mardi 25 novembre 2008

Le livre du Paysage cauchois

Si vous êtes rouennais, vous avez sans doute pu admirer les photos grand format de Pascal de Lattre sur les grilles du Conseil Général. Mais ces clichés n'existeraient pas sans le livre réalisé par une équipe pluridisciplinaire sous l'égide du CAUE76 et co-édité avec les éditions Points de vue.


"Clos-masures et paysage cauchois" est un véritable livre-documentaire. Il décrit, évoque, raconte, commente ... et plus encore ce qui fait LA caractéristique du paysage du Pays de Caux : le clos-masure.
En 256 pages, vous pourrez découvrir le Pays de Caux, son territoire, ses traits particuliers et ses "limites".
Puis vous vous laisserez conter le clos-masure à l'aube du XXe siècle, alors que la mécanisation n'avait pas encore transformé nos campagnes. Chaque bâtiment y tient un rôle, une fonction indispensable à la vie de la ferme. Les hommes et les femmes ont des modes de vie en relation avec le clos et ses spécificités.
Ensuite, un large récit historique vous parcourir l'histoire de l'occupation du sol jusqu'à nos jours et les transformations bien souvent irréversibles qui ont marqué nos espaces ruraux.
Alors, quelques pistes de réflexion vous inviteront sur les possibilités d'évolutions futures des clos-masures.
Enfin, en guise de conclusion, le récit historique est imagé par des bloc-diagrammes allant de 18000 ans avant notre ère jusqu'au milieu du XXIe siècle.

Ce livre (dont je reparlerai) est en même temps un beau livre, et en cette période de cadeau qui approche ... et un livre scientifique puisqu'il regroupe pour la première la quasi totalité des éléments de connaissances sur le paysage cauchois en le mettant à la portée de tous. Certes, le pari de la vulgarisation est difficile, mais il valait la peine d'être tenté. J'ose croire que cela est réussi.
Pour ma part, je suis très satisfait d'avoir participer à l'aventure en tant qu'historien du paysage, une aventure qui nous a occupé durant près de 3 années. J'évoquerai un peu plus les auteurs du livre dans un futur message.

Dimanche 30 novembre (dimanche prochain), les auteurs seront présents au
Salon du Livre Normand, à Fontaine le Bourg (salle Verte)
à une quinzaine de kilomètres au nord de Rouen.
L'accès sera fléché.

Si vous voulez me faire un coucou, vous serez les bienvenus car j'y serais de 10 h à midi.

Une autre séance de dédicace est prévue à l'Armitière Rouen, le 6 décembre dans l'après-midi.

jeudi 20 novembre 2008

Au fil de la Normandie

Ce titre est celui d'une revue encore assez peu connue dans notre région alors qu'elle est ciblée sur le territoire normand, Haute et Basse Normandie. Cette revue trimestrielle est éditée par le Groupe Corlet, éditeur et imprimeur implanté à Condé-sur-Noireau.
"Au fil de la Normandie" fait la part belle à la photographie. Dans le dernier opus, le 19° numéro qui couvre la période septembre-octobre-novembre 2008, un important dossier est consacré à la forêt normande. Avec un parcours thématique, les cinq départements normands sont évoqués. Le dossier a été réalisé (textes et photos) par Jean-Michel Leligny.

Un second dossier nous présente la Baie des Veys, près de Carentan, où finissent l'Aure et la Vire. Ces terres hésitent encore entre terre et mer, et la réserve naturelle de Beauguillot y héberge 1800 espèces vivantes sous le haute surveillance de son conservateur Jean-François Elder. Cet espace préservé est un dortoir privilégié de chauves-souris, et au milieu de nombreux végétaux assez communs se trouvent quelques raretés.

C'est le cas, par exemple, du troscart des marais (triglochin palustris) plante réputée toxique pour les bovins et les ovins, provoquant des problèmes respiratoires.

Il y a d'autres reportages et découvertes à faire à la lecture de cette revue "Au fil de la Normandie".

vendredi 14 novembre 2008

Sur l'agenda

Quels territoires pour quelles identités ?

