jeudi 28 août 2008

Nouveaux paysages de montagnes ?

Ces nouveaux paysages ne sont bien entendu pas pour chez nous, en Normandie, mais pour les terres d'altitude. Dans leur étude dans un des laboratoires d'AgroParisTech (ex-INA-PG) le laboratoire LERFOB, le chercheur Jonathan Lenoir a mis en évidence la montée en altitude de 171 espèces végétales (herbes, arbustes et arbres). Les altitudes prises en compte vont de 0 à 2600 m. Cette recherche a été effectuée avec ses collègues du CNRS et de l'Université CatholiqueCette ascencion, constatée dans six chaînes et massifs français, est de 65 m en moyenne sur le dernier 1/4 de siècle, pour que ces végétaux puissent obtenir des conditions de vie plus propices à leur reproduction. Mesurée sur la séquence 1905-1985 comparée à 1985-2005, cette montée de 29 mètres par décennie serait une réponse en adaptation aux variations climatiques que les plantes perçoivent décidément mieux que nous.

L'impact environnemental sera sans doute énorme car c'est une véritable composition des communautés végétales qui s'opère car toutes les espèces ne "montent" pas à la même vitesse. Les herbacées sont plus rapides dans leur progression en raison de la brièveté de leur cycle végétatif. Les faunes associés devront également s'adapter à cette nouvelle situation.


Quelques infos ici .


La revue "Science" du 27 juin 2008 publie l'article de référence : J. Lenoir, J. C. Gégout, P. A. Marquet, P. de Ruffray, and H. Brisse, 2008. A Significant Upward Shift in Plant Species Optimum Elevation During the 20th Century. Science 27 June 2008 : 1768-1771.


"Science et Avenir" d'août consacre un entrefilet en page 34 mais il est bourré d'erreurs).




(cc) Bruno Monginoux /Photo-Paysage.com

mercredi 27 août 2008

ADSM

Actuellement, les salles de consultation des Archives Départemenatles de Seine-Maritime (ADSM) sont fermées, mais la bonne nouvelle approche. Dès le 1er septembre, nous pourrons à nouveau collecter des informations sur les paysages anciens dans les documents d'archives.
Attention, l'entrée nouvelle des ADSM est indépendante de celle du Conseil Général. Un nouvel accés est crée à l'autre extrémité de la grille sur le quai Jean Moulin.
Espérons que l'équipe trouvera rapidement ses marques pour bien utiliser ce nouvel outil (ou du moins sa nouvelle organisation) et permettra aux chercheurs de se sentir comme chez eux, ou presque.
Des informations ici.

ET si vous passez par là, n'oubliez pas d'aller voir l'exposition de sculptures présentée dans la cour du Conseil Général de Seine-Maritime.

lundi 25 août 2008

Journées doctorales

L'AgroCampus de l'Ouest à Angers organisera en fin d'année deux journées spéciales consacrées aux travaux des chercheurs de l'Unité de Recherche Paysage. Les 3 et 4 décembre 2008, autour d'un comité scientifique éclectique (Jacques Baudry, Thomas Houet, Pierre Donadieu, Yves Luginbühl, Nathalie Carcaud, ...) et sous la responsabilité de Cyril Fleurant, les doctorants et chercheurs sont invités à présenter leurs travaux qui relèvent directement des disciplines du Paysage. Il sera donc question d'écologie, d'économie, de diverses sciences humaines et sociales, de géosciences ...

Les soumissions sont à adresser à Cyril Fleurant avant le 19 septembre, uniquement sous forme électronique (cyril.fleurant [at] agrocampus-ouest.fr).

Toutes les informations sont disponibles sur le site de l'unité : http://recherche-paysage.inh.fr/journeesdoctorales/index11.html

