vendredi 28 mars 2008

Réforme de l'Etat et paysage

Par une lettre du 19 mars 2008, le Premier Ministre, François Fillon, a adressé à l'ensemble des préfets de région et de département une lettre d'explication des grands principes de la Réforme Générale des Politiques Publiques, dite RGPP, sur l'organisation des services déconcentrés de l'Etat.
Dans cette lettre, il est clairement notifier que le niveau de pilotage est la Région.
Pour mémoire, les services déconcentrés de l'Etat sont des administrations de l'Etat en Région, à ne pas confondre avec ceux de la Région Haute-Normandie.

La future organisation devra reposer sur 8 structures.
Pour les problématiques liés au paysage, seules deux directions semblent concernées :
- la direction régionale de l'agriculture, de l'alimentation et de la forêt,
- la direction régionale au périmètre d'attribution de ministère de l'écologie, de l'aménagement et du développement durables et du ministère du logement.

Donc après un premier regroupement DRIRE - DIREN, il semble que la fusion avec la DRE (Direction Régionale de l'Environnement) soit en marche. Le logement et l'urbanisme ne seront pas séparés.

Un gros flou reste encore au niveau des services départementaux. Les DDE, qui ont déjà subi de grosses modifications vont en vivre d'autres encore. A commencer par la fusion déjà décidée avec les directions départementales de l'agriculture et de la forêt. Fusion qui pose d'ailleurs problème puisque le regroupement choisi au niveau régional n'est pas le même. A moins qu'à terme, l'idée soit de finir avec une seule direction groupant : agriculture, alimentation, forêt, écologie, aménagement... une super-méga-géante direction régionale. Irons-nous vers une DRE-DDE-DIREN-DRIRE-DRAF-DDAF ? Six services en 1 !

Les premiers changement auront lieu très vite à en croire F. Fillon.

le paysage a tout à y gagner, comme à y perdre. Réduire le nombre d'interlocuteurs peut être bénéfique, mais en général, au niveau d'une administration, cela s'est toujours traduit par une perte d'efficacité, une réduction du périmètre d'action comme on dit prudemment. Surtout si le projet de gestion commune des ressources humaines et des moyens de fonctionnement et d'investissement reste un objectif important, comme le précise la lettre du Premier Ministre en page 2..

En regard de l'efficacité du "bureau des paysages" du MEDAD, on peut être inquiet de l'avenir des décisions de ce service dans leur application dans une direction régionale encore plus grosse.

Verrons-nous là encore, une poussée de la dérèglementation ? Je ne vous cache pas mon inquiétude face au lobbying de l'aménagement du territoire qui réduira surement les actions d'environnement à de simples "mesures compensatoires", donnant ainsi une image d'écologie de façade.

jeudi 20 mars 2008

Bout de la rue - 2 - Juste une image ?

Il y a juste 2 mois, j'avais fait une première réponse à l'envie de l'atelier de figue. J'avais répondu par une pirouette. Mais depuis, j'ai regardé le bout de ma rue.
Il est changeant, aimable, parfois embrumé, souvent discret comme s'il n'existait pas.

En sortant du jardin, à 20 mètres à gauche, je tombe sur une route départementale, et de l'autre côté de la rue, voila ce que je vois.



Il y avait ce jour là une lumière particulière, et même si j'ai pris la photo un peu vite, il y avait une ambiance que j'espère restituer un peu. En regardant bien, dans le fond de la vallée, on peut deviner les deux pylônes du pont Flaubert , et le soleil ruissèle encore sur Rouen.

Et puis, je tourne la tête et je découvre cet autre paysage, si proche et si différent, la lumière jouant dans les arbres. Là encore, la photo n'est peut être pas géniale mais je voulais éviter le cliché. Le château s'enflamme avec le soir tombant.


Ce week-end, mon regard ira de l'autre côté de la rue.

lundi 17 mars 2008

Tagué pour 6 gestes

Laeti me demande de faire connaitre à la communauté du net 6 geste que je fais pour la santé de la planète (petit jeu simple et gratuit - règles du jeu en bas de ce message).
Et il n'est pas interdit de prendre exemple ;-)

Geste n° 1 : Recycler ?
Simple, sans doute, mais le prendre comme une question de tous les instants n'est pas si facile. Par exemple, lors d'un achat, il faut tout de suite envisager ce qui est recyclable ou non, et toujours favoriser l'objet qui sera le plus reconditionné, réutilisé à un autre usage ou détruit pour refaire autre chose.

Geste n° 2 : Manger ?
Mais ne manger que le nécessaire. On voulait bien parler ici des gestes quotidiens, et il n'y a pas plus quotidien. Je, tu, il, nous mangeons tous les jours, plus ou moins. Mais ne mangeons-nous pas trop, parfois sans même de plaisir ? Et en plus d'être souvent plus sain, on peut redécouvrir le vrai gout des choses. Les pâtes peuvent aussi se consommer sans crème ni fromage. Mais je ne m'empêche pas de varier les plaisirs.

Geste n° 3 : Marcher ?
A chaque fois que c'est possible, privilégier la marche à pied. Par exemple, le midi, pour me rendre de mon travail au restaurant administratif, et si rien ne me presse, c'est 40 à 50 mn de marche.

Geste n° 4 : Informer ?
Etre veilleur est pour moi l'une des clés de l'avenir. Il faut des éveilleurs de conscience, des allumeurs de responsabilité. Par ce site, par mes rencontres, par mon travail, mon action est toujours la même : montrer que nous sommes responsables de l'état de la planète et que nous devons tout faire pour la maintenir vivable pour nos descendants mais aussi pour tout être vivant.

Geste n° 5 : Connaitre ?
L'un des meilleurs moyens d'informer les autres est de rester soi-même toujours à l'écoute. J'ai souvent l'impression de vivre pour apprendre. Les noms des plantes, les sons que font les animaux, l'histoire des peuples, le fonctionnement de la planète... tout cela permet d'être en éveil. Connaitre est plus important que posséder.

