me gêne, ce sont les herbes.

- Quoi, les herbes ?

- Oui, les herbes du bord : quand elles dépassent, ça va, on voit ce qu'on touche, mais les espèces de nénuphars sans feuilles, là, tout gluant, et les algues, beuh ...

- On fait
des muddy footcakes déglués, vous savez !
- ??

- Oui, sans le toucher végétal. Garantis 'boue minérale'. C'est un label bio.

- Ah ? Je veux bien essayer, tiens. Alors ... donnez-moi une pitrougnette sans gluant, bien affiné ; et deux crissants." (p. 148)

Et ceci n'est qu'un florilège. Au delà de l'humour, des nombreuses références qu'il faut savoir pister, cet article est réellement ludique. Le discours est comme toujours avec Marc Rumelhart, savant et intelligent. Il n'est pas toujours d'une grande simplicité mais subtil et délicat. Bref, un plaisir, je vous disait.



Marc Rumelhart est professeur d'écologie à l'Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles. Et il fait ses cours et conférences avec les mains ...

mardi 20 janvier 2009

Conseil National du Paysage

En novembre dernier, Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie et Hubert Falco, Secrétaire d'Etat chargé de l'aménagement du territoire, ont officiellement installé le nouveau Conseil National du Paysage. Ce conseil, crée en 2000 va retrouver une nouvelle vie, du moins, il faut l'espérer.
Ce conseil a toujours appeler de ma part de grandes ... circonspections ! Normalement, ses missions sont nombreuses, et en particulier la "mise en œuvre et l'évaluation de la politique des paysages". Ce conseil se voit organisé en 3 ateliers thématiques :
1/ publicité, entrée de villes et urbanisme commercial
2/ paysage et énergie
3/ paysage et biodiversité



Cette information, vous l'avez peut-être croisée sur le net ou ailleurs. On peut légitimement s'interroger sur ces nouvelles orientations.

Tout d'abord, c'est l'application du Grenelle de l'Environnement qu'il faut voir ici. Les textes préparés par NKM, dont elle ne verra la mise en place qu'à distance, risquent d'avoir des conséquences quelque peu irréfléchies. L'expérience de la filière des agrocarburants devrait servir d'exemple. Mettre en place de nouvelles procédures, à coup de taxes et d'obligations que s'accompagne souvent de quelques dérèglementation, a toujours des effets pervers et des conséquences incontrôlable. Sans compte que la prise en compte de certaines problématiques ne peut se faire en quelques semaines. C'est précisément le cas du paysage.

Le paysage, objet d'étude pour certains, sujet trop complexe qu'il faut décomposer en thématiques pour d'autres ... ne sera que rarement à même de proposer des objectifs définis. Son aspect composite est de fait séparé en 3 parties pour le Conseil National du Paysage. Et de ce fait, de nombreuses composantes du paysage sont placées en second plan ou risquent d'être totalement oubliées.


J'ai hâte de voir les premiers compte rendus de travaux des ateliers. Si les deux premiers ateliers sont clairement ciblés vers les procédures d'urbanisme règlementaire et le rôle des ABF (qui feront l'objet d'un prochain post), le troisième pourrait se changer en fourre-tout.

Car le paysage, c'est bien autre chose que les panneaux publicitaires des zones commerciales et l'insertion paysagère des éoliennes. Malheureusement, en parcourant le net aujourd'hui, j'ai constaté que seuls les deux premiers ateliers , et encore plus le premier, étaient surtout présents dans les commentaires des médias. Médiatiser le Grenelle des paysages se réduira-t-il à "maitrisons la publicité" ?

mardi 13 janvier 2009

Bêtes à cornes

Dans un très intéressant article publié dans la revue Histoire et Sociétés Rurales (n°30 - deuxième semestre 2008, p. 31 à 66), Florian REYNAUD nous propose une étude iconographique des représentations des bêtes à cornes dans l'art pictural pour servir l'Histoire. A l'aide d'exemples pris entre 1650 et 1850, le doctorant de l'université de Caen nous propose de decrypter les races, types, usages et erreurs techniques visibles sur les oeuvres. En cela, il prolonge les réflexion du zootechnicien Bernard Denis, professeur à l'école vétérinaire de Nantes.
Sur un corpus de 877 représentations, provenant de France, d'Angleterre, de Flandre ou d'Italie, on observe des arguments de représentation variés (mythologique, biblique, historique, romantique ...). L'analyse est d'abord chronologique en fonction des diverses écoles picturales et de leur pratique du paysage. Ensuite, l'apport à la connaissance de l'élevage est abordé. L'échantillonage que représentent ces peintures reste cependant très limité et extrêmement lié à l'idéologie paysanne ambiante. Cette image est restreinte, l'agriculture et l'élevage y sont perçus parfois comme des pratiques contraintes par la force animale et la rigueur du métiers de laboureurs, mais plus souvent encore comme un monde paisible dans une campagne tranquille au relief peu tourmenté.
La thèse à venir de Florian Reynaud sur "Les bêtes à cornes dans la littérature agronomique entre 1700 et 1850" se devra d'être tout à fait critique sur la représentativité de son échantillon d'étude. Elle permettra peut-être de mieux prendre en compte la place de ces animaux dans le paysage de l'imaginaire collectif de cette période. Comme on peut le lire dans les commentaires d'oeuvres publiés à la suite de l'article (p. 51 à 66), la prise en compte du paysage représenté enrichi le discours sur la relation homme - animal.

dimanche 11 janvier 2009

Elbeuf, suite ...