jeudi 14 août 2008

Vallée du Dun

Cette belle vallée cotière, connue pour son patrimoine historique riche et ses communes encaissées au cachet plein de douveur a révélé un autre aspect bien moins plaisant. Depuis 1999 et la tristement célèbre nuit de folles pluies qui a laissé dans les mémoires un souvenir dévastateurs, les élus et les techniciens ont choisi de prendre les grands moyens pour éviter que cela ne se reproduise.
La conséquence la plus directe en est l'artificialisation du haut du bassin du Dun. La vallée, au niveau des commune d'Aitigny et de Crasville-la-Rocquefort est devenu un lit artificiel d'une rivière qui n'existe pas, car cette zone est plus haute que les sources actuelles du Dun. A noter que ces sources s'ont descendu de plusieurs mètres au cours des deux derniers siècles et que le Dun n'est bien souvent qu'un fossé à sec en amont de Saint-Pierre-le-Viger.
Côté Ouest, les vallons de Bourval et de Bourienne ont été totalement aménagés par la sucrerie, du mpoins sur le territoire de la commune de Fontaine-le-Dun. Côté Est, c'est le Conseil Général qui s'est chargé d'artificialisé le terroir. Deux immenses bassins ont été aménagés avec leurs digues à débordement respectives et leurs zones tampons de stosckage d'eau en cas de fortes précipitations.
Mais la question utile n'a jamais été posée : pourquoi ces terres ne faisait pas le rôle d'infiltration des précipitations qui semblait être traditionnellement le leur ?
Le comble est en fait que ces terres de vallée, en amont de Fontaine-le-Dun sont pour la plupart d'ancienne zones humides. Elles n'ont pas été entretenues, elle se sont "attéries", les tourbes ou horizons plus ou moins organiques qui y existaient ont été asphixiés et ne jouaient plus le rôle d'éponge. La conséquence toute logique à cela, augmenté de l'anthropisation de la vallée aval et du non entretien des passages d'eau, a été le débordement et la crue incontrolable de l'hiver '99.

Aujourd'hui, le choix a été fait à la simplification. Les bassins d'orages, même si ces retenues ont un aspect assez végétal, sont des lieux de recul de la diversité biologique par un entretien (fauchage des prés d'inondation, plantations contrôlées) et ne sont qu'une poursuite de l'anthropisation de cette vallée.

J'aurais pu tenir un discours proche pour la vallée de la Durdent ou une autre. Notre volonté de contrôle et de la gestion du risque naturel nous fait bien souvent perdre toute mesure. Un terroir artificialisé perd ce qui en fait la richesse : la spontanéïté et la diversité biologique non contrôlée.

mardi 12 août 2008

En Chine, il n'y a pas que les J.O. !

Non, la Chine est aussi un extraordinaire réservoir de la diversité paysagère mais aussi botanique. Et il ne faudrait pas oublier que les chinois sont pleinement conscient de celà. Même si nos médias occidentaux nous disent (à qui veux les entendre) que la puissance économique chinoise sera forcément destructrice de biodiversité, de richesse environnementale et paysagère, ce serait ne pas tenir compte du profond respect de la vie inhérent à la culture chinoise particulièrement visible dans l'expression artictique dominante en Chine : la peinture de paysage.
La peinture dite "guó huà", c'est à dire "peinture du pays" est décliné selon deux axes : celle qui représente des fleurs et des oiseaux (huā niǎo huà) et celle qui est consacrée aux paysages (shān shuǐ huà).

Cette peinture a un vocabulaire très détaillé et où tout élément possède un sens spécifique. Un pont n'est pas figuré par hasard, pas plus qu'une fleur ou un temple. Pour en savoir un peu plus, allez faire un tour sur l'atelier de peinture chinoise... actuellement en restructuration... patience.


Vous pouvez apprendre quelques éléments avec ce livre de Li Dongxu : La peinture chinoise - La peinture de paysages

lundi 11 août 2008

Trois lieux en Finistère

Lors d'un passage récente dans la pointe de la Bretagne, j'ai découvert un producteur d'orchidées passioné. En face de Brest, à Plougastel, La Canopée est un site à découvrir. Plutôt que de dévaster les forêts tropicales, mieux vaut acheter des fleurs élevées en France et sélectionnées selon vos souhaits pour que la plante se porte le mieux du monde là où aller l'emmener.


Colette et Dominique Barthelemy vous accueillerons avec plaisir au 827 route de Kiliou à Plougastel.



Leur passion les a conduit à développer un lieu d'échange pour les passionés d'orchidées et leurs créations d'hybrides méritent à elles seules le détour, comme la Disa Ruz Heol. Allez visiter leur site web, ou mieux, passer sur place.









Et si vous en vouler plus, du 26 au 28 septembre, les orchidées seront à l'honneur des Jardins de Rospico, un autre haut-lieu du paysage jardiné en Bretagne. Situé
près de Pont-Aven, à Névez, en Finistère sud, ces jardins, associés à des serres et des espaces de productions sont ouverts au public durant une bonne partie de l'année grâce à la passion d'Anne Kaczmarek-Renault (fille du pépiniériste Jean Renault, créateur du Jardin des Renaudies en Mayenne) et deRaymond Kaczmarek. Jardin d'eau, jardin méditérranéen, jardin anglais, j'ardin d'inspiration japonais sont associés dans un parc au climat bien particulier propice à des floraison de toutes beautés.


Deux pages web vous permettent de découvrir ce lieu : http://www.jardins-rospico.com/ et http://www.rospico.net/, ce dernier semblant être le plus amené à se développer. En ce moment, à Rospico, c'est la semaine japonaise. Alors si vous êtes dans le coin ...