Geste n° 6 : Jardiner ?
Un jardin a besoin de peu de chose pour vivre. Fini les pesticides, les arrachages sauvages, les anti-truc et anti-machin. Cette année, je suis passé à la main écolo... moi qui n'est jamais eu la main très verte. Mais tout devient simple en prenant la devise de Gilles Clément : "Faire le plus possible avec, le moins possible contre." (Le jardin planétaire) Exemple : pourquoi tondre la pelouse trop court alors que certaines plantes (graminées ou poacées) vont fleurir et se reproduire, et qu'une fois coupés certaines vont griller. Ne pas tondre limite l'arrosage.

Et j'en passe
Quand je pense à tout ce que je ne fais pas !!!, quel boulot encore ;-D


Voila six gestes qui sont très présents pour moi. Et je transmets cette même question à 6 autres personnalités diverses :

Sandrine : mon journal d'artiste

Esperluette

Laure Leforestier

Michel Lerond

Anna

Olivier Keller

*La règle du jeu est la suivante : si votre blog est tagué, voici ce que vous devez faire, enfin si vous avez envie de le faire, évidemment, car nous sommes des êtres libres.
* Mettre le lien de la personne qui vous a tagué
* Indiquer le règlement du tag
* Mentionner six choses ou gestes que vous faites régulièrement pour la protection de la planète.
* Taguer six personnes à la fin de votre billet en indiquant les liens de leurs blogs
* Avertir directement les personnes taguées sur leurs blogs.

mercredi 12 mars 2008

Dès demain !

Merci à ceux qui passe par ici... mais j'ai des demandes à honorer.
Demain je vais donc devoir répondre à Miss écolo, et également de fournir mes "bouts de la rue" pour enrichir les images de l'atelier de Figue.
J'ai également quelques compte-rendus d'ouvrages à vous livrer et des colloques à vous annoncer. Donc à très bientôt.

L'arbre qui cachera la forêt

Bernard Roman-Amat est directeur délégué à Agro-Paris-Tech à Nancy. Il avait été mandaté en février 2007 par Nelly Olin et Dominique Busserau, remplacés depuis par Jean-Louis Borloo et Michel Barnier, pour rédiger un rapport sur l'adaptation de la forêt française en regard des modifications climatiques.

Ce rapport est maintenant disponible sur le site du MEDAD (ici). La question posée est simple : Le changement climatique étant admis comme un phénomène réel, quelles actions doit envisager l'état pour faciliter l'adaptation de la forêt française ?
On pourrait imaginer que cette question reflète l'intérêt du gouvernement sur la qualité environnementale et la pérennité des grands massifs du territoire. Mais n'oublions pas que la forêt est également un formidable domaine économique avec la sylviculture, toute la filière bois, sans évoquer le chauffage pour lequel la demande (urbaine ou péri-urbaine) est très forte.


Mais la modification climatique va également totalement changer notre paysage forestier régional. On parle fréquemment du retrait du hêtre qui va peu à peu reculer vers le Nord et l'Est. Cette première conséquence a d'ailleurs déjà été anticipée par l'ONF. Bernard Roman-Amat a déjà ouvert la piste de réflexion en 2000 avec la parution de "Sylviculture et aménagement dans les forêts publiques pour le XXIe siècle : quelques pistes de réflexion" où il préconise d'anticiper. C'est dans la même ligne que devra s'incrire Philippe Leroy, le président du comité "forêt" du Grenelle de l'Environnement.

Aujourd'hui, nous voyons une forêt d'Eawy, vaste hêtraie, structurée par de grandes allées. Nous parcourons la forêt de Lyons associant chênes et hêtres majestueux ... mais cela est presque déjà une image du passé.

Les cartes établies par L. Badeau et JL Dupouey montrent de grandes transformations selon les deux scénarios A2 et B2 (modèle français d'évolution climatique en fonction de l'émission de GES). A2 est plus pessimiste que B2. La végétation est classée selon des dominantes caractérisées par les associations de quelques espèces arborées ou arbustives.

Aujourd'hui la Seine-Maritime est dite à dominante forestière de Groupe 6 type Atlantique nord (avec châtaignier). Le département de l'Eure est dans le même cas. Le Groupe 4 à dominante de hêtre n'est vraiment présente naturellement que dans le Pays de Bray. N'oublions pas que nos belles hêtraies actuellement ont été plantées il y a plus d'un siècle. Aujourd'hui le hêtre a du mal à se reproduire naturellement chez nous.
Dans le cas du scénario plutôt minimal B2, en 2100, le même Groupe 6 est cerné par le Groupe 7 à pin maritime dominant. Dans le cas du scénarion A2, plus pessimiste, presque tout la surface de l'Eure passe en dominante du Groupe 7, et le Groupe 6 est encore moins présent. Ce Groupe 7 est l'aire biogéographique dite "Atlantique sud".

Plus au sud, le Groupe 8 à dominante de chêne vert, de type méditerranéen passera en région Centre, et il ne serait pas improbable de voir cette espèce de chêne apparaitre naturellement ponctuellement dans la région de Chartres ou plus au Nord encore.
La vitesse de propagation du Groupe méditerranéen vers le Nord est estimée à 20 km tous les 10 ans pour B2 et 32 km/10 ans pour le cas A2, c'est-à-dire que le chêne vert "franchira" en masse la Loire avant la fin du siècle présent.

La paysage forestier est composite. la notion d'aire biogéographique ne représente qu'incomplètement la réalité attendue. Les espèces fonctionnent pas associations, par sympathie ou empathie. Les phytosociologues nous montrent le fonctionnement de ces ensembles. Les 7 groupes chorologiques (de répartition géographique des essences) sont composés chacun de plusieurs végétaux dominants qu'il convient de mettre en association avec d'autres. En voici quelques détails.
Le groupe 6 regroupe entre autre le châtaignier européen, la bourdaine, le néflier et le cèdre de Chypre. Le hêtre y est présent mais minoritaire, de même que les érables sycomores et planes.
Avec le groupe 7, nous devrions donc voir peu à peu arriver dans notre région de nouvelles espèces inconnues de nos paysages normands. Certes de façon encore marginale mais ils seront réellement présents. Les pins maritimes de plus en plus visibles, non seulement sur le littoral cauchois, près des sites balnéaires mais aussi en Pays d'Ouche donneront une nouvelle verticalité à notre côte. Le chêne tauzin pourrait bien s'implanter massivement dans les massifs forestiers du sud de l'Eure où les sols sont acides. La bruyère à balai remplacerai nos espèces locales actuelles dans les landes et les coteaux des vallées de l'Eure, de l'Avre et de l'Iton. Ponctuellement, vers la fin du siècle, nos enfants et petits-enfants verront sans doute des chêne verts, quelques cyprès toujours-vert, des pins parasol et pourquoi pas de la viorne-tin et des chênes liège (espèces dominantes et caractéristiques du groupe 8). Nous serions alors bien en peine de reconnaitre nos forêts normandes actuelles. Seules les chênes pédonculés seront à même de se tenir encore à leur place.