L'agglomération d'Elbeuf devient d'Art et d'Histoire.

Et la Société de l'Histoire d'Elbeuf publie un numéro 48 très spécial nommé : Atlas Historique de l'Agglomération d'Elbeuf. Réalisé sous la direction de Pierre Largesse, cet ouvrage regroupe en 170 pages un cortège de documents et d'études sur le territoire elbeuvien et ses vicissitudes.
On remarquera en particulier l'important travail réalisé pare Patrick Ferté, professeur à l'Université de Toulouse - Le Mirail, sur la constitution et l'organisation de la région d'Elbeuf sous l'ancien régime. De nombreuses sources ont été utilisées pour comprendre ce découpage si particulier qui faisait appartenir Elbeuf à une multitude de "circonscriptions" qu'elles soient fiscales, judiciaires, administratives, militaires, religieuses ou économiques. Le territoire de l'actuelle agglomération ressemblait à un puzzle dont les pièces se trouvaient régulièrement re-mélangées, et dont certaines se superposaient.

L'ouvrage présente la constitution du cadastre sous la plume de Pierre Largesse ; les 10 communes de l'agglomération sont évoquées avec parfois le renfort de plans terriers de la seconde moitié du XVIIIe siècle comme pour Freneuse. Les cadastres dit napoléoniens sont abondamment utilisés pour mettre en évidence quelques points remarquables. Bien entendu, on pourrait en dire beaucoup plus, bien il faut laisser de la matière pour les prochaines publications.

Comme tout atlas, le volume aborde plusieurs sujets thématiques relatifs à l'organisation et l'utilisation de l'espace comme : la poste aux chevaux en 1842, les abonnés au téléphone de 1899 à 2006, la répartition spatiale des industries en 1929, et les communications en 1865.

Sans pouvoir être exhaustif, ce volume d'Atlas est un véritable appel à la recherche car son examen amène à se poser de nombreuses questions sur les pourquoi de l'organisation du territoire de cette façon. Deux années de travail ont été nécessaires pour concevoir ce bulletin spécial consacré à la géographie, bulletin que l'on souhaite voir complété par des études spécifiques sur la toponymie (et non pas un simple inventaire, certes fort utile mais frustrant), les réseaux de voiries, la dynamique spatiale, ... encore un démarche d'archéogéographie à construire.

En tout cas, comme le veut la terminologie pratiquée par les historiens, voici une véritable source documentaire à ne pas laisser de côté.

vendredi 9 janvier 2009

Elbeuf, agglomération d'art et d'histoire

Vous connaissez sans doute le label "Ville d'Art et d'Histoire" (VAH) qui caractérise plusieurs villes de notre région comme Rouen, Dieppe, Fécamp ou Elbeuf. Et bien, cette dernière est devenue VAH en 2004. Elle passe maintenant à l'étape suivante. Elle devient, par son association avec les 9 autres communes qui composent son agglomération, "Agglomération d'Art et d'Histoire". D'après le site internet du Ministère de la Culture, elle est la quatrième a obtenir ce statut.
Les 57000 habitants de l'agglomération vont voir apparaître des circuit de découvertes de leur patrimoine qui leur fera également parcourir les communes de Orival, Saint-Aubin ou Caudebec-les-Elbeuf, entre autres.

Cette labélisation se fait en relation avec les volontés urbanistiques de l'agglomération en question. C'est ce que confirme le site de l'agglo où l'on trouve ceci :
L’opération d’extension portée par l’Agglo d’Elbeuf relève donc d’un véritable projet de territoire, de par son contexte géographique, historique, économique et social et relevant ainsi pleinement de l’intérêt communautaire.

Et il va y avoir du travail, y compris en matière de paysage car les perspectives sur la Seine, les contrastes ville / forêt, les zones humides ... sont autant d'atouts qui devront être valorisés dans le cadre de ce label. A suivre, donc ...

mercredi 7 janvier 2009

Un début d'année tranquille

C'est bien entendu ce que je souhaite à chacune et chacun : un début d'année tranquille qui permette de trouver ses marques et repères, de choisir ses envies, de comprendre ses pulsions (mais si ! vous en avez ...), et de prendre le temps de l'épanouissement.

mercredi 24 décembre 2008

Palethnobotanique

Quel drôle de nom ! Mot valise associant paleo- (pour ancien), ethno- (pour la relation à l'homme) et botanique (pour étude des plantes), la palethnobotanique cherche à comprendre les relations qui unissent les hommes et les plantes par les usages que les premiers font des secondes.