C'était une page bretonne, terre qui est riche de paysages encore sauvages mais aussi de passionés de jardins. Il faudrait évoquer aussi le merveilleux Conservatoire Botanique National de Brest situé dans le vallon du Stang-Alar, entre Brest et Guipavas, secteur d'anciennes carrières devenu petit paradis de la promenade botanique. J'y ai vu cet été une exposition sur les plantes dites invasives pleines d'enseignement.






jeudi 7 août 2008

A Paris, c'est fait ... à Rouen, c'est pour quand ?

Les parisiens ont eu le plaisir de découvrir le transport d'une nouvelle façon. Ils parlent même d'un nouveau paysage découvert... au fil de l'eau.
Voguéo est un service de navette fluviale au fil de la Seine pour l'Est parisien. De Bercy à Maisons-Alfort, cette nouvelle ligne de transport est à l'essai sur une durée assez longue (2 ans) mais le maire de Paris souhaite son extension le plus vite possible à l'ensemble du parcours du fleuve dans la capitale.

La prochaine fois que je vais à Paris, je l'essaye pour aller voir ma famille, justement à Maisons-Alfort.
A défaut de pouvoir sauter dans le bateau tout de suite, regarder le film de présentation.

Et nous, à Rouen, on fait quoi ?
Je ne comprends toujours pas pourquoi l'Agglo ne s'est toujours pas attelé au problème de l'afflux automobile depuis l'Est (plateaux ou vallée). Surtout quand on voit le cloaque routier du carrefour Saint Paul et du Pont Mathilde.
Et pourtant les solutions alternatives existent. Elles passent par des petits travaux simples à réaliser sur des emprises limitées :
1/ De petits parking relais vélos ou/et voiture. Des emplacements existent, par exemple à la limite Belbeuf-Amfreville, où sont mis à l'eau les hors-bords qui consomment tant de carburant. Autres lieux existants : près de la salle de sport d'Amfreville-la-Mivoie, près du viaduc d'Eauplet, et j'en passe vers l'aval comme en rive gauche. Et le parking sur l'île Lacroix qui pourrait être utilisé existe déjà.
2/ Connexions entre les différents modes de transports : fer-route-eau, possible au niveau de la déchetterie (il suffit d'ajouter une voie ferrée en baïonnette vers l'Est), métro-bus-eau au théâtre des Arts, ...

Mais cela demande "un peu de coordination entre de nombreux acteurs" dont VNF, l'Agglo, la TCAR, la SNCF et les communes concernées.
Le projet n'est pas si compliqué que ça et je me demande même pourquoi ce n'est pas encore fait.
A venir : un projet sur fond graphique pour montrer ce que je propose ... avec mes humbles moyens ;-)))

jeudi 17 juillet 2008

Vacances

Voilà déjà quelques jours que la fréquentation du net diminue. C'est certain. les vacances sont là, et pour moi aussi. Retour début août, même si d'ici là un message rapide n'est pas improbable.

Pour vous occupez utilement d'ici là, voici quelques liens vers des actualités paysagères à lire et découvrir.

http://horizonpaysage.org/modules/news/article.php?storyid=171

Vous connaissez sans doute les célèbres cartes sardes. Voici un livre présenté sur le sujet, et même plus, sur le site de l'archéogéographie : Cadastre et territoire

Et dans un peu mois d'un mois aura lieu le 31° festival international de géographie à Tunis, du 12 au 15 août.

Dimanche dernier s'est achevée l'Armada 2008. La mise en scène du paysage de la vallée de la Seine avec les grands voiliers qui descendent le cours du fleuve était un moment de grande émotion et grand spectacle. Vous trouverez de multiple photos sur le web, dont ce très beau NB de Barbarette.

A bientôt

vendredi 11 juillet 2008

Comble du cynisme social

Ce matin, sur France Inter, un "spécialiste de la bourse" (comprendre un représentant des investisseurs) commente la baisse du CAC40.
La baisse du pouvoir d'achat des ménages en serait la cause. En fait, ce sont les actions de la grande distribution et des fabricants des produits de consommation courante qui baissent et entrainent la chute du CAC. Les sociétés Danone, Carrefour et quelques autres perdent des points car nous achetons moins leurs produits faute d'argent disponible.
Les prix de l'action baissant, "heureusement", les gros investisseurs vont en profiter pour acheter et le prix remontera donc d'ici quelques temps.

Une belle façon, claire et cynique, de nous expliquer que les pauvres devenant plus pauvres, les plus riches qui ont les moyens d'investir pourront devenir plus riche grâce à la Bourse.