C'est un leurre de croire que nous pourrons empêcher, ou même retarder ce phénomène, car même le scénario le plus optimiste, celui qui envisage une stabilisation des émissions de gaz à effet de serre en 2050, laisse voir de profondes modifications. Mais il faut l'accompagner, en permettant à la forêt d'être un lieu de vie, de loisirs, d'économie et un poumon pour notre planète.

Les 32 propositions de B. Roman-Amat sont regroupés en 5 grands thèmes : Recherche et développement, risques, production, biodiversité, gouvernance publique.
Parmi les idées, un bon nombre (plus de la moitié) repose sur des réorientations des politiques de structures para-publiques (ONF, GIP ECOFOR, IFN, IDF, les Etablissement Publics Scientifiques et Techniques, réseau Natura 2000 ...) dont le contrôle par l'Etat diminue d'années en années par externalisation des missions et réduction des crédits. Les autres propositions relèvent de la bonne volonté ou de la compétence de groupes que l'Etat ne maitrise pas ou peu, voire des collectivités (Agence Nationale de la Recherche, zones vertes des PPR, certification des exploitations forestières, bases de données régionales ...). Quelques propositions simples (23, 27) sortent du lot mais pourraient se révéler contreproductive si elle sont lues à travers le filtre des souhaits de réduction du périmètre d'action de l'Etat (la fameuse RGPP).

Il y a encore loin de l'idée à la réalisation.
Des infos complémentaires : sur actu-environnement.com, sur notre-planete.info, sur forets-et-climat.fr, et sur le site du MEDAD.

Clichés (de haut en bas) : Bernard Roman-Amat, forêt de Lyons-la-Forêt, l'allée des limousins dans la forêt d'Eawy, un chêne Tauzin, une viorne-tin, une bourdaine.

lundi 3 mars 2008

Envoyé spécial - France 2 - 06/03/08

L'émission de France 2 : "Envoyé Spécial" du jeudi 6 mars 2008 consacre un reportage à l'Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles (ENSPV).
Pour avoir la chance de fréquenter cette établissement, je peux vous dire à quel point ce lieu possède quelque chose de magique. Le "Potager du Roi", situé tout près de la célèbre Pièce d'eau des Suisses respire l'agronomie naissante dans la modernité de la fin de l'ancien régime. Précisons, que ladite Pièce d'eau à été creusé en relation avec la création du jardin puisque l'ensemble occupait un marais qui a été alors asséché, les sédiments extraits de l'étang ayant servis à combler la zone qui deviendrait le jardin potager. Cachés derrière les murs, en dessous du niveau de la rue et avec un micro-climat du à cette situation, les jardins possèdent des collections de plantes inestimables. Avec des espaces très ordonnés, des vergers où les fruitiers sont organisés en rideau, des parterres de légumineuses, des zones de plus grande liberté végétale.
On y trouve également les petits jardins que les étudiants investissent sous le regard compatissant (pour les plantes) des enseignants.

L'histoire du "Potager" est elle-même, passionnante. Jean-Baptiste La Quintinie, le créateur, a laissé son nom, entre autres, à un bâtiment de l'école et sa statue domine le Grand Carré. Allez découvrir bien plus sur le site qui est dédié à ce magnifique jardin : http://www.potager-du-roi.fr/



L'émission parlera essentiellement de l'école, de ses élèves et de l'esprit du "projet de paysage" qui les anime. En effet, la spécificité des étudiants de l'ENSPV est d'apprendre à lire un espace, à l'appréhender dans toutes les dimensions qui le composent et à établir un projet pour cet espace. Il ne s'agit pas d'aménager ... mais de créer, ou de re-créer.
C'est la principale différence entre un paysagiste qui sait créer l'harmonie entre les arbres, les plantes en utilisant son catalogue favori, et celui qui va au-delà. Ce dernier peut devenir un artiste de l'espace.
Le "projet de paysage", objet d'enseignement et de recherche, permet de mieux cerner la relation entre paysagistes et maitre d'œuvre. Cette notion a fait évoluer le paysagiste des jardins vers un statut de créateur-acteur du Landscape urbanism, devenant ainsi une personnalité incontournable avec l'architecte, l'urbaniste et l'ingénieur pour l'aménagement du territoire.

L'ENSPV, c'est aussi une ambiance. Certes, une certaine détente y est présente à l'image des écoles d'architecture. On y retrouve également le phénomène des "charrettes", nuits de travail de folie qui précèdent un rendu ou un concours. Mais il faut ajouter un solide esprit de travail collectif qui nait avec les expériences de terrain, et le travail en groupe pour les dossiers.
Espérons que l'émission de France restitue une partie de cette ambiance.

Jeudi 6 mars 2008, à 20 h 55, sur France 2.


L'Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles, vue du ciel.

lundi 25 février 2008

Café Géo

Un rendez-vous ce jeudi 28 février 2008

A 18 h 00, au café O'Kallagan, place du Général de Gaulle, ce sera l'heure du café Géo.
Dans le cadre de la parution du livre publié au éditions l'Harmattan sous la direction de Yves Guermond (UMR MTG), la soirée sera consacrée au thème :

"Rouen, métropole oubliée ?"

Comme d'habitude en ces circonstances, on ne sait pas trop à l'avance qui sera là mais il pourrait bien que le beau monde soit de sortie. En cette période électorale, le sujet peut passionner.
A en voir les messages postés sur leurs blogs respectifs par Laure Leforestier et Valérie Fourneyron.

Espérons que quelques auteurs de l'ouvrage soient aussi présents et que la politique laissera la place à la géographie ... même si elle s'occupe de politique !!!
Et le paysage sera certainement présent, ne serait-ce que par l'emblématique Pont Flaubert que certains verraient bien comme l'icône urbaine de Rouen qui s'offre au monde entier.

jeudi 21 février 2008

Expo Musée d'Histoire Naturelle de Lille

L'histoire de paysages ne commence pas avec la naissance de la notion de paysage dans l'histoire humaine. Le paysage est plus ancien que les mots pour le dire... et pourtant c'est le même paysage qui évolue vers aujourd'hui et nous permet d'y vivre.