C'est la question que nous pose l'équipe des organisateurs des Cafés Géographiques Rouennais. L'interrogation est à forte connotation "culturelle" car il faudra sans doute commencer par comprendre la relation qui peut exister entre les identités locales et le territoire concerné. Qu'est-ce donc que l'identité territoriale ?
Ces identités sont souvent clairement identifiées dans les logiques de "pays", comme le pays de Caux ou le pays de Bray. Je parle bien entendu des pays de l'ancien régime. Nos pays actuels, où s'établissent des "contrats de pays" pour le développement et l'animation des territoires concernés sont souvent des simples constructions administratives. On peut évoquer ce pays des hautes falaises, concept totalement lié à l'action de développement du tourisme.

Nos identités personnelles sont- elles à mettre en relation à des attachements territoriaux, l'appartenance à un territoire d'origine ou de résidence ? Pouvons-nous crééer une nouvelle identité en construisant un territoire ? La géographie qualifie, caractérise, trace des contours à des territoire. Le fait-elle en tenant compte des identités de ceux qui y vivent, de l'identité propre qui y est attachée ?

Voici les questionnements qui peuvent apparaitre lors de cette soirée.

Rendez-vous
Mercredi 19 novembre
18 h 30 au "JM'S café",
2 place du Vieux Marché, Rouen


Les intervenants seront :
France GUERIN-PACE, géographe et directeure de l'Institut National d'Etudes Démographiques (INED),
Elena FILIPPOVA, anthropologue et directeure de recherche à l'Institut d'Ethnologie et d'Anthropologie de l'Académie des Sciences de Russie,
Yves GUERMOND, professeur émérite des Universités en Géographie, et bien connu de nombreux normands.

Les trois chercheurs présents sont les auteurs (avec quelques autres spécialistes) d'un livre consacré au sujet : "Ces lieux qui nous habitent", un intéressant essai publié aux éditions de l'Aube.


Qu’est-ce qui fonde le sentiment d’appartenance à un territoire? Comment et pourquoi les individus investissent-ils plus certains lieux que d’autres? Pourquoi certains territoires sont-ils davantage porteurs d’identité, assignant parfois même une identité à l’insu des personnes?
C’est l’ensemble de ces questions, et plus largement la relation entre identités et territoires, que cet ouvrage tente d’éclairer par une démarche pluridisciplinaire, à travers des contributions de géographes, démographes, sociologues, anthropologues et historiens. Il aborde des terrains socioculturels très contrastés, envisagés à différentes échelles géographiques.
Dans un contexte de mondialisation où l’individu se définit par des appartenances multiples et s’affranchit progressivement des contraintes de l’«espace-temps», ce livre permet de mieux comprendre comment le territoire demeure une modalité d’identification qui fait sens dans la définition de soi.



Des informations supplémentaires sur ce café géo sont disponibles sur http://www.georouen.org/spip.php?article253
Vous pouvez aussi charger l'affiche qui annonce le débat.

mardi 11 novembre 2008

Politique sociale, urbanisme et paysage

Ou : parfois, les stratégies d'urbanisme de nos communes frôlent le grand n'importe quoi.

Et pour Barentin, ce n'est pas une première.
Le Plan Local d'Urbanisme (PLU) avait fait l'objet d'une présentation au public lors d'une réunion en avril 2006. La carte qui est visible sur le document (encore téléchargeable sur le site de la commune à cette page) montre une répartition entre les zones urbanisées et l'espace agricole. En observant attentivement cette carte, chacun peut constater que certaines parcelles ne font partie d'aucune des deux catégories. On peut le comprendre pour les espaces ferroviaires, parcs ou quelques enclaves de dimensions réduites. C'est bien moins compréhensible pour une surface de plusieurs dizaines d'hectares en jonction avec Pavilly, sur le rebord de plateau ouest dominant la vallée de l'Austreberthe.