Nous vivons décidément une époque formidable !

jeudi 10 juillet 2008

Antifer - Du gaz dans l'eau

Le site d'Antifer est déjà très fortement perturbé par le terminal pétrolier, certes !
Du plateau, on voit peu le pied de falaise !
Alors, poursuivons la dégradation de ce qui est déjà abimé. Tel semble être le raisonnement de Gaz de Normandie en déclarant poursuivre les études et travaux du terminal méthanier.
Il faut noter que la consultation publique possédait tout de la mascarade. Le débat public a montré l'opposition des populations, et d'une majorité des élus, à ce projet.
Comme de nombreux optimistes, je pensais que le débat public était un lieu de démocratie. Il apparait qu'il n'en est rien.
Le projet sera consommateur d'espace, pourvoyeur de nuisances locales, génèrera des travaux induits nombreux car les gazoducs doivent suivre, et ne sera pas vraiment créateur d'emplois.

L'utilisation de cette énergie fossile, dans le contexte du Grenelle de l'Environnement, ne présage pas d'une réflexion raisonnée sur la diversification énergétique par les pourvoirs publics.
Véronique Bérégovoy parle même d'un déni de démocratie dans son communiqué d'aujourd'hui (voir ci dessous). Il est vrai que les problèmes généraux que pose ce dossier dépasse largement le cadre de la protection des paysages.


Communiqué :

La poursuite du projet de terminal méthanier d'Antifer :
un déni démocratique flagrant

Aujourd’hui, Gaz de Normandie a annoncé la poursuite du projet de terminal méthanier d’Antifer, sur la commune de Saint Jouin de Bruneval.

Le groupe des élus Verts, investi dès le début auprès des opposants à ce projet, dénonce :

Le déni démocratique et le mépris affiché tant à l’égard de la population que de ses représentants élus
Le débat public a montré l’opposition de la population au projet, soutenue par une majorité d’élus. Dans ce contexte, la tenue à l’écart d’un certain nombre de représentants politiques de la réunion de ce matin à la sous-préfecture du Havre, où a eu lieu l’annonce officielle, ne vient que confirmer l’attitude méprisante de cet acteur privé. Cette décision démontre une nouvelle fois la préférence accordée aux intérêts privés au détriment de l’intérêt général.

De plus, Gaz de Normandie nous annonce le déplacement de 600 mètres de l’installation, reconnaissant ainsi sa dangerosité. Déplacer de 600 mètres, de qui se moque-t-on ?

Une mystification sémantique dangereuse
Sous couvert de vouloir " sécuriser " et " diversifier " notre alimentation énergétique, Gaz de Normandie choisit la fuite en avant. L’entreprise mise sur l’importation massive d’énergie fossile, responsable du réchauffement climatique et qui se raréfie au même titre que le pétrole et le charbon.

Un camouflet donné aux engagements de la France au sein de l’Union européenne et au processus du Grenelle de l’environnement
La France, nouvelle présidente de l’Union européenne, a fixé " le climat et l’énergie " comme une de ses quatre priorités. Laisser-faire ce projet ne pourrait que contredire une nouvelle fois ses engagements et fragiliser sa position. Si la France commence à stabiliser ses émissions de gaz à effet de serre, la région Haute-Normandie détient le triste record de premier émetteur de gaz à effet de serre par habitant.

Face aux défis sociaux, environnementaux, énergétiques et économiques, le groupe des élus Verts rappelle l’urgence d’un changement de nos modes de production et de consommation. C’est pourquoi, nous exigeons :

Une vision nationale et de long terme de la politique énergétique privilégiant la sobriété.
Le respect par la France de ses engagements pris tant auprès de l’Union européenne qu’à l’issue du Grenelle de l’environnement (division par 4 ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020)
Le soutien à une réelle diversification des sources d’énergie grâce au développement massif des énergies renouvelables (objectif européen fixé à 20 % pour 2020)
Le respect de l’intérêt général et de la population en lieu et place d’intérêts d’ordre privé


Véronique Bérégovoy

Présidente du groupe des élus Verts au Conseil Régional de Haute-Normandie

samedi 5 juillet 2008

Hommage à Marcel Lachiver

Cette première moitié de l'année 2008 nous a fait perdre l'un des pères fondateurs de l'histoire du paysage : Marcel Lachiver.
Né en 1934, il a suivi les traces de Pierre Goubert et Roger Dion. Passionné de monde rural, et il savait transmettre cette passion, Marcel Lachiver s'est beaucoup intéressé au monde des vignerons en Ile-de-France et en particulier dans le Vexin français. Par ses premières études, il fut l'historien de Meulan, jusqu'à en écrite une histoire de cette ville et de sa région par les textes
en 1962.
Mais il est surtout pour la plupart d'entre nous, l'auteur du "Lachiver", le dictionnaire du monde rural paru en 1997 chez Fayard, à tel point que son nom est devenu synonyme de cet ouvrage.
Pour les historiens du monde rural, il y a le Lachiver comme il y a le Petit Larousse.
J'ai appris, grâce à Jean-Marc Moriceau et à sa chronique en hommage à Marcel Lachiver, que ce dernier a également tenté l'aventure du roman historique avec "Une fille perdue", disponible aux Livre de Poche.
Pas de doute que le Lachiver restera encore sur le bureau des étudiants et chercheurs comme une véritable référence (certes un peu couteuse) à garder sous la main.