L'exposition "Pays'âges", au Musée d'Histoire Naturelle de Lille célèbre le centenaire de ses collections houillères, héritées du Musée Industriel. Comme le dit le numéro de décembre dernier de la revue Lille Magazine, l'expo nous rappelle "que nous sommes tous acteurs du paysage de demain" en vivant sur les paysages du passé.

Des paysages du Carbonifère, à la vision actuelle du bassin minier, en passant par les représentations de la région lilloise au XIXe siècle, c'est la relation entre l'homme et son environnement qui est construite à travers le temps long.
L'exploitation minière n'est que le résultat du paysage datant de 300 millions d'années. Les terres du charbons sont vues au moment de leur formation, puis de leur exploitation, et enfin depuis l'abandon des puits. Et l'avenir ...





Exposition Pays'âges au Musée d'Histoire Naturelle de Lille - Ma-Tvideo France3
Exposition Pays'âges au Musée d'Histoire Naturelle de Lille - Ma-Tvideo France3

Exposition Pays'âges au Musée d'Histoire Naturelle de Lille - Ma-Tvideo France3
Présentation de l'Exposition Pays'âges au Musée d'Histoire Naturelle de Lille, se déroulant du 16 décembre 2007 au 03 aout 2008.

Cette présentation de la forêt où est né le charbon a été labellisée d'Intérêt National par le Ministère de la Culture et de la Communication.

Des arbres et libellules géantes aux énergies de substitution en développement, le voyage se déroule sur 1.000 m2 et pour un investissement de près d'1 M € en financements multiples. La présentation est agréable avec une scénographie d'Audrey Tenaillon à la hauteur du projet et très en relation avec les séquences évoquées (couleurs, lumières) même si on pouvait souhaiter une immersion encore plus réaliste. La conservatrice du Musée, Sophie Beckary, cherche à promouvoir cette institution vers de nouvelles vocations. Et elle ne semble pas manquer d'idée.
La cerise sur le gâteau : l'ouverture d'une cafétéria équitable et des produits dérivés spécifiques à l'exposition en cours.

Courez voir "Pays'âges".

L'expo est visible jusqu'au 3 août 2008, l'entrée vous coutera 5 € (2 ou 3 € en tarif réduit).
Pour les plus rusés, allez-y le mercredi après 18 h 00, c'est nocturne et le prix n'est que de 1 €.
Un catalogue est édité : 10 €
Informations :
03-28-55-30-80

mardi 19 février 2008

CDC : Caisse des Dépôts et Conservation ??!!!

Mon titre pourrait vous induire en erreur. Non, la CDC ne change pas de nom.
La célèbre CDC (Caisse des Dépôts et Consignation) devient un organisme à comportement équitable. Du moins, ce que sa direction avance.
Déjà, en fin 2007, la Caisse avait édité une petite feuille annonçant la prise en compte de la compensation carbone de son fonctionnement, comme elle l'a déjà fait en 2006. Un équivalent de 30 000 tonnes de GES a été pris en compte. Pour la période 2006-2012, la CDC s'est engagé à la neutralité carbone, autant pour le fonctionnement de l'établissement public que pour ses filiales. Elle va réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 3% par an.
Le financement mis en place pour cette compensation est orienté l'aide à des projets de petite énergie hydroélectrique, éolienne ou de capture de méthane. Cette somme est de 3 M€.

Et aujourd'hui, la CDC devait annoncer une seconde étape, importante en matière de paysage.
Le programme est lancé par la création d'une nouvelle filiale "CDC Biodiversité", a vocation limitée : "conduire des actions de restauration, de gestion, de valorisation et de compensation de la biodiversité."

Important en matière de paysage, car c'est la CDC qui aide au financement de nombre de grands projets d'aménagement du territoire. Les autoroutes sont souvent dans le collimateur pour les destructions ou dégradation paysagères induites. ASF (Autoroutes du Sud de la France) a déjà signé un accord pour une nouvelle voie près de Bayonne (prolongement A63).
Un dossier complet, avec le communiqué d'annonce, a été mis en ligne sur le site de la CDC :
http://www.caissedesdepots.fr/spip.php?article952
et la dite filiale a déjà été pourvu d'un site propre :
http://www.cdc-biodiversite.fr/

Tout cela présage de bonne chose... mais !
Il est difficile d'avoir confiance envers une structure au fonctionnement aussi complexe que la CDC. La preuve, la direction de CDC-Biodiversité est donnée à une autre structure, la Société Forestière, autre filiale de CDC. !!!

En faisant cette annonce aujourd'hui, Augustin de Romanet, le président de la CDC a décidé de surfer sur l'effet (?) Grenelle de l'Environnement. Car les problèmes ne vont pas tarder à apparaitre, comme le signale Laurence Caramel dans son article du Monde
Défiance chez France Nature Environnement, inquiétude au WWF, et les scientifiques seront certainement très partagés sur les options prises.
En effet, le principe retenu semble celui de la compensation, c'est-à-dire un nouveau droit à faire quelque chose de néfaste si on le compense par quelque chose de positif. Un nouveau droit à détruire en quelque sorte.
Et cela, même si un solide comité scientifique est mis en place : Luc Abbadie (biochimiste et directeur adjoint du Département Environnement et Développement Durable du CNRS), Robert Barbault (écologue au MNHN), Jean-François Dobremez (spécialiste des éco-systèmes de montagne), Jean-Claude Lefeuvre (écologue et président de l'Institut Français de la Biodiversité) et Jacques Weber (Directeur du même IFB). Toute la connaissance de notre environnement serait-il au main de la seule discipline "écologie" ?
Sans vouloir faire de guerre de chapelle, tout ça sent un peu la pensée unique d'une certaine écologie... mais j'y reviendrais certainement.