Pour ceux qui n'étaient pas dans le débat communal, la réponse à ce vide est peut-être intercommunal. La communauté de communes Caux-Austreberthe vient d'engager les travaux d'une aire de stationnement pour les gens du voyage, remplissant alors une obligation légale qu'elle avait jusqu'à présent repoussée.
Là où sa situation devient étrange c'est que cet emplacement est (comme souvent pour ces aires) loin de tout, et en particulier des services municipaux et des commerces, au-dessus de la voie ferré, accessible dans le virage d'une route très fréquentée. Mais le comble paysager (car il faut bien en venir là), c'est la position topographique du site : en sommet de coteau. A croire que c'est pour mieux surveiller ce qui pourrait s'y passer.
Barentin est l'exemple même de la consommation d'espace dans un développement inconsidéré.
Après avoir laissé défigurer le rebord de plateau Est au sud du vallon de Pissy-Poville avec les zones commerciales et l'urbanisation pavillonnaire galopante, au nord du vallon de Pissy-Poville avec des pavillons plus anciens, puis plus récemment en hauteur du côté Ouest avec de vastes lotissement autour de la société Gardy, ce sont maintenant les derniers points de grande visibilité depuis l'autre versant de la vallée qui sont aménagés avec ces aires des gens du voyage.

L'aire de stationnement est de plus d'une efficacité déjà plus que douteuse puisqu'il est avéré (expérience à la clé) que les gens du voyage apprécient peu ces aires bétonnées avec fil à linge imposé et sanitaires aseptisés. Très vite, ce type d'installation est abandonnée. Pour l'usage, il faudra donc voir ... à l'usage.
Le principal semble bien pour Caux-Austreberthe de s'acquitter de l'obligation de l'existence de cette aire intercommunale, qu'elle soit fonctionnelle ou non, qu'elle soit implanté à un endroit intégré dans le paysage ou non, qu'elle soit adaptée au gens du voyage ou non.



Barentin est aujourd'hui un véritable exemple de petite ville qui a d'abord subi l'industrialisation du XIXe siècle, puis l'urbanisation du XXe, et aujourd'hui une non-gestion de l'esapce au XXIe. Alors qu'au même moment, Dieppe rejette des projets de lotissements pour trop faible densification et surconsommation d'espace urbanisable devenu rare, d'autres communes comme Barentin dilapident leur capital espace.

Comme le dit déjà la présentation du PLU de Barentin : "un milieu environnemental de faible valeur patrimoniale (écologie) mais des éléments forts du paysage". mais il est à craindre que ces éléments seront bientôt noyés dans l'urbanisation.


Heureusement, il reste à Barentin son état de ville-musée de statues à ciel ouvert.

dimanche 9 novembre 2008

Changement d'adresse de contact

Attention, l'adresse pour me contacter à chager. merci d'y être attentif.

Et puis, contacter Swingphil par un compte nommé swingphil, c'est tout de même plus facile.

vendredi 7 novembre 2008

Sur les grilles du Conseil Général de Seine-Maritime

Le paysage cauchois prend place en pleine ville de Rouen.
Les grilles du Conseil Général (quai Jean Moulin et rue Saint-Sever) se couvrent de grandes hotographies du Pays de Caux.

Ces images sont l'œuvre de Pascal de Lattre. Ces photographies ne se contentent pas de montrer le paysage du Pays de Caux, elles le font vivre avec une grande sensibilité, l'exercice du détail, le jeu des couleurs de la terre et parfois beaucoup d'humour. Chacune d'elles peut être simplement regardée pour ce qu'elle inspire, mais aussi avec une démarche de compréhension du fonctionnement de ce paysage cauchois si spécifique. Tradition et modernité s'y affrontent aujourd'hui encore sans vainqueur.

L'exposition est visible du 7 novembre au 5 décembre 2008.

Réalisée par le Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et d'Environnement de la Seine-Maritime (CAUE76), cette exposition accompagne l'édition d'un ouvrage intitulé "Clos masures et paysage cauchois". Ce livre, co-édité par le CAUE76 et les Editions Point de Vues, fera l'objet d'un prochain message, il sera très bientôt disponible dans votre librairie préférée, comme celle ci. D'autres photos de Pascal de Lattre y figurent. Quelques informations sur le livre sur cette page.

mercredi 5 novembre 2008

Rad'ART

Un évènement rouennais à ne pas manquer, le Festival Rad'ART à la Halle aux Toiles.
C'est ce week-end, les 8 et 9 novembre.
Le samedi, de 10 h 00 à 22 h 30.
A partir de 20 h 30, concert de folklore imaginaire par Natacha Jouët et Frédéric Jouhannet.
Le dimanche, de 10 h 00 à 19 h 00.
Douze artistes nous présentent leurs œuvres, d'une grande diversité et d'une large créativité. Photographes, graphiques, calligraphes, peintre. Ces douze jeunes talents de la région de Rouen, dont certains ne sont pas à leur coup d'essai. Mais tous méritent votre attention, votre visite. Barbarette et ses photos, Aby et ses illustrations, Emilie Thomas et ses peintures, Karim Jaafar et ses calligraphies contemporaines, le collectif "La distillerie graphique", et les autres.
Pour plus de détails, c'est ici.