L'article de JM Moriceau rend un bel hommage, en son nom propre, mais aussi au nom de l'Association d'Histoire des Sociétés Rurales qui lui doit beaucoup, etant l'un de smembres fondateurs du comité scientifique de la revue. L'article est à retrouvé dans Histoire et Sociétés Rurales, n° 29, 1er semetre 2008, qui vient de paraître.

mardi 1 juillet 2008

Ecolo-Info, la suite

Vous avez sans doute remarqué que l'animation d'Ecolo-Info (sur le côté gauche) à changé. Oui, tout le site créé par Anne-So s'est refait une beauté.
C'est aujourd'hui bien plus que la simple (!) barre de menu ajoutée dans Firefox.
Une plus grande équipe, plus d'info, plus de points de vue différents, un passage à l'international... tout cela en respectant une véritable déontologie.

Vous en saurez beaucoup plus ici.

Pour le plaisir

Juste un lien vers de nouvelles aventures visuelles et paysagères grâce à Catherine de l'équipe Ecolo-Info. Trois expositions parisiennes que je n'ai pas vu... pour le moment ; un livre à chausser aux Editions du Chêne ; et drôle de paysages comestibles.

C'est ici sur le site d'Ecolo-Info.

samedi 28 juin 2008

La Grande Fraude ?

Peut-être avez vous vu la vidéo "La grande fraude du réchauffement global" ( "The Great Global Warming Swindle"), documentaire très brittisho-brittish de BBC Channel 4. Il pose des questions importantes sur la réalité de nos connaissances et de leurs conséquences. C'est bien là le problème. Quand nous affirmons scientifiquement quelque chose, même se les arguments demandent à être vérifiés, les politiques construisent à partir de cela un cercle de décisions qui génère des conséquences souvent non mesurées. Les théories de Martin Durkin doivent cependant être encadrées. Et là comme dans les défenseurs de la thèse du réchauffement global lié au CO2, c'est cet encadrement qui fait défaut. Science et conscience sont décidément deux facettes de notre société qu'il est bien difficile de conjuguer ensemble.
Lis l'article de Skyfall à ce sujet.

Le documentaire, très bien fait, percutant, en réelle concurrence avec le film d'Al Gore, laisse tout de même un vaste malaise. on pourrait penser : "et si ils avaient raison ?"... mais quelle responsabilité si ils ont tord.

Le vrai débat est peut-être ailleurs.

Cette vaste campagne de communication/contre-communication devrait surtout nous apprendre la prudence. Tout scientifique sait bien que les données sont une chose. L'interprétation des données en est une autre. ici, tout est devenu subjectif alors que l'on voudrait nous faire croire que la réflexion est hautement scientifique, donc fondée et vraie. Or, c'est exactement le contraire que nous devrions comprendre. La compréhension des phénomènes climatiques et météorologiques sur le long terme fait partie des analyses systémiques parmi les plus complexe où la part d'interprétation est énorme. Quelques questions pour vous mettre la "puce à l'oreille" : comment peut-on comparer de façon crédible des données sur 30 ans et des données sur 30000 ans ? Peut-on discriminer la cause de la conséquence, l'œuf de la poule ? Quelle est la part de l'interprétation dans les affirmations ? Voilà dans quel état d'esprit j'ai regardé le fameux film sur la grande fraude. Je suis resté très septique. Tout autant que sur certains éléments de la théorie sur le CO2 responsable de l'effet de serre. Une seule chose reste à prendre en compte : il faut de toute façon se préparer à des changement et à restreindre nos consommations énergétiques.


Que nous abordions un second petit âge glaciaire ou un vaste réchauffement dans la durée ; qu'il soit lié au CO2 ou aux tâches solaires ; notre adaptation devra se faire. Et en regard de la réactivité de la population et de nos politiques, mieux vaut changer nos habitudes de vie, de consommation d'énergie, de rejets de produits non assimilables par l'environnement ...
Car si un jour nous comprenons ce qu'est réellement le changement climatique dans ses mécanismes et ses contraintes, il sera sans doute trop tard pour prendre des décisions.