Passons par l'exemple :
Imaginons, la CDC décide de financer la construction du contournement de Rouen par l'Est et de tout faire pour favoriser le passage au moins coût, y compris en menaçant des zones sensibles et des paysages remarquables... mais en contrepartie, la CDC finance un programme de requalification d'espaces naturels dans un autre secteur de la région normande et de protection d'une espèce locale. Est-ce vraiment faire preuve de prise en compte des contraintes locales en matière d'environnement et de paysage, ou bien, n'est-ce pas plutôt une façon d'éluder le problème ?

Prenons un autre exemple chaud du moment. Le prolongement du Grand Canal du Havre pourrait être financé de la sorte, avec perte de surface en roselières et prairies humides, mais en favorisant l'implantation du butor étoilé ailleurs que dans la basse Seine !!! On rêve.

Attendons un peu pour voir comment cela va fonctionner. Car si l'outil est bien utilisé, ce peut être réellement une chance de limiter les projets car si le prix de la compensation pourrait être exorbitant. Mais justement, la question est : combien ça vaut "un butor étoilé"... combien ça vaut " une perspective sur l'abbaye de Saint Wandrille, ... combien ça coute "une zone humide" ???

Quelques questions qui sont justement au cœur des programmes en cours d'élaboration au sein du GIP Seine-Aval. Quelques travaux ont déjà effleuré ces sujets comme la thèse de D. Laroutis. Les économistes devront nous dire comment estimer le cout d'un site naturel, paysager, ou autre, en fonction des aménités et diverses modalités d'usage.

Et il faut également craindre que le choix fait par la CDC ne s'étende à d'autres financeurs qui cherchent une façon simple de se dédouaner de quelques projets délicats en faisant usage de mesures dites compensatoires. C'est quelque chose qui existe déjà mais pourrait devenir un véritable système menaçant le principe de la négociation autour d'un projet. Vraiment, une histoire à suivre au fil des années et des opérations d'aménagement.

lundi 18 février 2008

Bonnes et mauvaises

Sortons un peu du paysage.

Une bonne et une mauvaise nouvelle pour cette journée.

La mauvaise est la sortie de scène d'Alain Robbe-Grillet. J'avais aimé plusieurs de ses livres, et je suis certain que nombreux parmi vous sont ceux qui trouvent cet auteur tout à fait zarbi. Son dernier opus, érotique, n'est pas un chef-d'oeuvre, mais l'homme laisse une pensée sur la littérature, un véritable patrimoine pour l'écriture. Lire le mot de Pierre Assouline à ce propos.
Et nous ne sommes pas si loin du paysage. Retournez à ses livres et reprenez l'une ou l'autre description. Les mots de Robbe-Grillet savaient vous faire retourner à votre paysage intérieur.


La bonne nouvelle, c'est la sortie de l'album (le premier et pas le dernier) de FM avec sa New Popular Music.
A découvrir à tout prix, par exemple sur son MySpace. Ne dites pas :"je connais pas", vous avez surement déjà entendu "certain people". Des mélodie suaves, un ton tendre, romantique, une musique accrocheuse avec des sonorités de musique de chambre colorée de rock. C'est la pop-cool attitude.
Découvrez donc le reste de l'album "A dream or two", en vente depuis ce matin, avezc entre autres jolies choses, une reprise de "Heart of glass" de Blondie qui vaut le détour.
Et, en plus, FM a des attaches sur le plateau Est de Rouen.

Là encore, il y a un véritable paysage ... sonore et poétique.

jeudi 14 février 2008

Friches touristiques

Les informations télévisées évoquent parfois de véritables problèmes paysagers sans même sans rendre compte. Ce soir, France 3 National évoquait les nouveaux soucis qui se dressent pour l'avenir des stations de ski créées durant le dernier demi-siècle, parfois à base altitude.
C'est le cas d'Abondance, petit village alpin où la commune a investi dans de couteuses infrastructures de loisir (ouvertures de pistes, téléski ,télécabine, voiries, commerces ...) entre 1000 et 1700 m.
Mais aujourd'hui, les modifications climatiques jouent un bien mauvais tour (et dire qu'il y en a encore qui croient que le réchauffement, c'est pour plus tard !!!). La neige n'arrive plus assez tôt, ni en assez grande abondance sur les pistes d'Abondance (sic!).
Le maire a pris la décision d'arrêter l'exploitation de la station de sports d'hiver. Quelques structures vont continuer sur leur lancée tant que les tourismes viennent encore. Mais l'Office du Tourisme cherche un repreneur/financeur privé (constructeur de canon à neige !).
Je suis donc aller sur le site de la station et j'ai constaté sur le bulletin météo que les pistes étaient ouvertes... ??? Qui croire ?

De toutes façons, cet espace est voué à l'évolution vers la friche touristique. Les pistes ouvertes ne seront pas pratiquées par les skieurs si il n'y a que 20 à 30 cm de neige.

On connaissait les friches industrielles, portuaires, urbaines ... et les vois devenues touristiques. Et Abondance ne sera pas la seule. De nombreuses stations de moyenne montagne vont devoir aller vers une requalification de leurs espaces skiables qui vont devenir des espaces "piétons".
Nous voilé en pleine problématique des Freemen. Il faut voir plus global. Avons-nous besoin de maintenir des activités dans ces zones? Les décision politiques à venir ne devront pas mettre de côté l'option d'abandon de ces espaces, de leur retour à la colonisation végétale contrôlée, et pourquoi pas paysagée.

Oui, l'évolution des paysages est maintenant inévitable. Le petit train de la Mer de Glace n'ira plus au glacier. La Seine continuera à remplir son chenal avec les résultats de son processus érosif. La mer changera le profil de nos côtes.

Non, la logique conservatoire de ce que l'homme à créé, à tout prix soit-disant pour son bien, n'est plus de mise. Certaines zones humides devront évoluer vers l'atterrissement. Le chêne disparaitra peu à peu de nos forêts normandes. Nous ne pourrons plus aller skier en-dessous de 2000 m.

Et là, il s'agit bien de décisions politiques à prendre. Pour ne pas maintenir à tout prix certaines vocations territoriales, l'adaptation à ces nouveaux espaces devra être un accompagnement de leur évolution, en aucun cas un forçage.

dimanche 10 février 2008

Le Paysage pour les débutants - 5

Autre dimension de l'étude des paysages : la mise en relation de l'histoire et de la géographie.
Cela a donné naissance à une nouvelle discipline qui présente de nombreuses variantes (et donc des noms différents), souvent liées à l'époque et au(x) paradigme(s) du chercheur.
On a parfois parlé de Géographie Historique, de morpho-histoire, et aujourd'hui d'archéogéographie.

