mercredi 17 février 2010

Le dernier secret de Toutankhamon

Je me permets de reprendre ici de larges extraits de l'article du Monde du 17/02/2010 de Stéphane Foucart. Il est particulièrement intéressant pour montrer un exemple de la relation entre science historique et politique. En Egypte, la connaissance des origines sociales et régionales des pharaons et de leurs femmes a un impact sur l'identité du pays. Mais aujourd'hui, à vouloir jouer l'Egypte égyptienne, Zahi Hawass, le grand ordonnateur de l'archéologie égyptienne pourrait bien faire le grand écart.

Je vous invite bien entendu à lire les deux textes de S. Foucart in extenso dans Le Monde de ce jour.
Le dernier secret de Toutankhamon.
Une annonce délicate à forte teneur politique.

ainsi que les résultats des dernières études.


EXTRAITS :
"Nul n'ignore plus l'aventure d'Howard Carter qui, le 29 novembre 1922, entrait dans la tombe inviolée de Toutankhamon, l'un des derniers rois de la XVIIIe dynastie. A ce haut fait, le patron des antiquités égyptiennes, Zahi Hawass, entend bien ajouter le sien. Il ne s'agit pas cette fois de desceller un tombeau, mais de lire l'ADN prélevé sur la momie du roi, mort à 19 ans et inhumé voilà quelque trente-quatre siècles. Et, surtout, d'en déduire des éléments de sa parentèle, sujet d'âpres et décennales controverses entre égyptologues.
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La question la plus brûlante n'en demeure pas moins celle de l'identité des parents du jeune souverain. Est-il le fils d'Amenhotep III et donc le frère d'Akhenaton ? Est-il, comme le pense une majorité, le fils d'Akhenaton et de l'une de ses épouses secondaires, une certaine Kiya ? Est-il plutôt le fils d'Akhenaton et de la célèbre Néfertiti ? L'ADN ne peut répondre à tout. Car les sépultures des trois principaux candidats - Akhenaton, Kiya et Néfertiti - n'ont pas été identifiées avec certitude.
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Pour Marc Gabolde, Kiya est sans doute une princesse du pays de Mitanni - dans l'extrême nord de la Syrie actuelle. La correspondance diplomatique d'Akhenaton atteste que le souverain de ce royaume lui a bien offert l'une de ses filles. Or la classe dirigeante du Mitanni est indo-européenne : elle appartient à une population génétiquement différente de celles de la vallée du Nil et du reste du Proche-Orient. " L'étude de l'ADN mitochondrial de Toutankhamon pourrait ainsi dire, avec une bonne probabilité, si sa mère est issue du groupe indo-européen ou non ", explique Lluis Quintana-Murci, généticien des populations (CNRS, Institut Pasteur).
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EN PUBLIANT, mercredi 17 février, l'analyse de l'ADN de Toutankhamon, le patron des antiquités égyptiennes, Zahi Hawass, veut aussi mettre en avant l'indépendance scientifique de son pays. ... sorte de revanche sur la médiatisation de la découverte de la tombe elle-même, en 1922, ... les médias égyptiens n'avaient pas pu couvrir l'événement.
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Aujourd'hui, seul le Conseil suprême des antiquités, exclusivement incarné par le tout-puissant Zahi Hawass, est habilité à communiquer autour des découvertes archéologiques réalisées en Egypte. Même si ces découvertes sont le fait d'équipes étrangères.
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Certains craignaient notamment que les analyses ne soient biaisées de manière à attribuer une origine juive à ces pharaons.
'Craintes' fondées sur la peur de voir la figure d'Akhenaton - inventeur d'un certain monothéisme - assimilée à celle de Moïse. "

Stéphane Foucart


Source : Le Monde 17 02 2010

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