C'est donc maintenant qu'il faut choisir de vivre avec la planète et non pas à ses dépends.

lundi 23 juin 2008

Biennale du Havre


Il vous reste encore deux semaines pour aller faire un tour au Havre et découvrir les installations, créations et autres expositions préparées dans le cadre de la Biennale du Havre.
Organisée par le SPOT (centre d'art contemporaine havrais) avec l'aide de multiplepartenaires dont le groupe Partouche (la création serait-elle un jeu d'argent ?), cette manifestation associe le Musée Malraux avec les installations en espace urbain. Les artistes présents sont très nombreux (plus de 40) dont quelques noms remarquables comme André Cadère dont une rétrospective était proposé par le musée d'art contemporain de la ville de Paris.
Voir aussi l'étonnant Charley Case, la musique aléatoire de Nicolas Collins, les images de Marijke van Warmerdam, les grilles de Christian Robert-Tisot, les situation de Vincent Lamouroux, de Didier Marcel ou de Yayoi Kasuma.


Une oeuvre de de Yayoi Kasuma : Guidepost for Heaven (2005)

J'aime particulièrement cette création de Claire Harvey : "L'homme sur le clou" ("The man on the nail", in english in the text ;-)

vendredi 20 juin 2008

Alerte sanitaire ??? pour quoi faire ???

Le texte ci-dessous me semble assez explicite par lui-même. c'est une alerte supplémentaire qui devrait nous pousser à agir, à penser, à vivre différemment. Voulez-vous vraiment consommer de l'huile de vidange sans le savoir ? Même si il y a de fortes "chances" que, si vous en avez consommé, les taux de dilution soit tel que le danger reste marginal, le principe de la non-divulgation de l'information et de la négligence des services sanitaires a tout pour nous rendre suspicieux. Voir le blog de Raffa.

Achetées en Ukraine, 40000 tonnes d’huile de tournesol coupée au lubrifiant pour moteur ont été distribuées en Europe. Et les produits concernés n’ont pas du tous disparu des rayons français.

Depuis le 5 mai, de mayonnaise, des plats cuisinés, de la vinaigrette industrielle, des conserves à l’huile, etc… préparées avec de l’huile de moteur sont en vente dans les grandes surfaces. Et ce avec la bénédiction des pouvoirs publics et de la Commission européenne. Bien sur, le consommateur n’a pas été informé…

Officiellement, tout commence le 21 avril dernier, quand le groupe Saipol, numéro un français de la transformation des oléagineux et accessoirement propriétaire de Lesieur, prévient la Répression des Fraudes que son usine de Sète, où est raffinée de l’huile de tournesol brute, il y a un sérieux pépin. Une grosse rasade d’huile achetée en Ukraine est farcie à l’”huile de moteur“, huile minérale dérivée d’hydrocarbure. Et pas qu’un peu : d’après nos informations, sur 2800 tonnes d’huile apparemment irréprochable, livrées en France, 19 tonnes auraient mieux fait d’aller graisser des rouages et des pistons que des gosiers. Deux jours plus tard, la France informe officiellement ses voisins européens : cette cargaison fait partie d’un énorme lot de 40000 tonnes, qui a atterri non seulement en France, mais aussi aux Pays-Bas, en Italie et en Espagne. Et c’est tout le lot qui a été trafiqué ! De quoi, pour les escrocs, se faire du beurre : sachant que la tonne d’huile de tournesol brute est vendue 1800 euros et que d’après les confidences d’un fonctionnaire de la Commission européenne, ce sont en tout pas moins de 280 tonnes d’huile de moteur qui ont été introduites en douce dans les containers, les margoulins d’Ukraine ont empoché un bénéfice de 504000 dollars (moins ce qu’ils ont déboursé pour l’huile bidon, certes, mais celle ci coûte des clopinettes).

A partir du 26 avril, la Commission européenne et la répression des fraudes rendent publique l’alerte. Officiellement, l’huile de tournesol frelatée mise en bouteilles et les plats préparés à partir de cette mixture ont tous été retirés des rayons et “n’ont pas atteint le consommateur“. Fort bien, mais, au fait combien de lots ont été retirés en tout ? Questionnée par “Le Canard”, la DGGCRF, autrement dit, la Répression des fraudes, explique que “compte tenu du nombre d’entreprises concernées, il est impossible d’en connaître le nombre exact“. Chez Carrefour Promodès, enseigne qui possède la moité des grandes surfaces alimentaires en France, on admet du bout des lèvres avoir retiré pas moins de… 200 produits concernés !