Issue des réflexions de Gérard Chouquer et son équipe de recherche, cette discipline étudie l'impact de l'occupation humaine, dans l'espace et le temps, par une analyse de la morphologie de ces occupations, de leurs aménagements périphériques et de leurs relations avec les espaces "naturels".
L'espace caractérisé est ici proche de ce Augustin Berque nomme "Ecoumène".
Les techniques utilisées proviennes de la cartographie, de la photographie verticale, oblique ou satellite, de l'urbanisme, de la géographie humaine et sociale et de la dynamique.
L'étude passe par la construction de "compilations". C'est-à-dire qu'il faut construire un document regroupant toutes les traces observables, sans distinction d'origine et de forme. Cela peut faire apparaitre des facteurs d'organisation (morphogènes, éléments structurants, planification, organisation spontanée) qui peuvent présenter une cohérence historique, ou non.
Cette base graphique de l'archéogéographe sert à discriminer les ensembles qui montrent des cohérences, des signes de durabilité ou de résilience.
Ensuite viendra la mise en relation éventuelle avec des phénomènes historiques, géographiques, orographiques, hydrographiques, géologiques ou sociaux.

L'analyse des photographies aérienne montre de nombreuses traces fossiles. Elles peuvent prendre un sens lors de leur mise en relation avec les limites de parcellaires observées sur le cadastre du début du XIXe siècle (cadastre napoléonien) et avec l'observation des haies encore présentes sur le terrain (cf la série photo aérienne - dessin d'interprétation - réseau présent dans le secteur / travaux Gérard Chouquer).

Un traité sur la discipline archéogéographique est en cours de réalisation


Pour plus d'informations, aller faire un tour sur le site "officiel" de l'archéogéographie : www.archeogeographie.org

vendredi 1 février 2008

Avec ou sans clocher ?

L'église de Berville-en-Caux, dédiée à saint Wandrille, est menacée de destruction.

En fait, l'état de l'édifice est tel que l'exercice du culte (catholique - ici) y est interdit par arrêté de péril depuis 2001. Les voûtes s'affaissent, les parois se désolidarisent, les enduits tombent ainsi que les briques.
Eglise construite au XIXe siècle, elle fait partie d'une importante série d'édifices bâtis en remplacement d'autres trop vétustes ou en ruines lors de la grande campagne de construction de la seconde moitié du siècle. Construites à la "va-vite", quelques autres églises ont déjà été désertées voire détruites comme celle de Sainte-Marie-des-Champs.
Le maire, Serge Barré, pose la question. Un village peut-il vivre sans église ? Il organise un référendum dans la commune.

Dans le Pays de Caux, comme dans d'autres terres, le paysage est marqué par les clochers qui ponctuent la skyline rurale avec les pointes ponctuelles et caractéristiques de tel ou tel village.
Lorsque vous parcourez la campagne, les paysans ne manquent pas de se repérer dans l'espace de leurs propres terres avec les directions indiquées par le clocher de ce village ou celui de cette commune. Le clocher est un signal.

Il est aussi l'identité d'un village. Les habitants ont déserté depuis longtemps l'office dominical ; pourtant, ils ne pourraient pas se résigner à ne plus avoir "la place de l'église, la vue du clocher lorsqu'ils sont en plaine, leur terre organisée autour de cet insigne tourné vers le ciel".

Trois possibilités sont offertes à Berville.
1/ La destruction puis reconstruction d'une autre édifice religieux plus modeste et adapté au culte catholique.
2/ La restauration de l'édifice existant.
3/ Une destruction partielle conservant le clocher.

Cette dernière proposition me semble particulièrement intéressante. L'église en elle-même ne présente guère de cachet qui justifierait sa conservation mais le clocher est bien identifié comme celui de Berville-en-Caux. Avec ces 5 niveaux neo-romans, il constitue un véritable symbole. La façade mériterait une conservation partielle. Mais dans le paysage local, le signal est le plus important, ainsi que la cloche. En effet, le paysage sonore est ici clairement identifié. la cloche ponctue encore partiellement la vie locale, à tel point que le maire ne semble pas se résigner à la faire taire.

Dans quelques jours, la décision sera connue. Espérons que les habitants y garderont leur "identité".

Je vous invite à visionner le reportage de TF1 qui en parle et permet d'entendre l'avis du père Christophe Ansel, curé de la paroisse de Doudeville dont dépend Berville.

jeudi 31 janvier 2008

Offre de stage au PNR des Boucles de la Seine Normande



Le Parc Naturel Régional des Boucles de la Seine Normande propose une offre de stage pour un(e) étudiant(e), plutôt en discipline naturaliste (botanique, faune ...) sciences de l'environnement, ou en ingénierie environnementale...
Dans le cadre d'un Inventaire du réseau hydraulique de la boucle du Trait - Yainville / Fonctionnement et patrimoine naturel, le PNRBSN souhaite collecter toute l'information sur la connaissance de l'important réseau de fossés et petits cours d'eau pus ou moins canalisés qui circulent dans la zone concernée. Un état des lieux devra permettre de mieux comprendre le fonctionnement de ce système hydraulique, en particulier en relation avec les zones humides ou inondées qu'il connecte à la Seine.
Retracer l'historique des inondations de la zone, définir des mesures de gestion des fossés, évaluer techniquement et financièrement la gestion des fossés et leurs projets de restauration, établir un plan de gestion hydraulique ; voilà quelques objectifs de cette mission.

Toutes les informations sont disponibles sur le site du PNR en téléchargeant le dossier.

La mise en œuvre de cet inventaire depuis trois années par le Parc montre que l'intérêt pour la place de ces réseaux hydrauliques desservant les zones humides de la basse Seine est réel. Les politiques, comme les gestionnaires, ont pris conscience de l'importance de la qualité de ses hydrosystèmes dans la pérennité et la sauvegarde de nos milieux naturels. L'observatoire des zones humides permet ainsi de travailler sur les nécessités de gestion de ces réseaux. Les couts d'entretien des fossés sont importants mais leur non-gestion poserait à court terme des problèmes dont les couts ne sont pas quantifiable à ce jour; mais qui devraient l'être.