Le 16 janvier prochain, le CEPAM, unité mixte de recherche dépendant du CNRS (UMR 6130), organise dans ses locaux de Sophia-Antipolis, une journée autour de deux thèmes passionnants : les ressources ligneuses dans le Grand Nord, l'impact paysager des pratiques agro-pastorales.
Bien entendu, les interventions ne pourront être que limitées et restrictives dans le cadre d'une seule journée (3 ou 4 communications pour chacun des deux thèmes). Les intervenants universitaires sont de grande réputation (Dominique Marguerie de Rennes 1, Claire Alix de Fairbanks - Alaska, Margareta Tenberg de Paris I, Stephen Rostain de Nanterre, Doyle Mc Key de Montpellier I, Thomas Shippers d'Aix-en-Provence, ainsi que Auréade Henry et Nicolas Bernigaud du Cepam à Valbonne).

Les sujets abordés peuvent ouvrir à des problématiques peu abordées habituellement, et posent question à des non-spécialistes de ces questions. La question de l'usage du bois en zone arctique par les Paléoeskimo et Néoeskimo interroge également les chercheurs du pleni-glaciaire et tardiglaciaire. Elle peut aussi amener tout un chacun à s'interroger sur la provenance de bois utilisé par les populations étudiées (que ce soit dans le passé que plus proche de nous)

Cette simple question me rapproche de l'émission "la terre vue du ciel" d'hier soir où la mise en évidence du rôle du charbon de bois d'eucalyptus dans l'économie interroge sur les provenances des biens utilisés. La science préhistorique peut parfois nous replacer devant nos responsabilités d'homme contemporain.

mardi 9 décembre 2008

Paysages de l'Antiquité

Eloignons nous de la Normandie pour découvrir un livre richement illustré en couleurs, donc un beau livre : "Jardins et paysages de l'Antiquité - Mésopotamie - Egypte", publié par Actes Sud. Rédigé par Aude Gros De Beller et Bruno Marmiroli, cet ouvrage nous fait entrer dans le monde merveilleux du paysage des vallées du Nil, du Tigre et de l'Euphrate.
Là-bas, le paysage est triple. Il est désert, il est vallée luxuriante, et surtout il est jardin privatif ou palatial, patios et cour, verger et jardin de cultures. Malheureusement, les vestiges de ces installations sont souvent limités aux ouvrages hydrauliques et maçonneries.
Ce livre nous fait découvrir ce qui pourrait bien être un récit de l'invention du jardin.

dimanche 7 décembre 2008

Clos masure à la télé

En fait, c'est sur la TV du Conseil Général, Seine-MaritimeTV.

C'est l'occasion d'entendre Virginie Maury-Deleu (paysagiste au CAUE76) nous parler de l'expo (prolongée) sur les grilles du CG76 et du livre dont je vous parlais il y a quelques jours.
Je ne vais pas ajouter de commentaire, je vous laisse découvrir la vidéo sur ce lien : http://www.seinemaritime.tv/116-closmasure-closmasure-hd--web-tv-seine-maritime.html

samedi 6 décembre 2008

Le Paysage pour les débutants - 9

Un retour sur mes leçons de paysage pour parler des points remarquables.

J'avais évoqué dans deux précédents messages l'organisation en plan et en masse visible d'une vue, d'un paysage. Revenons à cette image de la côte adriatique et observons ce qui attire notre regard.

En premier lieu, et plus encore que les masses boisés du fond de l'image, il y a le clocher. Puis le bosquet central apparait comme une tache de verdure remarquable. Enfin, quelques plages de détail ensoleillées ou peintes en blanc, peuvent encore focaliser notre vision.

Que s'est il passé ?
Les points remarquables de l'image ont perturbé notre perception de l'image en nous forçant à focaliser sur certains d'entre eux. Ces points sont de trois types (dans cette image).
1/ La rupture de rythme. Le clocher introduit une masse verticale dans une image à forte composition horizontale.
2/ La rupture de couleur. Une tache verte au centre d'un paysage beige et rose. Ce n'est pas seulement la couleur qui fait la force de cette masse boisée mais aussi sa localisation quasi centrale selon ce point de vue.
3/ La rupture lumineuse. La plage au premier plan, la maison blanche au centre droit, le rivage au lointain, sont autant d'éléments secondaires qui appellent l'oeil et construisent notre perception du paysage.

Mais attention, tout ceci n'est vu qu'à partir d'une photographie. Il en va différemment en situation réelle où notre champ de vision est supérieur à ce que rapporte une image de ce type. Il peut y avoir plusieurs ruptures rythmiques, plusieurs ruptures colorées et la rupture lumineuse peut être celle d'un large constraste entre deux zones du champ de vision.

Notons enfin que l'éloignement rentre peu en ligne de compte dans ces perceptions.

Nombreux sont les paysagistes qui devraient reprendre ces éléments basiques dans leur réflexion. Je pense ici aux études pour insertion paysagère de grandes infrastructures qui bien souvent ne restituent pas cette analyse pourtant simpliste du contexte paysager.

Regardez bien autour de vous, ces ruptures sont partout, elles font notre environnement, notre champ de vision. Sans elles, notre paysage serait si terne.