Bref, tout baigne. Sauf qu’il reste un léger problème : Saipol, la maison mère de Lesieur (laquelle marque a fait répondre au Canard par son agence de com’ qu’elle n’était “en rien concernée“), a reçu sa cargaison d’huile frelatée fin février. Et n’y a vu que du feu. Jusqu’à ce qu’un mois plus tard un industriel du nord de l’Europe, destinataire du même lot, l’informe après analyse que quelque chose clochait dans l’huile de tournesol ukrainienne . Et ce n’est qu’un mois plus tard que Lesieur a enfin sonné l’alerte auprès de la Répression de fraudes. La question qui se pose est cruciale : combien de produits assaisonnés à l’huile frelatée ont été conditionnés et commercialisés entre-temps ? Saipol reconnait avoir raffiné l’huile en question pour la vendre ensuite à une trentaine de clients de l’industrie agroalimentaire1 , dont il refuse de citer les noms. Mystère et salade verte. […]

Mais il y a plus sérieux : contrairement à ce qu’ont d’abord assuré la Commission européenne et les pouvoirs publiques français, tous les produits additionnés d’huile contaminés n’ont pas été retirés des rayons. En effet, le 2 mai, la Commission européenne s’est fendue en catimini d’une recommandation autorisant la vente de tous les aliments contenant moins de 10% d’huile de tournesol frelatée. […]

Comme l’admet la DGCCRF dans une note adressée au Canard, le 7 mai, “en l’absence de toxicité aiguë”, tant pis pour les mayonnaises et autres petits plats déjà vendus. “Aucun rappel” n’a été effectué .[…]

[Le Canard enchainé, 14 mai 2008]

jeudi 19 juin 2008

Repainville

La ville, c'est aussi une mixité des paysages. A Rouen, cette mixité existe.
En particulier, à quelques encablures à l'est de la ville, il y a Repainville. Un quartier de la vallée du Robec qui est enserré entre une voie ferrée, une 2x2 voies, un dépôt de bus, une zone d'activités ... mais qui possède encore un véritable cachet grâce à ceux qui se battent depuis des années pour maintenir des espaces de vie.

Durant deux journées, samedi 20 et dimanche 21 juin, Repainville (souvent résumé avec erreur aux jardins du même nom) réunit de nombreux acteurs de la vie protégée (Cardere, LPO, HNNE, Fac Verte, la Confé, AMAP Rouen Est, Greenpeace, Sortir du nucléaire ...). La cadre est agréable avec des jardins entretenus par des passionnés. un lieu surprenant si près de la ville. Les jardins "ouvriers" sont accompagnés de bosquets boisés, mares et de pelouses arborées très agréables.

Mais cet espace doit encore savoir se protéger car une casse auto y fait une vaste enclave (une station-service une plus petite), et l'environnement en rend la gestion difficile par risque de pollution hydraulique entre autres.
Vous pouvez accéder aux jardins de Repainville en suivant le Robec par la "Rue des Petites Eaux". Une promenade qui permet de découvrir les anciens moulins et les "espaces naturels" protégés qui l'environnent.

Cette manifestation se déroule dans le cadre du Festival de la Terre du 16 au 22 juin en de très nombreux endroits. Plus d'info ici pour les autres manifestations dans le cadre de ce festival mondial.

mercredi 18 juin 2008

Le Paysage pour les débutants - 7

Retour au paysage, donc.

J'ai déjà abordé quelques points essentiels sur ma façon de lire, voir, comprendre, saisir ... le paysage dans mes précédents "Paysage pour les débutants".

Revenons donc à l'un de ces fondamentaux.
Un paysage, c'est d'abord une vue, un espace, une portion de territoire que l'on embrasse du regard. La notion de "point de Vue" est indissociable de celle de "paysage".
En cela, le paysage peut se résumer en : un point d'observation, un angle de vue, une profondeur de champ. Sur une carte, il se résume à une sorte de triangle avec un côté irrégulier en fonction des éléments qui limitent cette profondeur de champ.
L'angle de vue est celui de l'oeil. Pour la plupart d'entre nous, cet angle est de 46°, même si nous percevons ce qui se passe en dehors de ce champ, en particulier si il y a mouvement. Ces 46° correspondent à la focale 50mm d'une optique traditionnelle d'appareil photographique (24 x 36). On utilise souvent le terme de "champ visuel".
La définition la plus courante et simple du champ visuel est la suivante : "Le champ visuel est la zone totale dans laquelle la perception visuelle est possible lorsque la personne regarde devant elle."

Donc le paysage est d'abord un espace couvert par la vue. Il est limité par les obstacles qui limitent le champ et par le bord de champ, flou, car de légères perception sont possibles d'au-delà de cette limite. Les limites et obstacles vont également partie du paysage.