L'exemple de la Grand' Mare (Marais Vernier) de laquelle 250.000 m3 de sédiments sont en court d'enlèvement par phases successives est un exemple probable des conséquences d'un suivi de ses réseaux effectué de façon trop partielle.

Mais il y a bien une question qui doit être posée : Et si l'on envisageait de laisser certaines évolution se faire ? Les mares pourraient se combler, d'autres mares apparaitre, de même pour les fossés. Jusqu'où pousser le rôle de l'homme. Peut-être devont nous suivre ici la pensée de Gilles Clément : f"aire le plus possible avec, et le moins possible contre".

mercredi 30 janvier 2008

Kokopelli : condamné

Et voilà, la sentence est tombée.

Suite au procès dont je parlais il y a quelques semaines.
Kokopelli est condamné à verser 12.000 € au grainetier Baumaux et 23.000 € à l'Etat et à la Fédération Nationale des Industriels de la Semence.

Même si cette décision de justice était à craindre, le cynisme est là car nombre de grands distributeurs fournissent les mêmes graines que Kokopelli sans être inquiétés, et les dangers de l'uniformisation de l'agriculture et de la mise sous licence des semences restent bien présent.

Comme le dit le texte de Raoul Jacquin sur le site de Kokopelli la menace de la désertification, l'adaptation des pratiques agricoles avec le milieu doivent rester au centre des préoccupation des semenciers avant le profit et le contrôle de leur petit univers.

En poussant le raisonnement de ce genre de pratique vers l'extrême, le ridicule.
Tout le monde connait le rôle important de la coccinelle dans la nature. Imaginons qu'un producteur de traitements dit "phytosanitaires" dispose d'un produits qui détruise les coccinelles. Pour éviter le péril, il protège l'espèce en les faisant se reproduire dans un espace confiné qu'il contrôle.
Puis le produit fait son usage et éradique quasiment toute les coccinelles de notre région.
Il n'aura plus qu'à nous vendre la reproduction de celles qu'il aura considéré comme "protégé".
C'est un peu ce qui est en train de se passer avec les semenses. nous n'aurons bientôt plus d'autres choix que d'acheter les graines des multinationales.

Cynique, je vous disait !!!

mardi 29 janvier 2008

Jardin - version verticale

Le nom me disait quelque chose, alors lorsque j'ai vu que Le Monde 2 du 12 janvier parlait des Folies-Siffait, j'ai découvert l'article de Catherine Chomarat-Ruiz.
Les Folies-Siffait sont accrochées au coteau nord de la Loire, à environ 20 km en remontant le fleuve vers Ancenis. Succession de terrasses serrées et emboitées, elle sont le résultat de plusieurs phases de construction, de gestion et de protection par la famille Siffait. Maximilien y a œuvré de 1819 à 1829 ; puis Albert-Oswald, le fils, tente de protéger le parc contre l'arrivée du chemin de fer ; enfin Ernest Siffait et son épouse est le dernier propriétaire du bien familial.
L'auteure de l'article nous fait parcourir les images suggérées par la visite des lieux, tant au XIXe siècle que de nos jours. L'histoire chronologique des constructions du site est mal connue, mais l'objectif poursuivi par les créateurs est totalement ignoré. "... Le mystère des Folies-Siffait reste entier. Doit-on s'en réjouir ? ... la connaissance de la finalité du parc n'empêchera jamais l'imagination de galoper." Le parc a été le cadre de multiples interventions artistiques dont des œuvres de Turner et la fin d'un documentaire d'Agnès Varda : "O saisons, ô châteaux". Le rendu du réel n'a pas entravé la venue de l'imaginaire. "... De l'espace de la composition végétale et minérale à l'espace des artistes, par passant par l'espace labyrinthique du promeneur, géographique du voyageur, ou politique de l'élu, le lieu intrigue. ... "
Sommes-nous dans La Poétique de l'espace, chère à Gaston Bachelard ? "Le Parc des Folies-Siffait convie à une promenade, pousse à la réflexion, et condamne à produire une oeuvre... un livre par exemple".

Catherine Chomarat-Ruiz éditera un livre sur ce site en fin d'année 2008.

Ce site passionnant m'a donné envie de chercher un équivalent, plus ou moins proche dans l'esprit, en vallée de Seine. Je cherche encore. Il y a bien La Roche-Guyon, ou Yville, ou encore quelque jardins accrochés vers Connelles, mais sans commune mesure. si vous connaissez quelque chose de ce style, faites-moi signe.

Un premier ouvrage traitait déjà de ce site sous forme d'une nouvelle parue en 1984 sous le titre « La folie de Monsieur Siffait » par Joël Roussiez, illustrée de photographies et rendant hommage au lieu. Un second ouvrage écrit par Jean-Gabriel Bouchaud chez Coiffard décrit le site, mais il est épuisé.


Reste les bouquinistes, car le site est encore en travaux et inaccessible au public... avant une prochaine réouverture.



Quelques belles photos ici : http://www.vjoncheray.fr/phototheque/photos-nantes/agglomeration/le-cellier/

Pour plus d'info sur les Folies-Siffait, aller sur le site de la commune du Cellier.

jeudi 24 janvier 2008

Berges de Seine

Pour 1,25 million d'euros, le Département de Seine-Maritime a engagé depuis quelques semaines un vaste chantier de réaménagement des berges de Seine à la hauteur du Trait. L'option retenue se veut écologique.


Mais quel est le problème ?

La berge est déstabilisée dans sa partie haute et n'assure plus son rôle de retenue des crues. L'origine de cette érosion est attribuée au passage des navires, à l'effet nommé "batillage" qui par son petit clapot, mais puissant en énergie, désolidarise les massif de berge et provoque des affaissements.

Déjà, les communes d'Yville et un secteur de la boucle de Sahurs avaient été traité il y a 3 ans. Aujourd'hui, la technique retenue associe la reconstitution d'une berge en enrochements pour briser les vagues du batillage, et une végétalisation du haut de la berge avec diverses plantations. Cela favorisera un ancrage plus efficace de la berge, mais ne semble pas empêcher le passage outre-bord des crues.

Faut-il vraiment retenir ces crues ? Dans l'hypothèse (vraisemblable) où leur puissance n'aille pas en diminuant, devront nous envisager de construire des digues ou des parapets de plus en plus haut ? N'aurait-il pas plutôt été utile de limiter la construction et l'aménagement des zones d'épandage ? On oublie trop facilement la puissance de l'eau. Rien ne lui resiste.