Et il y aura du paysage dans l'expo : paysages réels, paysages rêvés, paysages inventés.



Imagettes de haut en bas : Karim Jaafarn, Aby, Samy et Patrick Poignye.
La Halle aux Toiles, c'est à Rouen - rive droite
entre la Seine et la Cathédrale, sur la place de la Haute Vieille Tour.

jeudi 30 octobre 2008

Silence n'est pas absence

Depuis quelques temps, le temps me manque pour ajouter quelques messages plus ou moins bien réfléchis sur ce blog. Résultat : une impression d'absence pour le lecteur, qu'il soit régulier ou simplement de passage.
Et pourtant ce ne sont pas les sujets qui manquent : colloque à Caen, éoliennes off-shore, livre "clos masure et paysage cauchois", comité scientifique du PNR Boucle de la Seine-Normande, appel à candidature pour la réalisation de l'atlas des paysages de Haute-Normandie, ... et j'en passe.
Le fonctionnement très impulsif (voire compulsif) pour écrire des messages faisait que le rythme d'un message tous les jours ou presque durant une semaine était suivi d'une semaine sans message !!!
Ainsi, une certaine régularité va devenir de mise. Un peu à l'image du blog de Michel Lerond qui pulie une note tous les mardi, vous retrouverez ici, à partir du mois prochain une note en début de chaque semaine et une autre à la fin de la semaine.

Pour aujourd'hui, un tout petit mot de paysage jardiné urbain.

Avez-vous vu les chrysanthèmes ?
C'est de saison, me direz-vous. Les jardiniers de la ville de Rouen ont composé de nombreux massifs avec ces plantes en les agrémentant de batonnets. Immense plateau fleuri devant Saint Maclou, plates-bandes serpentant rue Saint Sever ... Il n'y a pas que des chrysanthèmes mais l'ensemble est dans la tradition des plantations de saison. Mais pourquoi donc les batonnets ont-ils été peints dans un bleu qui me fait penser au Bleu-Agglo ?

mercredi 15 octobre 2008

Il y a des "gens" dans le paysage

Ce titre est une réponse à la très belle exposition présentée par Eric Bénard, en ce moment et jusqu'au 30 novembre, à Conches-en-Ouche dans le cadre de la 3° biennale de photographie.

Cette biennale qui a pour thème "Fleuve, transport et communication" est en train de devenir un rendez-vous incontournable de la photographie (ce n'est pas encore Arles mais ça viendra !).

Eric a photographier les "gens de Seine", comme il aurait pu le faire avec des "gens de scène". Il les a pris, il les a mis en situation. Sur la photo, ces gens sont dans leur environnement de travail ou de pratique. Ils sont donc insérés dans le paysage. Même si l'arrière-plan est flou (volontairement bien entendu), il est particulièrement présent. Chaque personnage est accompagné d'un petit texte qui explique un peu de ses relations aux fleuves, de ses joies, ses difficultés, ses questions.

En fait, cette petite exposition est issue d'un livre édité par "Les cahiers du temps" et regroupe 40 clichés avec chacun un caractère spécifique. L'ensemble est préfacé par Olivier Sirost, sociologue et grand connaisseur du fleuve pour en avoir fait l'un de ses axes de recherche. Un ouvrage qui invite à la rencontre de personnalité dont les actions, parfois fort discrètes, façonnent l'identité actuelle de la vallée de la Seine.