Il suffit de changer le point de l'observateur pour que le champ de vision, les effets dus aux obstacles et l'ensemble du paysage changent.

Bien entendu, il ne faut pas voir simplement cela en plan mais il faut prendre en compte la hauteur du champ visuel, légèrement inférieure à sa largeur car c'est dans cette hauteur que ce place les différents plans. mais c'est déjà une autre histoire.


Photo : (cc) Bruno Monginoux / Photo-Paysage.com


A suivre avec un exemple croate commenté ...

dimanche 15 juin 2008

Mauvaise nouvelle pour la démocratie

Je pensais faire aujourd'hui un petit compte rendu de la belle journée passée près du Pont de Normandie et dans le Marais du Hode avec la LPO, HNNE, SOS-Estuaire et les Verts. Je pensais aussi vous parler des éoliennes car cette journée devait être celle de cette énergie. Je pensais encore vous évoquer les orchidées qui sont très présentes cette année.
Mais Denis Robert me fait en décider autrement, tout cela peut attendre.

Sans doute avez-vous entendu parler de Denis Robert. Il est l'auteur de "Révélation$" et de quelques autres livres aux Editions des Arèmes, sur l'organisation des filières financières et leurs méthodes. C'est particulièrement la société Clearstream qui est concernée et qui n'a pas hésité à employer les grands moyens juridiques à l'encontre de D. Robert. Aujourd'hui, après de multiples procès, amendes, accusation, comité de soutien, Denis Robert jette l'éponge.

Est-ce la victoire de l'argent sur la démocratie ? Je ne saurais le dire. En tout cas, c'est la certitude que dire la vérité est dangereuse dans certains domaines. Même si quelques éléments des enquêtes de Denis Robert restent étranges aux yeux de certains, il faut noter le côté "big brother" de la société Clearstream pour qui la seule réponse est : "le service juridique ... jugera".

Allez lire le texte (long mais passionnant) sur son blog http://ladominationdumonde.blogspot.com/.

Et comme le fait remarquer Denis Delbecq, pour mieux comprendre, il faut également lire l'étonnement de Clairstream sur Rue89. Il y aura peut-être encore quelques suites à cette affaire, et le comité de soutien existe toujours.


Et dès demain, retour au paysage.

mercredi 11 juin 2008

L'arbre du Père David

Un végétal comme le Buddleia pose de nombreuses questions à l'amateur de paysage.

Certes, ce loganiacée qui doit son nom au Révérend Père Adam Buddle, médecin du début du XVIIIe siècle a de forts jolies fleurs. Il est, de plus, fréquenté par de très nombreux papillons qui lui donne son surnom d' "arbre à papillons". Le Buddleia davidii a aussi pour lui de se reproduire avec une facilité déconcertante, y compris dans les endroits les plus incongrus. J'en ai découvert plusieurs accrochés sur des vieux murs de Petit Quevilly. Il semble trouver son origine sur les flans de l'Himalaya.

Mais, cette capacité de diffusion joue justement à son encontre. Il colonise fortement les coteaux ouverts, les pelouses calcicoles comme à Port-Saint-Ouen ou sur les hauteurs de Darnétal vers le Bois du Roulle. Il s'introduit dans les premiers sous-bois, les fourrés arbustifs forment son domaine.
Il y a encore quelques années, il se contentait des terrains vagues, plante de friche à la poussée rapide qui participait à la vie du Tiers Paysage. Aujourd'hui, il semble s'adapter à de nouveaux milieux.
Ensuite, le buddleia contient de l'aucubine, toxique.
Enfin, il est devenu invasif ; non pas seulement pasr son occupation des délaissés mais aussi parce qu'il prend la place d'un autre végétal : le lilas.

Ne vous privez pas pour autant de sa belle végétation et de sa floraison resplendissante, mais veillez à ce que votre jardin ne se transforme en "buddleiaie " (sic !!!). Rien ne vous empêche de placer un buddleia dans votre jardin, mais pensez à contrôler sa reproduction et associez lui un lilas. La meilleure façon de le bouturer semble de prélever en août et de planter dans un mélange terreau + sable. Et n'hésitez pas à le rabattre à 20 cm du sol (avec quelques yeux) durant la période végétative (novembre à mars).

Il existe aujourd'hui bien des variétés de buddleia pour varier les plaisirs : Purple Emperor, nanhoensis, royal red, globosa Connington Gold (très beau) donc violet, bleu, orange, rose, blanc ... et même un bicolore, car la ferveur qui existe autour de cette plante en fait un objet de commerce.


Comme Gilles Clément et sa Grande Berce, faites avec le buddleia, pas contre lui. Il contribue à la création de nos paysages actuels de jardin, mais aussi d'espaces publics. Aidons le à trouver sa place.