Par la minéralisation des berges , même si une végétalisation est réalisée en haut du massif bâti, la force hydraulique se trouve canalisée dans un boyau, un tuyau d'où elle s'échappe avec d'autant plus de violence qu'elle est contrainte en temps normal.

Certes, au Trait, les élus veulent que les paysages de Seine deviennent dess atout pour la commune avec la "re-création" d'un chemin de halage pour promeneurs.
Est-il bon de le contenir entre clôtures des propriétés privés et parapet ?
Et si le domaine de la seine devenait un champ libre...
L'eau pouvant s'approprier le territoire qui lui est utile.

Messieurs les aménageurs des berges, laissez la seine prendre ses aises, avant qu'elle ne décide de le faire d'elle même !

mardi 22 janvier 2008

Prix du Paysage 2007

Lundi soir, au Ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables se déroulait une cérémonie annuelle sensée être la représentation de ce qui a attirer l'attention en matière d'aménagement et de gestion paysagère de qualité.

Grand Prix du Paysage

Le Prix du Paysage pour l'année 2007 a été attribué à l'agence TER, pour une aménagement de parc urbain à Ivry-sur-Seine pour le compte du Conseil Général du Val-de-Marne. Le Parc de Cormailles a été remarqué par sa sobriété dans les parti-pris d'aménagement, par ses choix de matériaux, ses perceptions multiples et sa convivialité.
En fait, ce parc est une vaste pleine (que certains qualifieraient de plaine de jeux) entourée de belvédères et habillée par des iles-jardins.
Au-delà de la perception, c'est tout l'aspect gestion et usage qui semble particulièrement pertinent. Sous le parc se trouve un ensemble de système de gestion et de traitement de l'eau de la plaine de la seine pour éviter les débordements locaux avec un bassin de 55.000 m3.
Ce parc est aussi un lieu d'activités : du foot au marionnettes en passant par l'inévitable piste de skate.
Plus d'informations sur ce lieu sur la page du site du Conseil Général du Val-de-Marne qui lui est consacrée : http://www.cg94.fr/node/1049

Visite en image ici.

Pour une superficie de 5,29 ha, on y trouve aussi une roseraie, un jardin des sables, des jardins sériels, des vignes, un solarium, un mur de graffs, un restaurant et le moument commémoratif de la rafle du Vel d’Hiv.

Réalisation : Conseil Général du Val de Marne, maître d’ouvrage
Henri BAVA, Michel HOESSLER, Olivier PHILIPPE : Agence Ter, maître d’œuvre

Mention spéciale
Cette soirée a aussi l'occasion de décerner une mention spéciale du jury pour la politique paysagère de la vallée de la Bruche, gestion intercommunale qui fonctionne depuis près de 20 ans dans le Bas-Rhin et qui a perm
is de maintenir des activités traditionnelles de la vallée dont le pastoralisme grace à une association locale et une action concernée avec les élus de la communauté de communes.
Comme quoi il n'est pas besoin d'être "parc naturel" pour obtenir des résultats en ce domaine.


Ces deux prix semblent représenter les deux facettes de la prise en compte du paysage aujourd'hui.
L'un est en contexte urbain, l'autre en milieu rural.
L'un est une création, l'autre est une préservation.
L'un est un parti d'aménagement planifié depuis plusieurs années, l'autre est une gestion conservatoire sur le loin terme.
Il faut regretter justement que la logique soit encore maintenue avec l'association du jardin crée, ludique et vivant en ville ; alors que le monde rural est celui de la protection, de la tradition et du "beau".


lundi 21 janvier 2008

Bout de la rue - 1 - Petite leçon

Vous habitez bien quelque part ?

Savez-vous ce qu'il y a au bout de votre rue ?

Sans tricher, comme ça, de mémoire. D'un côté ou de l'autre. Que voyez-vous ?
C'est VOTRE paysage. Le considérez-vous comme tel ?

Et pourtant. Lorsque vous le regardez, ce point de vue au bout de la rue, il devient habité par votre regard, il devient paysage, alors qu'avant , il n'était qu'un secteur géographique. Il est devenu un lieu dont vous pouvez parler, dont vous pouvez être fier ou avoir honte. Il est vôtre car vous venez, en le regardant, de vous l'approprier.

Votre regard est comme un appareil photo, comme la toile du peintre, mais pas seulement. Car votre corps possède d'autres sens que la vue. Ce paysage a aussi une odeur, des bruits, une texture que vous pouvez toucher sur le sol ou le mur tout proche.
Et votre corps entier participe à la sensation. Vos souvenirs s'y installent, le bout de la rue vous rappelle que .... ..... et vous vous dites que d'autres personnes sont venues et ont vu, en ce même lieu, le même point de vue.... et y ont vu d'autres choses.

L'observateur à créé le paysage, vous l'avez fait vôtre, vous l'avez peint avec vos yeux. Et demain, vous repasserez au même endroit et le trouverez sans doute changé, en lumière, en odeur, ou en bruit... à moins que ce ne soit vous qui aurez changé !

Mais demain, vous aurez appris, vous aurez apprivoisez votre paysage du bout de la rue.

Ce petit texte fait suite à la très belle proposition de l'Atelier de Figue. Vous pouvez aussi participer et lui envoyer une photo.

mardi 15 janvier 2008

Des jardins aux pixels

Après le succès de la précédente journée "Parc en Fête", le Parc naturel régional des boucles de la seine normande organisera une seconde édition le 6 avril 2008.
Avant cet évènement, un concours photos vous permet de participer à cette manifestation... si votre photo est sélectionnée. Une exposition des meilleurs photos sera réalisée.

Le thème du concours est : Le jardin avec une déclinaison autour des jardins privés, jardins familiaux ou ouvriers, ruraux, et jardins publics.

Vous avez jusqu'au 7 mars 2008 pour envoyer vos clichés à la Maison du Parc, concours Des jardins aux pixesl, 76940 Notre-Dame-de-Bliquetuit.
Pour le règlement complet et plus d'informations c'est ici.

Je regrette cependant que ce concours soit réservé au cliché de qualité supérieur à 6 millions de pixels.