Pour découvrir le travail d'Eric Bénard, allez découvrir son site : www.éricbénard.com
Son book en ligne est impressionnant de qualité et de diversité.

mardi 14 octobre 2008

Coup de gueule : CIMADE

Peut-être connaissez vous la CIMADE (Comité intermouvements auprès des évacués).
C'est le seul organisme, association humanitaire, qui intervient pour l'accueil et l'aide aux étrangers en situation précaire, et autorisé à intervenir en visitant les "centres de rétention administratives", comme sont nommés hypocritement ces prisons d'un nouveau genre.
Du moins, c'était vrai jusqu'à présent...

Par un décret du 23 août 2008 et la publication le 28 de l’appel d’offres relatif au marché public de la mission d’«information, en vue de l’exercice de leurs droits, des étrangers maintenus dans les centres de rétention administrative», le ministère de l’Immigration vient de modifier profondément les conditions d’exercice des droits des étrangers en rétention administrative.

L’existence même d’une mission associative d’aide juridique en rétention, menée par la Cimade depuis 1984, est mise en cause. Le gouvernement poursuit une logique d’enfermement et de réduction des droits des migrants, de plus en plus traités comme des indésirables, il impose le silence à ceux qui les défendent et prive d’informations les citoyens qui pourraient s’en indigner.

Avant d’envisager les réactions nécessaires avec ses partenaires, la Cimade attire l’attention et souhaite que chacun prenne conscience de la gravité pour les étrangers comme pour l’ensemble des citoyens de ces orientations plus qu'inquiétantes (extrait du site de la Cimade).

...

La Cimade est déterminée à poursuivre son action de défense des étrangers placés en rétention, mais elle refuse le morcellement de la mission en lots éclatés attribués à des prestataires de service.

Réunie en Assemblée générale extraordinaire le samedi 4 octobre, la Cimade a réitéré sa volonté de poursuivre son action au service des migrants.

L'Assemblée générale a donné mandat au Conseil de rechercher avec des associations et organisations non gouvernementales, les conditions permettant la mise en oeuvre d'une mission nationale cohérente assumée conjointement.

En conséquence, la Cimade demande au ministre de l'Immigration de modifier le dispositif prévu par le décret et l'appel d'offres publiés fin août.

(Communiqué de la CIMADE du 04/10/2008)

Une pétition a été mise en ligne pour signifier que "les droits des étrangers ne peuvent se réduire à un marché". Allez donc la signer si vous en êtes d'accord.

Que mon pays puisse prendre de telles décisions me fait me sentir étranger en France.

jeudi 9 octobre 2008

Des bois dont on fit la Normandie

Tel est le titre du 43°congrès des Sociétés Historiques et Archéologiques de Normandie qui se tient du 16 au 18 octobre à Sées dans l'Orne. Ces trois journées seront bien remplies avec des thématiques chaque jour différentes.
La première journée (16/10) sera consacrée à l'exploitation forestière. Les forêts du domfrontais aux XIV°-XV°, celle de Gouffern à la fin du Moyen-âge, les lisières boisées du domaine de Gouberville (Nord Cotentin), la forêt d'Andaine et du Mont d'Hert et du pays ornais offriront les sujets des communications.
Le vendredi 17 octobre évoquera "les usages et mauvais usages de la forêt". Il sera question de villégiature des Plantagenêts, des potiers de Martincamp, des bois de l'arsenal du Havre au XVIII°, de la délinquance forestière et de la forêt durant l'occupation.
Samedi 18 octobre, la matinée permettra de parler des "coutumiers" des forêts de Normandie, des droits d'usage et de l'inventaire forestier national.
Emmanuel Garnier (maître de conférence d'histoire moderne à l'université de Caen) proposera une conférence sur "les tempêtes du siècle : les écosystèmes forestiers normands à l'épreuve des vents (XVI° - XX° siècles)".

Pour ma part, je n'aurais pas l'occasion de me rendre à ce congrès cette année, et mon plus vif regret sera sans doute de manquer une excursion sous la conduite d'E. Garnier et Lionel Huchette (technicien ONF) en forêt de Bellême, sans doute l'une des plus belles de la région.

Pour trouver quelques informations supplémentaires, vous pouvez aller faire une tour sur le site de la librairie rouennaise "l'écho des vagues" qui diffuse régulièrement des informations sur l'activité scientifiques et historiques de la région normande.

Energie solaire et patrimoine

Le Ministère de la Culture se met à l'énergie solaire.
Plus exactement, une journée d'échange aura lieu le 6 novembre à la Direction de l'Architecture et du Patrimoine afin de voir comment la construction peut être à la fois écologique et respectueuse du patrimoine historique ou paysager. Hormis une introduction très institutionnelle de Michel Clément, le Directeur du Patrimoine, et une présentation tout autant institutionnelle sur le cadre d'action de l'ADEME, la journée présente quelques éléments intéressants.
Sege et Lipa Goldstein présenteront le groupe scolaire "zéro énergie" de Limeil-Brevannes. La Direction Régionale des Affaires Culturelles de Rhône-Alpes présentera ses actions en partenariat.
L'intervention de la fin de journée sera celle du directeur-adjoint du Parc Naturel Régional du Lubéron où les exigences environnementales et patrimoniales fortes obligent à un cadrage très précis sur les constructions souhaitant utiliser l'énergie solaire.

De belles exigences, certes ; demander au particulier de savoir s'accommoder de toutes les règlementations pour le bien de la planète pourrait être accompagner d'une plus grande disposition du Ministère de la Culture.

Et si on commençait par balayer devant sa porte. Ce même ministère organise des stages pour son personnel pour amener ses services à un comportement plus écologique. L'acquisition de fournitures est envisagé comme devant passer par des filières plus propres : matériaux recyclés, produits fabriqués selon des principes respectueux de l'environnement, ...
Mais, comme chacun le sait, les produits labélisés écolos sont plus couteux. Et les crédits d'achats de fournitures de sont pas particulièrement en hausse.
Les gestionnaires de crédits des services du ministère ont leur réponse. Nous n'allons pas acheté des crayons et du papier 20 à 30 % plus cher avec le même crédit de départ. A moins de faire également diminuer la consommation de ces dit-produits.

Madame la Ministre, si vous commenciez par donner les moyens à vos services de dépenser plus écolos, et si vous réalisiez le bilan écologique de vos bâtiments.

L'Etat est plein de bon principe mais a bien du mal à s'applique à lui même les conseils qu'il délivre à autrui.

vendredi 3 octobre 2008

Savoir vivre pleinement le temps présent

C'est bien l'un des mots de notre temps de vouloir toujours être dans la prospective ou dans le passé.
Mais notre société n'est pas dans n'importe quelle démarche prospective.
Elle aime voir un avenir qui fait peur. Le pus bel exemple est donné par les médias qui sont toujours là pour ne redire les catastrophes prévisibles, naturelles ou économiques, que l'on pourrait éviter ... si on voulait, ou que la nature va nous imposer.
Elle est aussi dans la prospective idéaliste. Celle des missions vers Mars qui vont résoudre nos problèmes énergétiques, celles des immeubles futuristes qui vont créer de nouvelles dimensions sociales au Moyen Orient comme à Paris.
Cette prospective est celle des clichés, des a-priori, du bling-bling (!).

Mais nous vivions aussi, bien souvent dans le passé. Et c'est celui du merveilleux qui surgit dans les superbes émissions de France 3, des grandes découvertes archéologiques qui nous redisent les âges farouches (si, si ceux de Rahan et de ses copains), par les belles dames du temps jadis que nous racontent la presse.
Le passé est aussi celui de la proximité, et cela depuis bien moins longtemps. Ce passé de nos famille et de nos village, petits métiers, gens de peu et vie quotidienne, si chère à Jean-Louis Beaucarnot.

Et entre les deux. Quand faisons nous le lien entre passé et futur ? Les médias nous abreuvent de récits du passé, d'informations sur le présent et parfois de projection vers des lendemains qui ne chante pas toujours ; mais jamais les médias ne prennent le temps de nous expliquer comment la connaissance du passé et les évolutions observées nous on conduit jusqu'à aujourd'hui. Et comment cette connaissance pourra nous aider à préparer l'avenir.
Ce sont alors les plus petits évènements comme les faits les plus marquants de notre monde qui peuvent être essentiels.

Voilà le vrai sens, selon moi, de l'expression vivre le temps présent. Le comprendre dans ce qui le constitue, par ce qui lui permet d'exister. Il ne s'agit pas de regarder derrière soi pour avoir des regrets et des remords mais de construire devant soi avec ce que l'on est et en pleine conscience d'où l'on vient.
Je prend souvent l'exemple des "pas japonais", ces pavés qui nous permettent de traverser les pelouses de jardins. Les pavés sur lesquels j'ai marché, je les prend et les réagence selon une autre organisation, j'y ajoute de nouvelles formes, de nouvelles matières, de nouveaux pavés... et avec cela je fabrique l'avenir.

Et pour savoir dans "quel temps" nous vivons, lisez, ou relisez "L'Esprit du Temps" d'Edgar Morin. C'est sans doute l'un des ouvrages les plus novateurs du XXe siècle.

mercredi 24 septembre 2008

Expo peintures et photos

C'est à Epreville-en-Roumois, petite bourgade à quelques kilomètres au sud de Bourg-Achard, dans l'Eure. L'association ERACLES expose des peintres amateurs et invite ses amis photographes.
Et parmi ces amis, il y a Jean-Luc Lemaitre dont vous avez peut-être déjà découvert les superbes photos de paysages si vous êtes un habitué de ce blog ou si vous allez sur le site de Jean-Luc : http://jeanluc.lemaitre.free.fr/

Le rendez-vous de cette expo est Salle des Fêtes d'Epreville-en-Roumois, le dimanche 28 septembre de 10 h 00 à 18 h 00 et les rencontres avec les auteurs seront à l'ordre du jour.

lundi 22 septembre 2008

11° Rencontres internationales de Liessies

Pour la 11ème fois se tiennent les rencontres de Liessies (59) aux Bûcher aux moines, dans le parc départemental de l'abbaye de Liessies. Les 24 et 25 septembre (jeudi et vendredi), deux journées bien remplies consacrées à une lieu géographique qui passionne les historiens.

Lit mineur, lit majeur, lit voyageur...

Organisées par Corinne Beck et Fabrice Guizard-Duchamp, ces deux journées vont évoquer tour à tour les modifications des tracés des rivières et des fonctionnement des cours d'eau, l'impact (ou les impacts) du fleuve et de son environnement sur les sociétés humaines riveraines et les problèmes de représentation et de perception.

Lit majeur, lit mineur ?
Le lit mineur est le chenal, là où l'eau de la rivière ou du fleuve est toujours (normalement) présente. Il comprend également les étangs, bras morts, noues communicant directement par la nappe phréatique avec le fleuve.
Le lit majeur correspond à l'ensemble des terres où la crue peut s'étendre, où le fleuve peut divaguer. La différence entre lit mineur et lit majeur est l'espace de liberté du fleuve.
Un schéma vaut mieux que de longs discours.



Parmi les interventions prévus durant ces deux journées, celle portant le titre de "Entre littoral baladeur et lit de canche flâneur. Perspectives d'exploitation croisée des sources géomorphologiques et géoarchéologiques : les données environnementales et géomorphologiques" est particulièrement prometteur. M. Meurisse-Fort, G. Gosselin, B. van Vliet-Lanoë et M. Philippe ouvre la première session avec ce beau sujet.
Karine Berthier, archéologue du Conseil Général du Val-de-Marne, évoquera les captages de la Bièvre depuis l'Antiquité jusqu'au XVIIIème siècle.
L'évolution des berges de l'Escaut et l'impact sur la ville seront au couer du sujet de L. Verslype de l'Université de Louvain.

La journée du 25 septembre sera cloturée par une conférence de Virginie Vergne, maître de conférence en géographie à l'Université de Lille 1.
Elle est co-auteur d'un bel ouvrage sur le monde des tourbières et des marais... entre autres choses.

Ces journées pourraient apporter quelques informations et perspectives de travail très intéressantes pour la recherche à venir sur les paysages de fleuve, avec lequel l'homme devra de plus en plus apprendre à vivre.

mardi 16 septembre 2008

Rendez vous avec les jardiniers

Voilà un rendez-vous que j'ai manqué. Celui de la Saint Fiache, patron des jardiniers qui a été célébrée avec ferveurs et passions à Rouen, au Sacré-Coeur.
Gérard Farcy, ancien jardinier de la ville et meilleur ouvrier de France, a marqué la journée du 7 septembre par sa verve et sa présence.
La confrérie Saint Fiacre rouennaise est vieille de plus de 300 ans et lorsqu'il s'agit de jardiner, le confrérie peut même jardiner le choeur d'une église. Ce fut le cas cette année, et à en juger par les photos, ce fut une grande réussite.


Vous trouverez de belles images de cette journée sur le site "Rouen before after" à qui j'ai emprunté cette étonnante vue de l'autel fleuri.
Ah ! si les églises pouvaient être plus souvent comme ça !!!

dimanche 14 septembre 2008

Le Grenelle de l'environnement est un crime

Le titre en dit assez long.
Si vous ne l'avez pas encore entendu, allez donc découvrir l'analyse de Gilles Clément, comme toujours à la pointe de l'intelligence lorsqu'il s'agisse de vivre en symbiose avec notre planète.
Sur Rue89, cette interview est une occasion aussi de mieux comprendre les engagements de Gilles : Le Grenelle est un crime

samedi 13 septembre 2008

Petit lien utile

Vous êtes seinomarin (décidément, je ne m'habitue pas à ce mot !!!), ou vous souhaitez rester en lien avec la Seine-Maritime, il y a un moyen simple.
Le référencement de tous les sites, blogs et autres lieux du net, concernant le 76 existe sur Seine-Maritime.info.
"Penser paysage" y est présent mais ce site est aussi une belle source d'information sur le département haut normand.

jeudi 11 septembre 2008

Traité d'archéogéographie - volume 1

L'histoire du paysage repose sur de nombreuses sources mais elles visent toujours à retracer un récit, résultant des interactions entre l'homme et son milieu.
Bien souvent, ce récit à été construit sur des préconçus, des idées fausses car piégées dans le formatage de la discipline, installé sur des modèles dont la véracité n'était pas toujours vérifiée ...
Tous ces objets géohistoriques, Gérard Chouquer les passe au crible de l'analyse. Il déconstruit la démarche du chercheur en "objets du paysage" pour montrer le caractère contingent de ceux-ci alors que l'on pouvait les croire universels.


D'un abord assez complexe, cet ouvrage est le premier d'une série qui devrait installer les bases d'une nouvelles démarches, d'une nouvelle façon de lire notre monde dans sa dynamique spatiale et temporelle. On retrouve dans ce livre de nombreuses références à l'histoire des sciences que l'auteur sait vous donner envie de découvrir.

Plus d'informations sur le site de l'Archéogéographie.

Pour en savoir plus sur G. Chouquer et l'archéogéographie, il y a même des pages Wikipedia.

mardi 9 septembre 2008

Le Paysage pour les débutants - 8

Retour sur notre image d'un paysage de Croatie pour ajouter quelques éléments d'analyse pour tous.
Il ne sera question ici que d'outils d'analyse simples, proche de ce qui est pratiqué en histoire de l'art.

Une "vue" demande à être comprise par les plans qui s'y observent.
Sur cette image de Croatie, la côte très découpée qui semble un seul paysage est en fait très composite.
On y observe quatre plans principaux :
1 - Le premier plan est une oblique qui nous fait descendre vers la plage du second plan.
2 - L'anse du second plan est associée à une importante zone bâtie avec quelques édifices remarquables et des pans de fortifications qui façonnent des masses limitant la vue.
3 - La ville se poursuit en troisième plan avec une végétation suffisamment dense pour cacher les maisons.
4 - Plus au loin, la forêt littorale s'étalme dans la brume.

Entre chacun de ces plans, ou presque, l'eau emplit l'espace qui les sépare. Et même si la mer n'est pas visible, on se doute qu'elle est bien là.
Seule le clocher et la mer sont des liens entre les différents plans de lecture.

Ces différents éléments de paysage forme un tout. Si notre vue nous montrait la même zone en se situant face au littoral (alors que nous sommes ici très en oblique et depuis l'intérieur des terres), notre vision en serait changée mais nous verrions le même paysage.

Avec notre image, il est difficiel de dire si nous sommes en présence d'une "unité paysagère" globale, au sens de la Convention de Florence. Nous sommes certainement face à un grand paysage.

A suivre... "les détails qui changent tout"